thumb|Blason d'Avignon Avignon est une ville du Sud de la France, dans le Vaucluse, qui s'étend sur la rive gauche du Rhône. L'histoire d'Avignon remonte à une occupation dès le Néolithique, elle est de nos jours surnommée la « cité des papes » en raison de l’installation des papes de 1309 à 1423, qui conservèrent des États (Comtat Venaissin) dans le sud de la France jusqu’à la Révolution.
C'est l'une des rares villes françaises à avoir conservé une grande partie de ses anciens remparts. Son centre historique, composé du Palais des papes, de l'ensemble épiscopal et du pont d’Avignon, a été classé Patrimoine mondial de l'UNESCO sous les critères I, II et IV.
Préhistoire Ce site fut occupé dès le Néolithique comme l'ont prouvé les chantiers de fouille du rocher des Doms et du quartier de la Balance. vignette|300x300px|Stèle anthropomorphe du néolithique découverte au Rocher des Doms. En 1960 et 1961, des fouilles dans la partie nord du rocher des Doms dirigées par Sylvain Gagnière ont mis au jour une petite stèle anthropomorphe (hauteur : ) qui fut trouvée dans une zone de terre remaniée. Sculptée dans de la molasse burdigalienne, elle a la forme d'une « stèle funéraire » avec sa face gravée d'une figure humaine très stylisée et sans bouche dont les yeux sont marqués par des cupules. Sur la partie inférieure, décalée légèrement sur la droite, a été creusée une cupule profonde d'où partent huit traits formant une représentation solaire, découverte unique sur ce type de stèle.
Par comparaison avec des figurations solaires identiquesDes représentations solaires identiques existent sur des parois rocheuses ou des sites rupestres le long de la côte provençale, au Mont-Bego, dans la péninsule ibérique et au Sahara marocain., cette stèle représentant le « premier avignonnais » a été classée dans une période s'étalant entre l'âge du cuivre et le bronze ancien qui correspond au Chalcolithique méridionalEn Provence, ces stèles anthropomorphes (Lauris, Orgon, Senas, Trets, Goult, Isle-sur-la-Sorgue, Avignon), datées entre - et - , sont rattachées à la « civilisation de Lagoza ». Elles sont les témoins d’une agriculture qui est devenue prédominante dans les basses vallées du Rhône et de la Durance..
Cela a été confirmé par les trouvailles faites dans ce déblai, situé près du grand réservoir d'eau sommant le rocher, où ont été mis au jour deux haches polies en roche verte, une industrie lithique caractéristique des « pasteurs des plateaux », quelques objets de parures chalcolithiques et une grande abondance de tessons de poterie hallstattienne indigène ou importée (ionienne et phocéenne).
Antiquité
Le nom de la ville remonte aux environs du La première citation d'Avignon (Aouen(n)ion) a été faite par Artémidore d'Éphèse. Si son ouvrage, « La Périple », est perdu, il est connu par l'abrégé qu'en fit Marcien d'Héraclée et les Ethniques, dictionnaire des noms des villes que fit Étienne de Byzance en se basant sur cet écrit. Il y indique :
Ce toponyme a deux interprétations : ville du vent violent ou encore plus vraisemblablement seigneur du fleuve. D’autres sources font remonter son origine au gaulois mignon (marais) et de l’article celtique défini Source manquante.
Simple emporion grec fondé par les Phocéens de Marseille vers , c'est au cours du que les Massaliotes commencèrent à signer des traités d'alliance avec quelques villes de la vallée du Rhône dont Avignon et Cavaillon.
C'est probablement de cette période que date l'une des rares inscriptions puniques connues en FranceJ. Meritan, « Note sur l'inscription punique de Champfleury [Avignon] », Mémoires de l'Académie de Vaucluse, t. XVI, 1897, et Remo Mugnaioni, « La stèle punique découverte à Champfleury en 1897 », De Kêmi à Birît Nâri , Revue internationale de l’Orient Ancien, éditée par la Société Nouvelle Librairie Orientaliste Paul Geuthner, 2003.. En 1897, des fouilles au quartier Champfleury, ont permis de découvrir à quatre mètres de profondeur, gravée sur du schiste ardoisé, une stèle funéraire sans doute réalisée sur place, ce matériau étant inconnu à Carthage. Déposée au musée Borély de Marseille, elle a été traduite par Mayer Lambert.
