Le parc national du mont Rainier (en ) est un parc national américain situé dans l'État de Washington dans le Nord-Ouest des États-Unis.
Couvrant une superficie de près de , ce parc est célèbre pour le mont Rainier. Cet imposant stratovolcan, dont le sommet culmine à plus de , appartient au massif de la chaîne des Cascades.
L'occupation humaine de la région remonte à près de , lorsque des Paléoaméricains l'arpentent pour chasser et pratiquer la cueillette. Après l'arrivée des premiers explorateurs d'origine européenne, les tribus locales de langues salish sont très touchées par des épidémies de variole amenée sur le continent par les colons dès la fin du .
La région devient le cinquième parc national américain le durant la présidence de William McKinley. Administré par le , dont la mission est de protéger ses richesses naturelles et culturelles, le parc abrite plus de végétales et plus de 300 espèces de vertébrés.
Géographie thumb|left|Carte du parc national. Le parc se situe au centre de l'État de Washington et s'étend sur les territoires des comtés de Pierce et de Lewis. Il se situe à environ au sud-est de Seattle et à au nord-est de Portland. Les autres localités importantes de la région sont la capitale Olympia et Tacoma.
D'une superficie de , le parc englobe toute la région du mont Rainier. Il s'étend sur près de du nord au sud et d'est en ouest. Tout autour se trouvent de nombreuses réserves naturelles (Wilderness) et forêts nationales qui couvrent et protègent une partie importante de la chaîne montagneuse des Cascades.
Relief L'altitude minimale du parc avoisine les tandis que le sommet du parc culmine à au niveau du mont Rainier. La région appartient plus précisément à la région montagneuse de la chaîne des Cascades. Ce massif est composé de nombreux sommets dont l'altitude maximale est comprise entre et . Le mont Rainier est le cinquième plus haut sommet des États-Unis, hors Alaska, mais aussi le point culminant de la chaîne des Cascades. Les montagnes de la région donnent une impression de grandeur par rapport à la faible altitude des vallées. Dans la région environnante, seuls quelques volcans parviennent à dépasser la barre des comme les monts Baker, Adams et le pic Glacier.
Parmi les autres sommets non-volcaniques importants situés dans le parc se trouvent le pic Unicorn (), le pic Dege () et la Skyscraper Mountain ().
Climat Appartenant à la région montagneuse de la chaîne des Cascades et avec une altitude maximale dépassant les , le climat de la région du parc est de type montagnard. Les régions situées plus à l'ouest des montagnes présentent un climat océanique tempéré, alors que le climat est continental humide dans les régions plus à l'est Pierre Pagney, Les climats de la Terre, Masson, 1976, 65..
Dans la partie occidentale du parc, grâce à l'influence océanique, les précipitations sont importantes d'octobre à mai et se présentent en grande partie sous forme neigeuse en altitude. Ces précipitations sont d'autant plus fortes que la chaîne des Cascades forme un écran qui bloque l'humidité des masses d'air océaniques sur leur flanc occidental. La période estivale y est généralement plus sèche. En altitude, les précipitations neigeuses sont très importantes. Alors qu'il tombe en moyenne seize mètres de neige par an sur le mont Rainier, lors de l'hiver 1971-1972 il tombe à la station de relevé de Paradise Ranger située à d'altitude. Le record national est cependant détenu par le proche mont Baker qui reçoit durant l'hiver 1998-1999 près de de précipitations neigeuses. Dans la partie orientale du parc, le climat est plus sec avec des hivers plus froids et des étés plus chauds
+ 20px|Météo Relevés dans le parc MoisJanvFévMarsAvrMaiJuinJuilAoûtSeptOctNovDécAnnéeRecord des températures maximales (°C)18,016,021,026,028,029,030,031,032,031,022,017,032,0 (1988)Températures maximales moyennes (°C)1,01,02,05,09,012,017,017,014,09,02,01,08,0Températures minimales moyennes (°C)-6,0-6,0-5,0-3,0-1,02,06,06,04,00,0-4,0-7,0-1,0Record de température minimale (°C)-25,0-28,0-19,0-16,0-11,0-7,0-6,0-3,0-7,0-12,0-24,0-28,0-28,0 (1968)Moyennes mensuelles de précipitations (mm)462353326228140995457120216484500Moyennes mensuelles de précipitations neigeuses (cm)1339885273000043898486
Hydrographie vignette|Les chutes Christine avec le pont des Chutes Christine. Les cours d'eau du parc appartiennent tous au bassin versant de l'océan Pacifique. La majorité d'entre eux prennent leurs sources au niveau du mont Rainier. Les importantes précipitations qui s'abattent sur la région tout au long de l'année couplées à la fonte des glaciers permettent d'alimenter tous ces cours d'eau. Le mont abrite ainsi la plus grande superficie de glaciers sur une seule montagne de tout le pays hors Alaska.
