Lenvironnement en Chine () est l'environnement de la Chine, à savoir l'ensemble des composants naturels du pays, et l'ensemble des phénomènes et interactions qui s'y déploient. C'est une source très sérieuse de préoccupation depuis que la république populaire de Chine s'est lancée dans un développement sur le modèle occidental. Depuis les années 1980, la Chine a en effet privilégié un modèle de développement qui donne la priorité à la croissance économique tirée par les exportations, similaire à celui de nombreux autres pays émergents d'Asie de l'Est. La Chine a de ce fait de piètres performances sur le plan environnemental : elle se classe en effet en 2012 au mondial de l'Environment Performance Index de l'Université de Yale.. La Chine est le de gaz à effet de serre sur Terre, devant les États-Unis, et 75 % de la production de bois mondiale est importée en Chine.
Une des conséquences négatives sérieuses du développement économique chinois de ces dernières décennies est la surexploitation des ressources naturelles, l'augmentation de la pollution et du smog. De nombreux déchets encombrants ne sont pas convenablement éliminés. Les pollutions (pollution de l'eau, pollution atmosphérique, pollution de l'air intérieur...) sont une source importante de problèmes de santé à travers le pays, et entraînent de à de morts prématurées chaque année. L'environnement pollué de la Chine est pour l'essentiel un résultat du développement rapide du pays et donc d'une grande augmentation de la consommation d'énergie primaire, qui est principalement fournie par les centrales électriques au charbon. La Revue Forbes rapporte que 10 des 10 villes les plus polluées dans le monde étaient en Chine en 2006https://www.forbes.com/logistics/2006/03/21/americas-most-polluted-cities-cx_rm_0321pollute.html.
La surexploitation des ressources naturelles se traduit par une forte empreinte écologique par personne, soit 3,4 hag, alors que la biocapacité n'est que de 1 hag, de sorte la Chine est en fort déficit écologique. Le déficit écologique de la Chine a explosé depuis les années 1970..
La biodiversité en Chine Milieux, faune et flore thumb|pandas géants. thumb|Aires protégées des trois fleuves parallèles au Yunnan
La Chine est un des 17 pays mégadivers identifiés en par le programme des Nations unies pour l'environnementBiodiversity Theme Report Prepared by: Jann Williams, RMIT University, Authors Published by CSIRO on behalf of the Department of the Environment and Heritage, 2001. La Chine couvre en effet sept zones climatiques et une grande variété d’habitats, qui abritent un huitième des espèces de la Terre. Les provinces occidentales sont arides ou connaissent des périodes de sécheresse (bassins intérieurs, désert de Gobi, Désert du Taklamakan). Une partie du pays est en zone montagneuse (Himalaya, Tian Shan, Qilian Shan...) ou à une géographie de plateaux de hautes altitudes (Tibet).
La surface forestière était estimée à d'hectares en 2005 d'après la FAO..
La Chine est peuplée par plus de d'oiseaux (estimation à en 2019.).
La situation est cependant critique, avec un taux de disparition de la biodiversité particulièrement élevé.. 15 % à 20 % des plantes supérieures sont en voie de disparition, et d'animaux sont aussi menacées, telles que le singe Rhinopithèque de Roxellane.
Il existe un certain nombre d'espèces endémiques telles que Ottelia acuminata (plante aquatique à fleur blanche), le renard du Tibet, l'ibis à crête rouge... La Chine centrale abritait pandas géants, espèce vulnérable emblématique, au dernier recensement de 2015. Ils sont principalement menacés par la destruction et la fragmentation de leur habitat, causés par la déforestation liée à l’urbanisation, l’extension des zones agricoles ou d’élevage.
Un tiers des espèces d'insectes recensées en Chine est en risque d’extinction.