Un siècle plus tard, Avignon fait partie de la « région des Massaliotes »Expression utilisée par le Pseudo-Aristote dans Récits merveilleux. ou du « pays de Massalia »Dénomination employée par Denys le Périocète dans Description de la terre habitée. vignette|Inscription latine d'époque romaine du , découverte à Avignon vers 1841 et conservée au musée Calvet. Fortifiée sur son rocher, la cité devient par la suite et resta longtemps la capitale des CavaresPline l’Ancien dans sa « Naturalis Historia » et Pomponius Mela dans sa « De Choregraphia » désignent Avignon comme la capitale des Cavares.. Strabon, le géographe grec, parle d'elle comme l’une des plus importantes villes de la région. Un trésor d'oboles massaliotes, daté du a été mis au jour en 1824 lors du creusement des fondations de l'Opéra sur la place de l'Horloge. C'est à cette même époque que le monnayage avignonnais imite celui de Massalia. Sur un côté est frappée la tête d'Apollon, sur l'autre une roue ou un sanglier surmontant les lettres A. O. Y. E., abréviation d'Aouenion.
À l'arrivée des légions romaines vers , les Cavares, alliés des Massaliotes, deviennent ceux de Rome. Passée sous domination de l'Empire romain, Aouenion devient Avennio et fait maintenant partie de la Gaule Narbonnaise (), puis de la Viennoise. Avignon reste « ville fédérée » de Marseille jusqu'à la conquête de la cité phocéenne par C. Trébonius et Décimus Junius Brutus, lieutenants de César, elle devient alors une cité de droit latin en . Elle acquiert le statut de colonie latine en Pomponius Mela la place parmi les villes les plus florissantes de la provincePomponius Mela, Description de la Terre, livre II, V.. vignette|Ruines des arcades romaines du , rue de la Peyrolerie, attribuées au possible cavea du théâtre antique d'Avenio Des remparts sont construits autour de la ville dès le premier siècle (les Romains, lancés à la conquête de la Gaule, font d'Avignon une ville fortifiée), la ville couvre alors 46 hectares et a une population de près de . Le forum romain est sur l’actuelle place de l’Horloge.
Au cours des années 121 et 122, l’empereur Hadrien séjourne dans la Provincia où il visite Vaison, Orange, Apt et Avignon. Il accorde à cette dernière cité le statut de colonie romaine : Colonia Julia Hadriana Avenniensis et ses citoyens sont inscrits dans la tribu.
À la suite du passage de Maximien Hercule, qui allait combattre les Bagaudes, paysans gaulois révoltés, un premier pont en bois est construit sur le Rhône et unit Avignon à la rive droite. Il a été daté par dendrochronologie de l'an 290. Au , il existe une petite communauté chrétienne hors les murs autour de ce qui deviendra l’abbaye Saint-Ruf.
Haut Moyen Âge Si la date de la christianisation de la cité n'est pas connue avec certitude et que ses premiers évangélisateurs et prélats relèvent de la tradition hagiographique, ce qui est assuré est la participation de Nectarius, premier évêque historique d'AvignonIl estparfois répertorié sous le nom de Julius., le , au concile régional dans la cathédrale de Riez auquel assistent les treize évêques des trois provinces d’Arles.
En novembre 441, Nectarius d’Avignon, accompagné de son diacre Fontidius, participe au concile d’Orange convoqué et présidé par Hilaire d'Arles, où les pères conciliaires définissent le droit d’asile. L'année suivante, avec ses lecteurs Fonteius et Saturninus, il se retrouve au premier concile de Vaison avec dix-sept évêques, représentant des Sept Provinces. il décède en 455Nectarius, premier évêque historique d’Avignon, s’était rendu à Rome au cours de son épiscopat pour arbitrer les différends qui opposaient Hilaire d’Arles au pontife Léon .. thumb|Clovis, roi des Francs,met le siège devant Avignon en 500 En 472, Avignon est conquise et pillée par les Burgondes et ravitaillée par Patiens, le métropolitain de Lyon, qui lui fait parvenir du bléCette aide est mentionnée dans les canons du concile des Sept Provinces à Béziers qui se tint en 472 sous la présidence de Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont. Le prélat de Lyon ravitailla aussi Arles, Riez, Orange, Saint-Paul-les-Trois-Châteaux, Alba et Valence, villes affamées par le pillage des Burgondes.. Elle devient l'une des principales ville du royaume des Burgondes.
