Louis Auguste Marie Eudes de Saxe-Cobourg-KoharyCe nom ne fait pas l'unanimité auprès des historiens et nombreux sont ceux qui, comme Olivier Defrance, considèrent que la famille d'Auguste n'a jamais adjoint le nom de Kohary à celui de Saxe-Cobourg. De fait, la correspondance de la reine Victoria montre qu'elle-même doutait qu'une telle modification ait été faite à l'occasion du mariage des grands-parents paternels d'Auguste. Malgré tout, le nom de Saxe-Cobourg-Kohary est largement utilisé dans la littérature consacrée à la famille ., prince de Saxe-Cobourg, né le au château d'Eu (Seine-Inférieure, France) et mort le à Karlsbad (Bohême, Empire austro-hongrois), est un prince allemand de la Maison de Saxe-Cobourg, militaire austro-hongrois et un amiral de la marine impériale brésilienne.

Après une enfance partagée entre la France, la Belgique, l’Allemagne et l’empire des Habsbourg, le prince Auguste intègre la marine autrichienne à l’âge de seize ans, en 1861. Deux ans plus tard, en 1863, son nom et celui de son frère, Philippe, sont évoqués par les chancelleries des grandes puissances européennes pour servir d’héritiers au prince Ernest II de Saxe-Cobourg et Gotha au cas où celui-ci monterait sur le trône de Grèce. Mais le projet fait long feu et Auguste poursuit sa carrière dans la marine, participant ainsi à la guerre des Duchés en 1864.

Quelques mois après le conflit, la vie d’Auguste prend cependant un tournant bien différent. Sa famille cherche en effet à le marier à l’héritière du trône brésilien et il gagne donc le continent sud-américain pour rencontrer la princesse. Au grand désespoir des Saxe-Cobourg, Auguste épouse toutefois la sœur cadette de la jeune fille, la princesse Léopoldine, le . Il devient alors amiral de la flotte brésilienne et ne tarde pas à participer à la guerre de la Triple Alliance aux côtés de son beau-père, l’empereur . Le territoire brésilien libéré des troupes paraguayennes et son épouse ayant donné le jour à plusieurs enfants, Auguste et sa famille effectuent différents séjours en Europe, où Léopoldine trouve la mort en 1871. Le prince prend alors la décision de s’établir définitivement en Autriche et de confier à sa belle-famille ses deux fils aînés, qui représentent alors l’espoir de la dynastie brésilienne.

Dégagé de la plupart de ses responsabilités, Auguste s'adonne dès lors aux voyages et à la chasse, qui est sa grande passion. Ses dernières années sont assombries par la mort de l'un de ses fils cadets, la chute de la monarchie brésilienne et la folie de son fils aîné, qu'il doit faire interner définitivement en 1891. Auguste meurt peu après sa mère, la princesse Clémentine d'Orléans, en 1907.

Famille

Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary est le deuxième fils du prince Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary (1818-1881) et de son épouse la princesse française Clémentine d'Orléans (1817-1907).

Frère aîné du roi Ferdinand de Bulgarie (1861-1948), le prince Auguste est également apparenté, par son père, aux familles royales de Belgique, du Portugal et du Royaume-Uni tandis qu'il descend, par sa mère, du roi des Français Louis-Philippe (1773-1850) et de la reine Marie-Amélie des Deux-Siciles (1782-1866).

Le , il épouse, à Rio de Janeiro, la princesse Léopoldine du Brésil (1847-1871), fille de l’empereur (1825-1891) et de la princesse Thérèse-Christine des Deux-Siciles (1822-1889).

De ce mariage naissent quatre enfants : Pierre de Saxe-Cobourg-Gotha (1866-1934), prince de Saxe-Cobourg, qui meurt célibataire ; Auguste de Saxe-Cobourg-Gotha (1867-1922), prince de Saxe-Cobourg, qui épouse, en 1894, l'archiduchesse Caroline d'Autriche-Toscane (1869-1945) ; Joseph de Saxe-Cobourg-Gotha (1869-1888), prince de Saxe-Cobourg, qui meurt célibataire ; Louis de Saxe-Cobourg-Gotha (1870-1942), prince de Saxe-Cobourg, qui épouse, en 1900, la princesse Mathilde de Bavière (1877-1906) avant de se remarier, en 1907, à la comtesse Anne de Trauttmansdorff-Weinsberg (1873-1948).

