Le Annexes au Journal officiel des Communautés européennes du 18 décembre 2000. Lire en ligne., également appelé , ou (en palawa kani : kaparunina, nom scientifique : ), est un mammifère carnivore de la taille d’un loup, au pelage tigré. Ce marsupial n'appartient pas à l'ordre placentaire des Carnivora et n'est donc pas un Canidé, mais à l'ordre des Dasyuromorphia. Depuis 1936, l’espèce est considérée comme éteinte ; cependant les amateurs de cryptozoologie ont espéré prouver la présence de thylacines en Tasmanie en 2013., puis plus récemment en 2017 et en 2018.. De plus, bien que ces affirmations ne soient pas accompagnées de preuves, la voix d'un cryptozoologue commence à se faire entendre quant à la survie potentielle de populations relictuelles en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Le thylacine appartient à la famille des thylacinidés. C'était la dernière espèce survivante de son genre, mais on a trouvé de nombreux fossiles d’espèces voisines dont les plus anciens remontent au début du Miocène. L’animal apparenté le plus proche encore en vie est le diable de Tasmanie.

Le thylacine était largement répandu en Australie et en Nouvelle-Guinée il y a quelques millénaires. Des bouleversements, notamment l’introduction du chien (dingo) vers le et la chasse intensive, réduisirent son habitat à la Tasmanie, au sud-est de l’Australie. On attribue sa disparition en Tasmanie à sa chasse intensive encouragée par des primes d’abattage, mais elle est due aussi à l’introduction des chiens et à l’installation des colons dans son milieu naturel.

Chassant généralement seul, le thylacine était plutôt nocturne ou semi-nocturne et se nourrissait de toutes sortes d’animaux, notamment de kangourous, de wallabies et d’oiseaux nichant à terre.

Étymologie et dénominations Le nom « thylacine » dérive du grec ancien , « poche, sac », et du suffixe adjectival ..

Plusieurs autres noms ont été donnés à l'animal par les colons européens après leur arrivée sur l'île : loup de Tasmanie, tigre de Tasmanie, hyène de Tasmanie, loup rayé, loup marsupial, tigre marsupial, hyène-marsupiale, loup-kangourou, opossum rayé, opossum à tête de chien, etc. Les appellations « loup de Tasmanie » et « loup marsupial » lui ont été attribuées du fait de sa ressemblance morphologique avec le loup, tandis que celles de « tigre de Tasmanie » et « tigre marsupial » l'ont été en raison de ses rayures rappelant celles du tigre.

Les Aborigènes de Tasmanie lui attribuèrent aussi plusieurs noms étant donné la large diffusion de l'animal dans l'île de Tasmanie<ref name=":0">Tasmanian Museum and Art Gallery Kanunnah : the research journal of the Tasmanian Museum and Art Gallery. Ka-nunnah – 'Thylacine'''. Volume 4. Tasmanian Museum and Art Gallery, Hobart, Tas, 2005. https://www.tmag.tas.gov.au/__data/assets/pdf_file/0003/128568/KANUNNAH4.pdf</ref> : « Ka-nunnah » ou « Laoonana » chez les tribus des régions du sud de la Tasmanie, du mont Royal, de l'île Bruny et de la Baie de la Recherche, « Langunta » chez les tribus de la baie des Huîtres à Pittwater, « Loarinnah » chez les tribus du Nord-Ouest et de l'OuestMilligan, 1859.. Le célèbre chef aborigène Mannalargenna, originaire de la côte est de la Tasmanie, l'appelait « Cab-berr-one-nen-er »Variante orthographique de « kaparunina », tandis que Truganinni et Worrady, originaires de l'Île Bruny, l'appelaient « Can-nen-ner »Can-nen-ner est une variante orthographique de kanunnah ou kanuna (le tasmanien ayant été transcrit de différentes manières).. Le nom choisit pour le désigner en palawa kani, langue tasmanienne reconstruite, est kaparunina.

Évolution thumb|left|Restitution paléoartistique de Thylacinus potens : le « thylacine puissant » qui vivait au Miocène. C’est le plus grand cousin connu du thylacine actuel.

