Le mot playmate (littéralement « camarade de jeu » en anglais) désigne une femme ayant posé comme modèle pour le dépliant central du magazine de charme Playboy (le terme continue à être employé après la fin de la publication du magazine dans son édition américaine : le présent article se limite à la période antérieure à sa disparition).

Le terme n'est pas employé pour tous les modèles du magazine, comme pour les femmes ayant partagé la vie d'Hugh Hefner, pouvant aussi avoir posé pour Playboy, sauf si elles ont été le sujet de l'article central du magazine, telles Holly Madison ou Barbi Benton. On distingue également ce terme de Bunny (hôtesse dans un club Playboy) ou de Cyber Girl (modèle posant pour le site Internet du magazine).

Le concept vignette|upright 0.7|gauche|Cybergirl puis Playmate : Miss , Tiffany Toth portant un pendentif au logo de Playboy. Le mot anglais signifie « camarade de jeu ». À l'origine, il est utilisé en anglais principalement pour parler d'un enfant. Dès , le fondateur de Playboy, Hugh Hefner, l'utilise pour désigner les modèles féminins dénudés posant pour les pages centrales de son magazine. Il a été adopté tel quel en français dans ce sens.

Chaque mois est présentée une nouvelle jeune femme qui devient la playmate du mois (« playmate of the month » ou en abrégé PMOM), et que l'on désigne par Miss suivi du mois de son apparition (exemple : Miss April 1995). Certaines sont présentées sous leur véritable identité, mais beaucoup adoptent un pseudonyme.

La playmate du mois est le sujet, chaque mois, d'un article occupant plusieurs pages centrales du magazine. Un texte la présente, illustré de photographies, majoritairement nue. À l'article sont adjoints le dépliant central et, à partir de Juillet 1977207, la Playmate Data Sheet. Le but affiché est de faire apparaître la Playmate comme une jeune femme moderne et décomplexée, sympathique, attirante, proche du lecteur. Le texte d'accompagnement, largement idéalisé, laisse généralement entendre que la playmate est célibataire et libre, même si dans la réalité nombre d'entre elles sont mariées ou en couple, voire déjà mères ou enceintesC'était le cas de June Cochran, Miss Décembre 1962, lors des prises de vues. Quelques-unes sont en outre censées n'avoir aucune expérience sexuelle, comme Donna Edmondson, la « playmate vierge »Donna Edmondson avait à l'époque 20 ans révolus ou, bien auparavant, Nancy Jo Hooper, Miss Nancy Jo Hooper avait à l'époque 20 ans révolus qui déclarait « Je ne connais rien au sexe »100.

La playmate est une femme jeune et jolie dont l'âge se situe généralement entre 18 et 35 ans environ, l'âge moyen étant de 22 ans463. La législation américaine impose que toutes les Playmates soient majeures, mais leur âge s'apprécie à la date de parution du magazine ; ainsi certaines Playmates ont pu être photographiées avant leurs 18 ans : c'est notamment le cas de Miss , Elizabeth Ann Roberts n'avait pas encore 17 ans lorsqu'elle apparut comme playmate avec l'autorisation écrite de sa mère, ce qui cause quelques difficultés à l'éditeur52.vignette|Carmella DeCesare, playmate de l'année 2004.Il n'y a pas d'âge limite supérieur autre que celui fixé par la beauté, le charme du modèle et ses qualités photogéniques : deux d'entre elles ont été élues Playmate de l'Année à plus de 30 ans : Kathy Shower (33 ans) et Tiffany Fallon (31 ans) ; quant à Miss , Rebecca Ramos (née en ) avait 35 ans largement révolus à la parution de ses photos.

Les mensurations sont les éléments chiffrables relatifs au physique de la jeune femme ; le poids moyen est de ; les mensurations moyennes sont de 89 - 58 - 89 (poitrine - taille - hanches). Elles ont un peu varié au cours des ans, le tour moyen de poitrine passant de dans les années 1960 à en 2000. Quant aux tours de taille et de hanches, ceux-ci évoluent pour passer de à et de à . Corrélativement, la taille moyenne a plutôt augmenté, de à . La playmate d'aujourd'hui est plus grande et élancée que celle d'hier, avec une plus petite poitrine.

