Le (litt. Projet de croiseur terrestre) est un terme désignant un projet allemand d'engins lourds d'artillerie automotrice développement du projet, sur achtungpanzer.com. Il est directement inspiré du terme anglais Landship utilisé pendant la Première Guerre mondiale pour désigner les premiers chars de combat britanniques. Dans l'esprit de ses concepteurs, ce projet avait pour but de libérer l'artillerie côtière lourde de sa servitude aux voies ferrées et aux encuvements statiques, qui en faisaient une proie facile des bombardements aériens Les projets Landkreuzer, sur images.google.be.

Krupp et l'artillerie lourde

thumb|right|Le Land Ironclad, croiseur terrestre chenillé imaginé par Herbert George Wells dès 1904. thumb|right|Les usines de canons Krupp pendant la Première Guerre mondiale Depuis le milieu du , l'histoire de l'artillerie allemande est indissociablement liée au nom des établissements Krupp. Forts de leur situation de monopole et des faveurs impériales, les établissements Krupp avaient en effet équipé les armées de l'Empire allemand (Prusse mais aussi Royaume de Bavière, Saxe, Wurtemberg, etc.) d'un arsenal éclectique d'obusiers, de canons, de pièces de montagne et de mortiers lourds de tout calibre assurant aussi l'armement de la Kaiserliche Marine (K Marine) allemande — son concurrent Skoda faisant de même côté autrichien.

Fortement impliqué également dans la construction ferroviaire, Krupp avait aussi développé une vaste gamme de pièces lourdes sur voies ferrées à la veille de la Première Guerre mondiale.

Par ailleurs, Krupp s'investit aussi sérieusement dès 1917 dans l'étude et la construction d'engins militaires chenillés comme l'A7V, élaboré par Mercedes-Benz avec qui le consortium sidérurgique entretenait des rapports très étroits, tant dans ses variantes char de combat qu'engin de transport lourd. Dans la foulée de celui-ci, Krupp développa divers projets, comme de K Panzerkampfwagen, projets auxquels le Traité de Versailles mit un terme sans pour autant que l'armurier allemand ne renonce secrètement à ses recherches (programme Landswerk Krupp A au début des années 1930).

Il ne fait donc aucun doute que l'expérience acquise par les usines Krupp en matière de fabrication d'artillerie super-lourde et d'engins militaires chenillés depuis le début du — en particulier quant au problème de la mobilité de ces armes — entra dès lors grandement en ligne de compte dans l'élaboration de ces projets de LandkreuzernL'artillerie lourde allemande dans les deux conflits mondiaux, sur clham.org même s'il revint à son concurrent Rheinmetall de développer à partir de 1937 la première pièce lourde à mobilité mixte ferroviaire et chenillée, le , mortier de siège de .

L'artillerie automotrice et les croiseurs terrestres pendant la Grande Guerre thumb|Le Gun Carrier Mk I - 60pdr britannique thumb|Le projet K de la fin de la Première Guerre mondiale C'est aux Britanniques qu'échut en fait l'initiative du développement de l'artillerie autopropulsée avec la mise en service du Gun Carrier Mark I armé d'un obusier de en 1916-1917. À cette époque en effet, le major Gregg, un officier ingénieur travaillant pour le principal industriel impliqué dans la construction du Tank Mark I (Metropolitan, Carriage, Wagon and Finance) proposa la construction d'une mule mécanique utilisant des éléments du Mark I. La production d'un prototype fut approuvée dès le ; l'étude commençant en juillet. Le premier prototype fut présenté au Tank Trials Day tenu à Oldbury le . Une commande de cinquante engins fut placée auprès des usines Kitson & Co. de Leeds et la livraison aux troupes débuta en juin pour se terminer le mois suivant.

En dépit du réel succès de l'engin, celui-ci resta le seul de son genre sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, les autorités militaires préférant se focaliser sur le développement — resté toutefois tout à fait théorique — de croiseurs terrestres ou de chars forteresses multi-tourellés ou armés comme de véritables dreadnoughts de haute mer.

Ces Landships (litt. vaisseaux de terre) doivent une grande part de leur existence aux anticipations militaires d'Albert Robida et de Herbert G. Wellsvoir son roman intitulé The Land Ironclads de 1904, inspirées par la mise en service de ces navires de guerre ultramodernes transposée à une vision futuriste de la guerre terrestre et auquel l'impasse dans laquelle se trouvait la situation militaire de fin 1916 (après la bataille de Verdun) devait donner — au moins sur le plan purement théorique — un semblant de concrétisation.

