Michael Duane Johnson est un athlète américain, né le à Dallas, au Texas. Il est considéré comme l'un des plus grands sprinteurs de tous les temps, avec quatreTout d'abord auréolé de cinq médailles d'or olympiques, Michael Johnson a décidé de son propre chef d'en rendre une (celle du relais 4 × des Jeux olympiques de Sydney) au CIO après les aveux de dopage de son compatriote Antonio Pettigrew. titres olympiques et huit titres mondiaux. Il a aussi détenu pendant dix-sept ans le record du monde du () et pendant douze ans le record du monde du ().
Il est surnommé « La Loco de WacoWaco est le nom de la ville où se trouve l'Université Baylor, dans laquelle Johnson a étudié et s'est ensuite entraîné pendant toute sa carrière. » en raison de son style de course à base de foulées courtes et très rapides, qui donnent l'impression d'un buste droit et immobile.
Sur , sa distance fétiche, il reste invaincu de 1990 à 1997, années pendant lesquelles il aligne 58 victoires consécutives. Il totalise également vingt-deux chronométrés en moins de , ce qui constitue un record sachant que cette barrière mythique n'a été franchie à ce jour que par quinze coureurs seulement Dans l'ordre chronologique viennent respectivement en 1968, Lee Evans () et Larry James (), en 1988, Harry 'Butch' Reynolds (), Danny Everett () et Steve Lewis (), en 1992, Quincy Watts () et Michael Johnson (), en 2005, Jeremy Wariner (), en 2007, LaShawn Merritt (43 s 96), en 2012, Kirani James (43 s 94), et en 2015, Wayde van Niekerk (43 s 96). Tous sont Américains, sauf Kirani James, qui est Grenadin et Wayde van Niekerk, qui est Sud-Africain. Entre parenthèses est précisé le premier chrono réalisé par l'athlète en moins de .. Dans cette discipline, il remporte les quatre Championnats du monde entre 1993 et 1999 ainsi que deux titres olympiques (1996 à Atlanta et 2000 à Sydney). Il est aussi le premier et seul athlète à avoir tenté et réussi le doublé / à un même Championnat du monde (Göteborg 1995) et aux mêmes Jeux olympiques (Atlanta 1996).
Il a été classé numéro un mondial cinq fois sur et dix fois sur dont huit fois consécutivement par le magazine Track & Field News, magazine autoproclamé « la Bible du sport ». Il est aussi le premier et le seul à l'avoir été simultanément sur les deux disciplines et ce à cinq reprises.
À la suite de son retrait de la compétition en , il reste engagé dans le milieu de l'athlétisme en participant à diverses manifestations et en s'occupant de la carrière de certains athlètes comme celle de Jeremy Wariner.
Après le procès de Trevor Graham au mois de , et les aveux de dopage de son compatriote Antonio Pettigrew, Johnson décide avant que l'on ne le lui demande de rendre sa médaille d'or olympique obtenue à Sydney sur 4 × . Avec les cas déjà avérés des frères Harrison, cette médaille est devenue « sale » et a donc perdu toute valeur à ses yeux. Ayant rendu cette médaille, il n'est plus que quatre fois champion olympique. Le suivant, le CIO fait savoir par communiqué de presse qu'il disqualifie officiellement le relais américain Article du journal L'Équipe daté du 2 août 2008 sur lequipe.fr. Par ailleurs la fédération américaine d'athlétisme (USA Track & Field) a demandé quelques jours auparavant de réexaminer le record du monde du 4 × établi en 1998. Le , l'IAAF annonce officiellement qu'elle annule ce record du monde. Cependant Johnson codétient encore le record du relais 4 × puisque la deuxième performance de tous les temps est le temps établi en 1993 à Stuttgart et ancien record du monde.
Jeunesse Michael Johnson est né à Dallas au Texas le . Il est le plus jeune des cinq enfants de Paul et de Ruby Johnson Jeunesse de Michael Johnson.
