La région du delta du Mékong, en vietnamien , littéralement en français « delta des », est une région administrative du sud du Vietnam couvrant une partie importante du delta du fleuve Mékong. Elle couvre une superficie d'environ et est subdivisée en douze provinces et la municipalité de Cần Thơ (Prek Russey).

Avant les Seigneurs Nguyễn

Des fouilles archéologiques menées depuis la fin des années 1990 ont établi que la région est habitée depuis plus de . Des royaumes qui gravitaient autour de l’antique cité d’Angkor Borey (actuellement dans la province cambodgienne de Takev) et l’ancien port d’Óc Eo (aujourd’hui dans la province vietnamienne d’An Giang) datent d’au moins avant l’apparition du royaume du Fou-nan Peregrine, P.N. & Melvin Ember, Encyclopedia of Prehistory: East Asia and Oceania, Springer, © 2001 , décrit par des émissaires chinois qui visitèrent la région au de notre ère. L’archéologue Miriam Stark, qui a dirigé des recherches depuis 1999 dans la région Dr Miriam T. Stark, Lower Mekong Archaeological Project University of Hawai’i at Manoa, Department of Anthropology, affirme que l’empire khmer qui régna sur la zone du , n’est qu’un des derniers de la longue liste des régimes qui se sont succédé au sud du delta du Mékong Dr Miriam T. Stark, Excavating the Delta, Humanities, Septembre/Octobre 2001.

Sous les Seigneurs Nguyễn En 1623, alors que l’empire khmer a amorcé son déclin, le roi du Cambodge (1618-1628) autorise des réfugiés Kinh qui fuient la guerre civile en Annam entre les Trinh et les Nguyen à s'installer dans la région de Prey Nokor, un ancien village de pêcheurs bâti sur des marécages et devenu le principal port maritime de l’empire.

En 1698, le prince Nguyễn Hữu Cảnh est envoyé par la cour de Hué pour établir une administration annamite sur la région et la détacher de la tutelle du Cambodge alors en pleine déliquescence. La « vietnamisation » s’accélère ; les Khmers sont réduits au statut de population minoritaire ; très vite, Prey Nokor devient Sài Gòn, avant d’être rebaptisée bien plus tard (1975) Hô-Chi-Minh-Ville.

En 1757, l’expansion se poursuit avec la colonisation des provinces de Psar Dèk (renommée Sa Đéc), rattachée aujourd’hui à la province de Đồng Tháp) et Moat Chrouk (qui deviendra Châu Dôc).

Sous la Dynastie Nguyễn En 1832, l'empereur Minh Mạng divisa la Basse Cochinchine en six provinces (en vietnamien: Nam Kỳ Lục tỉnh) : Biên Hòa, Gia Định, Định Tường, Vĩnh Long, An Giang et Hà Tiên. La région Sud-ouest comprenait Vĩnh Long, An Giang et Hà Tiên.

En , un traité est conclu entre le roi cambodgien Ang Duong et les commandants des forces annamites et siamoises, qui confirme l’annexion définitive du delta du Mékong par le premier nommé Obayawath Wasana - Les relations entre la Thaïlande et le Cambodge depuis 1863, thèse, Université d’Aix-Marseille, 1968.

Le souverain khmer n'abandonnait pas pour autant tout espoir de récupérer un jour ces provinces et allait notamment le montrer dans sa lettre de 1856 à où il confirmait que le Cambodge ne renonçait nullement à ses droits .

La donne change le , lorsqu’un corps expéditionnaire français s'empare de Sài Gòn et interrompt l’opération de « pacification » menée par le gouverneur Phan Thanh Giản contre les populations autochtones khmères Thi-Minh-Lê Phan & Pierre-P Chanfreau Phan Thanh Gian, patriote et précurseur du Vietnam moderne. : Ses dernières années (1862-1867), L'Harmattan, . Le , l'empereur annamite Tự Đức doit céder à la France les provinces de , et Oscar Chapuis, The Last Emperors of Vietnam: From Tu Duc to Bao Dai, Greenwood Press, 30 mars 2000, . À partir de , les forces françaises jouent des antagonismes interethniques et utilisent notamment des combattants Khmer Krom Charles Andre Julien et Robert Delavignette, Les constructeurs de la France d'outre-mer, Correa, 1946 pour investir les provinces de Vĩnh Long, Hà Tiên et An Giang, qui sont annexées aux possessions françaises en 1867. Le , un nouveau traité franco-annamite confirme la pleine souveraineté de la France sur ces trois provinces nouvellement annexées : la colonie française de Cochinchine vient de naître Raoul Marc Jennar, Célébrer les 4 et 5 juin : entretenir une fiction , sur ka-set.info, ..