Les projets de Forteresses mobiles de l'entre-deux-guerres

L'artillerie autopropulsée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale Landkreuzer P. 1000 Ratte thumb|Le P1000 comparé au projet Maus et au char Tigre.Lors de l'opération Barbarossa, lancée le , les déconvenues des face aux chars moyens T-34/76 et aux lourds KV-1 sont un véritable traumatisme pour l'arme blindée allemande. En décidant de relever ce défi technologique, Hitler met en place plusieurs programmes, dont le développement des Tiger I et des Panther, tout en ordonnant le montage d'un tube long sur les Panzer III et . Dans un même temps, et à la suite d'un rapport datant de 1941 sur les matériels blindés soviétiques, il envisage le futur et prévoit la mise en service de « tanks » encore plus puissants au sein de l'armée rouge. Le projet du Panzer Maus répond partiellement à ces menaces. Ces dernières inquiètent également quelques hauts dignitaires allemands, qui tentent de trouver une parade à la course à l'armement qui se dessine entre la Wehrmacht et les forces du Kremlin. Le , le directeur Grote et le docteur Hacker, chargés de la production des U-boote au ministère de l'armement, proposent une machine de guerre quasi invulnérable, susceptible de détruire tout ce qui passerait à portée de ses canons. Consulté, le Führer donne son approbation à la conception d'un croiseur terrestre de , baptisé Landkreuzer P.1000.thumb|Le KMS Gneisenau fut gravement endommagé au début de 1942, retiré du service et désarmé. Une de ses tourelles fut transformée en batterie côtière en Norvège, vue ici lors de la visite d'un attaché militaire japonais en 1943. Rendre mobiles et autonomes des pièces d'un telle taille tenait de la gageure. Ultime avatar du char forteresse ou du Landship, le Landkreuzer P. 1000 Ratte aurait dû voir le jour sous la forme d'un véhicule automobile à chenilles d'une masse de et équipé d'une tourelle bi-tube, mais il ne dépassa évidemment jamais le stade de la planche à dessin.

Le , Grote, un des directeurs et ingénieurs du ministère de l'armement responsable de la production des U-Boote, en collaboration avec le Dr. Hacker, suggéra l'élaboration d'un char d'assaut d'une masse de . Adolf Hitler lui-même manifesta son intérêt pour ce projet et permit à Krupp de se lancer dans cette direction. Le projet fut désigné par Krupp : P. 1000 Ratte (en allemand, litt : rat). Ce « croiseur terrestre » aurait dû faire de long, de large et de haut. Il aurait été équipé, de chaque côté, de trois chenilles de de largeur, semblables à celles utilisées pour les engins excavateurs des mines de charbon.

Il était prévu d'équiper le P 1000 de deux moteurs MAN V12Z32/44 24 cylindres, des moteurs Diesel de navires affichant une puissance totale de () ou de huit Daimler-Benz MB501 20 cylindres, moteurs de même type avec une puissance totale de (). Selon les calculs, ces groupes motopropulseurs auraient permis au P. 1000 de se déplacer à la vitesse maximale de .

Le P. 1000 aurait également reçu une variété d'armes telles que deux canons de , arme utilisée dans la marine sur le Scharnhorst et le Gneisenau, montés dans une tourelle mobile aux dimensions similaires à celle des navires de guerre, et un canon de (identique à celui du Jagdtiger), huit canons de Flak 38 et deux canons Mauser MG 151/15 de pour sa défense antiaérienne rapprochée.

Landkreuzer P. 1500 Monster thumb|Silhouette comparée du canon allemand Dora avec un lance-missile sol-mer soviétique Scarab contemporain - à puissance égale

Commandé par le ministère de l'armement en décembre 1942 et devant peser et mesurer sur , le Landkreuze P. 1500 Monster Caractéristiques techniques, sur panzerschreck.de aurait dû pour sa part servir de plate-forme automotrice au canon Dora de . Son équipage d'une centaine de personnes aurait pu aussi utiliser les deux obusiers de ou les nombreuses mitrailleuses.

Des monstres mort-nés thumb|Cette impressionnante vue d'un canon côtier finlandais de ne donne encore pourtant qu'une modeste idée de la taille des pièces qui auraient dû armer les engins du . Le projet fut finalement abandonné après que le général Heinz Guderian, spécialiste des chars, eut fait remarquer qu'aucune route et aucun pont n'auraient supporté le poids de ces engins. Un autre problème est qu'ils auraient également constitué une cible de choix lors d'une attaque aérienne.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes Entwicklung series Panzerkampfwagen VIII Maus Wunderwaffe

Liens externes

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