Elles sont majoritairement de type européen, le prototype étant une blonde (pour 42 % d'entre elles) aux yeux bleus (41 %) et à la poitrine généreuse (taille du bonnet de soutien-gorge : C).

La poitrine des playmates est un élément de leur popularité, comme en témoignent les courriers reçus des lecteursArticle du New-Yorker - « Playboy learned a lesson from DeDe Lind: breasts count ». Certaines d'entre elles ont été particulièrement remarquées et appréciées pour la forme et le volume de leurs seins - telles Elaine Reynolds (Miss ), Rosemarie Hillcrest (Miss ), Melinda Windsor (Miss ), Fran Gerard (Miss ), Cynthia Myers (Miss ), Janet Lupo (Miss ), Patricia Farinelli (Miss ), Alana Soares (Miss ), Petra Verkaik (Miss ), Julianna Young (Miss ) ainsi que des Playmates de l'Année (« Playmates of the Year », PMOY) : Marilyn Lange (1975) et Donna Edmondson (1987) en particulier. Ainsi, de nombreuses playmates ont recours à la chirurgie esthétique et aux implants mammaires pour améliorer leur silhouette : la première de toutes fut (Miss ).

À partir des décennies 1990-2000, les playmates de type hispanique ou slave se multiplient.

vignette|upright 0.7|droite|Deux Playmates de l’Année en costume de Bunny Girl : Ida Ljungqvist (PMOY 2009) et Kara Monaco (PMOY 2006). Cependant les autres ethnies sont également représentées. China Lee (en 1964) est la première playmate d'origine asiatique. Puis en 1965, Jennifer Jackson devient la première playmate afro-américaine. La présence de playmates de type non-européen augmente au fil des ansCC1990 et elles peuvent atteindre le rang de Playmate de l'Année comme l'ont fait Renée Tenison, Ida Ljungqvist ou Eugena Washington (PMOY 2016)Eugena est la dernière PMOY avant le changement décisif - mais pas définitif ! - vers un magazine sans nudité complète.

Pendant les premières années, les modèles pouvaient ne pas poser nueen juillet 1971, on ne peut voir aucun des charmes d'Heather Van Every, la miss du mois sur son centerfold, alors que Liv Lindeland, six mois auparavant, dévoilait quelques poils pubiens, même si les seins étaient le plus souvent dévoilés. Après le début des années 1970, la nudité est devenue systématique et de plus en plus explicite, tout en restant éloignée de la pornographie et de la vulgaritévoir à ce sujet l'article guerres pubiennes et ce site.

Théoriquement, la playmate peut n'avoir aucune expérience en tant que modèle, cependant nombreuses le sont déjàcertaines sont issues de castings d'amatrices, telle Amy Leigh Andrews, devenue Miss avril 2010, voir Amy Leigh Andrews. Certaines sont lauréates de concours de beauté, depuis Marianne Gaba (Miss Illinois USA 1957) ou June Cochran (Miss Indiana USA 1960) jusqu'à Shanna Moakler (Miss USA 1995) ou Tiffany Fallon (Miss Géorgie USA 2001) ; Miss Mai 1975, Ingeborg Sørensen avait représenté la Norvège au concours de Miss Monde 1972 et y avait obtenu le titre de .

Nombre de jeunes femmes ayant commencé par être Bunny Girl dans un club Playboy ont l'occasion de devenir PlaymateVoir ici. L'évolution inverse est aussi possible, une Playmate pouvant être ensuite embauchée comme Bunny Girl dans un Club Playboy. Cela peut être un emploi plus ou moins durable, tandis que Playmate est une occasion de durée parfois limitée avec un cachet appréciable, et qui peut aussi ouvrir d'autres perspectives professionnelles.

