La contraception est l'emploi de moyens visant à empêcher qu'un rapport sexuel entraîne une grossesse. Elle est définie par l'Organisation mondiale de la santé comme étant « l'utilisation d’agents, de dispositifs, de méthodes ou de procédures pour diminuer la probabilité de fécondation ou l’éviter ».

Il existe plusieurs méthodes de contraception, d'action locale ou générale, à l'efficacité et aux contraintes variables. Parmi ces méthodes, le préservatif peut également être utilisé pour la prévention de nombreuses infections sexuellement transmissibles.

Plus généralement, la contraception peut s'intégrer dans une stratégie de régulation des naissances ou de planification familiale, à un niveau individuel ou collectif.

La contraception est souvent associée aux femmes, la majorité des solutions proposées (pilule, stérilet…) étant conçues pour elles. Il existe cependant des contraceptions masculines (contraception hormonale, thermique ou chirurgicale) qui restent moins connues.

Histoire

La contraception a été utilisée depuis la plus haute antiquité.

Le planning familial est du ressort du contrôle des naissances et de la contraception par l'information et la formation qu'il prodigue au sujet des méthodes de contraception.

Méthodes vignette|Préservatif masculin.|upright=1 vignette|Dispositifs intra-utérins. Plusieurs méthodes de contraception sont utilisées. Elles peuvent se décliner en plusieurs catégories selon qu'elles agissent par voie locale ou générale, ou selon leur mode d'action mécanique ou chimique, ou encore selon leur durée d'emploi. Pour la plupart, ces méthodes concernent essentiellement la femme.

Dispositifs à action locale Les dispositifs de contraception à action locale interviennent au niveau du vagin ou de l'utérus.

Au niveau du vagin

Les dispositifs agissant au niveau du vagin sont utilisés ponctuellement pour un rapport sexuel. Ce sont le préservatif masculin ou féminin, le spermicide, le diaphragme et la cape cervicale. En dehors du spermicide, ils ont une action purement mécanique. Le préservatif et le spermicide sont à usage unique, tandis que le diaphragme et la cape cervicale sont réutilisables pendant plusieurs années.

Au niveau de l'utérus

Les dispositifs agissant au niveau de l'utérus sont appelés dispositifs intra-utérins ou stérilets. Ils peuvent être en cuivre ou hormonaux. Le cuivre a un effet spermicide tandis que les hormones obéissent au même principe que la pilule ou les patchs avec un effet anti-ovulatoire. Ils sont maintenus en place entre 4 et 10 ans selon le modèle. Ils peuvent avoir une action abortive. En effet, si le cuivre ou le dispositif hormonal peuvent empêcher la fécondation, le stérilet empêche la nidation de l'embryon dans l'utérus entraînant une fausse couche précoce.

Microdispositif électromécanique Des microdispositifs de contraception mécanique à micromoteur sont en cours de développement dans la perspective de proposer une contraception réversible et permanente. Il s'agit de dispositifs médicaux implantables basés sur des microvalves capables d'ouvrir ou fermer les trompes de Faloppe selon le besoin de contraception ou l'envie de maternité. Pour y parvenir, la start-up néerlandaise Choice de dispositifs contraceptifs engage un partenariat avec la société SilMach de Besançon, spécialiste des microsystèmes électromécaniques pour l'horlogerie. Le dispositif inclut la microvalve et son micromoteur en silicium animé par force électrostatique, une source d’alimentation, un circuit de commande, une antenne et un stent. Les essais cliniques devraient être engagés à partir de fin 2026, pour une mise sur le marché envisagée vers 2032.

Méthodes médicales par voie générale thumb|Anneau vaginal.

Les méthodes de contraception médicale par voie générale sont des médicaments, dont la majorité ne concernent que la femme. Il existe cependant des solutions pour les hommes, assez confidentielles.

