Les Baux-de-Provence ( en provençal) sont une commune française située dans le département des Bouches-du-Rhône, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Situés dans le massif des Alpilles, les Baux sont aujourd'hui principalement un site touristique plus qu'un lieu de vie.
La commune est labellisée parmi Les Plus Beaux Villages de France et accueille plus d'un million et demi de visiteurs par an« Les Baux de Provence », sur provenceweb.fr..
La commune compte , dont 22 vivent encore dans l'enceinte des Baux — la partie haute du village.
Géographie Localisation
La commune est centrée autour d'un village situé sur un éperon rocheux, début d'un plateau qui surplombe de la campagne des environs.
La commune est dominée par une vaste forteresse, le château des Baux, aujourd'hui en ruines, offrant une large vue sur les plaines du sud, vers Arles et la Camargue proche.
Communes limitrophes
Les Baux-de-Provence se situent à deux kilomètres au nord de Maussane-les-Alpilles et à trois kilomètres au nord-est de Paradou. Les principales agglomérations voisines sont Saint-Martin-de-Crau () au sud (), Saint-Rémy-de-Provence () au nord () et Arles () au sud-ouest ().
Hydrographie
De par son relief, le massif des Alpilles est parcouru de nombreux ruisseaux nommés « gaudres » (du provençal gaudre : « petit ruisseau »), souvent à sec en été et à faible débit le reste de l'année. Les principaux gaudres de la commune sont le gaudre du Trible, dont la source se situe au nord du village, le gaudre du mas de Chevrier, qui se jette dans le gaudre d'Auge, lui aussi dans la commune, à l'ouest du bourg, et les gaudres de Verpetières et d'Entreconque à l'est du village.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen. et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards.. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves...
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Eyragues à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune., un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Flore et faune
Faune
De nombreuses espèces animales nichent dans les Alpilles et peuvent aléatoirement être observées sur le territoire de la commune des Baux-de-Provence. La plus réputée est l'aigle de Bonelli, espèce protégée, comme le vautour percnoptère, le faucon crécerellette et le hibou grand-ducLe patrimoine naturel des Alpilles, sur parc-alpilles.fr.. Les rochers arides abritent une espèce de lézard emblématique des Alpilles, le lézard ocellé, lui aussi considéré comme menacé et protégé.
Espèces chassées
Le territoire des Baux, et notamment ses vallons, compte de nombreux mammifères. Le sanglier y abonde, sa population est en progression. Inversement, le nombre de lièvres et de lapins tend à décroître ; la raison semble en être l'épidémie de myxomatose de 1953 qui a causé des ravages dans la population et, depuis la fin du , le VHD viral. La raréfaction des rongeurs pourrait poser problème à terme pour la survie des espèces de rapaces qui s'en nourrissent.
Autres espèces animales
La faune des Baux comprend également des espèces telles que le renard, le blaireau européen, la fouine, ou encore le campagnol ou la musaraigne. Quantité de chauves-souris y nichent.
Flore
La flore baussenque est, pour l'essentiel, xérique et méditerranéenne. Le botaniste Bernard Girerd y a dénombré 800 espèces végétales en 1992« La flore des Alpilles », in Les Alpilles…, op. cit., B. Girerd, .. Hormis l'olivier, caractéristique du paysage maussanais, on note la présence de micocouliers, de chênes kermès de petite taille, d'amélanchiers. Des espèces végétales protégées, comme la nivéole d’été (Leucojum aestivum) ou l'hélianthème à feuilles de Marum (Helianthemum lavandulaefolium), s'y rencontrent au fond des vallons.
Urbanisme Typologie
Au , les Baux-de-Provence sont catégorisés commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 2,5 % 46Équipements sportifs et de loisirs 2,6 % 47Vignobles 7,5 % 135Oliveraies 16,3 % 295Systèmes culturaux et parcellaires complexes 2,9 % 53Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 3,9 % 71Forêts de conifères 20,9 % 378Forêts mélangées 3,2 % 57Pelouses et pâturages naturels 3,5 % 64Végétation sclérophylle 11,9 % 215Forêt et végétation arbustive en mutation 24,6 % 445Source : Corine Land Cover.
Les milieux à végétation arbustive et/ou herbacée occupent 40,0 % de la surface communale, les forêts 24,1 %, les cultures permanentes 23,8 %, les zones agricoles hétérogènes 6,8 %, les espaces verts artificialisés non agricoles 2,6 % et les zones urbanisées 2,5 %.
