Le finlandais ou cheval finnois (en finnois ) est une race chevaline à la fois de selle et de trait. Elle porte également le nom de finnois universel en anglais, car cette race est réputée répondre à tous les besoins équestres, aussi bien les travaux agricoles et forestiers que les courses de trot et l'équitation. C'est la seule race chevaline native de Finlande. En 2007, elle a été officiellement désignée comme race chevaline nationale.

Bien que l'histoire du cheval en Finlande soit connue jusqu'à la fin de l'âge néolithique, il est impossible de préciser l'origine exacte du cheval finlandais. Ce type de cheval, comme ses prédécesseurs, est unique en Finlande depuis des siècles, si bien que l'histoire des chevaux en Finlande est presque identique à l'histoire du cheval finlandais. Il est désigné comme une race distincte au tournant du . À partir des années 1500, les documents témoignent de l’impact de plusieurs races légères et de demi-sangs. Il en résulte un cheval plus grand et mieux adapté. Le registre d’élevage du cheval finlandais est fondée en 1907, il encourage longtemps l’élevage en sang pur. À cause de la motorisation de l’agriculture finlandaise et du basculement de la cavalerie vers l’infanterie pendant la seconde moitié des années 1900, le nombre de chevaux finlandais chute de plus de têtes à moins de . La race continue cependant à être employée grâce aux courses de trot populaires, et à sa polyvalence comme cheval de selle.

Le finlandais figure parmi les races de chevaux à sang froid les plus rapides et les plus polyvalentes au monde. En Finlande, l'appellation « cheval universel » comprend aussi bien le finlandais que d'autres chevaux comme le fjord, qui ont une taille relativement réduite et une conformation lourde pour l'équitation mais légère pour la traction. Dans le registre d'élevage du finlandais, il existe quatre sections séparées avec des objectifs différents : un cheval de trait plus lourd, un trotteur plus léger, un cheval de selle polyvalent, et un type poney aux proportions plus petites. Le standard de race commun aux quatre sections définit le cheval finlandais comme puissant, polyvalent et de disposition agréable. La taille moyenne du finlandais est de et la robe typique est alezane, souvent avec des crins lavés et des marques blanches.

Histoire thumb|Chevaux finlandais et un tramway hippomobile à Turku, en 1890. Les ancêtres du finlandais moderne jouent un rôle important comme chevaux de traction pendant toute l'histoire du pays. Ils sont utilisés dans la vie de tous les jours dès l'antiquité jusqu’au . L’ascendance exacte de la race moderne n'est pas claire, mais de nombreuses influences extérieures sont signalées. Les premières preuves archéologiques certaines de chevaux existant dans ce qui est désormais la Finlande datent de l’âge du Fer Moyen (A.D. 400-800). Les ancêtres de la race sont devenus un atout indispensable pour les forces militaires de la région, aussi bien durant la période suédoise et russe que lors de l'indépendance. En plus des fins militaires et de la traction, le finlandais a également été sélectionné pour sa vitesse afin d’exceller aux courses de trot. Ce sport est le facteur principal de la survie de cette race : la deuxième moitié du voit une chute dramatique de la population chevaline, qui passe d'environ animaux dans les années 1950 à en 1980. Dans les années 2000, la population de la race se stabilise à environ animaux.

Le stud-book de la race est ouvert en 1907, aucun croisement extérieur n'a été autorisé depuis. En 1924, le programme d'élevage du cheval finlandais est divisé en deux branches, le cheval de trait et le cheval plus léger, « à tout faire ». En 1971, quatre branches (trait, trotteur, cheval d'équitation et poney) sont créées.

Origines thumb|left|Un petit finlandais rouan robuste de l'isthme de Carélie, type primitif de la race haut de , photographié en 1909. Bien des hypothèses existent sur les origines du finlandais. Un nombre important de chevaux domestiqués est importé depuis des époques anciennes, l'origine indigène depuis des chevaux sauvages est donc improbable. Le finlandais est certainement le descendant d'un cheval domestiqué nord-européen. Une théorie suggère que ces chevaux sont arrivés de l'ouest, emmenés vers ce qui est désormais la Finlande occidentale par les Vikings, vers A.D. 800-1050. Ces chevaux viking seraient d'ascendance nord-européenne. L'autre théorie suggère que des peuples non-viking, émigrés en Finlande du sud et du sud-est, ont apporté avec eux des chevaux d’origine mongole qui proviendraient de l’Oural et des régions de la Volga. Ces deux théories sont possibles, car il y a historiquement deux types de chevaux distincts en Finlande, l'un dans les régions orientales et l'autre dans les régions occidentales. Ils sont restés distincts au moins jusqu'au milieu du .

Origine orientale et centrale L'origine orientale de la race a été proposée par l'archéologue Johannes Aspelin Reinhold, qui a publié son œuvre « Sur la nativité du cheval finlandais » () en 1886-1887. Aspelin propose que les chevaux finlandais descendent d'un animal qui aurait accompagné la migration des peuples finno-ougriens de la région de la Volga et celle de la Russie centrale jusqu'aux rives du golfe de Finlande. Une idée similaire est proposée plus de cent ans plus tôt par l'historien finlandais en sciences naturelles Pehr Adrian Gadd, cette théorie continue à recevoir un certain soutien à l'époque contemporaine. Le vétérinaire Ludvig Fabritius considère le prototype proposé comme une branche latérale d'une race « tartare », et estime possible que le même prototype ait influencé les populations chevalines estoniennes, suédoises et norvégiennes. thumb|left|Un finlandais de type primitif plus raffiné, alezan aux crins lavés, haut de , photographié en 1910 en Finlande-Centrale.