De par leurs origines modestes (son père est conducteur de camions et sa mère institutrice Article sur Johnson sur espn.go.com) ses parents soulignent très tôt l'importance des études et de bons résultats scolaires. Tous les enfants Johnson, frères et sœurs, iront à l'université. Michael quant à lui suit très souvent des cours pour jeunes surdoués. Il porte d'ailleurs à l'époque des lunettes, ce qui le fait passer pour le « premier de la classe » et lui vaut le surnom de « binoclard » en anglais auprès de ses camarades Article Sports Stars on Michael Johnson, page 1, paragraphe Speedy reader.
À l'époque, pourtant, le jeune Michael ne rêve pas de faire une carrière d'athlète de haut niveau, mais plutôt de devenir architecte Article Sports Stars on Michael Johnson, page 2, paragraphe Speedy reader. Tout jeune, il pratique le football et l'athlétisme, mais arrête cette première activité après deux ans, déclarant à ce sujet : « Je ne suis pas une personne qui aime entendre quelqu'un crier ou hurler sur moi. L'environnement du football est beaucoup trop agressif. Sur la piste, vous devez avoir une certaine agressivité, mais ce n'est pas la même » Déclaration de Johnson au sujet du football sur espn.go.com.
Il commence donc vraiment à faire de l'athlétisme à l'adolescence, et ce par pur plaisir : « J'ai d'abord participé à une compétition à Atwell Junior High, à Dallas, et j'ai continué ensuite juste parce que c'était quelque chose de fun » se rappelle Johnson dans Boys' Life.
Carrière sportive (1986-2001) Débuts au lycée de Skyline (1986) Pendant ses deux premières années à la Skyline High School, Johnson ne court pas afin de se concentrer à ses études Article Sports Stars on Michael Johnson, page 2, paragraphe Runs for fun. Mais, dès sa troisième année, en 1986, il intègre l’équipe junior d'athlétisme et reçoit quelques bons conseils de son entraîneur Joel Ezar : être détendu et aimer courir. À cette époque, déjà, Johnson court le torse droit, presque penché en arrière, et ne lève pas les genoux assez haut, ce que lui reproche gentiment Ezar. , explique Johnson à Boys' Life. Et Johnson de poursuivre :
Johnson remporte, pour sa dernière année à Skyline le titre du district sur , mais ne finit que deuxième, sur la même distance au Texas State High School Meeting de Derrick Florence Saison 1986 de Michael Johnson. Pour son âge, 19 ans, il est déjà précoce et établit un record personnel sur cette distance en 21 s 30.
Entrée à l'Université Baylor - Rencontre décisive avec Clyde Hart (1987-1989) L'année suivante, Johnson entre à l'Université Baylor, réputée pour ses excellentes performances sportives. Il y entreprend des études de comptabilité. Néanmoins, malgré les bons résultats obtenus au lycée, l'athlétisme n'est toujours pas sa principale priorité. « J'aimais ça, mais à l'époque, c'était [juste] un moyen d'entrer dans une bonne université, » avoue Johnson à Boys' Life. « Je n'étais pas aussi intéressé par ce sport que par les études. » Article Sports Stars on Michael Johnson, page 3, paragraphe Baylor bullet Cependant, il continue régulièrement de suivre les entraînements et dès son premier meeting à Waco, le , il bat le record de l'université sur en 20 s 41. Cette performance attire aussitôt l'attention de Clyde Hart qui dirige le pôle d'athlétisme des célèbres Baylor Bears Johnson bat le record de l'Université Baylor : « Nous savions qu'il allait être fort, mais nous ne pensions pas qu'il serait aussi bon que cela », admet Hart dans le magazine Newsweek. Hart est même allé jusqu'à avouer qu'il voyait juste en Johnson un coureur de relais, étant donné sa façon de courir : « Je mentirais si je disais que je pensais que Michael allait être un sprinteur de classe mondiale. » Déclaration de Hart à propos du recrutement de Johnson sur espn.go.com Mais voyant les prouesses de ce jeune étudiant, Hart change très vite d'avis : « il s'est avéré être une incroyable combinaison de force et de détente sur la piste. » Johnson et Hart commencent alors une collaboration fructueuse qui durera jusqu'à sa retraite en 2000. Sous les conseils de son nouvel entraîneur, Johnson fait également, cette année-là, ses premières armes sur , où il établit, le , un premier record personnel en 46 s 29, encourageant pour un premier essai.