Une ambitieuse politique de protection des pandas a permis à l’espèce de se développer. En 2016, celle-ci est passée du statut « en danger » à « vulnérable » sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Les autorités chinoises ont commencé dès les années 1960 à créer des réserves afin de protéger les pandas. Cette politique a également profité à plusieurs espèces de petits animaux ou de végétaux, telles que les forêts de bambous et les oiseaux. En revanche, selon une équipe de chercheurs chinois, les léopards ont disparu de 81 % des espaces des réserves, les panthères des neiges de 38 %, les loups de 77 % et les chiens sauvages d’Asie, de 95 %..
Territoires protégés La Chine compte un certain nombre de parcs nationaux, de réserves nationales, et de sites classés à l'UNESCO, dont les Sanctuaires des pandas géants du Sichuan regroupant sept réserves naturelles et neuf parcs paysagers et abritant plus de 30 % de la population de pandas géants.
La chine compte par ailleurs 12 jardins botaniques de conservation des plantes.
Pollutions Émissions de gaz à effet de serre (GES) La Chine est le de gaz à effet de serre sur Terre, devant les États-Unis. Ces deux pays représentent plus de 40 % du total des émissions.. En 2015, la Chine annonce avoir produit près d’un milliard de tonnes de plus de dioxyde de carbone par an par rapport aux calculs initiaux.. Les émissions de dioxyde de carbone contribuent massivement au réchauffement climatique, avec un impact majeur de celui-ci sur l'environnement. Le charbon est de loin la source d’énergie qui contribue le plus au réchauffement climatique (pour la même production d'énergie).
Si, dans le bilan total (incluant transport, chauffage, électricité, agriculture & alimentation, etc.), pour la production industrielle, on inclut la production pour la consommation nationale, que l'on rajoute celles dues aux importations, et que l'on déduit celles des exportations, la Chine voit son bilan d'émissions de passer de de tonnes par an à en 2012. La part des émissions de carbone due aux importations des pays riches est ainsi de 16,2 %..
Pollution de l'air
Particules fines thumb|370px|L'air de Pékin un jour après la pluie (gauche) et un jour ensoleillé mais avec le smog (droite). En 2017, la pollution de l'air est à l'origine d'environ dans le pays. Les politiques mises en œuvre ont conduit à certains résultats : les concentrations moyennes de particules fines dans les villes chinoises ont reculé de 12 % entre 2017 et 2018..
Le développement industriel rapide de la Chine provoque une augmentation de la pollution atmosphérique, en particulier dans les grandes agglomérations du pays« Chine : la très forte pollution suscite une irritation croissante », Le Monde, 14 janvier 2013.. 29 villes chinoises, rassemblant de citadins, ont ainsi connu plus d'un mois d'alerte à la pollution en 2013 (seuil d'alerte déclenché à partir de 150 microgrammes par mètre cube d'air de particules fines)Audrey Garric, « La carte des villes chinoises les plus touchées par la pollution », blog du Monde, « Chroniques pour une économie sociale et durable », le 26 mars 2014 (consulté le 28 mars 2014).. Dans ce contexte, Li Keqiang, Premier ministre chinois, a déclaré le que « le gouvernement punira sévèrement les émetteurs (polluants) illégaux » et ajouté « nous allons déclarer la guerre à notre propre modèle de développement et notre mode de vie non durable et inefficace »« La Chine veut relever un triple défi: emploi, corruption et environnement », Le Point par AFP, le 13 mars 2014 (consulté le 13 mars 2014)..
Une étude publiée en et réalisée par l’ONG Greenpeace et des experts américains s'est intéressées aux 196 centrales à charbon situées à la périphérie de Pékin. Cette pollution aurait fait mourir près de en 2011 et environ dans la province du Hebei (au nord-est du pays)« Pékin empoisonné à l'arsenic, cadmium et autre nicke », Libération, juin 2013.. Cette province était, en 2014, la plus polluée de Chine..