Plus tard, l'agronome Axel Alfthan (1862-1934) et le vétérinaire Kaarlo Gummerus (1840-1898) élargissent l'hypothèse d’Aspelin en proposant que la population de chevaux ait plus tard divergé en deux types, celui de Finlande de l'Est et le type central. Ils seraient restés identifiables même jusqu’au début du . Il reste des photographies qui montrent les deux types : le petit cheval de Carélie possède un corps robuste et anguleux, un garrot prononcé, une encolure courte et une grande tête. Le petit cheval du Häme est « plus noble », avec un corps plus long, une tête raffinée et une encolure plus légère. Le professeur suédois Eric Åkerblom suggère même, dans les années 1930, que le cheval finlandais se serait répandu le long des vallées fluviales au Troms, en Norvège, et qu’il aurait été l'ancêtre du Nordlandshest, indigène du fjord de Lyngen. Les Norvégiens continuent à utiliser les lignées du cheval finlandais après avoir acheté l’étalon Viri 632-72P, un petit finlandais de taille poney, pour une utilisation en haras en 1980. Toutefois, Åkerblom a rejeté la possibilité que le finlandais de type oriental soit de la même origine que les races de poneys de l'ouest.

Origines préhistoriques et autres théories En 1927, le vétérinaire et professeur Veikko Rislakki (alors Svanberg) propose une théorie différente dans sa thèse de doctorat. Il fait valoir que trois types de chevaux sauvages ont existé en Europe, dont le cheval de Przewalski. Rislakki croit que ce type rustique avec une grosse tête aurait été le cheval que les Finlandais auraient rencontré environ A.D. 1 000. Il suggère que les Finlandais auraient rencontré plus tard d'autres peuples et leurs chevaux descendants du Tarpan, mieux proportionnés, au museau plus court et au front plus large, au sud du golfe de Finlande. En outre, Rislakki postule que les Finlandais seraient tombés au cours des premiers siècles A.D. sur des chevaux européens d'origine espagnole et française, de plus grande taille, avec un front étroit. Il croit que ses études craniométriques effectuées dans les années 1920 prouvent l'influence de ces trois types. Presque 20 ans plus tard, pendant la Guerre de Continuation, Rislakki mesure les chevaux de Carélie, et propose qu’ils soient également d'origine nord-européenne, descendants du Tarpan. Les études récentes ont discrédité toute descendance depuis le Tarpan ou le cheval de Przewalski chez de nombreuses races de chevaux domestiques modernes. En dépit de tout cela, le cheval Konik moderne ressemble au Tarpan, une espèce ou sous-espèce désormais éteinte.

Au début du , l'Anglais J.C Edward et le norvégien S. Petersen proposent que la Finlande et les autres pays autour du golfe de Finlande soient la région native du « poney jaune ». Plus tard, l'ethnologue Kustaa Vilkuna (1902-1980) soutient ce point de vue et propose que « le poney estonien finno-carélien » descende d'un petit cheval de forêt, autrefois très répandu dans les terres qui entourent le golfe de Finlande.

De l'âge du fer au Moyen Âge Les plus anciens morceaux d'équipements équins trouvés dans des tombes datent de l'âge du fer moyen en Finlande, donc à partir de A. D. 400. D'autres races considérées de même lignée que le finlandais depuis le même type de cheval primitif sont le cheval estonien autochtone, le Nordlandshest, le suédois Gotland Russ, le cheval de Mezen de la région d’Arkhangelsk, et le Žemaitukas de Lituanie.

À un certain moment dans leur histoire, pas clairement documenté, les chevaux élevés dans les régions occidentales sont croisés avec ceux venant du sud du golfe de Finlande. Le cheval de l'ouest de la Finlande devient plus grand et mieux adapté aux travaux agricoles et forestiers. Les caractéristiques du type d'origine occidental ont prévalu, toutefois, même influencées par le sang extérieur dont des traces sont détectées pendant une longue période. Plus tard, au cours du Moyen Âge, ce type mixte est encore croisé avec des chevaux plus grands d'Europe centrale. Des chevaux étrangers sont également introduits en Finlande lors de campagnes militaires, et quelques manoirs importent des bêtes d’attelage. Les poulains issus des croisements entre les chevaux finlandais et ceux d’origine européenne centrale sont plus grands que leurs parents finlandais, et plus adaptés pour les travaux agricoles.

Débuts du commerce Les premiers documents connus concernant le commerce des chevaux, à la fois pour les importations et les exportations, datent de l'an 1299 : le pape Grégoire IX envoie une lettre de réprimande aux marchands de Gotland, qui vendent des chevaux aux finlandais, mais ne sont pas christianisés. Apparemment, les finlandais réussissent à améliorer leur population chevaline, puisque les exportations commencent à dominer la balance commerciale. Une chronique russe de 1338 mentionne la « Carélie des juments » (), probablement pour indiquer un lieu d'élevage de chevaux de qualité. En 1347 déjà, le roi Magnus IV comprend qu'il est nécessaire de limiter l'exportation des chevaux de Carélie vers la Russie. Plus tard, l'écrivain du Olaus Magnus évoque la haute qualité des chevaux utilisés par les Finlandais; dans les années 1520 Gustav Vasa apprend que ses sujets finlandais exportent des chevaux par charges de navires vers Lübeck, et interdit strictement de telles opérations, en prohibant la vente des chevaux de moins de 7 ans.

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