est le réseau de transports en commun organisé par la communauté d'agglomération du Beauvaisis, qui dessert l'ensemble des communes de cette intercommunalité et notamment sa ville centre, Beauvais, chef-lieu du département de l'Oise dans les Hauts-de-France.
Ce réseau est exploité depuis le par Transdev Beauvaisis Mobilités, filiale du groupe Transdev.
Histoire
Les origines du transport collectif à Beauvais remontent aux années 1960 mais prend un essor considérable avec la mise en place d'un réseau structuré en 1978, les Transports urbains de Beauvais (TUB), sous le mandat de Walter Amsallem, et d'ajouts, d'extensions, et de modifications mises en place les trois décennies qui suivent. Les différentes moutures du réseau de bus de Beauvais ont la particularité d'être dressées en étoile : toutes les lignes, à l'exception de la ligne 7, transitent par l'hôtel de ville, dont la cour arrière, anciennement un parking, a été en pôle d'échanges urbain dans les années 1980.
Années 1960 : l’avènement du transport collectif
Années 1980 : l’essor
Années 2000 : la modernisation Le réseau des Transports urbains de Beauvais est à l'arrivée de Caroline Cayeux en 2001 un réseau avant tout fonctionnel, exploité à l'aide d'un parc de véhicules vieillissant. Un plan de modernisation sous le premier mandat de la nouvelle municipalité consiste à renouveler le parc de véhicules afin de le rendre accessible, confortable et performant. Le renouvellement s'effectue depuis 2001 à raison de deux nouveaux bus par an, d'abord à propulsion au gaz naturel, puis dès 2010 quand la technologie le permet, avec des bus hybrides rechargeables à propulsion diesel-électrique.
La campagne Dell'Arte Au cours des années 2000, les TUB s'associent à la ville de Beauvais, au conseil général de l'Oise et au musée départemental de l'Oise pour utiliser les transports en commun comme vecteur d'art. Ainsi, dès 2002, plusieurs bus et minibus sont recouverts d'œuvres d'art, notamment de Maurice Duplessis.. L'opération « Dell'Arte » ne s'arrête pas aux véhicules puisque les coupons d'abonnement mensuels font également la part belle à des œuvres d'art, de même que les guides horaires, qui présentaient en 2002 une œuvre de Henri Le Sidaner en couverture. Les livrées « Dell'Arte » accompagnent le renouvellement successif du parc de véhicules jusqu'à la disparition des Transports urbains du Beauvaisis, en 2010.
Années 2010 : une nouvelle ère La création de Corolis vignette|Exemple de bornes d'information voyageur. Photo d'illustration du réseau de Vienne. Les cinq premières années de Corolis marquent la continuité dans la modernisation engagée par l'autorité organisatrice de la prestation du réseau. L'année 2010 voit des changements importants pour les Transports urbains du Beauvaisis, renommés Corolis dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public (DSP), reconfiée à Cabaro pour la période 2010-2015. Le réseau se dote d'une identité bucolique et champêtre qui tranche avec celle de l'entité précédente. Dès 2011, le syndicat mixte des transports collectifs de l'Oise instaure dans tout le département une billetterie sans contact pour les abonnements et carnets de 10 billets, utilisant la technologie NFC. Un système d'aide à l'exploitation et à l'information voyageurs ainsi que de géolocalisation des véhicules est également adopté. Des bornes d'information rétro-éclairées sont introduites aux arrêts les plus fréquentés, et un système d'annonces visuelles et sonores est implémenté à bord des autobus.
Cependant, dès les premiers jours du nouveau réseau, la fermeture du pont de Paris (qui menaçait de s'effondrer) entraine des perturbations que l'exploitant et l'autorité organisatrice peinent à altérer. La fermeture du pont, emprunté par les quatre lignes de bus principales qui totalisaient 120 rotations par jour., allonge le parcours des bus de /jour, pour un coût supplémentaire de .. Cette fermeture entraine la suppression d'une trentaine de rotations sur ces lignes. En 2011, grâce à l'ouverture d'une voie en site propre rue Desgroux, le service est considérablement amélioré sur les lignes touchées, bénéficiant d'une offre supérieure par rapport à ., mais la saturation du réseau artériel en centre-ville entrainera des perturbations conséquentes jusqu'à la réouverture du pont, en .
La même année, la communauté d'agglomération impose à l'exploitant une grille d'évaluation de la qualité de service, avec des critères plus poussés. Cet outil de suivi, basé sur un système de bonus-malus, prévoit des primes ou pénalités pour chaque item pris en compte : la ponctualité, l'entretien des véhicules, la relation avec la clientèle, le confort et la sécurité, et l'information.
L'emphase est mise à partir de la fin 2014 sur l'accessibilité des points d'arrêts et un schéma directeur d'accessibilité (SDA) est mis en place. Le pôle urbain situé place Georges Clemenceau fait l'objet de travaux de mise en accessibilité et est fermé pendant quatre semaines en octobre.. Par la suite, des travaux de mise en accessibilité incluant la réfection des trottoirs et l'uniformisation de leur hauteur sont effectués sur la majorité des points d'arrêt du territoire beauvaisien.
Un regain de la fréquentation Après une baisse de la fréquentation de 9 % à la fin des années 2010., la mise en place le du billet unique de transport (BUT) à 1 euro, qui permet d'emprunter toutes les lignes du réseau de façon illimitée pendant une journée, fait grimper la fréquentation de 23 %, si bien que la baisse des recettes liées à cette nouvelle politique tarifaire généreuse a été compensée par la hausse de la fréquentation..
