(), ou La Filière française au Québec, est un film policier américain réalisé par William Friedkin, sorti en 1971. Il met en vedette Gene Hackman, Fernando Rey et Roy Scheider.
Le scénario s'inspire du livre homonyme de Robin Moore, paru en 1969, qui retrace l'enquête de deux policiers du New York City Police Department, et Sonny Grosso, sur les frères Pasquale et Tony Fuca, neveux d'Angelo « Little Angie » Tuminaro, un membre de la famille Lucchese-Genovese. Les frères Fuca sont soupçonnés d'être à la tête d'un trafic d'héroïne à New York. Il s'avère que ce réseau importait depuis la France la majeure partie de l'héroïne consommée dans la ville à l'époque du livre et du film. Par ailleurs, Egan et Grosso ont été invités à tenir des rôles dans le film.
L'atmosphère générale, la caractérisation des personnages et le style narratif du film américain sont en majeure partie influencés par le film français Le Samouraï (1967) de Jean-Pierre Melville. William Friedkin s'est également inspiré de l'interprétation d'Alain Delon, qui incarne un tueur à gages solitaire et méthodique, pour façonner le personnage de Popeye Doyle (Gene Hackman). La scène de poursuite dans le métro de The French Connection est d'ailleurs reprise du Samouraï.
Il est, depuis l'introduction de la classification de la Motion Picture Association, le premier film classé R (interdiction aux moins de 17 ans) de l'histoire du cinéma américain à avoir gagné l'Oscar du meilleur film.
Premier grand succès de son réalisateur, il remporta en tout cinq Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté pour Ernest Tidyman, meilleur acteur pour Gene Hackman, et meilleur montage. Roy Scheider fut nommé pour l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle et le film pour l'Oscar de la meilleure photographie et l'Oscar du meilleur mixage de son. Par ailleurs, Tidyman reçut pour son scénario le prix Edgar-Allan-Poe et une nomination pour le Golden Globe. Le film est classé à la des meilleurs films du cinéma américain par l'American Film Institute.
En 2005, le film a été sélectionné par le National Film Registry pour être conservé à la bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ».
Synopsis À Marseille, un policier est en train de surveiller Alain Charnier (interprété par Fernando Rey), un riche criminel français soupçonné de diriger la plus grosse organisation de trafic d'héroïne du monde. Le policier est tué par le bras droit de Charnier, Pierre Nicoli (Marcel Bozzuffi). Pendant ce temps, à New York, deux policiers du service des stupéfiants, Jimmy « Popeye » Doyle (Gene Hackman) et Buddy « Cloudy » Russo (Roy Scheider), mènent une enquête sous couverture dans le quartier de Bedford-Stuyvesant à Brooklyn. Après avoir assisté à une transaction de drogue dans un bar, Cloudy interpelle un suspect, qui résiste et lui entaille le bras avec un couteau. Après l'avoir arrêté et sévèrement battu, les policiers interrogent ce suspect qui leur révèle qu'il fait partie d'un réseau de trafic de stupéfiants bien plus important. Par ailleurs, Charnier prévoit de passer en contrebande de l'héroïne d'une valeur de de dollars à destination des États-Unis en utilisant une voiture, une Lincoln Continental L'équipe du film semble avoir été soucieuse de donner plus de réalisme au film par certains détails. Ainsi, dans le film cette Lincoln est immatriculée « 18 LU 13 », un plaque choisie pour s'inspirer de « 18 LU 75 », l'immatriculation figurant sur celle de l'automobile (qui était en fait une Buick Invicta) utilisée en 1961 par la bande de trafiquants qui a inspiré l'histoire. À ce « 75 » (identifiant le département de la Seine) est cependant substitué à l'écran un « 13 » du département des Bouches-du-Rhône, celui de Marseille, qui semblait aux concepteurs du film plus approprié pour évoquer l'origine de cette bande. Source : ., conduite par un ami au-dessus de tout soupçon : un présentateur de télévision français très célèbre, Henri Devereaux (Frédéric de Pasquale).
thumb|200px|Une Lincoln Continental semblable à celle du film. Plus tard, les policiers Popeye et Cloudy sont au Copacabana, où chante le groupe The Three Degrees. Popeye remarque que Salvatore « Sal » Boca (Tony Lo Bianco) et sa jeune femme de , Angie (Arlene Farber), discutent avec des membres de la mafia impliqués dans le trafic de drogue. Ils suivent les époux : ils ont un petit restaurant (luncheonette) et tous les deux ont un casier judiciaire, Sal pour vol à main armée et meurtre, Angie pour vol à l'étalage. Les policiers suspectent les Boca, qui ont un train de vie fastueux, de participer à des activités criminelles. Ils font bientôt le lien entre le couple Boca et un avocat, Joel Weinstock (Harold Gary), lié à des trafiquants de drogue.
Popeye apprend d'un informateur qu'une importante cargaison d'héroïne doit arriver à New York. Les policiers convainquent leur supérieur, Walt Simonson (), de mettre sur écoute les téléphones du couple Boca. Ils rusent et obtiennent d'autres informations. Popeye et Cloudy sont rejoints dans leur enquête par deux agents fédéraux, Klein (Sonny Grosso) et Mulderig (). Popeye et Mulderig se détestent cordialement parce qu'il leur est arrivé de travailler ensemble par le passé, et que Mulderig a alors rendu Popeye responsable de la mort d'un policier.
Après que la Lincoln de Devereaux est débarquée à New York, le chimiste (Pat McDermott) de l’avocat véreux Weinstock teste un échantillon d'héroïne — qui s'avère être très pure — et affirme que la marchandise vaudra bien plus de de dollars à la revente pour seulement d'investissement. Boca est impatient de faire affaire avec Charnier, qui souhaite rapidement retourner en France, tandis que Weinstock, plus expérimenté, le tempère, en lui indiquant que son téléphone est sur écoute et que la police enquête sur lui.
