Une pandémie de SIDA existe dans les territoires contrôlés par la république populaire de Chine (RPC). Une part importante de la diffusion actuelle du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) dans la RPC a pour origine l'usage de drogue par voie intraveineuse et la prostitution. En RPC, le nombre de personnes infectées par le VIH a été estimé entre et 1,5 millionSteinbrook R. The AIDS Epidemic in 2004. N Engl J Med 2004 (July 8); 351(2): 115–117., et des estimations beaucoup plus hautes existentNational Intelligence Council. The next wave of HIV/AIDS: Nigeria, Ethiopia, Russia, India, China. ICA 2002-04 D. September, 2002.American Enterprise Institute, Washington, D.C. Can Asia avoid the AIDS typhoon? Nov 11, 2002.. Dans de nombreux secteurs ruraux de Chine, dans les années 1990, notamment dans la province du Henan, des dizaines, voire des centaines de milliers d'agriculteurs et de paysans ont été infectés par le VIH lors de leur participation à des programmes d'État de collecte de sang dans lesquels l'équipement contaminé était remployéDong, Dong The Discourse of HIV/AIDS in China: News Construction and Representation of the Chinese HIV Blood Scandal (1998-2002) Annual Meeting of the International Communication Association, New Orleans Sheraton, New Orleans, May 27, 2004.Kellogg, Tom. Health officials seek to avoid responsibility for the spread of HIV/AIDS in rural Henan. Human Rights in China. February 23, 2003..
La RPC n'est pas encore près de ce que beaucoup considéreraient comme une épidémie de sida étendue, mais le taux d'infection (incidence) s'est élevé brusquement, et une éruption importante dans un pays aussi grand que la RPC pourrait influer significativement les économies à la fois en Chine et dans le monde dans son ensemble. La réponse sous-jacente du gouvernement au VIH/SIDA est maintenant de l'ordre de l'intervention préemptive.
En 2008, le SIDA est devenue la maladie la plus meurtrière en Chine avec . Le nombre de Chinois atteints par le VIH a doublé lors des neuf derniers mois de 2008Le SIDA devient la maladie la plus meurtrière en Chine, Le Nouvel Observateur.
Depuis 2010, les autorités sanitaires de la Chine Populaire annoncent entre et annuels, un chiffre décrié, et contesté par de nombreux experts, dont certains de l'OMS, qui annoncent un bilan humain bien plus élevé, surtout pour ce pays de plus de 1 milliard d'habitants, mais les informations manquent. Certains experts avancent un chiffre d'au moins par an, du SIDA en Chine, un chiffre qui serait proche de celui du Nigeria, en Afrique, un pays six fois moins peuplé que la Chine Populaire.
Épidémiologie
thumb|Nombre de cas rapportés de contamination par le VIH par province en 2005
En 2009, l'ONUSIDA estimait le nombre de porteurs du VIH en Chine à 740 000 porteurs du virus du sida en Chine, selon l'Onusida, 25 novembre 2009, AFP.
Le traitement de la maladie du sida en Chine se découpe en 3 périodesRapport alternatif au comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies :
La première phase se déroule du milieu des années 1980 au début des années 1990. Le nombre de cas diagnostiqués en Chine est faible, la Chine se limite à interdire l'importation des produits sanguins et à contrôler les déplacements d'étrangers. Entre les années 1990 et le début des années 2000, la maladie se développe avec la collecte de sang. Les autorités chinoises ne prennent pas la mesure de l'épidémie et se contentent de surveiller deux populations à risque : les prostituées et les consommateurs de drogue. Elles valorisent par ailleurs une « morale sexuelle saine ». Puis en , l’irruption du SRAS., qui a provoqué une épidémie mondiale en , conduit les autorités à prendre en compte l'importance de l’épidémie de sida et à engager une politique de prévention et de soins.
Contamination par la prostitution
En 2007, les cas de SIDA en Chine étaient estimés à avec . Le directeur du Bureau municipal de la santé publique de Pékin indique qu'uniquement « 46,5 % des du sexe de la ville utilisent des préservatifs ». Comme il n'existe pas de programme de dépistage spécifique au milieu de la prostitution, le taux de transmission du VIH parmi les prostituées de Pékin n'est pas connu.