Jeunesse Enfance

Le prince Auguste voit le jour en France, au château d'Eu, où sa mère, la princesse Clémentine d'Orléans, a choisi d’accoucher de ses enfants. Il reçoit pour parrains son oncle maternel, le duc de Nemours, et sa grand-tante paternelle, la duchesse de Saxe-Cobourg-Gotha.

Très jeune, l’enfant parcourt l’Europe avec sa famille et passe son temps entre le royaume de son grand-père, le roi des Français , celui de Belgique, le duché de Saxe-Cobourg-Gotha et les terres de sa famille paternelle, en Autriche-Hongrie. Pendant l’un de ses voyages en France, le jeune prince assiste d’ailleurs à la Révolution de 1848 qui met un terme à la monarchie et oblige les Orléans à fuir au Royaume-Uni.

Contrairement à la coutume de l’époque, Philippe est élevé directement par ses parents et la princesse Clémentine est, pour lui et ses frères et sœurs, une mère attentionnée. Quant au prince Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary, il s’occupe lui aussi de sa progéniture. Il initie ainsi Auguste à la chasse, qui devient l’une des grandes passions du prince, une fois devenu adulte.

Études et formation militaire L’éducation que reçoit Auguste lui est donnée par des précepteurs mais ses progrès sont toutefois contrôlés par les professeurs de l’école de Schatten, à Vienne. Amoureux de la mer et des bateaux, Auguste souhaite très jeune embrasser une carrière dans la marine. Dès l’âge de quinze ans, ses parents lui font donc donner des cours préparatoires afin qu'il puisse intégrer l’école de marine autrichienne l'année de ses seize ans.

Avant d’intégrer la marine, Auguste part toutefois effectuer un voyage dans les Alpes autrichiennes avec son frère aîné Philippe et leur précepteur, M. Seitz. Puis, en , l’adolescent passe son examen d’entrée à l’école navale et est nommé élève de première classe. Il part alors pour Trieste où il doit suivre trois mois de cours de nautique avant de pouvoir embarquer sur un navire.

Héritier du trône de Grèce ?

En 1863, Auguste se trouve à bord de la frégate Novara lorsque son nom et celui de son frère aîné sont évoqués par les grandes puissances européenne dans l’affaire de l’élection au trône de Grèce. Le duc Ernest II de Saxe-Cobourg et Gotha, sans enfant, est en effet proposé pour ceindre la couronne trône hellénique, à la place du roi ; on envisage de faire d’Auguste ou de Philippe son héritier à Athènes.

Cependant, le souverain saxon met de nombreuses conditions à son acceptation de la couronne et le refus des grandes puissances d'accéder à ses exigences le contraint bientôt à renoncer à devenir roi. De toute façon, pour les parents d'Auguste et de Philippe, la combinaison envisagée par les chancelleries européennes n'est pas acceptable : les Saxe-Cobourg-Kohary sont catholiques et il n’est pas imaginable pour eux qu’un de leurs membres se convertisse à l’orthodoxie pour monter sur un trône étranger. C’est donc finalement le prince Guillaume de Danemark qui est élu à la tête du royaume de Grèce en .

Officier de la marine autrichienne En , Auguste passe avec succès son examen d’officier de marine et obtient le grade de sous-lieutenant. Il embarque alors à bord de l’Elisabeth et participe, peu de temps après, à la guerre des Duchés, qui oppose Vienne et Berlin à Copenhague à propos de la possession du Schleswig et du Holstein. De cette expérience bienheureuse, le prince ramène plusieurs décorations décernées par les gouvernements autrichien et prussien.