La contraception féminine par voie générale utilise des substances à activité hormonale de type œstrogène ou progestatif. Elles peuvent être administrés par voie orale (pilule, de type œstroprogestatif ou progestatif), cutanée (timbre, de type œstroprogestatif), sous-cutanée (implant, de type progestatif), intramusculaire (injection, de type progestatif), ou génitale (anneau vaginal, de type œstroprogestatif). Leur durée d'action est variable ; la prise est quotidienne pour la forme orale, le changement est hebdomadaire pour le timbre et mensuel pour l'anneau, l'administration est trimestrielle pour l'injection et la durée de vie est de 3 ans pour l'implant. La contraception hormonale met en œuvre trois mécanismes : elle bloque l'ovulation, épaissit la glaire cervicale, c'est-à-dire qu'elle empêche le passage des spermatozoïdes, et réduit l'épaisseur de l'endomètre (la paroi intérieure de l'utérus), ce qui fait obstacle à la nidation de l’embryonTamara Callahan MD, Aaron Caughey MD, Blueprints Obstetrics and Gynecology, 2013KD Tripathi, Essentials of Medical Pharmacology, 2013Dc Dutta's Textbook of Obstetrics, 2014. Pour les méthodes contraceptives sous-cutanées, sont les plus efficaces chez la femme , avec une efficacité de 99,9 %.

La contraception hormonale masculine utilise majoritairement des injections intramusculaires hebdomadaires de testostérone. Inventé dans les années 1970, le traitement est toujours au stade de recherche clinique et ne doit donc pas excéder 18 mois. Elle se base sur un traitement hormonal progestatif à de la testostérone. Le procédé mis au point en 1978 et testé dans les années 1990 se basait sur des injections d'hormones au quotidien ainsi qu'à l'application d'un gel. Cette contraception aurait pour effet d'augmenter la prise de muscle et la libido.

La consultation chez l'urologue pour la contraception masculine devient de plus en plus courante, touchant des patients de tous âges, qu'ils soient célibataires ou en couple. L'urologue doit évaluer plusieurs facteurs, tels que l'âge du patient, le nombre d'enfants qu'il a éventuellement, ses projets parentaux futurs et ses antécédents en matière de contraception.

Évaluation clinique et paraclinique Les principales méthodes contraceptives masculines recommandées par l’OMS incluent le préservatif, la vasectomie et des méthodes naturelles comme le retrait. Avec Internet, certains hommes explorent des options comme la contraception thermique. Avant de choisir, un examen clinique et une évaluation de la fertilité sont nécessaires, permettant aussi de dépister le cancer du testicule, fréquent entre 30 et 35 ans. Des tests supplémentaires, comme un spermogramme, peuvent être requis. Il est essentiel de rappeler aux hommes célibataires que le préservatif reste la seule protection contre les IST, garantissant ainsi un choix contraceptif adapté et une sensibilisation à la santé sexuelle.

Contraception définitive : méthodes chirurgicales

La chirurgie de stérilisation contraceptive vise à créer un obstacle physique interdisant la rencontre des gamètes avec l'ovule. Ces méthodes relèvent de la chirurgie ambulatoire.

L'histoire de la stérilisation a souvent été marquée par son utilisation comme un outil de coercition reproductive, visant le contrôle politique des populations autochtones ou marginalisées. Des pratiques eugénistes et racistes ont été enregistrées dans des pays comme les États-Unis, le Canada, le Japon, l'Allemagne nazie et le Pérou, tandis que des approches néo-malthusiennes ont été mises en œuvre en Chine et en Inde. En 2020, on estime que 22,9 % des femmes utilisant une méthode contraceptive optaient pour la stérilisation définitive, contre seulement 1,9 % des hommes. De plus, la stérilisation masculine est en déclin, passant d'un taux global de 7 % à moins de 2 % entre 1995 et 2020. La prévalence de la stérilisation varie considérablement selon les régions : l'Asie centrale (Chine) et l' L'Amérique latine affiche des taux de stérilisation féminine de 47 % et 26 %, respectivement, tandis qu'en Afrique subsaharienne, ce chiffre est inférieur à 5 %.En Belgique, bien qu'il n'existe pas de données précises sur la prévalence des stérilisations, le nombre de vasectomies rapporté par l'INAMI depuis 2007 a toujours dépassé celui des ligatures tubaires. En 2022, sur un enregistré 15.261 vasectomies contre seulement 2.588 ligatures tubaires, ces dernières étant en déclin constant. Les données sur les vasectomies semblent fiables, alors que celles sur les stérilisations féminines sont probablement sous-estimées car elles ne prennent en compte que les ligatures tubaires classiques et non la technique de double salpingectomie, qui est plus efficace et offre une protection contre le cancer ovarien.