Voies de communication et transports vignette|350px|Les Baux se situent au cœur des Alpilles.
La commune est desservie par : l'autoroute A7 (sortie ) et la route départementale ; l'autoroute A54 (sortie ) et la route départementale .
La gare d'Arles est à à l'ouest de la commune et la gare d'Avignon TGV à au nord.
À une trentaine de kilomètres au nord, on trouve l'aéroport Avignon-Provence. En allant vers le sud, c'est l'aéroport de Marseille-Provence.
Toponymie
Le nom de Baux-de-Provence provient de l'occitan bauç () selon la norme classique, en provençal baus selon la norme mistralienne, qui signifie « en aplomb », « falaise » ou « escarpement rocheux ». Cette racine se retrouve dans d'autres toponymes, comme le baou de Saint-Jeannet. Selon l'historien britannique Edward Gibbon, viendrait d'une évolution de (signifiant audacieux en gotique), une famille illustre noble visigothe qui descendrait du dieu Gaut.
Par un décret du , publié au Journal officiel du , avec effet au , La Baux devient Les Baux-de-Provence. La commune se nomme en occitan provençal Lei Bauç de Provènça selon la norme classique ou Li Baus de Prouvènço selon la norme mistralienne.
La bauxite, minerai d'aluminium, tient son nom de cette commune où elle est exploitée pour la première fois.
Histoire Préhistoire et Antiquité vignette|Reconstitution d'une catapulte. vignette|Reconstitution d'un trébuchet.
Les capacités défensives des Baux en font depuis toujours un site attrayant pour l'habitat humain. Des traces d'habitat ont été retrouvées et datées de 6000 av. J.-C., comme à la grotte de Costapéra, découverte en 1928, qui abrite une sépulture collective du Bronze ancien« Les Alpilles et la Montagnette », Carte archéologique de la Gaule, t. 13/2, 1999, .. La place fut utilisée par les Celtes comme un fort ou un oppidum autour du Pourtant, des quartiers périphériques au castrum se développent très tôt, comme celui des Trémaïé« Le peuplement des Alpilles durant l'âge du Fer », in Les Alpilles, encyclopédie d'une montagne provençale, P. Arcelin, op. cit, .. Le passage depuis l'oppidum des Baux jusqu'à la plaine au nord des Alpilles se fait par un chemin protohistorique rejoignant, par le vallon de Laval, la ville de Glanon, qui prendra ultérieurement le nom de GlanumY. Marcadal, « Les oppida des Alpilles », in Les Alpilles, op. cit, ..
Lors de la seconde partie du premier âge du Fer (), la population se sédentarise et se met à construire en dur. Alors que la Protohistoire est fortement marquée par le pastoralisme et l'agriculture dans les Alpilles, on extrait de la pierre calcaire dans des carrières aux alentours des Baux, où a été mis au jour un atelier de la fin du . Le castrum se structure à la manière d'un village avec ses rues et ses maisons adossées. Le processus d'installation permanente est à mettre en parallèle avec l'intensification des échanges économiques avec les commerçants méditerranéens. En échange de produits de luxe, les habitants des Alpilles produisent des céréales et passent d'un état d'autarcie à une véritable économie d'échange.
Au cours des siècles suivants, la population des Alpilles diminue de façon conséquente : le comptoir grec d'Arles attire de nombreux habitants venus de toute la région.
Moyen Âge
Au Moyen Âge, les Baux deviennent la place forte d'un domaine féodal contrôlant et villages des alentours. La forteresse est construite du sur une vaste étendue de sept hectares. Les princes de Baux contrôlent une bonne partie de la Provence pendant de nombreuses années et y gagnent une forte réputation. Ils affirment descendre du roi mage Balthazar, ajoutant à leurs armoiries une étoile d'argent à seize branches pour rappeler celle qui, selon l'Évangile, guida les trois mages vers Bethléem. Leur devise est « Au hasard, Balthazar. » Place-forte médiévale située aux confins du Languedoc, du Comtat Venaissin et de la Provence, la forteresse connait une histoire militaire mouvementée et est l'objet de nombreux assauts. Le solide donjon qui se dresse encore aujourd'hui rappelle l'importance de ce château, objet de toutes les convoitises au Moyen Âge. Au , les princes des Baux doivent se soumettre aux comtes de Provence de la dynastie de Barcelone à l'issue des guerres baussenques (1142-1162). Le grand château commence à être renommé pour sa cour fortement cultivée et chevaleresque. Le domaine s'éteint finalement au à la mort de la dernière princesse des Baux.