Plus de 470 cours d'eau s'écoulent dans le parc. Parmi les principaux se trouvent la rivière White qui s'écoule au nord-est du parc, la rivière Carbon au nord-ouest du parc, le fleuve Puyallup et la rivière Mowich à l'ouest, le fleuve Nisqually au sud-ouest et un affluent de la rivière Cowlitz au sud-est. Les cours d'eau s'écoulent en général dans des vallées glaciaires assez encaissées.
Les cours d'eau de la région appartiennent aux bassins hydrographiques de trois fleuves. Les rivières White, Carbon et Mowich sont des affluents du fleuve Puyallup qui termine sa course à l'ouest dans le Puget Sound, un bras de mer de l'océan Pacifique. Le fleuve Nisqually se déverse également dans l'extrémité méridionale du Puget Sound. La rivière Cowlitz est de son côté un affluent de l'important fleuve Columbia qui se jette dans l'océan Pacifique au niveau de la ville d'Astoria dans l'Oregon.
Le parc abrite plus de 380 lacs ou mares. Le lac Mowich est la plus grande étendue d'eau du parc. Juché à près de d'altitude, il s'étend sur pour une profondeur de . De nombreuses cascades sont présentes dans le parc comme les chutes Christine, chutes Narada, chutes Comet, chutes de la Kautz Creek, chutes Van Trump ou chutes Sydney.
Géologie thumb|250px|Carte des aléas volcaniques autour du mont Rainier :
Les roches les plus anciennes de la région de la chaîne des Cascades ont environ 400 millions d'années. Formées au fond de l'océan Pacifique, ces roches sédimentaires sont les plus anciennes découvertes dans la région. Posées à la surface de plaques tectoniques en mouvement, ces roches sont ensuite transportées vers le nord. Cette lithosphère océanique rencontre finalement l'importante plaque nord-américaine il y a 90 millions d'années. Le sol se soulève alors, centimètre par centimètre, pour former un premier relief. Ce relief est ensuite érodé en grande partie, mais de nouvelles plaques océaniques entrent à nouveau en collision durant les 40 à 35 derniers millions d'années. Cette nouvelle rencontre marque le début de l'orogenèse de la chaîne des Cascades à l'aplomb de la zone de subduction où se forme le magma à l'origine de l'arc volcanique des Cascades.
Les volcans des Cascades sont alimentés par la matière en fusion générée par la subduction des plaques tectoniques de Gorda et de Juan de Fuca sous la bien plus grande plaque nord-américaine. Située à près de au large des côtes, le centre de la plaque de Gorda s'enfonce chaque année de près de sous l'Amérique du Nord.
La formation du mont Rainier débute il y a environ un million d'années alors que les montagnes voisines ont près de douze millions d'années. Le dôme du volcan se compose de roches andésitiques. Il est le plus haut volcan de la chaîne des Cascades et le troisième en termes de volume après le mont Adams et le mont Shasta.
Les scientifiques pensent que, durant sa formation, la hauteur du volcan dépasse de plus de la hauteur actuelle mais la partie supérieure du volcan s'effondre par la suite à cause d'éruptions violentes. Au cours de son histoire géologique, les flancs du volcan sont également façonnés par l'érosion glaciaire.