La prostitution et la consommation de droguesJournée mondiale de lutte contre le SIDA : Il faut répondre aux besoins des toxicomanes, Human Rights Watch par voies intraveineuses sont à l'origine de la transmission de la majorité des cas de SIDA en Chine..
Affaire du sang contaminé
Dans les années 1990, dans la province du Henan, les autorités, et notamment Liu Quanxi, directeur de la Santé du Henan, ont été responsables de la transmission du virus à très grande échelle par transfusion sanguine. Les dons étant rémunérés, les donneurs (essentiellement des paysans pauvres) affluaient en masse, alors que les conditions sanitaires étaient précaires et qu'il n'y avait aucun suivi des produits. La contamination a même touché les donneurs, du fait de la réutilisation des aiguilles, un manque de stérilisation, et de la réinjection du sang d'autres donneurs après extraction du plasma. Cette épidémie a décimé la province, avec de nombreux orphelins ; on estime que certains villages, dits « villages du SIDA », ont été touchés à 80 %. Ces pratiques n'ont été interdites qu'en 1998. L'affaire a été révélée par le docteur Gao Yaojie en 1996...
On suppose que les autorités locales ont eu l'appui du pouvoir central ; ainsi, le docteur Gao Yaojie n'a pas pu se rendre à New York recevoir le prix Jonathan Mann à l'ONU en 2001. Le gouverneur de la région de l'époque, Li Changchun, est tenu en partie responsable pour la politique menée dans la région du Henan. On peut également signaler l'enlèvement le de Wan Yanhai, fondateur de l'association Aizhi Action Project, qui avait contribué à diffuser l'information sur ce scandale ; il fut libéré le . Ma Shiwen, un des responsables de la Santé du Henan, fut arrêté en pour avoir révélé des secrets sur le scandale du sang contaminé. L'activiste Hu Jia, proche de Wan Yanhai, et qui passait plusieurs mois par an dans les « villages du SIDA » entre 2002 et 2005 a été arrêté à plusieurs reprises depuis 2006 pour être incarcéré le Hu Jia et Zeng Jinyan : les enfants de Tiananmen, Le Monde (voir aussi Hu Jia et Zeng Jinyan : les enfants de Tiananmen, buddhachannel.tv.
Les autorités ayant totalement abandonné à leur sort les personnes contaminées, des émeutes ont eu lieu. Certains ont même tenté de contaminer des habitants de la ville de Tianjin en les piquant avec des aiguilles infectées en signe de protestation.
Au total, la population de 23 provinces (sur 30) serait concernée par les conséquences de ces pratiques, et notamment le Henan, l'Anhui, le Hubei et le Hebei, avec des centaines de milliers, voire selon certains plus d'un million de personnes contaminées.
Discrimination des personnes infectées
Selon une enquête du Centre chinois de Contrôle et de Prévention des maladies rapportée par Radio86, 50 % des personnes interrogées pratiquent une forme de discrimination envers les malades du SIDALes malades du Sida toujours discriminés en Chine , Site de Radio 86. Le , l'association Yi Ren Ping luttant contre les discriminations touchant les personnes infectées par les virus du SIDA et de l'hépatite B en Chine fut perquisitionnée par la policeTrès combatifs, les avocats des droits de l'homme sont de plus en plus réprimés en Chine.
