Ange Marie Chiappe, né le à Sartène (Corse), mort le à Paris, est un homme politique et un haut fonctionnaire de la Révolution française, du Consulat et du Premier Empire.
Entre 1792 et 1797, il est député de la Corse à la Convention nationale, où il vote la détention de Louis XVI, puis au Conseil des Cinq-Cents.
Famille Ange Chiappe est issu d'une influente famille corse de négociants originaires de Gênes. Son frère, Jean-François, juge avant la Révolution française, meurt procureur-général à la cour impériale d'Ajaccio.Son fils, Jean-Jacques Chiappe, officier du génie, reçut en 1814 la légion d'honneur du Roi pour des anciens travaux faits à la direction du Génie. Pendant les Cent jours, il est fait officier d'ordonnance de Napoléon I le , puis chef de bataillon du génie et officier de la légion d'honneur.
Les débuts Contrôleur des actes à Sartène, il est élu suppléant par le tiers état de la Corse aux États généraux de 1789.
Porté colonel général à la tête d'un bataillon de gardes nationaux à la chute de l'Ancien Régime, il est élu au directoire du département.
Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, Ange Chiappe est élu député de la Corse, le deuxième sur six, à la Convention nationale.
Il siège sur les bancs de la Plaine mais affiche des proximités avec la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la détention durant la guerre et la détention à la paix, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine :Je ne consulte aucune loi dans cette affaire, parce que je ne puis pas être juge, applicateur de peine, lorsque je suis législateur ; mais comme homme d’État, représentant du peuple, je consulte la loi suprême, celle du salut et de l'intérêt de tous les Français mes frères ; ainsi, pour mesure de sûreté générale, je vote la détention de Louis pendant la guerre et sa déportation après. Le 13 avril 1793, il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat :J'ai suivi constamment Marat dans son journal, et je l'ai toujours reconnu comme l'auteur d'une feuille liberticide. Marat a prêché le meurtre, le pillage et l'anarchie la plus complète; mais il a fait plus que cela : Marat a appelé les poignards contre les représentants du peuple. [...] Quand je me demande la cause de l'anarchie et des malheurs que la France éprouve dans un temps où elle devrait être la plus heureuse et la plus tranquille des nations, je dis : c'est Marat et ses partisans ; [...] il y a lieu à accusation. [...] Le 20 avril, il dénonce la pétition de trente-cinq sections parisiennes, qui réclame l’arrestation et l’exclusion de l’assemblée de vingt-deux députés girondins ayant « ouvertement violé la foi de leurs commettants ». Le 28 mai, il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze.
Le 15 germinal an III (4 avril 1795), Ange Chiappe est envoyé en mission auprès de l'armée des Alpes et d'Italie.
Mandat aux Cinq-Cents Sous le Directoire, Ange Chiappe est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents.
Le 16 brumaire an IV (le 7 novembre 1795), il réclame la mise en liberté de Joseph Rovère (député du Vaucluse) et de Jean-Baptiste Saladin (député de la Somme) décrétés d'arrestation au terme de l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795).
Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an V (le 20 mai 1797).
Du Consulat à la Restauration Sans avoir soutenu le coup d'État de Bonaparte, il est nommé par le Premier Consul, consul aux États-Unis, à Göteborg (Suède) et Carthagène (Espagne). Le , il est ensuite nommé sous-préfet à Alba, dans le nouveau département de la Stura.
À la première restauration en 1814, il quitte la vie publique et revient à Paris pour y habiter le restant de sa vie. Il était chevalier de l'ordre royal de l’Étoile polaire de Suède et de Norvège.
Notes et références
Source Auguste Kuscinski, Dictionnaire des conventionnels, Paris, Société de l'histoire de la Révolution française, éditions F. Rieder, 1916 A.V. Arnault, Biographie nouvelle des contemporains, Librairie historique, 1821
Voir aussi Articles connexes Famille Chiappe Rue du Conventionnel-Chiappe (à Paris)
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