Les dernières éruptions du volcan remontent au . Considéré comme endormi, le volcan pourrait toujours entrer en éruption comme l'ont fait dans le passé le pic Lassen (1914) et le mont Saint Helens (1980). Un sismographe mesure en continu son activité sismique. Bien que relativement faible, celle-ci est régulière. Les géologues pensent que cette activité est causée par la circulation de fluides chauds sous le volcan, fluides qui sont à l'origine de la création de sources chaudes ou de fumerolles dans le parc.
Le mont Rainier est probablement le volcan qui a le plus grand potentiel de destruction de la chaîne de Cascades. En plus de sa taille importante, les nombreux glaciers présents sur son sommet pourraient fondre en cas d'éruptions et créer d'importants lahars. Ils pourraient toucher les millions d'habitants de la zone métropolitaine de Seattle mais aussi les populations jusqu'au Nord-Ouest de l'Oregon. Des débris découverts à proximité du Puget Sound dans la métropole de Seattle indiquent que ces phénomènes se sont déjà produits dans le passé.
Milieu naturel thumb|left|Sapins subalpins. Le parc national s'étend sur trois zones écologiques principales, ce qui lui donne une grande biodiversité. En dessous de se trouve la zone boisée, de à la zone subalpine et au-dessus la zone alpine. La zone boisée couvre à elle seule près de 60 % du parc tandis que les deux autres zones se partagent presque équitablement le reste.
Au total, le parc abrite près de de plantes vasculaires et de plantes non-vasculaires. Il accueille également près de 300 espèces de mammifères, d'oiseaux, de poissons, de reptiles et d'amphibiens.
À ses frontières occidentale et septentrionale, le parc est bordé par la forêt nationale du Mont Baker-Snoqualmie. Au sud, il est bordé par la forêt nationale Gifford Pinchot et à l'est par la forêt nationale de Wenatchee. Parmi les autres zones protégées situées à proximité se trouvent l'aire sauvage de Tatoosh (Tatoosh Wilderness), l'aire sauvage de Norse Peak (Norse Peak Wilderness), l'aire sauvage de Clearwater (Clearwater Wilderness) et l'aire sauvage de William O. Douglas (William O. Douglas Wilderness).
Selon l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis, le parc national se trouve dans l'écorégion de la « cordillère occidentale des montagnes boisées du Nord-Ouest »L'expression « cordillère occidentale des montagnes boisées (ou forestées) du Nord-Ouest » est une dénomination francophone officielle de la Commission de coopération environnementale (niveau I et niveau II)..... Selon le système de classement du WWF, la zone appartient à l'écorégion Central and Southern Cascades forestsLittéralement : « forêts méridionale et centrale de la chaîne des Cascades ». qui se caractérise par une région montagneuse couverte de conifères et dont le climat est d'autant plus humide vers l'ouest de la région..
Flore
La végétation dans le parc est fortement liée à l'altitude. Le dénivelé atteint en effet un peu moins de entre le plus haut sommet et les fonds des vallées. Le climat varie donc fortement selon l'endroit ce qui a un impact important sur l'abondance et le type d'espèces vivantes. Les précipitations plus abondantes à l'ouest du parc par rapport à l'est influencent également la nature des espèces présentes. Des phénomènes naturels tels que des incendies, des avalanches, des coulées de boue volcanique peuvent aussi avoir un impact local sur la flore.
En dessous de d'altitude, la forêt est dominée par la Pruche de l'Ouest (Tsuga heterophylla), le Sapin de Douglas (Pseudotsuga menziesii) et le Thuya géant de Californie (Thuja plicata). Jusqu'à environ, la forêt, qui devient de moins en moins dense, se compose plutôt du Sapin gracieux (Abies amabilis), du Cyprès de Nootka (Chamaecyparis nootkatensis), du Pin argenté (Pinus monticola) et du Sapin noble (Abies nobilis). Certaines zones boisées sont âgées de seulement notamment là où des glaciers se sont récemment retirés. D'autres zones boisées, dénommées forêts primaires, sont âgées de parfois plus de .