L'Anti-Justine, ou les Délices de l'amour est un roman de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, paru en 1798.
Histoire de l'œuvre
Le livre se présente comme de la main de Jean-Pierre Linguet, avocat au Parlement, entreprenant de raconter sa vie, son initiation et ses souvenirs. Restif, sous le couvert d'un pseudonyme, cherche à être l'anti-Sade, comme le précise le texte de la préface :
Jean-Pierre Linguet a réellement existé : avocat-parlementaire, il avait calomnié un proche de Restif, Mathieu-François Pidansat de Mairobert, après son suicide en 1779. Comme Linguet avait été guillotiné le , il ne pouvait donc pas en 1798, protester contre cette attribution d'auteur.
Le roman s'articule sur de nombreuses relations incestueuses. L'auteur a voulu faire de son ouvrage un « erōtikón », propre à rallumer les passions éteintes, sans verser dans la cruauté du marquis de Sade :
L’Anti-Justine, tel qu'il a été édité à Paris, « au Clos Bruneau, à l'Enseigne de la Gargouille », et chez la Veuve Girouard près du Palais-Royal — selon des mentions d'usage —, reste inachevé, mais le manuscrit original devait avoir une longueur double ou triple de ce que nous connaissons aujourd'hui. En effet, Restif commença l'impression du roman en mars-, mais fut nommé sous-chef de bureau dans les services de la police vers mai de cette année, ce qui l'incita très certainement à la prudence. Il semble ainsi que seuls quatre exemplaires (conservés à la Bibliothèque nationale de France, le plus complet s'achevant en milieu de phrase, au début d'une seconde partie alors que sept ou huit sont annoncées) aient jamais été imprimés, rien n'indique qu'il y en eut d'autres. 60 gravures sont annoncées au titre dans l'édition Girouard : elles semblent n'avoir jamais paru, sauf une, présente dans cette même édition en fin de volumeGravure en hors-texte, édition Girouard, Catalogue de la BNF..
L'œuvre, tombée dans l'oubli, ne refit véritablement surface qu'en 1863, depuis Bruxelles, dans une édition sans indication d'éditeur assez fautive, puis reprise en 1864, par Poulet-Malassis, livres probablement vendus par souscription.. Une nouvelle édition fut établie par Louis Perceau, en 1923, sous les presses de Maurice Duflou, avec une préface de Silvestre Bonnard [Pierre Dufay]Tirée à 140 ex., cette édition est très rare — Notice bibliographique, L'Amour qui bouquine..
Sade sur Restif Si Restif abhorrait Sade, Sade détestait de même Restif ; ainsi, le marquis écrit à sa femme, en 1783, alors qu'il est incarcéré à Vincennes :
Éditions modernes Claude Tchou, Paris, 1958. Cercle du Livre précieux, 1960 (préface par Gilbert Rouger). La Bibliothèque privée, Paris, coll. « L'Or du temps » (Régine Desforges), 1969. La Musardine, Paris, 1998 (présentation de Jean-Jacques Pauvert). Dominique Leroy, Paris, 2000 (préface de Dominique Leroy).
Annexes Notes et références
Articles connexes Justine ou les Malheurs de la vertu (1791) Roman libertin
Liens externes
L'Anti-Justine (Veuve Girouard, 1798) sur Gallica
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