L’exploitation de cette nouvelle colonie exige rapidement une main d’œuvre nombreuse que la région n’est pas en mesure de fournir. La France puise alors les bras qui lui manquaient dans les plaines surpeuplées du Tonkin , ne faisant qu’accentuer d’autant le sentiment des Khmer Krom de se sentir relégués au rôle d’intrus sur leurs terres Marc Ferro, Le livre noir du colonialisme, Hachette, .

La colonie perdure jusqu’au , date à laquelle l’Empire colonial français est remplacé par l’Union française, qui donne des pouvoirs toutefois très limités aux anciennes dépendances. À cette occasion, la Cochinchine est réintégrée à l’État du Vietnam Pierre Brocheux, The Mekong Delta: Ecology, Economy, and Revolution, 1860-1960, University of Wisconsin, 15 juin 2009. Mais, devant les prétentions cambodgiennes sur la région, l' de la loi de cession du territoire rend ce rattachement provisoire et susceptible d’être remis en cause si le statut du Vietnam vient à changer Journal officiel de la République française du 5 juin 1949, page 05502 – Loi n° 49-733 du 4 juin 1949 modifiant le statut de la Cochinchine dans l’Union française.

République du Vietnam

Ce changement intervient le lors des accords de Genève qui scellent l’indépendance totale du Vietnam, sans toutefois que le statut de la Cochinchine, intégrée à la République du Sud - Vietnam, ne soit rediscuté.

Sous la Seconde République du Sud-Vietnam (1963-1975), la région du Sud-Ouest fut nommée « Tây Nam phần » et divisée en quinze provinces: An Giang, , , Bạc Liêu, , Định Tường, Gò Công, Kiên Giang, , , , Long An, , , Vĩnh Long .

République socialiste du Vietnam

Une fois la guerre du Vietnam finie, le delta du Mékong est rattaché, le , à la République socialiste du Vietnam Philippe Franchini, Les guerres d'Indochine, Pygmalion, Paris, 1997,. Elle est toutefois l'objet de tensions diplomatiques fortes avec le Cambodge, également communiste. Les villages proches du Cambodge deviennent en effet la cible d’attaques et de massacres répétés de la part des khmers rouges, nouveaux maîtres de Phnom Penh Nayan CHANDA, Les frères ennemis, Éditions du CNRS, © Septembre 1987, . La réplique intervient le avec l’offensive de l’armée vietnamienne qui débouche sur la chute du régime de Pol Pot et l’occupation du pays khmer pendant plus de dix ans Laurent Cesari, L'Indochine en guerres, 1945-1993, Belin (20 avril 2000) . Cette guerre est la première entre deux pays communistes, appartenant théoriquement au même bloc.

+ Statistiques du Delta du MékongNo.Provinces/Municipalité(Nom Khmer entre parenthèses)Superficie(km²)Population(2009) Population(2012) Densité(h/km²) 1 Cần Thơ (Prek Russay) 2 An Giang (Moat Chrouk) 3 Bạc Liêu (Polleav) 4 Bến Tre (Kompong Russey) 5 Cà Mau (Ta Khmaw) 6 Đồng Tháp (Barach) 7 Hậu Giang (Prek Russey) 8 Kiên Giang (Peam et Kramoun Sar) 9 Long An (Kompong Kô) 10 Sóc Trăng (Khleang) 11 Tiền Giang (Me Sa) 12 Trà Vinh (Preah Trapeang) 13 Vĩnh Long (Lung Haor)

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Steffen Gebhardt, Juliane Huth, Nguyen Lam Dao, Achim Roth, and Claudia Kuenzer, A comparison of TerraSAR-X Quadpol backscattering with RapidEye multispectral vegetation indices over rice fields in the Mekong Delta, Vietnam, International Journal of Remote Sensing 22(24), 2012, Claudia Kuenzer, Huadong Guo, Patrick Leinenkugel, Xinwu Li, and Stefan Dech, Flood and inundation dynamics in the Mekong Delta: an ENVISAT ASAR based time series analyses, In print at: Remote Sensing. Patrick Leinenkugel, Thomas Esch, and Claudia Kuenzer, Settlement detection and impervious surface estimation in the Mekong delta using optical and SAR data, Remote Sensing of Environment 115(12), 2011,

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Liens externes

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