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Le château de Montaigu est situé sur la commune française de Laneuveville-devant-Nancy près de Nancy, dans le parc de Montaigu (qui s'étend aussi sur Jarville-la-Malgrange), à proximité du musée de l'Histoire du fer. En 2020 le château obtient le label Maisons des Illustres du fait de la collection remarquable constituée en leur demeure par Suzanne et Édouard Salin.
Historique
Du
L'ermitage et la chapelle Au apparaissent les premières traces d'un lieu nommé Montaigu aux alentours de Nancy, entre Jarville-la-Malgrange et Laneuveville-devant-Nancy. Ce nom désigne alors un ermitage fondé par Raphaël Hanzelin en 1608 dans un oratoire qui deviendra la future chapelle. Elle porte le nom de la statue qu'elle abrite : Notre-Dame de Montaigu. L'ermitage disparaît, puis en 1625, la chapelle de Montaigu est bénite.
En 1793, sous la Terreur, la statue de Notre-Dame de Montaigu et le chœur sont détruits, la chapelle est pillée et dévastée.
Au début du , Nicolas Poupillier (ancien négociant) fait relever la chapelle de Montaigu avant de s'y faire enterrer avec sa femme Marthe-Françoise Poupillier. Leurs marbres funéraires y sont encore visibles aujourd'hui.
En 1931, la chapelle de Montaigu a été déplacée pour son emplacement actuel. Le déménagement s’explique par la proximité de la voie ferrée Paris-Strasbourg, les trains fréquents créant des vibrations préjudiciables à la chapelle et à son décor. Le chantier a été dirigé par les propriétaires de l'époque : Suzanne et Édouard Salin. Lui, archéologue, a réalisé des fouilles pour mieux comprendre l'histoire du bâtiment religieux. Lors de ce déplacement pierre par pierre les fondations de l'ermitage mitoyen à la Chapelle et les restes du chœur abimé ont été retrouvés.
Le pavillon de chasse du comte de Rennel Au et jusqu'au début du , René Rennel — chancelier des comptes de Lorraine — et sa famille possèdent un lieu-dit, les Haut de Bourgomay, propice à la chasse, alliant forêts et vue surplombant la vallée de la Meurthe. À la fois maison secondaire et pavillon de chasse de la famille Rennel, le domaine et les terres sont plantés de vignes et d’arbres fruitiers
La maison de plaisance de la famille Prévost En 1757, Bon Prévost — Receveur Général des Fermes de Lorraine — et sa femme achètent le domaine de Montaigu pour en faire une demeure agréable où élever leur fille unique, Adélaïde Edmée Prévost. La famille fait donc construire une maison de plaisance à flanc de colline (date de construction et architecte inconnus). De la construction du , subsistent sur la façade Est du château de Montaigu, l'élévation en sept travées, la terrasse, la double rampe d'escalier et les ferronneries d'art.
Le choix des Prévost de faire construire leur demeure familiale à Jarville-la-Malgrange s’explique par la proximité du château ducal de La Malgrange, construit en 1737 par Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine.
Bon Prévost meurt en 1763. Sa veuve vend le domaine et la maison de plaisance en 1766.
Le château de Montaigu du marquis de Vaugiraud En 1856 Joséphine Coralie Lebègue de Passoncourt, héritière et propriétaire du domaine, épouse le marquis Maxime de Vaugiraud, ancien officier de dragon. Ces nouveaux propriétaires vont faire du domaine de Montaigu un château. Entre 1860 et 1890, plusieurs projets de rénovation sont étudiés par les propriétaires, jusqu’au choix de l'architecte Albert Jasson pour rendre la demeure plus vaste et plus noble.
Sont alors ajoutés des ailes basses, des petits pavillons… Un avant-corps inspiré du château d'Asnières est construit au centre, des ferronneries de l’atelier de Jean Lamour décorent le balcon de la façade Ouest. La façade Est n'est pas changée, à l'exception d'un petit corps de bâtiment au Sud et d'une décoration sculptée ornant la porte d'entrée. Enfin, la toiture est modifiée dans le style Napoléon III.