Les scientifiques font remonter l’apparition du thylacine à environ quatre millions d’années.. Les autres espèces de la famille des Thylacinidae remontent au début du Miocène, il y a d’années. Depuis le début des , au moins sept espèces fossiles ont été découvertes dans le site fossilifère de Riversleigh, qui appartient au parc national Boodjamulla dans le nord-ouest du Queensland.. Le Thylacine de Dickson (Nimbacinus dicksoni) est la plus ancienne des sept espèces fossiles découvertes, datant de d’années. Ce thylacinidé était beaucoup plus petit que ses plus récents cousins.. La plus grande espèce, le Thylacine puissant (Thylacinus potens) qui avait la taille d’un loup, était la seule espèce à survivre à la fin du Miocène.. À la fin du Pléistocène et au début de l’Holocène, le Thylacine contemporain vivait en petit nombre dans toute l’Australie et la Nouvelle-Guinée C.N. Johnson and S. Wroe, , , vol. 13, 6, novembre 2003, ..

left|thumb|upright=0.75|Les crânes du Thylacine (à gauche, en rouge) et du Loup (Canis lupus) (à droite, en vert), sont presque identiques bien que les espèces ne soient pas liées. Il s'agit d'un cas de convergence évolutive. La forme du crâne du Renard roux (Vulpes vulpes) est encore plus proche de celle du Thylacine.

Le thylacine occupant la même niche écologique en Australie que le loup sur d'autres continents, il a développé un grand nombre de caractéristiques communes avec ce dernier par convergence évolutive, montrant de nombreuses similitudes avec les membres de la famille des canidés vivant dans l’hémisphère Nord : dents, mâchoires puissantes, talons décollés fortement du sol et même forme générale du corps. Le thylacine n’est pourtant pas apparenté aux prédateurs de l’hémisphère nord, son plus proche parent vivant étant le diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii) , 2003 Lire en ligne. Consulté le 5 juin 2008.. Des études phylogénétiques pratiquées sur l'ADN mitochondrial de spécimens de Thylacine ont démontré en 1989 sa parenté avec les marsupiaux carnivores australiens..

Découverte et taxonomie thumb|Dessin original du représentant un thylacine. Ce dessin n’est pas anatomiquement correct.

Les Aborigènes australiens ont représenté le thylacine : de nombreuses gravures et peintures rupestres de l’animal ont été découvertes, dont certaines remontant au moins à mille ans avant notre ère Anna Salleh, , ABC Science Online, 15 décembre 2004 Lire en ligne. Consulté le 5 juin 2008.. On peut aussi voir des pétroglyphes de thylacine sur la presqu’île de Burrup dans le nord de l’Australie-Occidentale. Lors de l’arrivée des premiers explorateurs européens, l’animal avait déjà disparu d’Australie et était rare en Tasmanie. Les Européens l’ont peut-être rencontré dès 1642 lorsqu’Abel Tasman est arrivé en Tasmanie. Lorsqu’il mit pied à terre, il signala avoir vu sur le rivage les traces de « bêtes sauvages ayant des griffes comme un tigre » D. Rembrants, , , 1682, 6, . cité dans .. Marc Joseph Marion du Fresne, en arrivant en Tasmanie à bord du Mascarin en 1772, signala avoir vu un « chat-tigre » H.L. Roth, . Truslove and Shirley, 1891, cité dans . mais on ne peut garantir que c’était un thylacine car il peut aussi s’agir du Chat marsupial à queue tachetée (Dasyurus maculatus). La première rencontre avérée d’un tigre de Tasmanie a été faite par des explorateurs français, le , comme l’a noté le naturaliste Jacques Labillardière dans son journal de l’expédition dirigée par Antoine de Bruny d'Entrecasteaux. Cependant, ce n’est qu’en 1805 que William Paterson, le vice-gouverneur de Tasmanie, envoya une description détaillée pour publication dans la et le ..