En 500, , roi des Francs, attaque Gondebaud, roi des Burgondes, accusé du meurtre du père de son épouse Clotilde. Battu ce dernier se réfugie à Avignon que Clovis assiège. Grégoire de Tours signale que le roi des Francs fit dévaster les champs, couper les vignes, raser les oliviers et saccager les vergers. Le Burgonde est sauvé par l’intervention du général romain Aredius. Il l’avait appelé à son secours contre les « barbares francs » qui ruinaient le pays.
Durant la première moitié du , Avignon, une des grandes cités provençales, se trouve convoitée comme toute la « Provincia » par les Goths, les Burgondes et les Francs. Elle est Burgonde, de 484 à 500. Elle est sous la domination d', roi des Wisigoths jusqu'en 507. Avec son autorisation, le , se réunit le concile d’Agde où, sous la présidence de Césaire d'Arles se retrouvent vingt-quatre évêques. Outre les dix prélats exilés de leur siège, on note l’absence de représentants de vingt-six cités dont les évêques devaient être passés à l'arianisme à l’exemple de Julianus d’Avignon.
Ce qui n’est pas pour satisfaire Francs et Burgondes. En 508-509, afin de s’emparer de la « Provincia », leurs deux armées mettent le siège devant Arles. En Italie, le roi des Ostrogoths, Théodoric, beau-frère d’Alaric II, prend les armes. Ses troupes dégagent Arles puis reprennent Avignon, Orange, Carpentras et Saint-Paul-les-Trois-Châteaux.
En 517, les Burgondes ont repris pied dans la basse vallée du Rhône. Au concile d'Épaone (aujourd’hui Saint-Romain-d’Albon dans la Drôme), présidé par l’évêque Avit de Vienne se retrouvent les vingt-cinq évêques sujets de Sigismond, dont Salutaris d’Avignon.
Mais Théodoric l’Amale, qui a une revanche à prendre, quitte Ravenne en 523, repasse les Alpes, Avignon et Vaison sont occupés par l’armée du roi ostrogoth. Six ans plus tard, les Burgondes reprennent d’assaut Avignon.
En 536, Avignon suit le sort de la Provence qui est cédé aux Mérovingiens par Vitigès, le nouveau roi des Ostrogoths. annexe Avignon, Orange, Carpentras et Gap ; , Arles et Marseille ; , Aix, Apt, Digne et Glandevès. L’empereur , à Constantinople, approuve cette cession.
Les Francs ayant assis leur pouvoir avec l'assassinat de Sigismond, les évêques provençaux sous la conduite de Césaire d’Arles participent au concile national d’Orléans en 541. Antoninus d’Avignon et Clematius de Carpentras sont présents. À son retour, Clematius de Carpentras décide de s’installer dans la cité de Venasque (Vendasca), plus sûre à défendre.
En dépit de toutes les invasions, la vie intellectuelle continue à fleurir sur les berges du Rhône, évoquant un cercle littéraire austraso-provençal.
C’est cette même année, le 30 novembre, que meurt le roi des Francs. Son royaume est partagé en quatre : devient roi de Paris ; la Neustrie est donnée à ; la Bourgogne revient à ; l’Austrasie est l’apanage de . Comme l’Austrasie n’a pas de débouché vers la Méditerranée, Sigebert s’ouvre un passage. Arles tombe puis est reprise par les Burgondes ainsi qu’Avignon. Mais un « couloir austrasien » (ou vallaque) est forcé qui relie l’Auvergne à Marseille coupant en deux la Burgondie de Gontran. Ce passage perdure trente-deux ans. Il se retrouve dans la toponymie avignonnaise avec Mondevergues (Mons Alvernicus) et Saint-Chamand (quartier d’Avignon).