Alain Brandenburg, dit Erlande-Brandenburg, né le à Luxeuil (Haute-Saône) et mort le à Paris, est un conservateur et historien de l'art français.

Archiviste paléographe et conservateur général honoraire du patrimoine, il est directeur des Archives de France de 1994 à 1998. Il est également enseignant-chercheur dans de nombreuses grandes écoles, dont l'École du Louvre, l'École pratique des hautes études (1974-2005), l'École supérieure de Chaillot et l'École nationale des chartes. Il fut président de la Société française d'archéologie et fondateur du musée national de la Renaissance.

Biographie Origine et famille Fils du médecin Gilbert Brandenburg, Alain Brandenburg est le petit-fils d'Albert Erlande, écrivain et poète méridional, du côté de son père, et l'arrière petit-fils, d'Eugène Revillout, égyptologue et professeur français, du côté maternel.

Sa vocation pour les musées naît de sa passion pour les objets. Elle lui a été transmise par Jean Brunon, collectionneur d’objets militaires, fréquenté de 1954 à 1956.

Formation Alain Erlande-Brandenburg effectue ses études secondaires dans les lycées Saint-Charles et Thiers de Marseille.. Une rencontre avec Pierre Marot, directeur de l'École nationale des chartes, le décide à préparer le concours de cette grande école ; il intègre à cet effet la classe préparatoire du lycée Henri-IV de Paris.. Admis onzième sur dix-huit à l'issue du concours d'entrée de 1959., il y obtient le diplôme d'archiviste paléographe en 1964 après avoir soutenu une thèse d'établissement intitulée Funérailles et sépultures royales en France de la fin du à 1285..

L'année suivante, il est diplômé de la section supérieure de l’École du Louvre avec une nouvelle thèse d'établissement intitulée La statue funéraire en France jusqu’au milieu du . Ces deux travaux préparent une troisième thèse, centrée sur les sépultures royales de Saint-Denis et soutenue en 1971 au sein de la section de l'École pratique des hautes études. Dirigée par Michel Fleury, elle est publiée en 1975 sous le titre Le roi est mort.

Carrière À la fin de ses études, Alain Erlande-Brandenburg peut choisir entre le monde des musées et celui des archives. Il opte d'abord pour le premier. Conservateur en 1967, il est responsable des musées de Cluny (Moyen Âge) et d'Écouen (Renaissance) en 1981. Six ans plus tard, il est nommé adjoint du directeur des Musées de France. En 1991, il retourne au Musée de Cluny, devenu Musée national du Moyen Âge, qu'il est chargé de rénover entièrement ; il réaménage notamment la salle des tapisseries de La Dame à la licorne. À Écouen, il crée le musée national de la Renaissance. Il est également président de la Société française d’archéologie de 1985 à 1994.

La modernisation du musée de Cluny centré|vignette|355x355px|Alain-Erlande Brandenburg a été conservateur (1980-1987) et directeur (1991-1994) du Musée de Cluny Peu après son arrivée au musée de Cluny, les événements de mai 68 conduisent Alain-Erlande Brandenburg à établir pendant deux mois un campement de fortune au musée de Cluny. Ce moment lui permet de. Par la suite, il a la et se lance dans des travaux de fond (mise à l'abri des objets hors vitrines, campagne photographique des objets et des salles, travail d'inventaire des collections).

En parallèle à ses activités au musée, il participe à l’organisation d’expositions à l’étranger, notamment l’exposition de « L’AN 1200 » à New York en 1970. En France, il organise l'exposition des « Chefs-d’œuvre de la tapisserie du » au Grand Palais (1973-1974).

Nommé directeur du musée de Cluny en 1980, Alain-Erlande Brandenburg s'engage dans un réaménagement en profondeur du musée faisant la part belle à la création artistique. Il regroupe ainsi des ensembles homogènes témoignant de l’unicité de l’art dans une période et un espace géographiques donnés. Cette nouvelle muséographie doit . Il se lance également dans une politique active d'acquisitions, avec par exemple les trois têtes de la façade de Saint-Denis en 1986, 1988 et 1992.

