McLaren Racing, fondée en 1963 par Bruce McLaren sous le nom Bruce McLaren Motor Racing Ltd (engagée sous la dénomination commerciale McLaren Mastercard Formula 1 Team en 2026), est la branche de McLaren Group chargée de l'engagement en compétition des voitures de la marque automobile britannique McLaren. L'écurie démarre en Formule 1 en 1966 avec son créateur au volant, ce qui en fait aujourd'hui la plus ancienne équipe engagée en continu dans ce championnat après Ferrari.

Autrefois présente en CanAm et endurance, McLaren Racing est aujourd'hui engagée en IndyCar avec l'équipe Arrow McLaren en plus de son activité en Formule 1. Respectivement vainqueur et triple-vainqueur des 24 Heures du Mans et des 500 miles d'Indianapolis, McLaren Racing vit ses plus belles années avec Alain Prost et Ayrton Senna du milieu des années 1980 au début des années 1990, en remportant six titres mondiaux des pilotes (trois chacun) et six titres constructeurs. Elles sont ponctuées par une saison 1988 record où les deux pilotes obtiennent quinze victoires en seize courses avec un moteur Honda. Les sept autres champions du monde sur McLaren sont Emerson Fittipaldi (1974), James Hunt (1976), Niki Lauda (1984), Mika Häkkinen (1998 et 1999), Lewis Hamilton (2008) et Lando Norris (2025).

McLaren Racing est, derrière la Scuderia Ferrari, l'écurie la plus titrée de la Formule 1. Après une association longue de vingt ans avec Mercedes en tant que motoriste, McLaren commence un nouveau partenariat avec Honda à partir de 2015 qui s'achève en 2017 après trois années de mauvais résultats. McLaren s'associe avec le motoriste Renault de 2018 à 2020 puis retrouve le moteur Mercedes à partir de 2021. Par ailleurs, le dirigeant de la plupart des succès de l'écurie, Ron Dennis, est remplacé par Zak Brown en 2017 tandis que les monoplaces retrouvent leur livrée orange abandonnée en 1972. Elles doivent attendre neuf années pour renouer avec la victoire avec Daniel Ricciardo vainqueur du Grand Prix d'Italie 2021, et même onze saisons pour réaliser leur doublé, avec la deuxième place de Lando Norris.

En 2024, avec le tandem Lando Norris-Oscar Piastri au volant de la MCL38, l'écurie remporte son neuvième titre des constructeurs, 26 ans après le précédent. Dès l'année suivante, Lando Norris apporte à McLaren son treizième titre des pilotes, et un dixième des constructeurs avec son coéquipier Oscar Piastri.

Mclaren annonce son retour en endurance pour la saison 2027 sous le nom McLaren Endurance Racing.

Historique 1963-1966 : naissance de l'écurie vignette|Bruce McLaren, fondateur de l'écurie, en 1966. Pilote officiel de l'écurie Cooper à partir de 1958 en Formule 2 puis 1959 en Formule 1, le Néo-Zélandais Bruce McLaren devient cette année-là, à 22 ans à Sebring, le plus jeune vainqueur de Grand Prix. Lorsque son coéquipier et mentor Jack Brabham quitte l'écurie Cooper à la fin de l'année 1960 pour bâtir sa propre structure, Bruce McLaren devient le leader de l'équipe mais ne peut empêcher son lent déclin. Inspiré par l'exemple de Jack Brabham, il décide de créer sa propre écurie de course.

Le Bruce McLaren Motor Racing Ltd voit le jour durant l'hiver 1963-1964. Bruce McLaren engage des Cooper dans le championnat de Formule Tasmane, une série hivernale très réputée disputée en Océanie lors de l'inter-saison de Formule 1. Il est rapidement épaulé par Teddy Mayer, un juriste américain passionné de sport automobile qui faisait, à l'origine, office de manager pour son jeune frère Tim Mayer, engagé par Bruce McLaren en tant que deuxième pilote. Malgré la mort de Tim Mayer en , Bruce McLaren et Teddy Mayer décident de poursuivre l'aventure. En 1964, parallèlement à ses engagements en Formule 1, Bruce McLaren élargit les activités de son équipe aux épreuves d'endurance, notamment aux épreuves américaines richement dotées ; pour cela, il prend à nouveau comme base des châssis Cooper.

