La cathédrale Saint-Paul de Liège est l'une des sept anciennes collégiales de la ville de Liège, en Belgique. Fondée au en tant que collégiale Saint-Paul de Liège, elle est reconstruite du et restaurée au milieu du . Elle devient cathédrale et siège du diocèse de Liège au en raison de la destruction de la cathédrale Saint-Lambert en 1795. Une nouvelle restauration est entamée durant les années 2010.
La légende vignette|300px|L'intérieur de style gothique mosan. La pierre bleue de Meuse est rehaussée au niveau des arcs par le tuffeau jaune d'or de Maastricht et le calcaire jaune de Lorraine. Les voutains sont peints de rinceaux du . L'église apparaît ainsi comme une « enluminure de pierre ».. vignette|droite|300 px|Dans la nef, vue vers le chœur.
L'évêque Éracle venait de jeter les fondements de l'église Saint-Martin, lorsqu'il conçut le projet d'en élever en même temps une autre, dédiée à saint Paul. Seulement il était fort embarrassé de savoir le lieu le plus convenable à ses desseins, lorsque l'apôtre vint heureusement à son aide.
C'était pendant une belle nuit du mois de juillet; il avait fait une chaleur étouffante, et l'évêque, plongé dans un profond sommeil, se reposait des fatigues de la journée, lorsque, tout à coup, il eut une vision — on sait qu'Éracle en eut plus d'une en sa vie —, saint Paul se dressa devant lui, et, le regardant d'un air bienveillant : . Puis il disparut !
En effet, assure la tradition, le lendemain une neige épaisse couvrait la terre ; un espace de terrain d'une certaine étendue, et situé dans l'Isle, délimité par le bras de la Meuse appelé Sauvenière, en était seul exempt. Au milieu de la place désignée par saint Paul s'élevait une chapelle dédiée au pape Calixte et qui datait des premiers temps de la Cité de Liège ; l'évêque traça aussitôt l'enceinte du nouveau sanctuaire, et y enferma la chapelleLe chroniqueur Anselme contant la construction de Saint-Paul; Mane autem facto, cum universa circumquaque loca nix operuisset, futurs ecclesiae locum omnino non tetigit. Anselme cité par ..
Historique Origines de la cathédrale Chapelle Saint-Germain En 967, l'évêque Éracle construisit cette église sur l'emplacement de l'église Saint-Germain bâtie en 833 par l'évêque Pirard à l'endroit où se trouvait une chapelle primitivement dédiée à saint Germain et fondée en 785 par Radulphe des Prez..
La basilique n'était élevée que jusqu'aux fenêtres lorsque Éracle mourut.
ÉracleAnselme, ch. 24, p. 202.Halphen et Lot, Rec. des actes de Lothaire et de Louis V, n° 23 p. 50-53 (965) institua un collège de vingt chanoines auxquels Notger, qui acheva le bâtiment commencé par son prédécesseur, en ajouta dix autres.
Chapelle Saint-Calixte Le hameau formé sur l'île s'était rapidement agrandi, à tel point qu'on dut construire une seconde chapelle à peu de distance de la premièreDe Blochem, circa 1450, ibidem: elle fut dédiée à Calixte , pape et martyr. Les chroniqueurs attribuent sa fondation à Pirard évêque de Liège et ajoutent qu'il y établit douze Bénédictins, seul ordre existant alors dans le pays de LiègeAlbert de Lymborch : Fundatio S. Pauli..
Collégiale Saint-Paul et premières dotations Ce fut à son retour de Cologne, où il avait assisté aux obsèques de Brunon, archevêque de cette ville et vicaire de l'empire, qu'Éracle conçut le projet de construire une église en l'honneur de saint PaulLe 18 octobre 965. Fisen : Eût. Ecctes. Leod. Pars t, p. 141..
Très peu d'informations subsistent quant aux biens dont Éracle dota le collège de vingt chanoines qu'il avait crééDaniel de Blochem, qui a publié au l'histoire des doyens de sa collégiale se borne à renvoyer aux archives du chapitre, entre-temps perdues, en grande partie, depuis la révolution française, vide infra. Il paraît cependant que l'évêque donne les dîmes de l'église de Lixhe (canton de Glons): ce qui est certain, c'est que la collation de cette église, qui fut érigée en paroisse vers l'an 1200, appartint au chapitre de Saint-Paul jusqu'à sa suppression par les Français, le .