Charnier réalise qu'il est suivi depuis son arrivée à New York et sème Popeye dans le métro. Son complice Nicoli propose de tuer Popeye, mais Charnier n'est pas d'accord, sachant que Popeye serait remplacé. Nicoli insiste, arguant qu'ils seront repartis en France avant qu'il ne soit remplacé.
Nicoli tente d'assassiner Popeye depuis le toit de son immeuble mais échoue. Popeye prend en chasse l'assassin. Durant sa fuite, Nicoli s'échappe par le métro aérien à la station à Bensonhurst. Popeye réquisitionne une voiture et remonte à contresens l'. Dans le métro, Nicoli menace le conducteur avec son arme et tue un policier qui tentait de s'interposer. Le conducteur est atteint d’une crise cardiaque, en conséquence la rame vient en percuter une autre quand elle arrive en bout de ligne, projetant Nicoli contre les vitres. Popeye arrive sur les lieux et voit le tueur descendre les escaliers de la plate-forme. Apercevant Popeye, Nicoli tente de rebrousser chemin mais Popeye l'abat d'une balle dans le dos.
Après avoir suivi Devereaux, Popeye saisit sa voiture Lincoln, la démonte, ne trouve pas de drogue ; constatant que la voiture pèse de plus que le poids déclaré par le constructeur, les policiers continuent leurs recherches, et finissent par trouver la drogue dans le marchepied. La police replace la drogue au même endroit de la voiture, remonte le véhicule à l'identique et le restitue à Devereaux, qui le livre à Charnier.
Charnier réalise la transaction dans une usine désaffectée de Ward's Island. Le chimiste de Weinstock teste un sachet et confirme la qualité du produit. Charnier remplace les sachets par l'argent de la transaction dans le marchepied de la voiture, qu'il compte rapatrier en France. La transaction est terminée, lui et Sal quittent l'endroit en voiture mais les forces de police interviennent, menées par Popeye. L'intervention oblige la Lincoln à revenir vers l'usine. Sal est tué au cours d’une fusillade avec la police et les autres hommes de main se rendent.
Charnier s'échappe, Popeye le poursuit dans l'usine et Cloudy le rejoint. Popeye voit une ombre, lui tire dessus ; l'homme abattu n'est pas Charnier mais Mulderig. Décontenancé, Popeye dit à Cloudy qu'il compte avoir Charnier. Après avoir rechargé son pistolet, Popeye repart à sa poursuite et, quelques secondes plus tard, un autre coup de feu éclate.
En toute fin du film, un panneau révèle le sort réservé aux principaux personnages : les deux policiers Popeye et Cloudy ont été transférés de la brigade des stupéfiants vers une autre unité, l’avocat véreux Joël Weinstock n'a jamais été condamné, Angie Boca a écopé d’une peine de prison avec sursis, son frère Lou a bénéficié d’une réduction de peine, le passeur Henri Devereaux a fait quatre ans de prison aux États-Unis et Alain Charnier n'a jamais été interpellé, et continuerait à vivre tranquillement dans le Sud de la France.
Fiche technique
Titre : Titre original : Titre québécois : La Filière française Réalisation : William Friedkin Scénario : Ernest Tidyman, d'après le livre The French Connection de Robin Moore (paru en 1969 aux États-Unis et en 1972 en France) Musique : Don Ellis Photographie : Owen Roizman Son : Chris Newman, Montage : Gerald B. Greenberg Décors : Ben Kasazkow, Edward Garzero Costumes : Ben Kasazkow, Joseph Fretwell III Coordination des effets spéciaux et cascades : Pierre Gare Affiche : René Ferracci (France) Production : Philip D'Antoni Sociétés de production : D'Antoni Productions, Schine-Moore Productions Société de distribution : 20th Century Fox Budget : (estimation) Pays de production : Langues originales : anglais et français Format : couleur (Deluxe) — 1,85:1 — — version mono et version stéréo 4 pistes (Westrex Recording System) Genre : policier Durée : 104 minutes Dates de sortie : États-Unis : (New York) ; (sortie nationale) France : Classification : États-Unis : R (restricted)Le R signifie que les mineurs (17 ans ou moins) doivent être accompagnés pour pouvoir assister à la projection du film. France : tous publics.
Distribution
Production Genèse du film L'atmosphère générale, la caractérisation des personnages et le style narratif du film sont en majeure partie influencés par Le Samouraï (1967) de Jean-Pierre Melville. William Friedkin s'est également inspiré du personnage incarné par Alain Delon, qui joue un tueur à gages solitaire et méthodique, pour façonner le personnage de Popeye Doyle (Gene Hackman). La scène de poursuite dans le métro de The French Connection est d'ailleurs reprise de Bullitt et du Samouraï.
Le scénario s'inspire de faits réels, ceux du trafic de drogue des années 1960 (jusqu'au début des années 1970) appelé French Connection. À cette époque, 80 % de l'héroïne arrivant illégalement sur la côte est des États-Unis provenait du Sud de la France. En plus des deux personnages principaux, plusieurs personnages du film s'inspirent de personnages réels. Le personnage d'Alain Charnier est basé sur celui de Jean Jehan, qui a été arrêté à Paris pour trafic de stupéfiants. Malgré cela, il n’a jamais été extradé vers les États-Unis, la France n'extradant pas ses citoyens.. Le réalisateur explique la mansuétude supposée de la justice française à son égard par le fait que Charnier alias Jean Jehan aurait effectué son service militaire sous les ordres du général de Gaulle.