Giovanni Maria Vitelleschi (Tarquinia, v. 1390 – Rome, ou ) est un cardinal italien qui fut aussi condottiere, plus réputé par ses actes de guerre que ses actions pour l'Église catholique romaine.
Un palais porte son nom dans sa ville natale, le Palazzo Vitelleschi, qui héberge aujourd'hui le Musée archéologique national de Tarquinia.
Biographie Giovanni Maria Vitelleschi reçoit une instruction militaire dès son plus jeune âge dans la compagnie de fortune d’Angelo Tartaglia et perfectionne son éducation au service du pape Martin V, qui le nomme protonotaire apostolique.
Il est élu évêque de Macerata et de le . Engagé par le pape Eugène IV pour commander les troupes papales, il conduisit les opérations militaires contre la faction des Colonna, qui étaient en lutte contre le pape Eugène IV pour le renversement de leur fortune politique lorsque le pape Martin V qui appartenait à leur famille était mort. Le Vitelleschi réussit à réprimer la révolte, pour laquelle le Pape avait fui en exil à Florence en 1434, à la suite de la restauration d’une éphémère République romaine. Pour réussir à reprendre la ville, Vitelleschi ne fut pas étranger à des actes de férocité et de cruauté, ce qui était assez courant à l’époque, en plus d’abolir le droit romain en vigueur. L’entreprise prend fin en , avec la victoire des papaux et le retour du pape. Il commande ensuite les troupes papales contre Alphonse d’Aragon, qui veut s’emparer du trône de Naples.
Pour être récompensé de ses exploits le , le Pape lui accorde le titre, désormais purement honorifique de patriarche d’Alexandrie, tenant les diocèses de Macerata et , et le de la même année il est nommé archevêque de Florence (après ) sans renoncer au titre patriarcal. Il conserve les deux charges en même temps, mais en fait, il n’a pas eu l’occasion de s’y consacrer : à Florence, il délègue ses fonctions à l’archevêque de Pise, l’évêque de Fiesole et sir Giuliano de Niccolò Davanzati. Toujours en 1435, le pape lui attribue la seigneurie sur Sansepolcro, qu’il avait reprise aux Malatesta de Rimini en 1430.
En 1436, il reçoit de la part du pape l’ordre de réprimer les turbulences des barons romains qui avaient occupé Terracina après s’être rebellés contre le pape Eugène IV. Rassemblés fantassins et chevaux, Vitelleschi affronte les milices adverses près d’Albano, gagne leur capitaine Francesco Savelli et occupe en 1437 Palestrina en la détruisant et Zagarolo, forçant Renzo Colonna à fuir. Il attaque ensuite , le bat et le fait pendre, réussissant finalement à dompter les barons.
La même année, il fit construire à Tarquinia le palais Vitelleschi, actuel siège du Musée archéologique national..
Il est nommé préfet des armes pontificales et cardinal lors du consistoire du par le pape Eugène IV et reçoit le titre de Lorenzo in Lucina. À cette occasion, il renonça au siège florentin, qui passa à Ludovico Scarampi, même si souvent il commença à être appelé le "cardinal florentin". Il reçoit cependant le diocèse de Trogir in commendam, qu’il conserve jusqu’à sa mort.
En 1439, il reçoit l’ordre du pape d’éradiquer la famille Trinci. Il assiège Foligno avec Nicolas de Cues et le condottiere Ranuccio Farnèse l’Ancien et la conquiert, faisant prisonnier Corrado III Trinci avec ses deux fils.
Machiavel le cite dans ces Histoires florentines :
Les espions florentins contrôlaient secrètement sa correspondance et interceptèrent ainsi quelques lettres à Niccolò Piccinino, le chef d’une bande de fortune qui commettait des pillages et des dévastations en Toscane. Bien que le message ait été codé et plein d’allusions, il a été interprété comme dangereux pour le pape, de sorte qu’Eugène IV a saisi l’occasion pour emprisonner l’homme désormais trop puissant. La manière dont il fut capturé à Rome au Château Saint-Ange par le châtelain Antonio Rido de Padoue est aussi racontée par Machiavel :
Il mourut après quatorze jours de captivité, le , vraisemblablement des suites des blessures subies lors de sa capture (bien que ses contemporains aient soupçonné un empoisonnement).
La famille Vitelleschi a cependant conservé un prestige en Italie centrale. Le neveu de Giovanni, Bartolomeo Vitelleschi, fut évêque de Montefiascone et de Corneto ; en cette qualité, il prêta son obéissance à l’antipape Félix V et fut créé cardinal, ou plutôt pseudo-cardinal du titre de saint Marc le .
Bibliographie Filippo Thomassino, Giovan Turpino, Ritratti di cento capitani illvstri, Parma, 1596. Giulio Roscio, Agostino Mascardi, Fabio Leonida, Ottavio Tronsarelli et al., Ritratti et elogii di capitani illvstri, Roma, 1646. La chiesa fiorentina, Curia arcivescovile, Firenze, 1970. Nunzio Federigo Faraglia, Storia de la lotta tra Alfonso V d'Aragona e Renato d'Angiò, Lanciano, 1908.
Notes et références
Liens externes Musée archéologique national de Tarquinia ; Palazzo Vitelleschi Pape Martin V, Pape. Eugène IV
Catégorie:Condottiere italien du XVe siècle Catégorie:Cardinal-prêtre de San Lorenzo in Lucina Catégorie:Évêque de Macerata Catégorie:Patriarche latin d'Alexandrie Catégorie:Cardinal italien du XVe siècle Catégorie:Cardinal créé par Eugène IV Catégorie:Militaire des États pontificaux Catégorie:Date de naissance non renseignée (XIVe siècle) Catégorie:Naissance à Tarquinia Catégorie:Naissance dans les États pontificaux Catégorie:Décès en avril 1440