Chez la femme, elle peut se faire par voie laparoscopique (ligature des trompes) ou hystéroscopique (méthode Essure), dans ce cas l'anesthésie n'est pas indispensable. Elle est a priori définitive et doit être présentée comme telle dans les recommandations françaises: il est possible au prix d'une intervention lourde et coûteuse de restaurer la perméabilité des trompes ; ce type de chirurgie a toutefois un taux de réussite plutôt faible, et même après réparation, les possibilités d'obtenir une grossesse ne concernent qu'une minorité de cas. Le recours à la Fécondation in vitro est théoriquement possibleStérilisation à visée contraceptive sur social-sante.gouv.fr, consulté le 27 avril 2016.

Chez l'homme, elle se fait par voie scrotale le plus souvent sous anesthésie locale. La méthode habituelle est la ligature des canaux déférents, appelée vasectomie. Elle est utilisée par les hommes de manière variable dans le monde : 14 % en Chine, 13 % aux États-Unis, 21 % en Grande-Bretagne, quelques centaines de personnes en France. Elle est réversible dans 80 % des cas, avec un taux de grossesse de 50 %. Dans certains cas la mise en banque de sperme est proposée préalablement à l'intervention.

Méthodes d'observation du cycle vignette|Cycle menstruel.

Les méthodes naturelles de contraception sont des méthodes n'utilisant pas d'éléments extérieurs au couple (préservatif, hormones…) pour réguler la fertilité. Cet ensemble disparate est formé de méthodes d'observation, permettant de déterminer les phases fertiles et infertiles du cycle. Y sont adjointes d'autres méthodes, considérée comme peu fiables, comme la méthode du calendrier dite « Ogino » ou celle des rapports sexuels incomplets (coït interrompu ou « retrait »).

Concernant le cycle menstruel, il peut être surveillé de plusieurs manières. Les signes cliniques à observer sont les menstruations, la température corporelle, l'aspect de la glaire cervicale, et les modifications du col de l'utérus. Ainsi, il existe la méthode des températures, la méthode Billings, ou encore les méthodes symptothermiques. Il est aussi possible de mesurer le taux d'hormones dans les urines ou dans le sang.

L'aménorrhée de lactation (aussi appelée MAMA) procure un effet contraceptif sous plusieurs conditions : l'allaitement doit être exclusif, débuté rapidement après un accouchement, et d'un rythme élevé, tout en s'assurant de l'absence de retour de couches, pour une durée maximale de six mois.

Toutes ces méthodes n'ont pas la même efficacité : il est important de distinguer les méthodes d'observation de la fertilité (MOF) des techniques peu fiables comme le retrait ou la méthode Ogino. La méthode symptothermique a un taux d'échec de 0,4 %, la méthode Billings de 0,5 %. Par comparaison, le taux d'échec de la pilule est de 0,3 %. À l'inverse, les méthodes Ogino ou celle du retrait sont déconseillées pour des raisons d’efficacité (pour la méthode du retrait, indice de Pearl de 4 % et taux d'échec effectif aux États-Unis de 22 %). Pourtant, les résultats de ces méthodes ne sont pas toujours différenciés dans les études, ce qui participe à la mauvaise réputations des méthodes d'observation.

Méthodes masculines thumb|Anneaux contraceptifs masculins