Le protocole radio RDS (de l'anglais Radio Data System) est un service de transmission de données numériques en parallèle des signaux audio de la radio FM en bande II (de 87,5 à ). Notamment, le RDS permet l'écoute d'une station sans interruption lors d'un déplacement, en prenant en charge automatiquement le passage d'une fréquence à l'autre. Il fournit également une identification des stations par leur nom, des signaux d'horloge, des messages textuels, des informations de commutation temporaire sur un canal d'information pendant l'émission d'un flash routier Les informations routières de type TMC sont généralement diffusées via RDS.
Historique Le RDS a été développé à partir de 1974 par les entreprises de radiodiffusion (regroupées au sein de l'Union européenne de radio-télévision, UER) et les industriels européens, à l'initiative de l'ORTF+ March 2009: RDS is now 25 – the complete historysection 1.3, Historical Development..À l'époque un système nommé Autofahrer-Rundfunk-Informationssystem (ARI) allait être déployé en Allemagne, qui permettrait d'informer les automobilistes de la diffusion d'un flash d'informations routières. ARI était intéressant, mais limité à l'identification des programmes routiers, et trop spécifique à l'organisation allemande de la radiodiffusion, par régions. L'idée de l'UER était donc de reprendre le service de base fourni par ARI, et de le compléter par diverses données utiles aux auditeurs.
Un groupe de travail s'est donc constitué. Il a commencé à étudier les possibilités d'utiliser une transmission de données numériques rattachée à une émission de radio FM. Notamment, des systèmes expérimentés à cette époque en Finlande, aux Pays-Bas et en Suède ont été étudiés. Les premiers essais grandeur nature ont eu lieu en 1980 à Berne-Interlaken, une zone où la réception VHF est particulièrement difficile : des données de test ont été émises et enregistrées de divers endroits afin d'étudier les difficultés de la réception en mobile. En 1981 un accord a lieu pour la modulation à utiliser pour les données numériques.
Plusieurs pays, dont la France, la Finlande, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni ont alors démarré des expérimentations. Mais comme la spécification du système était assez vague, chaque pays utilisait sa propre variante, voire plusieurs+ VHF Radio-Data: experimental BBC transmissions, sur le site bbc.net.uk.. Ainsi, en 1982 huit systèmes différents étaient en cours d'expérimentation. L'UER a alors procédé à leur évaluation lors de nouveaux essais grandeur nature à Stockholm. Au terme de ces essais, c'est le système suédois, déjà utilisé pour le système de radiomessagerie MBS, qui a été retenu. Le mode de modulation a alors pu être précisément et définitivement décidé, avant qu'une seconde campagne d'essais à Berne-Interlaken permette de spécifier les données à transmettre et leur structuration. En 1983, la spécification du RDS était arrêtée.
À cette époque, le système ARI avait été déployé en Allemagne, en Autriche, en Suisse et au Luxembourg, avec un succès certain. Le RDS avait donc été conçu pour être compatible avec ARI (les deux systèmes étaient censés être utilisables simultanément, et par les mêmes stations), mais en 1983 les fabricants d'autoradios étaient toujours inquiets au sujet d'éventuelles interférences. Des essais ont donc été menés en Allemagne, dans une zone aussi difficile que Berne-Interlaken, Munich, en 1983. Le RDS réussit ce test sans encombre.
La première spécification du RDS a été publiée en 1984 par l'UER. La décision de déployer le RDS a été prise en 1985, et la même année des essais pré-opérationnels à grande échelle ont été effectués en Allemagne. Le déploiement a commencé en 1987, via la diffusion des données par les grands réseaux de radiodiffusion, et la mise sur le marché d'autoradios compatibles. Au départ, les radiodiffuseurs émettaient les données et la modulation RDS grâce à du matériel qu'ils avaient mis au point eux-mêmes. Ensuite, un marché spécifique s'est développé.