On doit également à Alain Erlande-Brandenburg l'authentification de têtes sculptées retrouvées en 1977 à Paris comme étant les têtes des rois du portail de Notre-Dame, décapités sous la Terreur.

La création du musée national de la Renaissance

De nombreuses œuvres de la Renaissance sommeillaient dans les réserves du musée de Cluny. L'idée d'installer ces collections dans le château d'Écouen avait été initiée par Pierre Verlet. Il avait cherché durant des années un bâtiment dont les volumes permettaient d’exposer la tenture de David et Bethsabée aux dimensions imposantes. Aucun hôtel particulier parisien n’était capable de l’accueillir. Il prospecta en Île-de-France et son choix se porta sur Écouen, proche de Paris et offrant une surface suffisante. Néanmoins, des projets concurrents émergèrent et notamment la création d'un club de Loisir porté par le groupe Trigano. En 1970, sous l’impulsion de René Baillargeat, Francis Salet et Alain-Erlande Brandenburg fut créée une association pour la sauvegarde du Château d’Écouen. Ils obtiennent gain de cause en 1971, lorsque le principe d’une restauration du Château est acté par le gouvernement, ainsi que son affectation à un musée consacré à la Renaissance.

Alain-Erlande Brandenburg entreprit un travail d’inventaire sur plusieurs années des œuvres de la collection de la Renaissance qui se trouvaient dispersées sur le territoire notamment en raison de la mise à l’abri parfois dans la précipitation dans certains musées et châteaux de province, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Le musée de la Renaissance à Écouen fut inauguré en 1977 en présence du Président de la République, Valéry Giscard d’Estaing. Alain-Erlande Brandenburg en devint le premier directeur du musée.

Alain-Erlande Brandenburg quitta Écouen en 1985, en même temps que Cluny, pour la Direction des musées de France. centré|vignette|342x342px|Alain-Erlande Brandenburg contribua à édifier le musée national de la Renaissance au château d'Ecouen

Adjoint au directeur des musées de France En 1987, après vingt années passées au musée de Cluny, dont sept à la tête de l’institution, Alain-Erlande Brandenburg accepte la proposition d’Olivier Chevrillon, nouvellement nommé directeur des musées de France, de devenir son adjoint. Dans le cadre de ces fonctions, il contribua à consolider le statut des conservateurs et à créer le nouveau corps de Conservateur général du Patrimoine.

Directeur des archives de France

Si Alain Erlande-Brandenburg a surtout laissé le souvenir d’un éminent historien de l’art, également connu pour son action dans le domaine des musées, on aurait tort d’oublier que son passage – relativement bref et brutalement interrompu – à la direction des archives de France a notablement marqué l’institution. Succédant, le , à Jean Favier, qui avait exercé la fonction pendant près de 20 ans, il développe une vraie pensée sur les archives et prend de nombreuses initiatives : la plus importante étant de doter les Archives de France et les Archives nationales de directions distinctes. Considérant avoir été désavoué par Catherine Trautmann, ministre de la Culture arrivée Rue de Valois en avec l’alternance politique, il démissionne le Voir : Le Bulletin des archives de France, n°0 (novembre 1995) à n° 10 (avril 1998)..

Retour au musée de Cluny En , Alain-Erlande Brandenburg redevient directeur du musée de Cluny, avec la volonté de faire de Cluny le musée de référence sur le Moyen Âge et convaincu . Le musée de Cluny devient le « Musée national du Moyen Âge-Thermes de Cluny » et lance une nouvelle politique de communication, de présentation des œuvres permise par l'arrivée de nouvelles technologies (éclairage par fibre optique) et le projet du « Grand-Cluny », avec un agrandissement du musée avec la construction d’un nouveau bâtiment accolé à l’hôtel gothique et donnant sur les jardins.

Alain-Erlande Brandenburg quitte définitivement le musée de Cluny en 1994 pour rejoindre les Archives de France dont il démissionne en .