Dans le nord de la Chine, où l’usage du charbon est le plus élevé, alors que l’Organisation mondiale de la santé recommande une concentration en particules fines PM inférieure à , ce seuil est dépassé plus de par an. Pour cette zone, de 1981 à 2001, la pollution liée au chauffage gratuit au charbon a diminué de 5,5 ans l'espérance de vie.. Au total, la pollution de l'air en Chine aurait provoqué de morts prématurées en 2010, soit près de 40 % du total mondial des morts prématurées dues à la pollution dans le monde.
Selon une étude de l'Académie américaine des sciences, les pluies acides générées par l'industrie chinoise seraient responsables de près d'un quart de la pollution aux sulfates constatée dans l'ouest des États-Unis« Quand la pollution chinoise voyage jusqu’aux États-Unis », Les Échos, le 21 janvier 2014 (consulté le 24 janvier 2014)..
La présence de particules fines à Pékin est liée : pour 31 % aux gaz d'échappement ; pour 22 % à la combustion du charbon ; pour 18 % aux rejets industriels ; et pour 14,3 % aux émissions de poussière. Ce chiffre atteint plus de 20 % à Nanchang et Jinan..
La pollution atmosphérique est également en augmentation à Hong Kong. En 2011, l'indice de pollution atmosphérique (API) mis au point par les autorités a dépassé le niveau 100 (« très haut ») plus de 20 % de l'année, soit dix fois plus qu'en 2005. L'indice est « haut » 70 % du temps et « moyen » moins de 10 % du temps. D'après le journal Le Monde : « Encore faut-il ajouter que l'API est incroyablement tolérant. Calculé en fonction de la concentration de cinq principaux polluants, l'indice hongkongais fait systématiquement passer pour acceptables auprès du grand public des seuils d'exposition jugés dangereux par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).. »
Selon un bilan sur 15 ans (2002-2017) des effets des PM2.5, le nombre de morts induits a augmenté de 0,39 million (+23 %) en Chine, mais les politiques étatiques de contrôle ont évité 0,87 million de décès, soit environ 71 % des décès qui auraient eu lieu sans cela dans le contexte d'expansion de l'économie. Les politiques énergie-climat associées à des changements de structure économique ont aussi évité 0,39 million de décès de 2012 à 2017, permettant une diminution du nombre total de morts après 2012, malgré le vieillissement de la population. Les mesures les plus faciles ont été prises, à l'avenir les politiques environnementales exigeront plus d'efforts..
Ammoniac L'augmentation de la consommation de viande à la fin du et au début du a favorisé la multiplication des élevages et entraîné une augmentation de la présence d’ammoniac : 17 kilogrammes d’engrais par an et par hectare provoquent une hausse annuelle de 3,5 % des émissions d’ammoniac..
Pollution de l'eau Les rejets (liés à l'importante consommation en eau pour l'activité humaine) conduisent à une augmentation de la pollution des cours d'eau et à la dégradation des écosystèmes aquatiques. En 2011, selon le ministère chinois des ressources hydrauliques, 40 % des cours d'eau du pays ont été sérieusement pollués par le déversement de de tonnes d'eaux usées et de déchets divers Yang Jian, China's river pollution 'a threat to people's lives »], Shanghai Daily, repris par People's Daily Online (consulté le 28 août 2013)..
Le cadmium, présent dans l'eau d’arrosage des rizières, se retrouve dans une partie importante de la production de riz« Le riz au cadmium sème la panique en Chine », Le Point, juin 2013..
Une étude de 2013 révèle que l’utilisation massive d’antibiotiques par l'industrie chinoise a provoqué une grave contamination de l’eau et des aliments dans le pays, créant une crise de santé publique. Ces éléments se retrouvent par la suite exportés dans d’autres pays du monde, notamment dans la viande.
La pollution provient également des nombreuses usines pétrochimiques construites à proximité des rivières – environ , dont le long du fleuve Yangtsé et près de la rivière jaune – qui déverseraient régulièrement leurs rejets toxiques dans l’eau..
Tibet : pollution de l'eau et protection