La diffusion du RDS en Europe s'est passée très vite, si bien que ses promoteurs parlent de « révolution silencieuse »RDS Forum authors team, A silent revolution - RDS for FM radio. Edition 2, août 2013. . : 1987 : déploiement en Irlande, France et Suède. En France, le premier déploiement a été l'œuvre de TDF sur les émetteurs de la station de radio FIP ; 1988 : déploiement en Autriche, Belgique, Danemark, Allemagne, Italie et Royaume-Uni ; 1989 : déploiement aux Pays-Bas, au Portugal et en Suisse.
La première norme du RDS (CENELEC EN 50067) a été publiée en 1990, après quelques ajouts.
Le déploiement du RDS aux États-Unis a été envisagé dès 1990. Il a été décidé de reprendre l'essentiel de la norme européenne, et de ne modifier que des points mineurs lorsqu'une adaptation aux spécificités nord-américaines était nécessaire. La norme américaine, appelée RBDS, a été adoptée en . Le terme RBDS n'est utilisé que pour désigner la norme : auprès du grand public, le système est appelé RDS, comme en Europe, et il utilise le même logo.
Le RDS Forum, instance assurant la mise à jour de la norme, se réunit chaque année près de Genève et regroupe industriels, radiodiffuseurs, fondeurs, éditeurs de contenus du monde entier.
En 2006 a été introduite la fonctionnalité RadioText Plus (RT+), développée par la Westdeutscher Rundfunk, Nokia et l'IRTHans-Christoph Quelle, Thomas Kusche, RadioText Plus — a new enhancement to the RDS RadioText service. EBU Technical Review, juillet 2006.. Elle permet aux récepteurs d'extraire des informations ciblées (par exemple le titre d'un morceau diffusé) à partir des textes RadioText transmis par RDS.
La dernière version en date de la norme RDS, intitulée IEC 62106:2018 (parties 1 à 6), a été publiée le IEC 62106:2018 Radio data system (RDS) - VHF/FM sound broadcasting in the frequency range from 64,0 MHz to 108,0 MHz. Il s'agit d'une mise à jour importante : elle introduit notamment une extension du système, dite « RDS2 », qui permet d'augmenter considérablement le débit de transfert des informationsRDS Forum. RDS2 - What is new?.
Fonctionnalités du RDS thumb|upright=2|Affichage d'une radio RDS : nom de la station (PS) et radiotexte (RT) en train de défiler.
Le RDS offre potentiellement de nombreux services, mais ceux-ci sont en général sous-exploités par les radiodiffuseurs, en particulier en France. Parmi les services les plus courants, on trouve :
PS (Program Service) Le nom de la station, composé de huit caractères alphanumériques, peut être affiché sur l'écran du récepteur. Sauf cas particulier, toutes les stations proposent ce service. La norme RDS stipule que les huit caractères doivent être fixes, et représenter le nom de la station RDS Forum: Non Standard PS, sur le site rds.org.uk. En réalité, un certain nombre de radios ont détourné ce service pour y faire passer des informations dynamiques. En France, le CSA octroie des autorisations pour expérimenter cette pratique jusqu'à la fin 2009. Cependant, le RDS comprend un service adapté aux informations dynamiques, le radiotexte (voir infra).
AF (Alternative Frequencies) Les émetteurs diffusent la liste des fréquences des émetteurs voisins de la même station. Les autoradios peuvent ainsi à tout moment chercher la meilleure fréquence disponible. C'est ainsi que l'on peut écouter la même station d'un bout à l'autre du pays sans changer de fréquence manuellement (les fréquences sont « téléchargées » dans la mémoire vive de l'autoradio).
CT (Clock Time) Le RDS permet la transmission de l'heure, et donc le réglage de l'horloge du récepteur. Ce service est proposé par de nombreuses stations, mais rien ne garantit la fiabilité de l'heure transmise (une bonne pratique pour les stations est de synchroniser le codeur RDS sur une horloge radio-pilotée, par exemple sur l'émetteur DCF77 de Francfort en AllemagneSection 5.2, Clock Time, p. 95.).