Retour au musée de la Renaissance à Écouen En 1999, il est nommé directeur du musée de la Renaissance. Il s’attèle à développer la fréquentation du musée, à trouver des financements, à créer une nouvelle image d’Écouen et à faire en sorte de réinscrire le château dans le paysage local. Il entreprend de remettre les collections d'Écouen au cœur des préoccupations scientifiques par la mise en place d’une collection de monographies unifiée sous le chapeau de « Les cahiers du musée de la Renaissance ».. Alain-Erlande Brandenburg prend sa retraite le , et continue à enseigner à l'Institut d'études supérieures des arts.

Enseignements Directeur d’études à l’École pratique des hautes études de 1974 à 2005 ( section), Alain-Erlande Brandenburg y enseigne l’art et l’archéologie du Moyen Âge occidental. De 1981 à 1988, il est également chargé du cours de muséologie à l’École du Louvre, où il crée la chaire d’histoire de l’architecture occidentale en 1982.

Enfin, de 1991 à 2000, il occupe la chaire d’archéologie et d’histoire de l’art du Moyen Âge à l’École nationale des chartes. Il est également professeur chargé de l’enseignement de l'architecture médiévale à l’École supérieure de Chaillot et à l’Institut d’études supérieures des arts.

Postérité et hommages Alain Erlande-Brandenburg meurt à Paris le ... Dans un communiqué de presse, le ministre de la Culture Franck Riester déclare que ..

Maryvonne de Saint-Pulgent, ancienne directrice des Patrimoines du ministère de la Culture, le décrit comme un .

Marie-Christine Labourdette, présidente de la Cité de l’architecture et du patrimoine, rappelle que « son cours sur l’histoire de l’architecture romane et gothique, suivi de l’architecture civile et monastique, a passionné des générations d’étudiants de Chaillot. Cet érudit d’exception entraînait ses élèves sur le terrain et les incitait à publier leurs travaux de recherche dans le Bulletin monumental »..

Publications Alain Erlande-Brandenburg est l'auteur de plus de 400 articles et 50 ouvrages, dont Le roi est mort (Bibliothèque de la Société française d'archéologie, 1975), L'Art gothique (Mazenod, 1983 ; Citadelle, 2003), La Conquête de l'Europe (Gallimard, coll. « L'univers des formes", 1987), La Cathédrale (Fayard, 1989), Notre-Dame de Paris (Nathan, 1997), La Cathédrale de Reims (Actes Sud, 2007), La Révolution gothique (Picard, 2012).

Dans son dernier livre, Parcours d'un conservateur de musées, de Cluny à Écouen - Transmettre la passion des œuvres au public (1967-2005), il retrace son parcours d'un conservateur, révèle toute la richesse de la démarche passionnée d'un scientifique et muséographe, menée au cours des quarante-cinq années qui virent la transformation fondamentale de la politique culturelle et des musées.

Dans un article du , le journal Le Monde cite le livre de Notre-Dame de Paris. d'Alain Erlande-Brandenburg comme un texte ayant façonné l’imaginaire collectif autour du mythe de Notre-Dame.

Années 1970 vignette|271x271px|Alain-Erlande Brandenburg a contribué à valoriser la Dame à la Licorne, œuvre majeure du Musée de Cluny. Carte archéologique de Paris.Premières série, notices 1 à 903 (avec Marie-Edmée Michel et Catherine Quétin), éd. Commission du Vieux Paris, Paris 1971 ; Paris monumental, Paris, Flammarion, 1974, (en collaboration avec Michel Fleury et Jean-Pierre Babelon), prix Hercule-Catenacci de l'Académie française en 1976 ; Le roi est mort. Étude sur les funérailles, les sépultures des rois de France jusqu’à la fin du , Genève-Paris, Droz, 1975. La Dame à la Licorne, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 1977. (Nlle édit. 1989)

Années 1980-1999 vignette|Alain Erlande-Brandenburg, auteur d'un texte ayant façonné l’imaginaire collectif autour du mythe de Notre-Dame.|alt=|gauche L'art gothique, Paris, Citadelles & Mazenod, 1983, 628 p. Le monde gothique. La conquête de l'Europe, 1260-1300, Paris, Gallimard, "L'univers des formes", 1987, 445 p.