Militants engagés dans la lutte contre le SIDA
Wan Yanhai est un des plus éminents militants chinois en matière de SIDA. Il a fondé l'Institut d'Aizhixing de Santé Éducation, une ONG contre le SIDA (Aizhi Action Project). En , l'écrivain Wang Lixiong a présenté Hu Jia, un dissident célèbre actuellement emprisonné en Chine, à Wan Yanhai. Hu Jia s'est impliqué dans la prévention du SIDA et a pris une part active dans l'Institut d'Aizhixing de Santé Éducation. En tant que fondateur de l'ONG Loving Source, Hu Jia s'est impliqué dans l'aide aux personnes souffrant du SIDA, dont des orphelins, principalement dans la province du Henan. Entre 2002 et 2005, Hu Jia a passé plusieurs mois par an dans les « villages du SIDA » de cette région où des paysans très pauvres ont été victimes de contaminations sanguines à grande échelle dans des centres de transfusion. « Beaucoup de gens mouraient, se souvient-il ; en tant que bouddhiste, il m'incombait de passer du temps avec eux pour alléger leurs souffrances. »
Wangdu, ancien moine tibétain, s'est engagé dans la lutte contre le VIH/SIDA en travaillant avec des institutions australiennes (le AusAID, puis le Burnet Institute) impliquées depuis 2001 dans la prévention à Lhassa au Tibet, notamment auprès des prostituées. Wangdu a été arrêté le , au moment des manifestations à Lhassa auxquelles il n’a pas pris part, il est condamné à la prison à vie, accusé d’espionnage et de transfert d’information à l’étranger.
vignette|. Le () est une personnalité chinoise: gynécologue de formation, elle s'est fait connaître par ses travaux universitaires, mais surtout par son activisme anti-sida à Zhengzhou, dans la province chinoise de Henan. Elle a vu son action récompensée par les Nations unies et diverses organisations occidentales. À la suite des persécutions dont Gao Yaojie est victime de la part des autorités depuis , elle a indiqué en qu'elle devait quitter la Chine pour pouvoir continuer à dire la vérité sur l'épidémie du sida :
« Je vais peut être devoir mourir en terre étrangère. Mais si je veux dire la vérité sur l'épidémie du Sida en Chine, je n'ai pas le choixAujourd'hui la Chine : Le docteur Gao Yaojie, pasionaria du Sida, choisit l'exil en Amérique ».
Depuis le début des années 2010, le gouvernement de la Chine Populaire annonce régulièrement entre et annuels du SIDA en RPC, mais pour , de tels chiffres sont ridicules, et inférieurs aux annuels enregistrés en Inde, pays qui dépasse le milliard d'habitants, ou de nombreux tabous religieux masquent aussi un grand nombre de victimes, qui ne sont pas signalés morts du SIDA. De nombreux experts estiment qu'il y a au moins du SIDA annuels en Chine, un chiffre qui est tout à fait dans les proportions sanitaires d'un État qui affiche plus d'un milliard quatre cents millions de citoyens, surtout avec ses scandales sanitaires connus, un chiffre proche des annuels du Nigeria, en Afrique, un pays pourtant six fois moins peuplé. Les dirigeants chinois affichent ainsi un chiffre ridicule qui tourne autour de à annuels du SIDA, alors que de nombreux experts affirment que le chiffre est au moins dix fois plus élevé : , et surtout, un drame et un désastre sanitaire. Le manque de transparence de la Chine Populaire laisse craindre le pire, surtout en sachant que si elle dévoilait les vrais chiffres, elle pourrait avoir une aide substantielle et efficace, de l'OMS, tout comme d'autres États, dont le Japon, et la Corée du sud.
Références
Articles connexes Hu Jia Gao Yaojie Wan Yanhai Zeng Jinyan Wangdu (militant) Phurbu T. Namgyal Hépatite B en Chine Santé publique en Chine Sida en Russie Sida en Afrique Sida en Europe
Liens externes
Beijing AIZHIXING Institute of Health Education 2004 Annual Work Report sur le site de l'association Aizhi Action Project
Rapport alternatif au comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies
Le sang contaminé de la Chine, entretien avec Pierre Haski, Association de recherche, de communication et d'action pour l'accès aux traitements Libération du créateur d’un site d’information sur le sida, Reporters sans frontières (RSF), Les journalistes étrangers et chinois empêchés d'enquêter sur l'épidémie de SIDA dans la province du Henan, RSF, Chine-sida : Sang contaminé en Chine : un responsable de la Santé arrêté (ONG), AIDS Education Global Information System (ÆGiS) Annual Report 2001, The right to health, TCHRD Annual Report 2002, The right to health, TCHRD Annual Report 2003, TCHRD Annual Report 2005, TCHRD