Le Deuxième Congrès de la langue française au Canada se déroule dans la ville de Québec du au . Les quelque congressistes. qui y participent concluent l'exercice par la formulation de 46 vœux.
Organisation
thumb|200px|Camille Roy, recteur de l'Université Laval et président du comité organisateur du Deuxième Congrès de la langue française au Canada.Pour célébrer le du Congrès de 1912, la Société du parler français organise un deuxième Congrès de la langue française, qui se tient à Québec du au .
Ce deuxième Congrès reprend sensiblement la même formule que celle employée pour la tenue du premier, cependant qu'on ne le fait pas coïncider avec les festivités de la Fête nationale des Canadiens français, mais plutôt après celles-ci. Le thème de ce deuxième congrès est « L'esprit français au Canada, dans notre langue, dans nos lois, dans nos mœursQuébec, 1900-2000, p. 45 ».
Le comité organisateur du Congrès, établi par la Société du parler français le , est présidé par , président de la Société et recteur de l'Université LavalLe deuil d'un pays imaginé, p. 35-36. C'est également Camille Roy qui préside le bureau du comité organisateurLes autres officiers sont : Cyrille Gagnon, Arthur Vallée et Louis-Philippe Geoffrion, vice-présidents; Antonio Langlais, secrétaire général; Aimé Labrie, Roméo Blanchet et Paul-Émile Gosselin, secrétaires adjoints; Maurice Laliberté, trésorier; Oscar Bergeron, trésorier adjoint. Le bureau met sur pied des comités de finances, propagande, réception et fêtes religieuses et divers sous-comités présidés par les membres nommés au comité organisateurs le .
Un comité d'honneur est constitué pour ajouter au prestige de l'événement. En font partie les officiers de l'État et de l'Église les plus en vue à l'époque, soit l'archevêque de Québec Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, patron du Congrès; le lieutenant-gouverneur du Québec Ésioff-Léon Patenaude, président d'honneur; le premier ministre du Québec Maurice Duplessis et le ministre fédéral de la justice Ernest Lapointe et le maire de Québec Joseph-Ernest Grégoire, vice-présidents d'honneur.
L'Académie française délègue cette fois le romancier et essayiste Louis Bertrand1902-2002, la Société du parler français au Canada cent ans après sa fondation, p. 11 .
En vertu de l'article III du Règlement du Congrès, sont invités à participer « les Canadiens français, les Acadiens et les Franco-Américains » et leurs diverses institutions, qui sont admis soit à titre de membre protecteur, membre bienfaiteur, membre donateur ou membre titulaire. Les « personnes ou sociétés étrangères » peuvent adhérer au Congrès à titre d'observateurs. Des délégués d'Haïti sont d'ailleurs présents à l'événement.
À l'inscription, les congressistes reçoivent une carte de membre donnant en plus du droit d'accéder aux salles, le droit à une copie du programme et un ruban du congrès. Il est possible d'acheter un bouton du Congrès pour 10 sous et une médaille-insigne (œuvre de Marius Plamondon) pour 75 sous.
Les séances du Congrès se tiennent au Colisée, dans les édifices de l'Université Laval, au Palais de justice et au Palais Montcalm.
Déroulement Le déroulement du Congrès de 1937 est en tout point comparable à celui de 1912. À l'intérieur d'un programme général de six jours, du dimanche au vendredi , comprenant messes, activités touristiques, démonstrations, déjeuners, réceptions, banquets et concerts, s'insèrent un programme de six séances publiques, deux assemblées générales, 23 séances des quatre sections d'études et divers programmes spéciaux (journée des enfants, journée des dames, journée des jeunes).
+ Les séances d'étude du Congrès de 1937 Section de la langue parlée Président : Cyrille-F. Delâge Secrétaire : Lucien Talbot Rapporteur : Étienne Blanchard Section de la langue écrite Président : Aegidius Fauteux Secrétaire : Henri Lallier Rapporteur : Maurice Hébert Section des arts Président : J.-B. Soucy Secrétaire : Sylvia Daoust Rapporteur : Jean-Marie Gauvreau Section des lois Président : Fabre-Surveyer, Henri Lacerte, Antonio Perreault Secrétaire : Jacques Dumoulin Rapporteur : L.-Philippe Pigeon Section des mœurs Division A : Division B : Président : P. Henri Martin Secrétaire : P.-Eugène Gosselin Rapporteur : Henri-G. Renaud Président : J.-M. Laframboise Secrétaire : Josaphat Benoit Rapporteur : Pie-M. Gaudreau Séances d'étude pour les dames Président : Charles Frémont Secrétaire : Mme J. Dugal Rapporteur : Mlle Élise Rocheleau Séances d'étude pour les jeunes Président : Cyrille Gagnon Secrétaire : Mlle Jeanne Lapointe Rapporteur : M. Paul-Henri Guimont
Vœux Le Deuxième Congrès de la langue française au Canada se termine par l'adoption de 46 vœux.