Prince du Brésil Mariage

Au début des années 1860, l’empereur , qui n’a pas d’héritier mâle, cherche à marier ses filles, les princesses Isabelle et Léopoldine, afin d’assurer sa succession. Tournant son regard vers les cours européennes, il demande à sa sœur, la princesse de Joinville, et à l'époux de celle-ci de lui conseiller deux jeunes princes qui pourraient épouser ses filles. Parmi tous les noms qui lui sont proposés, l’empereur choisit d’abord son neveu, le duc de Penthièvre, ainsi que le comte Philippe de Flandre. Mais les deux jeunes gens refusent la proposition qui leur est faite et Pierre II se tourne finalement vers le prince Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary et son cousin doublement germain, Gaston d’Orléans, comte d'Eu.

Contrairement à leurs cousins, Auguste et Gaston acceptent le projet matrimonial. D’ailleurs, les Saxe-Cobourg sont ravis et ils imaginent déjà leur rejeton épousant l’aînée des filles du souverain et montant ainsi sur le trône brésilien. Cependant, Pierre II se montre catégorique et déclare qu'il refuse de marier ses enfants sans leur demander leur avis. Il impose donc comme condition à toute union que les princes se rendent d'abord au Brésil pour y rencontrer la famille impérialeD'après l'historien Roderick J. Barman, la correspondance de l'empereur semble pourtant indiquer qu'à cette date, il a déjà clairement choisi lequel des deux princes épouserait chacune de ses filles . Cela n'empêche pas Pierre II de déclarer à plusieurs reprises qu'il refuse de marier ses filles sans consulter d'abord leurs sentiments .. Après bien des tergiversations, les deux cousins embarquent donc à Lisbonne pour le continent sud-américain en et arrivent à Rio de Janeiro le . Le jour même, ils font la connaissance de la famille impériale au palais de Saint-Christophe et s’entretiennent avec les deux princesses. De nouvelles rencontres sont organisées les jours suivants et Pierre II fait finalement savoir aux princes que sa fille aînée préfèrerait épouser Gaston tandis que la cadette souhaiterait se marier à Auguste.

En Europe, les Saxe-Cobourg sont bien déçus par la nouvelle mais Auguste se montre quant à lui soulagé. Jeune homme à la fois peu ambitieux et ami des plaisirs, il ne cache pas sa joie à la perspective de pouvoir rentrer sur le vieux continent et d'échapper au rôle ingrat de prince consort. Le , il se fiance donc à la princesse Léopoldine tandis que le comte d'Eu fait de même avec la princesse Isabelle. Puis, le , Gaston et Isabelle se marient et, le suivant, Auguste et Léopoldine font de même.

L'union d'Auguste et de Léopoldine est suivie, le , de la signature d'un contrat qui établit que les deux jeunes époux doivent résider une partie de l'année au Brésil et que, si Léopoldine tombe enceinte avant sa sœur, ses enfants doivent voir le jour sur le territoire brésilien. En contrepartie, le couple doit recevoir une dotation du gouvernement impérial lorsqu'il se trouve au Brésil. Le reste du temps, les Saxe-Cobourg-Kohary s'engagent à ajouter au capital d'un million de franc que reçoit déjà Auguste une confortable rente mensuelle destinée à l'entretien du couple.

Dans l’armée brésilienne

thumb|Guerre contre le Paraguay : L'Empereur du Brésil et ses deux gendres, le duc de Saxe-Cobourg et le comte D'Eu, au camp d'Alegrete (L'illustration journal universel, vol. XLVL, .186, 1865). Après son mariage, Auguste reçoit le titre d’amiral de la flotte brésilienne, avec grade effectif tant qu’il réside dans le pays de son épouse. Il est également fait Grand-croix de tous les ordres impériaux brésiliens.

En , éclate la Guerre de la Triple Alliance qui oppose le Brésil et ses alliés argentin et uruguayen au Paraguay. Désireux de participer à la défense de sa nouvelle patrie, le prince Auguste s’engage dans le conflit aux côtés de son beau-père et de son beau-frère (qui les rejoint immédiatement après son retour d'Europe). Durant la campagne militaire, Auguste passe ainsi à cheval, la plupart du temps au galop, et l’empereur se déclare satisfait de son comportement. Malgré tout, le prince est davantage un homme de plaisirs que de travail et le monarque ne tarde pas à se rendre compte que, derrière le caractère charmant de son gendre, se cache aussi une bonne dose d'inconsistance.