Les Vaugiraud restent propriétaire du château de Montaigu jusqu'au lendemain de la Première Guerre mondiale, puis vendent leur bien à Édouard Salin et sa femme Suzanne Salin.
Au
L'incendie de 1921 Le , un incendie se déclare au château de Montaigu, récemment acquis par les Salin. L'incendie, parti d'une défaillance du chauffage central, devient rapidement incontrôlable et ravage le bâtiment. Les dégâts vont des toitures qui s'effondrent aux biens mobiliers et aux décorations à l'intérieur du château. Édouard Salin, aidé du personnel présent dans le château au moment de l'incendie, réussit à sauver des flammes les meubles en les disposant dans le parc.
Restauration par Le Bourgeois Très peu de temps après l'incendie, Édouard Salin confie à Pierre Lebourgeois (1879-1971) les travaux de restauration du château de Montaigu, que le propriétaire nomme Domus Restituta ou Maison Française. Ils décident ensemble d'utiliser des techniques de construction nouvelles, tout en respectant le style, l'époque et l'histoire du château.
La toiture est refaite, en utilisant du ciment, du béton armé et une nouvelle charpente portée par une base métallique, elle-même soutenue par des tirants en acier. La forme du toit est changée pour correspondre davantage au style . La forme est plus basse, couverte d'ardoise, entourée d'une terrasse avec un garde-corps. Cette toiture est directement inspirée des constructions de la place Stanislas dues à l’architecte Emmanuel Héré.
Édouard Salin élabore une philosophie particulière lors de la rénovation du château de Montaigu : celle de faire cohabiter harmonieusement les époques. Ainsi, Salin imagine Montaigu comme un conservatoire artistique, de l'archéologie à l'art contemporain de l’époque. Il établit un « programme » concernant la collection de meubles, élabore une décoration précise (parfois par thèmes), donne une indication musicale pour chaque pièce et acquiert du mobilier, des statues, des tableaux…
Occupation pendant la Seconde Guerre mondiale Un panneau posé sur la façade Ouest du château de Montaigu indique : DOMUS SERUATA - NISI DOMINUS - CUSTODIT DOMUM - FRUSTRA UIGILAT - QUI EAM CUSTODIT - 1939-194. Cette inscription fait écho à l'occupation d'une partie du château durant la Seconde Guerre mondiale et de la présence d’Édouard Salin, veillant sur sa propriété.
Au
Legs du château de Montaigu Suzanne et Édouard Salin, n'ayant pas de descendance, décident de léguer le château de Montaigu aux institutions locales en 1979, à condition que la propriété puisse être ouverte au public. Ils laissent donc : le domaine, la chapelle (qui fut déplacée à la suite de la création de la voie ferrée voisine) et les murs du château à la Ville de Nancy l'intérieur (meubles, peintures, collections) à la Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain
Une partie du parc, déjà amputée dans les années 1847 lors de la création de la ligne de chemin de fer, est cédée en 1955 afin d'y édifier le musée de l'Histoire du ferJean-Marie Cuny, La revue Lorraine populaire, février 1987, 58-61 construit entre 1961 et 1966.
La chapelle de Montaigu dans le parc du château, a été inscrite au titre des Monuments historiques par l'arrêté du . Le château a été inscrit le . Ses façades et toitures sont classées le . Les dépendances ont quant à elles été inscrites le . Le parc de Montaigu est un site classé de .
Le château de Montaigu aujourd'hui
Ouverture au public
Première ouverture au public années 1980 - 2005 Réouverture au printemps 2017
Label Maison des Illustres À la suite de la commission nationale d'attribution du label Maisons des Illustres, tenue le au ministère de la Culture, le château de Montaigu a été labellisé Maison des Illustres Édouard Salin, soulignant ainsi la qualité de la demeure, des collections et des travaux scientifiques d’Édouard Salin.