Il participe aussi à ses premiers Championnats universitaires (NCAA), véritable tremplin vers les compétitions nationales et internationales, où il termine quatrième sur le relais 4 × aux NCAA en salle (troisième relais) et troisième sur le relais 4 × aux NCAA en plein air (troisième relais également).
Johnson connaît une année 1988 difficile. Déjà classé parmi les meilleurs sprinteurs, il subit un revers majeur. « Michael a connu beaucoup d'échecs et de blessures pendant ses deux premières années [à Baylor] », rappelle Hart à Boys' Life Article Sports Stars on Michael Johnson, page 3, paragraphe Bad luck Bear.
Dès les Championnats universitaires en salle, il est effectivement disqualifié sur même s'il court un dernier relais en 43 s 5 avec le relais 4 × . « Tout ce qui pouvait aller mal, allait mal. Mais quand il est tombé et s'est cassé la jambe pendant les Championnats NCAA [en plein air], c'était la pire des choses », poursuit Hart Article Sports Stars on Michael Johnson, page 4, paragraphe Bad luck Bear. La blessure, une fracture de fatigue du péroné de la jambe gauche, tombe bien mal en se produisant à peine six semaines avant les Sélections olympiques de 1988. Refusant de voir son rêve olympique s’envoler, Johnson travaille pendant ses six semaines à renforcer sa jambe. Avec un strapping sur cette dernière, il s'entraîne dans une piscine puis se force peu à peu à reprendre la piste. Cependant malgré ses courageux efforts, il ne parvient pas à retrouver l'état de forme qui lui aurait permis de se battre à armes égales avec la dure concurrence des Sélections américaines. En juillet à Indianapolis, il est en effet éliminé dès le premier tour sur 400 m ne terminant que septième de sa série. Au lieu d'être déçu par ce qui lui arrive, Johnson utilise cette malheureuse expérience de façon très positive : « Cette course m'a dit que je pouvais revenir et rivaliser avec les meilleurs si je travaillais assez dur », déclare Johnson à Boys' Life. Ce que Hart approuve à son tour en ajoutant que cette course était « probablement le meilleur que Michael ait jamais couru. Il est [ensuite] revenu avec une nouvelle détermination. »
Cette année-là, il se rapproche, quand même, de la barre symbolique des sur et établit de nouveaux records personnels sur en 20 s 07 et sur en 45 s 23. Il est classé septième sur au niveau national par le magazine Track & Field News.
L'année 1989 marque pour Johnson un léger retrait en matière de performances dû à des ennuis physiques pendant la saison. Il finit néanmoins deuxième aux Championnats des États-Unis en salle sur et gagne le titre aux NCAA en salle sur en 20 s 59. Il court aussi le dernier relais du relais 4 × en 43 s 8. Il est en revanche décevant lors des compétitions en plein air. Il finit en effet respectivement cinquième et sixième des séries du aux NCAA en plein air et aux Championnats des États-Unis en plein air. Ces performances, modestes pour lui, sont dues à une blessure contactée aux tendons du genou Saison 1989 de Michael Johnson. Ces meilleures performances cette saison sont en recul par rapport à la saison précédente : elles sont respectivement de 20 s 47 sur et 46 s 49 sur .
Ascension au niveau mondial (1990) En 1990, Johnson obtient son diplôme de fin d'études en comptabilité à l'Université Baylor. Il décide alors de pratiquer l'athlétisme de façon professionnelle.
Il est déjà à l'époque dirigé par Hart et bien qu'il ait déjà gagné plusieurs médailles aux NCAA en plein air et en salle, il est déçu de ne pas avoir encore été consacré aux niveaux national et mondial. C'est pourtant cette année-là que la carrière de Johnson amorce un bond en avant. Il gagne en effet son premier titre national en salle sur 400 m en 47 s 43. Il conserve également son titre sur 200 m aux Championnats universitaires en salle en remportant la finale en 20 s 72. Il gagne également le relais 4 × avec ses camarades de l’Université Baylor.