Barbara est un célèbre poème de 58 vers écrit par Jacques Prévert et publié dans le recueil Paroles en 1946.
L'auteur fait part de son attachement pour la ville de Brest ainsi que de sa tristesse à la suite de sa destruction par les bombardements alliés lors de la Seconde Guerre mondiale.
Résumé
Le poète s'adresse à une femme inconnue, vue dans la rue et dont il ne connaît que le prénom, Barbara, parce que son amoureux l'avait interpellée devant lui. Le poème est une interrogation sur le sort des individus en temps de guerre, victimes possibles des bombardements.
Selon l'écrivain reporter Roger Faligot c'est la résistante Annie Noël épouse du résistant Pierre Hervé qui aurait inspiré Jacques Prévert.
Présentation Le poème se compose de 58 vers.
Le poème est en vers libres avec des rimes croisées et suivies. Aucune strophe n'est réellement définie.
Thèmes Le thème de l'amitié et de la fraternité universelle et spontanée, y compris avec des inconnus. L'étymologie du prénom Barbara, « étrangère », soutient ce proposMary E. Belanger, Études de la poésie de Jacques Prévert, ProQuest, 2008, p. 52..
Le thème de l'amour à travers l'image du couple formé par Barbara et celui qui la prend dans ses brasLe poème est aussi un rappel possible de l'amour de Jacques Prévert pour sa femme Janine, d'après Michel Rachline, Jacques Prévert, Éditions Olbia, 1999, p. 58., image de bonheur, mais aussi couple menacé par la guerre.
Le thème de la dénonciation de la guerre et de son cortège de pertes humaines et de morts parmi les civils. Ce poème reflète l'antimilitarisme de Jacques PrévertFranck Colotte, « Une contre-poésie entre transfiguration de l'ordinaire et révolution poétique », in Regards sur la poésie du XXe siècle, Volume 1, Laurent Fels (direction), Presses universitaires de Namur, 2009, p. 460..
Procédés stylistiques Le poème s'ouvre sur une injonction au souvenir à l'impératif et sur le prénom-titre au vocatif"Rappelle-toi Barbara". Ce vers reviendra régulièrement comme un refrain. Les énumérations servent à décrire le personnage, mais aussi la pluie, prise pour métaphore des bombardements. L'outil exclamatif « Quelle » suivi du mot familier « connerie » rompt l'évocation lyrique pour condamner la guerre avec une expression populaire largement partagée. Une comparaison entre les nuages et des chiens agonisants, avec une paronomase entre « Brest » et « reste » à la forme négative, closent le poème sur une note pessimiste (« rien »).
Adaptations Poème parlé Yves Montand a interprété ce poème dans une adaptation « poème parlé » en 1948. Il figure sous cette forme dans l'enregistrement public « L'Etoile 53 » et en 1955Yves Montand, Barbara, Odéon 7MO1038, 1955.. D'autres interprétations furent effectuées par des artistes comme MouloudjiMouloudji, Amours... roses, grises, noires, Chant du Monde LDS4191, 1961., Cora Vaucaire, Les Frères Jacques, Serge ReggianiSur la mélodie à la flûte composée par Joseph Kosma pour le poème. ou Rade Šerbedžija.
Chanson Barbara a été mis en musique par Joseph Kosma en 1947D'autres chansons, de Jacques Prévert et Joseph Kosma. , Paris : Enoch et , 1947..
La chanson a été interprétée par Yves MontandVoir Yves Montand chante Jacques Prévert., MouloudjiMouloudji, Si tu t'imagines / Barbara, avec Philippe-Gérard et son Ensemble, 1951. et les Frères JacquesLes Frères Jacques Qu'avez-vous à déclarer ? avec Pierre Philippe, Polydor 560 451, 19 mars 1956 ainsi que par le groupe Troïka.
Notes et références
Catégorie:Poème français Catégorie:Paroles (Prévert) Catégorie:Poésie du XXe siècle Catégorie:Œuvre pacifiste Catégorie:Brest Catégorie:Chanson composée par Joseph Kosma Catégorie:Chanson interprétée par les Frères Jacques