Les sept vœux de la Section de la langue expriment le désir des congressistes de voir s'améliorer la phonétique et l'élocution du parler des élèves par son enseignement méthodique et par le soin particulier que les professeurs doivent donner à la diction; que l'on mettre en œuvre un programme d'enquêtes sur le parler franco-américain, mal connu à l'époque; que l'on fonde un plus grand nombre de sociétés d'histoire régionale et locale; que les bibliothèques se multiplient et s'enrichissent; que la langue des annonces publicitaires s'améliore et soit en bon français; que les revues scientifiques et littéraires soient mieux soutenues et encouragées; que l'on fonde un « Office de la langue française au Canada » dont le mandat serait d'examiner et de corriger les enseignes, les affiches et les circulaires des commerces.
Les trois vœux de la Section des arts portent sur la promotion du goût de l'art chez les ouvriers par des conférences, des projections, etc.; que l'on développe la culture des lettres, spécialement l'encouragement « des écrivains de chez nous »; que l'enseignement du dessin se développe dans les écoles.
Les cinq vœux de la Section des lois portent sur la conservation de l'esprit français des lois et des méthodes d'interprétation; qu'une commission révise toutes les lois du Québec selon l'esprit français, dans une rédaction concise, logique, méthodique; que la traduction des lois fédérales (qui sont toutes en anglais) s'améliore et que les traductions « ne soient plus astreints à une traduction trop littérale »; que les droits de la langue française soient reconnus dans tout le Canada et que les droits des minorités francophones de conserver leur langue par son enseignement soient reconnus dans toute l'Amérique du Nord;
Les autres vœux (du au ) sont formulés par la Section des mœurs et touchent la promotion des associations professionnelles, des écoles paroissiales aux États-Unis, de la qualité de la langue dans la presse et à la radio, la solidarité entre les groupes francophones, la tenue d'un Congrès de l'Économique, la création d'un office de renseignements linguistiques (terminologie, traduction), qu'au moyen de la presse le Canada et Haïti établissent des relations pour mieux se connaître, de même que des éléments chers au clergé catholique : la lutte au communisme et le découragement des mariages mixtes.
Les participantes à la séance des dames souhaitent que le goût de la poésie soit cultivé chez les jeunes, que des associations féminines de langue française voient le jour au Canada et aux États-Unis, que l'éducation des femmes soit modernisé, que l'on développe la littérature enfantine, etc. Les participants à la séance des jeunes souhaitent que les bibliothèques contiennent des livres appropriés au jeune âge et que se développe les mouvements jeunes.
Le premier juillet, le Comité permanent des Congrès de la langue française en Amérique, qui était inactif depuis 1920, est réanimé. Il se compose de 20 membres chargés de publier le compte rendu des séances du second congrès et de veiller à la réalisation de ses vœux. En 1939, le Comité prend le nom de Comité de la survivance française en Amérique et c'est sous ce nom qu'il est incorporé en 1940.
Notes
Bibliographie Tenue du deuxième Congrès de la langue française Loi relative à la loi I George VI, chapitre 13 CLFC, La croisade franco-américaine : compte rendu de la participation des Franco-Américains. publié par les comités régionaux des États-Unis et le secrétariat adjoint, Manchester, N.H. : L'Avenir national, éditeur, 1938, 500 p. Marcel Martel. Le deuil d'un pays imaginé: rêves, luttes et déroute du Canada français : les rapports entre le Québec et la francophonie canadienne, 1867-1975, Ottawa : Presses de l'Université d'Ottawa, 1997, 203 p. (aperçu) CLFC, Deuxième congrès de la langue française au Canada, Québec, - : compte rendu, Québec : Imprimerie de l'Action catholique, 1938, 529 p. CLFC, Deuxième congrès de la langue française au Canada, Québec, - : mémoires, Québec : Le Soleil, 1938, 3 volumes CLFC, Deuxième Congrès de la langue française au Canada : vœux adoptés par les sections d'étude, Québec : le Comité permanent des congrès de la langue française en Amérique, Université Laval, 1937?, 18 p. CLFC, Deuxième Congrès de la langue française au Canada, Québec, 1937 : programme, Québec : le Comité permanent des congrès de la langue française en Amérique, Université Laval, 1937?, 47 p.
Catégorie:Francophonie au Canada Catégorie:Langue française au Québec Catégorie:Acadie