La première description scientifique précise et détaillée du thylacine a été rédigée par l’adjoint du géomètre en chef de la Tasmanie, George Harris en 1808, cinq ans après l’implantation de la première colonie sur l’île , Thylacinus cynocephalus, Victoria Museum, 2005 Lire en ligne. Consulté le 5 juin 2008.. Harris avait classé le thylacine dans le genre Didelphis créé par Linné pour les opossums américains, le décrivant comme Didelphis cynocephala, l’« opossum à tête de chien ». La reconnaissance du fait que les marsupiaux australiens étaient fondamentalement différents des genres de mammifères connus a conduit à la création du système de classification moderne. En 1796, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire crée le genre Dasyurus dans lequel il a placé le thylacine en 1810, sous le nom de Dasyurus cynocephalus. En 1824, il a été classé dans son propre genre dédié, Thylacinus, par Temminck.. Le nom vernaculaire découle directement du nom de genre, lui-même d’origine grecque, signifiant « sac ».

Description Les descriptions du loup de Tasmanie sont assez variables, fondées uniquement sur les spécimens conservés, les témoignages écrits, les peaux et les squelettes restants, les photographies, les films noir et blanc de l’animal en captivité et les histoires locales.

thumb|L’étude du squelette du thylacine suggère que l’animal comptait plus sur son endurance que sur sa pointe de vitesse pour la chasse.

Le loup de Tasmanie ressemblait à un grand chien, au poil court avec une longue queue raide, serpentiforme et soyeuse tendue dans le prolongement du corps comme celle des kangourous. De nombreux colons européens l’ont comparé à la hyène, en raison de sa posture inhabituelle et de son attitude générale. Son pelage jaune-brun portait quinze bandes sombres bien distinctes sur le dos, la croupe et la base de la queue, qui ont valu à l’animal son surnom de « tigre de Tasmanie ». Les rayures étaient plus marquées chez les jeunes spécimens, pâlissant au fur et à mesure que l’animal vieillissait Joan Dixon, Fauna of Australia, Australian Biological Resources Study (ABRS), Vol. 1b, Chap.20 Lire en ligne. Consulté le 5 juin 2008.. L’une des bandes s’étendait jusqu’à la face externe de la cuisse. Son pelage était serré et doux, d’environ de long, les jeunes avaient une touffe de poils à l’extrémité de la queue. Il avait une coloration variant du beige clair au marron foncé, le ventre étant de couleur crème Eric Guiler, Profile - Thylacine, Zoology Department, University of Tasmania, 2006 Lire en ligne. Consulté le 27 juin 2008.. Les oreilles, arrondies et dressées, mesuraient environ de long et étaient couvertes d’une courte fourrure..

Les thylacines adultes mesuraient entre 100 et de longueur, y compris la queue d’environ 50 à Sally Bryant et Jean Jackson, Tasmania’s Threatened Fauna Handbookbook, Bryant and Jackson, Parks and Wildlife Service, Tasmania, 1999, Lire en ligne. Consulté le 27 juin 2008.. Le plus grand spécimen jamais mesuré faisait du nez à l’extrémité de la queue Eric Guiler, Profile - Thylacine, Zoology Department, University of Tasmania, 2006 Lire en ligne. Consulté le 27 juin 2008.. Ils mesuraient environ au garrot et pesaient de 20 à . Il existait un faible dimorphisme sexuel, les mâles étant en moyenne de plus grand gabarit que les femelles Menna Jones, Character displacement in Australian dasyurid carnivores: size relationships and prey size patterns, Ecology journal, Ecological Society of America, décembre 1997 Lire en ligne. Consulté le 27 juin 2008..

La femelle avait une poche marsupiale avec quatre mamelles, mais contrairement à de nombreux autres marsupiaux, la poche s’ouvrait vers l’arrière de son corps. Les mâles possédaient une poche scrotale, fait unique en son genre chez les marsupiaux australiensLa poche scrotale est un cas presque unique chez les marsupiaux ; le seul autre marsupial à présenter la même caractéristique est l’Opossum aquatique, Chironectes minimus, que l’on trouve au Mexique, en Amérique centrale et du Sud. où se trouvait leur scrotum.