TP (Traffic Program) / TA (Traffic Announcement) TP est un drapeau qui indique si la station reçue est susceptible d'émettre des annonces routières. Presque toutes les stations émettent ce drapeau, même si elles ne diffusent jamais en pratique d'annonce routière. En effet, bon nombre d'autoradios ignorent en mode de recherche automatique les stations où le drapeau TP est absent ; son émission est donc recommandéeFMNET – Recommandations pour la configuration RDS.... Pour une station qui diffuse le drapeau TP, le drapeau TA indique que la station émet en ce moment une annonce routière. Les récepteurs utilisent ce code pour augmenter le volume sonore ou, dans le cas des autoradios, commuter entre la lecture de CD ou de cassettes et la réception radio.
EON (Enhanced Other Networks) Les informations EON constituent des références croisées entre des programmes différents appartenant à un même réseau. Chaque station diffuse les références des autres stations du réseau : nom (PS), code d'identification (PI), fréquences (AF), type de programmes (PTY), diffusion d'informations routières (TP/TA). Cela permet notamment à un récepteur de passer sur une autre station lorsqu'une annonce routière y est diffusée. Le basculement ne dure que le temps de la diffusion de l'annonce ; le récepteur se recale ensuite sur le programme d'origine. Par exemple, en France, les radios du groupe Radio France se référencent mutuellement, de même que 107,7 MHz, la fréquence autoroutière. Ainsi, lorsqu'un automobiliste écoute l'une de ces radios, il peut bénéficier des informations trafic diffusées sur n'importe laquelle des autres.
RT (Radio Text) Le radiotexte permet la diffusion de textes par l'intermédiaire du RDS. Les textes en question peuvent alors s'afficher à la demande sur l'écran des récepteurs. Le radiotexte est par exemple utilisé pour transmettre les titres des émissions ou des morceaux musicaux en cours de diffusion.
RT+ Le RT+ est un service complémentaire du radiotexte (RT) introduit en 2008 dans la nouvelle version de la norme RDS, qui consiste à étiqueter certains des passages textuels des messages de radiotexte par des métadonnées décrivant leur nature. Par exemple, on peut indiquer qu'un certain fragment de message est un titre de chanson, un nom d'artiste, ou le numéro de téléphone de la radio. Ainsi, les terminaux peuvent présenter ces informations de façon structurée. C'est par exemple le cas de l'iPod nano de cinquième génération (sorti en ) qui utilise le RT+ pour identifier les titres et artistes des morceaux diffusés à la radio+ Here are 16 brief reasons that explain to you quickly the importance of RDS, sur le site rds.org.uk, Octobre 2009.. Pour aller plus loin, un téléphone mobile équipé d'un récepteur radio avec RT+ pourra proposer de composer automatiquement le numéro de la radio, car il l'aura identifié comme tel RDS Forum: New Developments, sur le site rds.org.uk.
PTY (Program TYpe) et PTYN (Program TYpe Name) Il est possible d'indiquer le type de programme diffusé parmi 32 types prédéfinis (fonctionnalité PTY). Certains récepteurs permettent un balayage sélectif des stations mémorisées, en fonction du type de programme plébiscité. Certaines stations modifient constamment leur code PTY de façon à correspondre au mieux à leurs émissions, mais d'autres préfèrent ne pas indiquer de type de programme de façon à être incluses systématiquement dans les balayages. Grâce au service associé PTYN, il est même possible théoriquement de raffiner le type de programme en émettant un titre sur huit caractères (exemple : PTY correspondant au type générique « sport », PTYN contenant le texte « football »). Le PTYN n'est pas utilisé en pratique.thumb|upright=1.5|Écran de service d'un autoradio, montrant les codes PI de la station reçue (France Musique, code PI F203 hexadécimal), ainsi que de la station balayée (bigFM en Sarre, code PI 1B02).