En 1966, l'équipe McLaren devient un constructeur à part entière en concevant son premier prototype de CanAm ainsi que la M2B, sa première monoplace de Formule 1.

1966-1969 : premiers succès vignette|Bruce McLaren en 1969 au Nürburgring. Si l'équipe de CanAm ne tarde pas à dominer ses rivales, il n'en est pas de même pour l'équipe de Formule 1, essentiellement faute d'une bonne motorisation. Pour sa première saison, McLaren jongle, sans grand succès, entre un V8 Ford de issu des épreuves américaines et à la cylindrée rabaissée aux réglementaires et un V8 Serenissima issu du fiasco A-T-S du comte Volpi.

En 1967, Bruce McLaren passe un accord de fourniture moteur avec British Racing Motors mais les retards de conception du V12 BRM obligent McLaren à se tourner, durant la majeure partie de l'année, vers le V8 BRM de à la puissance insuffisante.

À partir de 1968, les résultats progressent. L'équipe est renforcée par l'arrivée du champion du monde en titre Denny Hulme, déjà équipier de McLaren en Can-Am, et bénéficie, comme Lotus et Matra, du V8 Ford-Cosworth, gage de performance et de fiabilité. Bruce McLaren remporte le premier succès de son équipe en Formule 1. Quelques semaines plus tard, Denny Hulme remporte deux victoires et lutte pour le titre mondial.

Perturbée en 1969 par le développement de deux programmes simultanés en Formule 1 (comme d'autres équipes, McLaren se fourvoie en croyant voir une solution d'avenir dans une monoplace à quatre roues motrices), l'écurie rate sa saison ; Denny Hulme parvient toutefois à gagner en fin d'année, au Mexique.

1970-1973 : mort de Bruce McLaren et stagnation thumb|McLaren M8D (1970).|gauche Bien engagée, la saison 1970 tourne au drame lorsque, début mai, Denny Hulme est victime d'un grave accident lors des essais des 500 Miles d'Indianapolis, nouvel objectif de McLaren. Hulme est en effet sévèrement brûlé aux mains.

Le , lors d'une séance d'essais privés sur le circuit de Goodwood, Bruce McLaren, déséquilibré par la perte de son capot moteur, perd le contrôle de son prototype M8D de CanAm et s'écrase sur un poste de commissaires en béton, le tuant instantanément. Teddy Mayer devient le seul dirigeant de l'écurie qui conclut la saison sans victoire.

La saison 1971 s'avère difficile pour l'écurie malgré la présence du fidèle Denny Hulme. La nouvelle M19A n'est pas compétitive et l'équipe ne gagne aucune course. Le Team Penske, qui engage ces mêmes voitures à titre privé sur les deux derniers Grands Prix, obtient le seul podium d'une McLaren, au Grand Prix du Canada.

McLaren remonte la pente en 1972 grâce à la victoire de Denny Hulme en Afrique du Sud. La nouvelle M19C apparaît à Monaco, et les pilotes Hulme et Peter Revson montent à onze reprises sur le podium ; l'écurie prend la troisième place du championnat du monde.

La progression se poursuit en 1973 avec la nouvelle M23 qui permet à Hulme d'obtenir une pole position et une victoire en début de saison puis, à Peter Revson de s'imposer à deux reprises en deuxième moitié du championnat ; McLaren finit à nouveau troisième du championnat.

1974-1976 : premiers titres vignette|La Yardley McLaren M19C de 1972. En 1974, McLaren recrute le Brésilien Emerson Fittipaldi, champion du monde en 1972, aux côtés de Hulme. Le Néo-Zélandais remporte la dernière victoire de sa carrière lors du premier Grand Prix de la saison, puis Fittipaldi s'impose au Brésil, en Belgique et au Canada et remporte son deuxième titre de champion du monde, le premier de McLaren. L'écurie décroche également son premier titre des constructeurs. Une troisième voiture est engagée sous les couleurs de Yardley avec Mike Hailwood au volant. Le Britannique signe un podium en Afrique du Sud mais, après une blessure en Allemagne, il quitte la Formule 1 et est remplacé par David Hobbs, puis Jochen Mass. Denny Hulme met un terme à sa carrière à la fin de la saison.