Quelques-unes ont une expérience de top-model comme Sasckya Porto et Hope Dworaczyk. Elles peuvent aussi avoir déjà posé pour des campagnes publicitaires. Plusieurs d'entre elles sont issues de la filière des « Cybergirls », modèles dont les photos sont diffusées sur le site Internet Playboy PlusUn bon exemple est Monica Leigh, successivement Cybergirl of the Week (CGOW) le 28/02/2005, Cybergirl of the Month (CGOM) en décembre 2005, Cybergirl of the Year (CGOY) pour 2006, choisie comme Playmate de mars 2006.. Playboy organise aussi des castings dans de grandes villes ou sur des campus d'Universités : les candidates sont nombreuses à se présenter et pourront être choisies comme Coed of the week, Cybergirl ou Playmate, franchissant parfois ces différentes étapes successivement ; ainsi, Dani Mathers a été tour à tour, Cybergirl Of The Week en 2012, Cybergirl Of The Month en , Playmate Of The Month en avant d'être finalement élue Playmate Of The Year en 2015Article sur International Business Times comme l'avait fait avant elle Carmella DeCesare, devenue Playmate Of The Year en 2004.

La playmate doit signer un contrat avec Playboy stipulant ses obligations. Pour sa collaboration, elle touche un cachet forfaitaire mais ne peut utiliser ses photos ni son titre de façon personnelle sans autorisation. Terri Welles, Miss et Playmate de l'Année 1981 fut ainsi attaquée en justice par Playboy pour avoir utilisé, sur son site Internet, les termes « Playboy » et « Playmate » qui étaient déposés et protégés, et les avoir inclus dans des méta-tags à destination des moteurs de recherche. Cependant la justice finit par lui donner raison, considérant que l'utilisation du meta-tag « playmate » par Terri Welles était justifié par le fait que ce terme la décrivait et l'identifiait en tant qu'attribut de sa personnalité.

Chaque année, une playmate, choisie parmi celles de l'année qui précède) est élue Playmate de l'année (« » en abrégé PMOY) au mois de juinIl y eut une exception en 1998 : Karen McDougal le fut en juillet. Le choix est fait par Hefner, qui peut s'appuyer sur l'opinion des lecteurs. La première Playmate of the Year officielle fut Ellen Stratton en 1960 bien que l'expression ait été utilisée auparavant, pour Lisa Winters (Miss ) et Joyce Nizzari (Miss ).

Une playmate gagne $ américains pour son apparition dans le magazine, alors que la Playmate de l'année remporte $ ainsi qu'une voiture (souvent de couleur rose pendant les premières années) et de nombreux autres cadeauxG. Edgren, op.cit. ..

Tous les cinq ans, en janvier, paraît une Anniversary Playmate spécialement choisie pour saluer les multiples de 5 ans d'âge du magazine.

La playmate est devenue au fil des ans une véritable institution aux États-Unis et un élément de la culture nationale. Sept ans après ses débuts, grâce à elle, 25 % des numéros du magazine étaient diffusés sur les campus des universités119.

Largement admirées par les hommes, les playmates peuvent aussi l'être par les femmes ; l'une d'elles, Peggy Wilkins, une informaticienne de Chicago, est même connue comme étant la plus importante collectionneuse de publications Playboy, possédant en particulier tous les numéros du magazine depuis le Numéro 1, quasiment introuvable, qui emplissent un appartement complet ; elle a été prise par cette passion à l'âge de 14 ans« What Sort of Woman Reads Playboy? »« Playboy's No. 1 Fan? This 44-Year-Old Chicago Woman »Son site Internet.

Les avantages financiers font partie des motivations pour devenir playmate, de même que le désir d'accéder à la célébrité et de poursuivre une carrière dans le show business ou le mannequinat"Cyndi Wood - I love being a playmate :...", même si les réussites marquantes dans ce domaine sont assez rares et souvent éphémères.