Henri Giffard (prononcer : \ɑ̃.ʁi ʒi.faʁ\) né Henry-Jacques Giffard le à Paris, où il est mort le Pierre Gauja, Les Fondations de l'Académie des sciences (1881-1915), , ., est un inventeur français, à qui l'on doit l'injecteur et le dirigeable propulsé par la vapeur.

Biographie Naissance et orientation thumb|left|Animation du vol du 24 septembre 1852 du dirigeable à vapeur d'Henri Giffard, d'après la gravure de L. Guiguet. Il naît le à Paris et fait ses études au collège Bourbon. Dès l'âge de quatorze ans, il fait l'école buissonière et court voir les premières locomotives. Il se passionne pour les chemins de fer naissants, la mécanique. Plus tard, il pilotera des locomotives pour les chemins de fer de l'Ouest. Il va suivre les cours de l'École centrale des arts et manufacturesBiographie d'Henri Giffard sur Monuments du Monde / La Tour Eiffel

Il fait ses premières ascensions en ballon à . Il fabrique des moteurs à vapeur à haut rendement avec dès 1849. Dès 1850 il imagine un nouveau système d'injecteur pour les chaudières, mais ne peut le réaliser, faute de moyens. Il dépose le un brevet () sur l'application de la vapeur à la navigation aérienne, en collaboration avec l'École centrale.

thumb|left|Animation de la machine à vapeur d'Henri Giffard.

Il teste son ballon allongé en 1851, aidé de deux centraliens : David et Sciama. Le , il fait le premier vol propulsé et contrôlé dans un dirigeable, voyageant sur une distance de de Paris à Élancourt dans un ballon dirigeable de , équipé d'un moteur à vapeur de (animations ci-contre).

En 1855, il réalise un deuxième vol à bord d'un nouveau dirigeable, accompagné de Gabriel Yon, son collaborateur (voir cette image). Ce vol se termine par un bris de l'enveloppe contenant le gaz.

Découvertes technologiques Il dépose un nouveau brevet pour la navigation aérienne en 1855 () et fait breveter une valve de régulateur le . thumb|Injecteur Giffard. Le 1858, il fait un nouveau brevet d'un système d'injecteur fonctionnant à la force centrifuge mais est menacé de procès pour plagiat. En remplacement, il brevette l'injecteur, qui fera sa fortune, le Gaston Tissandier écrira, dans "Les ballons dirigeables, expériences de M. Henri Giffard en 1852 et 1855, et de M. Dupuy de Lôme en 1872", Éd. Dentu, Paris, 1872 : "Cette découverte [l'injecteur-Giffard] devait placer son inventeur à côté des grandes intelligences qui ont créé les différentes pièces de la machine à vapeur, et mettre entre ses mains les ressources d'une immense fortune, bien propre à faciliter ses recherches aérostatiques.". Il s'agit d'un procédé sans aucune pièce en mouvement. Il est composé de deux cônes séparés d'un intervalle libre. La vapeur qui sert à actionner le dispositif se condense en abandonnant sa vitesse et en la transformant en pression qu'elle transmet à l'eau qui alimente alors la chaudière, sans gaspillage aucun. En effet la pression communiquée à l'eau est ainsi supérieure à la pression initiale de la vapeur.

En 1859, la première locomotive équipée du nouveau système est testée, en conservant en parallèle l'ancien procédé en cas de secours, qui ne sera jamais utilisé et vite démonté. Ce dispositif est adapté pour améliorer le procédé Triger, qui permet le creusement de zone inondée en pressurisant l'air ambiant pour faire baisser le niveau de l'eau.

Expositions et perfectionnements Pour l'Exposition universelle de 1867, il construit un ballon captif à hydrogène de , situé avenue de Suffren, actionné pour la première fois par un treuil à vapeur.

En 1869, il construit un ballon de à Londres.

En 1874, il dessine un système de suspension pour les wagons de chemins de ferSystème de suspension pour les wagons de chemins de fer..

Contrairement à la tendance de l'époque qui était d'utiliser le gaz de ville (plus facile à obtenir), il préfère miser sur l'hydrogène (meilleur porteur), se concentrant sur les méthodes de production.

Il perfectionne les procédés de fabrication d'hydrogène à la veille de la construction de son nouveau et gigantesque ballon.

Exposition universelle de 1878 vignette|redresse=0.75 Il construit un ballon captif de pour l'exposition universelle de Paris de 1878, capable d'emporter .

Ce ballon, décollant des Tuileries, sera l'une des principales attractions de l'exposition. On a dit qu'il fit voler en deux mois autant de personnes que depuis le début de l'aérostation, soit un siècle environ. Une dizaine d'ascensions par jour emmenaient les passagers jusqu'à plus de .

Parallèlement au ballon captif, la machine servant à produire le gaz a permis de gonfler de nombreux ballons libres, permettant des ascensions variées, parfois par groupes (jusqu'à trois ballons simultanément). thumb|Le ballon captif d'Henri Giffard au-dessus de Paris en 1878.

Décès et testament Ne s'accommodant pas de sa cécité naissante, il se donne la mort le en respirant du chloroformeGaston Tissandier, « La navigation aérienne », L'Aviation et la direction des aérostats dans les temps anciens et modernes, 1886. The Project Gutenberg EBook., léguant son patrimoine à la nation pour qu'il serve aux pauvres et à des buts scientifiques et humanitaires. Il fut le mécène de nombreux aéronautes.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ().

Distinctions

Honneurs Il reçoit en 1859 le prix de mécanique de l'Académie des sciences sans même avoir présenté de dossier. Son nom est inscrit sur la liste des soixante-douze noms de savants inscrits sur la tour Eiffel. Rue Giffard dans le . Un prix d'aérostation portera son nom, ce dernier récompensant l'auteur de la plus longue distance en circuit fermé sans réaliser d’escalesLE 27 DÉCEMBRE 1909 DANS LE CIEL : LE CONTE DE LA VAULX, EN QUÊTE DU PRIX GIFFARD.

Notes et références

Liens externes

Le magazine La Nature a consacré un grand nombre d'articles au ballon de 1878 : « L'injecteur Giffard » ; « Le procédé Giffard pour la production d'hydrogène » ; « Synthèse de l'exposition de 1878 ». Le testament de Henri Giffard Henri Giffard papers, 1852-1910, sur le site de la Bibliothèque du Congrès.

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