Le choin est une pierre calcaire de la région du massif du Jura méridional au sud de l'Ain (massif du Bugey) et au nord de l'Isère. Il en existe plusieurs variétés dont notamment le choin ou la pierre de Villebois qui a remplacé le choin de Fay.
Choin de Villebois
Choin de Fay Fay est un hameau de la commune de Peyrieu, dans l'Ain, niché dans une combe entre deux petits massifs montagneux (le Grand Thur et le mont Gela). La pierre calcaire qui constitue ces montagnes est exploitée depuis l'Antiquité à Fay selon une tradition ancienneLouis Flachéron, «Mémoire sur la pierre de choin de Fay», in Archives historiques et statistiques du département du Rhône, 1825., mais difficile à vérifier car toute trace antérieure au a disparu. Le choin est utilisé pour des inscriptions épigraphiques dont les plus anciennes datent du règne de Claude (41-54) (l'inscription de la borne milliaire de Solaize en choin date de 43Inscription ; Paul Dufournet, « Pierre blanche et carrières de Seyssel (Ain et Haute-Savoie) », Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d'ethnologie, . p. 131 lire en ligne). Les Romains se servirent de cette pierre dure et très blanche en alternative au marbre et comme matériau de construction pour de nombreux édifices publics et privés de Lugdunum (grands thermes du quartier antique des Farges., quais, canaux, voiesEdmé-Camille Martin-Daussigny, Description d'une voie romaine découverte à Lyon dans le quartier du Jardin-des-plantes en octobre 1854, Lyon, 1855.), de Vienne et d'autres lieux de la région, utilisant le Rhône (situé à 2 km à peine) pour le transport. La pierre extraite à Fay a aussi été très employée pour les monuments funéraires (stèles, mausolées)Jean-Claude Béal, «Transporteurs et propriétaires terriens en Gaule romaine : un bilan», in Revue archéologique du centre de la France, Tome 45-46, 2006-2007., ainsi que pour la construction résidentielles de la régionVictor Thiollière, «Un nouveau gisement de poissons fossiles dans le Jura du département de l'Ain», in Annales de la Société d'agriculture, sciences et industrie de Lyon, 1849..
Au Moyen Âge, les pierres des anciens bâtiments romains ruinés ont été réutilisées pour construire différentes églises lyonnaises. Une charte de 1192 réserve pour la Primatiale Saint-Jean de Lyon tous les marbres et tous les choins provenant des fouilles et des excavations réalisées sur FourvièrePhilippe Fabia, « Fourvière en 1493 », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, no 2, année, 1918, p. 134 ..
Le choin de Fay est un calcaire portlandien dur, fin et dense (). L'intérieur est gris clair, tandis que les parties exposées à l'air prennent une teinte blanche. Les gisements de Fay permettent d'en tirer des blocs de plus d'un mètre d'épaisseur. Sa dureté est cependant moindre lorsqu'il contient des cristallisations.
L'exploitation du choin de Fay s'est rouverte dans les années 1990 pour fournir du matériau d'enrochement pour l'aménagement du cours du Rhône.
Références
Bibliographie
. H. Savay Guerraz, «Le calcaire portlandien du Bugey (choin de Fay) à l'époque gallo-romaine: carrières et construction urbaines (Lyon et Vienne), in Carrières et constructions, Actes du congrès nationale des sociétés savantes, Avignon, 1990, Paris, p. 429-442. . Hervé Chopin, Charlotte Gaillard, Victoria Kilgallon, Anne Baud, Emmanuel Bernot, et al.. LES PRATIQUES DE RÉCUPÉRATION DANS LA CONSTRUCTION : LE REMPLOI DU « CHOIN » DE FAY À LYON ET À VIENNE (Moyen Âge -Temps modernes). Revue archéologique de l'Est, Société archéologique de l’Est, 2020, 69, p. 263-291. ⟨halshs-03059325⟩
Catégorie:Roche sédimentaire de France Catégorie:Architecture romaine antique Catégorie:Patrimoine naturel dans le Bugey