En 1975, McLaren n'est pas en mesure de conserver ses titres malgré les deux victoires de Fittipaldi et celle de Mass qui a remplacé Hulme ; l'écurie finit troisième du championnat, battue par Ferrari et Brabham. Fittipaldi, qui quitte l'équipe à la fin de la saison pour rejoindre Copersucar, est remplacé par James Hunt.

Dominés par Ferrari et Niki Lauda, champions du monde en titre, au début de la saison 1976, McLaren et Hunt reviennent aux avant-postes en milieu d'année puis profitent du grave accident de Lauda en Allemagne et de son absence pour se relancer. Hunt s'impose à six reprises et remporte le titre au dernier Grand Prix, après le retrait volontaire de Lauda sous une pluie diluvienne. La saison de Mass est plus décevante, avec deux podiums. McLaren finit vice-champion des constructeurs, derrière Ferrari.

1977-1980 : lent déclin

1981-1983 : rachat par Ron Dennis et lent retour aux avant-postes thumb|Niki Lauda, double champion du monde rejoint Mclaren en 1982. La fin de l'année 1980 marque un grand tournant pour McLaren car Ron Dennis, le nouveau patron de l'équipe, recrute l'ingénieur John Barnard qui conçoit, pour la saison 1981, la première monoplace de Formule 1 en matériaux composites, qui offrent une plus grande légèreté et une meilleure rigidité. Les châssis changent de dénomination et sont désormais baptisés MP4, pour Marlboro Project 4. La MP4/1 fait ses débuts en Argentine, troisième Grand Prix de la saison. Après deux podiums successifs en Espagne puis en France, John Watson obtient, au Grand Prix de Grande-Bretagne, la première victoire d'une McLaren depuis quatre ans ; il obtient un quatrième podium au canada en fin de saison tandis qu'Andrea De Cesaris, au volant de la vieille M29F, ne marque qu'un point en début de saison. Ron Dennis le limoge en fin d'année, l'Italien se distinguant par ses nombreux accidents.

Pour la saison 1982, Ron Dennis convainc le double champion du monde Niki Lauda, retraité depuis 1979, de reprendre la compétition. Alors que certains émettent des doutes sur sa motivation, le vétéran autrichien remporte deux courses, tout comme son coéquipier Watson ; McLaren finit vice-champion chez les constructeurs à cinq points de Ferrari.

1983 commence idéalement pour McLaren, avec une victoire pour Watson et deux podiums pour Lauda lors des deux premiers Grands Prix. La suite est plus décevante car le moteur Cosworth atmosphérique est dépassé par les puissants moteurs turbocompressés de Renault, Ferrari et BMW tandis que le châssis MP4/1C accuse le poids des ans. Bien que les performances et la fiabilité se dégradent, Watson parvient à monter à deux reprises sur le podium tandis que Lauda, qui multiplie les abandons, ne marque que deux points en treize courses. Les voitures ne se qualifiant pas à Monaco, Ron Dennis, grâce au financement de TAG, convainc Porsche de fournir un V6 turbo. La MP4/1E, équipée du nouveau moteur TAG Porsche, fait son apparition aux Pays-Bas mais sa fiabilité désastreuse l'empêche de finir les Grand Prix qu'elle dispute. McLaren se classe cinquième du championnat des constructeurs.

À l'issue de la saison, Ron Dennis engage le Français Alain Prost, qui quitte Renault après une difficile fin de saison ayant entraîné de vives tensions au sein de l'équipe française, à la place de Watson.

1984-1993 : l'ère Prost-Senna vignette|Alain Prost sur sa McLaren durant le Grand Prix d'Allemagne 1985|gauche Nanti de cette équipe de rêve, et du tout nouveau moteur TAG Porsche, McLaren effectue une saison sans précédent en remportant douze Grands Prix (sept pour Prost et cinq pour Lauda) sur seize, s'adjugeant le titre de champion des constructeurs à trois courses de la fin. Lauda coiffe la couronne mondiale avec un demi-point d'avance sur Prost.

1985 est l'année du triomphe pour Prost et de la confirmation pour McLaren tandis que Niki Lauda prend sa retraite après une saison en demi-teinte marquée par une victoire au Grand Prix des Pays-Bas.