Notger consacra solennellement cette église le : deux autels y furent dédiés à Saint-Germain et à Saint-Calixte, en souvenir du culte rendu auparavant à ces deux saints, dans les chapelles qui leur avaient été vouées. Notger ayant pris la forteresse de Chèvremont, le , la détruisit de fond en comble et démolit les églises qui s'y trouvaient. L'une d'entre elles, dédiée à saint Capraise, possédait un collège de dix prêtres ; l'évêque les réunit aux vingt chanoines de Saint-Paul et porta ainsi leur nombre à trente. Tous les biens, les rentes et les dîmes de Saint-Capraise furent transférés à la nouvelle collégiale, à laquelle Notger donna la cloche appelée Dardar, provenant également de ChèvremontCette cloche était, dit-on, percée de quatre trous. Elle a été détruite ..
Premiers prévôts et doyens connus Godescalc La première mention authentique d'un Doyen et d'un Prévôt de Saint-Paul se rencontre dans une pièce de l'an 1083, extraite du cartulaire de cette Collégialepublié en annexe par O.-J. Thimister, Essai historique sur l'église de Saint-Paul, Liège, 1867. Il y est question de dommages causés dans l'alleu de Nandrin, propriété du chapitre, par Giselbert, comte de Clermont, et son complice Frédelon. L'évêque Henri de Verdun embrassa la défense des droits de l’Église ; et afin de les sauvegarder à l'avenir, l'avouerie de l'alleu de Nandrin fut confiée à un seigneur appelé Conon. Cette cérémonie eut lieu dans le temple même, le jour de la fête de Saint-PaulAu bas de l'acte qui fut dressé figurait : Hugues, prévôt et archidiacre de Saint-Lambert ; — Godescalc, doyen de St-Paul — Dietguin, trésorier (custos) ; — Henri, prévôt de Saint-Paul et archiviste ; — Albert, comte de Namur ; — Henri, son frère, comte de Durbuy (de Durbino) et Regnier de Cortessem..
Une pièce de l'année suivante atteste l'existence d'un cloître à cette époque et que les confrères de Saint-Paul portaient le nom de chanoinesElle était transcrite au folio xiiij, p. j, et signée de Godescalc, doyen; —Henri, prévôt;—Albert, comte de Namur; — Wazelin et Bonon, prêtres..
En 1086, Godescalc institua plusieurs bénéfices (Eleemosynœ ou Prebetidulœ). Ils furent longtemps connus sous le titre de prébendes de Wouteringhen ou Wohange. Cette année encore, il fonda l'autel des saints Jean-Baptiste et Nicolas et de sainte Marie-Madeleine. C'est le plus ancien établissement d'un bénéfice simple qui nous soit parvenuLe Prévôt témoin de cette libéralité s'appelle Henri..
En 1101, le doyen Godescalc fut élevé à la dignité d'archidiacre de Liège, et décéda peu de temps après.
Waselin La collégiale voit, en 1106, s'adjoindre à ses propriétés une partie du territoire de Fragnée, acquis et partagé par Obert entre les églises du clergé secondaire. Pour fonder son anniversaire, le , Wazelin fit donation à Saint-Paul de sa demeure avec toutes ses dépendances à ce contrat furent présents Henri, prévôt, et les chanoines Walter, prêtre, et Gozelon, trésorier..
Ce dernier loua les dîmes de l'église de Wendeshem moyennant une rente de 5 marcs de bon argent payable à LiègeFiguraient à cet acte : Frédéric, archevêque de Cologne ; — le comte Gérard de Guecka et son fils -, Henri, son frère ; — Arnold comte de Clèves..
Nouvelles donations Godefroid, comte de Louvain, en 1135, céda généreusement au chapitre de la collégiale les dîmes de la ville de Weert et de son territoire inculte ou cultivéEntre les signataires de cet acte de libéralité figuraient Odon ; — Giselbert ; — Hellebold ; — Helbért ; — Franco, échanson du duc ; — Heresto, chambellan ; — Gérard de Vethen (Withem) et Walthère, son frère..
