Beer Léon Fould, parfois orthographié Berr, né le à Boulay-Moselle (province de Lorraine) et mort à Paris le , est un banquier qui a fondé son premier établissement à Paris vers 1795. Il repose au cimetière du Père Lachaise (division 7), à Paris.
Biographie
Le lieu de naissance de Fould est alors la métropole religieuse des Ashkénazes lorrains. Lui-même, issu d'une modeste famille juive autorisée à résider à Nancy, se fait cireur de chaussures à douze ans, devant l'hôtel particulier de Cerf Berr. Le financier remarque l'enfant pour sa grande volonté d'apprendre. Selon le récit qu'en fait Alfred Cerfberr (descendant direct de la famille Cerf Berr) :
Ces trois prêts de Cerf Beer correspondent aux trois liquidations auxquelles Beer Léon Fould a procédéBernhard Blumenkranz, « Histoire des juifs en France », Privat, Toulouse, 1972, 180-181, cité par Anne-Marie Meininger, préface de La Maison Nucingen, Flammarion GF, 1989,34.
Peu de temps après avoir ouvert son premier établissement de banque, Fould procède à sa première liquidation le , avec 235 créanciers et 240 débiteurs, un passif d'environ francs, et un actif de fr. C'est ce que l'on appelle une fausse faillite. Fould laissant procuration à sa femme, il disparaît pendant quatre mois et il fait acheter son hôtel par des hommes de paille. Cette première liquidation lui permet d'acquérir un second hôtel rue Bergère le Archives nationales consultées par Anne-Marie Meininger et citées dans la préface à la Maison Nucingen, 44-45.
En , Fould se lance dans une activité industrielle avec un conglomérat de fonderies et de moulins près d'Avignon, et il lance des souscriptions auprès de banquiers pour créer la Compagnie des fonderies du Vaucluse, en commanditeArchives banque Fould et Heine : http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/camt/fr/inventairesaq/115aq-2.html. Les banques lui font confiance, mais en 1810, année désastreuse pour l'économie, 283 banques déposent leur bilan et Napoléon est prévenu que le juif Fould laisse en souffrance, pour sa banque de la rue Bergère et dans le Vaucluse, environ trois millions d'engagements.
Fould sera ainsi trois fois de suite au bord du gouffre, une dernière fois en 1831 avec l'implication de grandes banques étrangères. Sa troisième liquidation est la plus magistralement proche de la fausse faillite. Mais Fould avait déjà été réinscrit sur le registre des banquiers dès la fin de la deuxième tempête A.M. Meininger p.47Maurice Lévy Leboyer, Les banques européennes et l'industrialisation internationale dans la première moitié du , PUF, 1964, p. 431, et dès 1828, il achète le château de Rocquencourt, dans la commune dont il devient le maire. Son honorabilité n'étant plus en cause, il fait partie du cercle très fermé de la Haute-Banque, comprenant les huit banquiers les plus puissants.
Fould et Nucingen Le parallèle entre Fould et Nucingen est presque trop évident. Fould est employé à 12 ans chez Cerf Berr comme Nucingen chez Aldrigger, il fait sa première liquidation et achète un second hôtel, comme Nucingen, les activités industrielles de Fould et les mines du Worschin de Nucingen se ressemblent, enfin tous deux achètent un château après leur deuxième liquidation. Tout porte à plaquer le vrai personnage sur celui inventé. Mais Balzac n'est pas si simple. Il sait que Fould a des jumeaux dans la finance : Georges HumannHans Bäckvall, dans « Le charabia "tudesque" dans l'œuvre de Balzac », Moderna Språk, 1970, p.392, Jacques Laffitte ou James de Rothschild, dont les opérations sont très voisines de celles de Fould.
La dynastie Fould Beer Léon Fould (1767-1855) est à l'origine d'une dynastie de banquiers parmi lesquels on compte son neveu Baron Eugène Fould, son fils aîné Benoît Fould (1792-1858), son troisième fils, Louis Fould (1794-1858), son petit-fils Adolphe Fould (-), fils d'Achille Fould, membre du Conseil d'Escompte de la Banque de France.
Beer Léon est aussi le père de l'homme politique Achille Fould, son second fils, et le grand-père de Cécile Furtado-Heine.
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie Alphonse Cerfberr de Medelsheim, « Biographie alsacienne-lorraine », édition Alphonse Lemerre, 1878, 157-158 Roger Lévylier, « Notes et documents concernant la famille Cerfberr recueillis par un de ses membres », Plon-Nourrit, 1902-1909, 3 vol. Bernhard Blumenkranz, « Histoire des Juifs en France », Privat, Toulouse, 1972. Anne-Marie Meininger, « Préface, notes et documents à La Maison Nucingen », Flammarion GF, 1989, . Maurice Lévy Leboyer, « Les banques européennes et l'industrialisation internationale dans la première moitié du siècle », PUF, 1964. La Maison Nucingen, Honoré de Balzac, 1838, Flammarion GF, 1989, texte précédé d'une nouvelle du même auteur : Melmoth réconcilié, . Frédéric Barbier, "Finance et Politique, la dynastie des Fould ", Armand Colin 1991
Articles connexes
Liens externes
Base Léonore
Catégorie:Naissance en mars 1767 Catégorie:Naissance à Boulay-Moselle Catégorie:Naissance dans la province de Lorraine Catégorie:Banquier français du XVIIIe siècle Catégorie:Banquier français du XIXe siècle Catégorie:Millionnaire au XIXe siècle Catégorie:Maire de Seine-et-Oise Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1831 Beer Léon Catégorie:Le Chesnay-Rocquencourt Catégorie:Décès en mai 1855 Catégorie:Décès dans l'ancien 2e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 88 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 7)