Les événements du château
En 2019, le château de Montaigu a ouvert tous les week-ends du au et a accueilli et visiteuses parmi lesquels 60 % venaient de la Métropole Grand NancyPôle Muséal de la Métropole du Grand Nancy, « », Rapport d'activité 2019, 2019, 38 . En 2021, pour sa cinquième année d'ouverture printanière et estivale, le château de Montaigu a accueilli ses publics le week-end des 22 et avec une programmation familiale : visites guidées du château et de ses extérieurs, fanfares, déambulation des vélos, spectacles équestres… Les œuvres d'Art contemporain de l'artiste Gilbert1. ont pris place « dedans-dehors ». Lors de la réouverture 2021 a été lancé le site internet du château de Montaigu.
Les pièces ouvertes à la visite
Rez-de-chaussée
Le vestibule Au remaniement de Salin après l'incendie de 1921, le vestibule prend la place de salle à manger des Prévost, à laquelle on accédait directement depuis le parc. Devenue une pièce d'entrée, le dallage en pierre est conservé et les murs sont redécorés au style Régence. La pièce est sobrement décorée, avec de nombreuses figures religieuses comme des représentations de la Vierge à l'enfant datant du et du . Sont également exposés dans ce vestibule des coffres du , une table console Louis XV et une sculpture de cheval chinois datant de la Dynastie Tang.
La salle à manger L'actuelle salle à manger a pris la place de la salle de billard, rappelée par le pavage noir et blanc conservé lors des modifications de Salin. Sa décoration a été réalisée par Adrien Karbowsky, qui a créé de nombreux plans, esquisses et peintures pour restaurer le Château de Montaigu. Dans la salle à manger A. Karbowsky a représenté les bienfaits apportés par la nature. Il a utilisé des lambris de stuc pour y tendre des lampas représentant des paniers remplis de roses, dont s'envolent des papillons. Un grand panneau en lin brodé célèbre la vigne, la nature et les moissons. Il fait face à la cheminée, elle-même ornée d'un buste et de brûle-parfums en bronze d'époque Louis XVI. Le mobilier en citronnier massif, mélange les styles Louis XVI et Art Déco. Il allie les formes à la fois raides et souples et les décorations de grappes de raisin et d'étoiles.
Le grand salon Le grand salon a particulièrement souffert de l’incendie de 1921, ce qui a nécessité une décoration entièrement nouvelle, alliant modernité et éléments du passé. Le décor du grand salon est d’une particulière richesse. Les murs sont recouverts de toiles marouflées peintes en 1924 par Adrien Karbowsk. Les peintures murales représentent le dernier acte de l'opéra de Christoph Willibald Gluck, Orphée et Eurydice. Sont représentés l'amour triomphant, les couples amoureux et des guirlandes de roses et de lierre, associées aux bouquets de tulipes. Cette scène fleurie et paysagée évoque le parc de Montaigu sur lequel donnent les fenêtres du grand salon.
Le mobilier et la cheminée ont également été pensés par Adrien Karbowsky. Des sièges en bois dorés inspirés du style Restauration sont ornés de riches sculptures de bouquets de roses et d'églantines. Un meuble d'appui et de nombreuses tables sont décorées de motifs floraux ou animaliers, réalisés dans divers bois fruitiers.
Toujours en lien avec la volonté d’Édouard Salin de solliciter plusieurs époques, des encoignures Nicolas Petit côtoient une sculpture de jeune fille en marbre grec du , une grande potiche d'époque Ming et des antiquités égyptiennes.
Le salon de musique La pièce est décorée en suivant le thème précis de la musique. Au centre de la pièce se trouve un clavecin Philippe Denis, réalisé en 1674 puis décoré de « laques à la manière de Chine » au cours du . Aux murs sont disposés quatre panneaux sculptés représentant des partitions et des instruments de musique. Dans cette pièce de style Restauration, on peut voir des parcloses venues de l'Abbaye d'Écurey, une toile de Jouy décorée de chinoiseries, deux Jardins de la villa romaine de Jean-Honoré Fragonard, des bustes, portraits, sculptures et autres meubles et peintures…
Le salon vert