En 1182, le doyen Henri fait don de l'église paroissiale de Laminne au chapitre qui en conservera la collation jusqu'à sa suppression par la convention nationale le . Il lègue ensuite à la collégiale la terre d'HodimontEn latin Mons Odulphi.
Ebalus devient doyen en 1185: la même année, une lettre parle de la cession de l'église de Hermalle-sous-Huy, faite à l'abbaye de FlôneEbalus y figure avec Pierre, prévôt de Saint Paul.. Il donne à la collégiale l'église de Lavoir, consacrée à saint Hubert, dont le chapitre de Saint-Paul garda la collation jusqu'en 1797L'acte relatant cette libéralité était signé par Albert, Prévôt de la collégiale et archidiacre de Liége..
Le pape Célestin III, par un diplôme (s) donné à Rome, le , confirme à l'église de Liége toutes ses possessionsCe diplôme est reproduit T. V. du Bulletin de l'Institut archéologique Liégeois, p. 288 et suivantes..
Le doyen Jonas donne à la collégiale l'église de Saint-Georges et celle de Verlaine dédiée à saint Remy dès 1198.
Fondation du Val-Benoit et du Val des écoliers Othon Des Prez, élu doyen va fonder, en 1220, sur la rive gauche de la Meuse, à une demi-lieue de la ville, le couvent du Sart, qui, cinq ans plus tard, perdra ce nom pour prendre celui du Val-Benoît, lorsque le cardinal-légat Conrad, évêque de Porto, en consacra l'église, le jour de la Pentecôte23 août 1232, Cartulaire, fol. XIX, p. Ij..Il érigea ensuite à Liège le prieuré du Val-Notre-Dame, dans un endroit appelé alors Gravière, (aujourd'hui La Gravioule) et à Saint-Martin-en-Ile, il élève et dote, de ses propres deniers, un autel en l'honneur de saint Thomas de CantorbéryCe prieuré de l'ordre des écoliers fut converti en abbaye par le pape Grégoire XV l'an 1616 en faveur de Winand Latome, qui en était alors prieur..
Nouvelle collégiale et sa consécration Entravée probablement par la pénurie de fonds, l'érection du nouveau bâtiment ne progressait qu'avec lenteur. La tour paraît avoir été finie la première ; en 1275 le doyen Guillaume de Fraynoir y fait suspendre deux grosses cloches données par lui : l'une, en l'honneur du saint Patron de l'église, reçut le nom de Paula, l'autre celui de Concordia, nom de la mère de cet apôtre. Coulées au mois de juin 1275par Jean, fondeur, elles annonçaient les offices célébrés par le doyen. La seconde de ces cloches, Concordia, sonnait toujours au ; elle sonne le ré des orgues et portait une inscription en lettres gothiques.
vignette|Gravure de la collégiale Saint-Paul dans les années 1730 (par Remacle Le Loup).
Tout nous porte à croire que la reconstruction de la collégiale était fort avancée en 1289 ; en effet, le , eurent lieu à la fois la consécration de l'église et la bénédiction des autels ; solennités célébrées par les deux suffragants de Liège, Edmont, évêque de Courlande en Livonie, et le frère Bonaventure, de l'ordre de Citeaux, évêque de CéaActe en fut dressé par ordre de ce dernier prélat, in Daniel de Blochem, circa 1450, dans son manuscrit, fol. CCXXIJ. Cette pièce se trouve à la fin de l'ouvrage d'Olivier-Joseph Thimister, 1857. Annexe VII..
Inondations, incendies et tremblement de terre Inondations Les charbonnages entourant Liège depuis le haut Moyen Âge, malgré l'interdiction de creuser sous la ville qui ne fut pas toujours respectée, creusant en aval et en amont ont eu pour conséquence de faire de Liège une cuvette et plus tard une digue. Malgré les remparts, les inondations se succédèrent de siècle en siècle.
Le , la Meuse grossit tellement que le quartier de l'île fut envahi par les eaux et la collégiale Saint-Paul entièrement inondée au point qu'on ne pouvait y pénétrer qu'en bateau.
Le , une inondation détériora aussi les livres et les bijoux dans la crypte, une partie des chartes, les livres, les ornements de la collégiale conservés dans la trésorerie, pour éviter de semblables désastres le sol de la nouvelle librairie est exhaussé et l'on y entre depuis par quelques marches.