Le réseau créé à la fin des années 70 sous l'impulsion de la première mandature de Walter Amsallem souffrait cependant des ajouts et détours successifs apportés aux lignes afin de desservir de nouveaux secteurs en expansion, allongeant ainsi les temps de parcours sur la majorité des tracés. Bon nombre de modifications, faites au gré des demandes et des besoins ponctuels, font progressivement perdre clarté et efficacité au réseau.
Un nouveau réseau en demi-teinte pour 2016 vignette|Un Irisbus Citelis 12 GNV arborant la nouvelle livrée du réseau. Dans le cadre du plan de déplacements urbains approuvé le par la communauté d'agglomération du Beauvaisis., celle-ci s'est fixé comme objectifs pour la période 2012-2022 de réduire la part modale de la voiture de 11 % (de 63 % à 57 %), d'augmenter celle des transports collectifs de 50 % (de 6 % à 9 %), et de tripler celle du vélo — qui passerait de 1 % à 3 % — ; ceci tout en maintenant à un niveau élevé de 30 % la part modale de la marche à pied..
Le programme d'actions du PDU est basé sur l'articulation des transports en cohérence avec l'aménagement du territoire, l'attractivité des transports collectifs, la favorisation de l'intermodalité, la promotion des modes doux, la maitrise de la circulation automobile, l'organisation du transport de marchandises, et l'action sur les comportements..
La mise en place du billet unique de transport le , dont on escompte l'augmentation de la fréquentation des bus de 23 % avec un peu plus de supplémentaires, est un des axes d'un plan global baptisé « Fréquence bus », destiné à rendre plus attractifs les transports en commun. Ce plan, intégré à la nouvelle délégation de service public du réseau qui a pris effet le dernier, comprend une restructuration profonde du réseau, qui passera le de 13 à 9 lignes, résultant de la fusion de tracés existants et de la suppression de doublons..
Le réseau « Chrono » : embryon de BHNS
Ainsi, deux lignes dites « Chrono » relieront les quartiers à forte densité de population au centre-ville et aux zones d'activité commerciales. Ces deux lignes devraient être exploitées par des bus équipés du Wi-Fi gratuit à bord. Des aménagements devraient être prévus aux points d'arrêt principaux, avec également la mise en place de points d'accès au Wi-Fi. Le réseau « Chrono » sera composé de : la ligne Chrono 1, desservant désormais l'avenue Jean Moulin dans son entièreté, le lycée Félix Faure, le centre commercial du Jeu de Paume. Le reste de son parcours, entre la gare SNCF, l'hôtel de ville, et le quartier Saint-Jean restent inchangé. la ligne Chrono 2 reprend sous son aile différents tracés, notamment celui des anciennes lignes 2, 3 et 9. Elle reliera ainsi le campus de l'Institut polytechnique UniLaSalle à la zone d'activité commerciale du Thère, en passant par le centre hospitalier de Beauvais, le quartier Saint-Lucien, le centre-ville, la partie sud-est du quartier Saint-Jean.
Ces deux lignes structurantes, représentant actuellement plus de 80 % de la fréquentation du réseau, posent les bases d'un embryon de réseau de bus à haut niveau de service avec un cadencement prévu aux 10 à 15 minutes, une amplitude de à , et une desserte dominicale. Ce réseau « Chrono » reprend certains codes du BHNS, avec une rationalisation des tracés et du nombre d'arrêts, la suppression de boucles et de détours, et le passage, autant que possible, par de grandes artères et boulevards. Il n'en reste que ces deux lignes ne répondront pas, à leur mise en service, aux caractéristiques de service ni aux caractéristiques techniques de ce mode de transport. Le manque d'aménagements en sites propres et de priorité au feu ne permet pas de garantir un temps de trajet sur ces lignes, susceptibles aux aléas de la circulation très dense des boulevards. Aucun changement dans les modalités d'exploitation — qu'il s'agisse du système d'information, de la billettique, ou des arrêts — n'a de plus été annoncé.
Le reste du réseau précaire
Malgré l'augmentation de l'offre sur le trajet des futures lignes Chrono 1 et 2, la mise en service du nouveau réseau se fera sans augmentation ni du budget alloué au fonctionnement de ce dernier, ni du nombre de véhicules en service voyageurs.
Malgré le but attesté par l'exploitant de vouloir convertir une partie des automobilistes en usagers du transport collectif., le reste du réseau se voit alimenté par une desserte précaire. C'est le cas notamment du quartier Marissel, qui était desservi à raison d'un bus toutes les 12 à 20 minutes, et qui ne l'est plus que toutes les 40 minutes minimum.. En effet, les quartiers non-desservis par les lignes « Chrono » devront se contenter d'une fréquence de 40 minutes en heure de pointe, la fréquence pouvant diminuer jusqu'à une heure en heure creuse, pouvant donc laisser penser plus à un réseau suburbain qu'à un réseau urbain. D'autres quartiers voient leur desserte drastiquement dégradée, comme Voisinlieu, dont seule la rue de Paris sera désormais desservie, avec une fréquence du même ordre.
Quant au réseau suburbain, il reste quasiment inexistant, consistant ainsi d'une seule ligne de bus régulière, la 13 — déjà existante —, qui relie la ville-préfecture à Auneuil. D'abord prédite pour être remplacée par un système de covoiturage, la ligne sera finalement conservée à l'identique. Le reste du territoire de la communauté d'agglomération du Beauvaisis, amené à fusionner avec celui de la communauté de communes rurales du Beauvaisis à la fin de l'année pour représenter ne se voit donc desservir par aucune autre ligne de bus régulière.
Des améliorations pour la rentrée 2017