Paul-Henri Grauwin, né le à Camphin-en-Carembault et mort le à Paris (5è arrondissement), est un médecin qui s'est illustré à la bataille de Điện Biên Phủ durant la guerre d'Indochine.
Biographie Médecin diplômé de la faculté de médecine de Lille, engagé volontaire au titre de la durée de la guerre puis à titre contractuel au sein de la Légion étrangère, il est fait prisonnier dans la poche de Dunkerque. Libéré, il rentre en 1942, tout juste diplômé chirurgien à Lille, dans le réseau de résistance Sylvestre et crée la première antenne chirurgicale dans l'Hospice de Templeuve. Participant aux combats de la libération de Lille, il reçoit en trois jours une centaine de blessés FFI et Alliés et opère sans répit.
Il participe à la campagne d'Allemagne.
Il se marie en 1945 à Cappelle-en-Pévèle avec Gisèle Dubus.
Indochine Affecté en Indochine comme chirurgien contractuel et assimilé au grade de médecin commandant, il accepte alors qu'il est en fin de contrat une mission à Diên-Biên-PhuFrançois-Marie Grimaldi, De Jean Raymond (1914-1953) à Sauveur Verdaguer (1926-2023), les médecins de Diên Biên Phu... il y a 70 ans, à lire en ligne. et va vivre les cinquante-sept jours d'enfer pendant lesquels son équipe de l'antenne chirurgicale centrale du camp retranché, dont Jacques GindreyLe Chirurgien de Diên Biên Phu. Jean-Pierre Pécau (scénario). Vladimir Davidenko (dessin). Delxourt, 2022, 60 p. puis Jean Vidal et Ernest Hantz, opère nuit et jour plus de quatre mille blessés. Il dira de cet épisode, pendant lequel il parvient à maintenir opérationnel son hôpital souterrain, Paul Grauwin, J'étais médecin à Diên Biên Phu, France Empire, 1954; coll. Presses Pocket 42/43, Paris, 1962..
Il est fait prisonnier du Việt Minh à Diên-Biên-Phu lors de sa chute en . Après quelques jours de marches épuisantes, il est libéré avec son équipe de l'antenne chirurgicale, leur demande de grâce ayant été acceptée par le Việt-MinhLe Viet-Minh respectait l'équipe médicale pour son efficacité durant le siège dans des conditions extrêmement difficiles, et pour avoir soigné indifféremment Français et Vietnamiens. Cette « clémence de l’oncle Hô » permettra aussi au Viet-Minh de déclarer aux prisonniers, très affaiblis et malades dans les camps, "vos médecins vous ont abandonné". , l'équipe de l'antenne chirurgicale fait demi-tour vers le camp où avec Le Damany, capitaine d’active, qui était le médecin-chef du camp retranché, Grauwin participe au « tri» des blessés les plus graves qui pourraient être évacués, avant d'être libéré le , et de regagner Hanoi via Louang Prabang.
En , il est nommé médecin-chef des services chirurgicaux du Cap Saint-Jacques (à environ 125 km de Saïgon), rétrocédés au Việt-Minh en 1956. Il y voit le sort des réfugiés, notamment catholiques, du Tonkin.
Il redevient alors médecin civil en 1956. L'Asie l'avait marqué à jamais et il ne pourra pas la quitter.
Cambodge et Thaïlande En 1960, il devient l'associé de Maurice Bessière, médecin qui avait fondé une clinique privée à Phnom-Penh en 1948. Il est le dernier Français à partir le alors que les Khmers rouges sont déjà entrés dans la ville le matin du et qu'ils évacuent massivement dès le soir par la force les habitants, y compris les malades présents dans les hôpitaux, et tous les réfugiés du pays présents dans la capitale, soit plus de deux millions de personnes, en moins d'un jour.
Rentré en France, il se présente au ministère des Anciens combattants afin de devenir médecin contractuel de l'État. Il est recruté comme Médecin-Expert au Centre des Réformes de Paris. Lors de ses congés légaux ou sans solde, il continue à partir en Asie car il ne peut oublier ses amis du Vietnam et du Cambodge. Il parcourt les camps de réfugiés en Thaïlande. Au péril de sa vie, il franchit la frontière cambodgienne pour procurer des soins et apporte de France du matériel médical introuvable là-bas. À cette époque, il adopte deux enfants.
À Paris, son temps libre est consacré à ses amis d'Asie et à leurs enfants, qu'il conseille et aide dans la poursuite de leurs études secondaires et supérieures.
Il prend une part active dès 1975 à la dénonciation du génocide cambodgien par les Khmers rouges (1975-1978).
Il meurt à Paris à l'âge de 75 ans.
Notes et références
Bibliographie Paul Grauwin, J'étais médecin à Diên Biên Phu, France Empire, 1954; coll. Presses Pocket 42/43, Paris, 1962. Paul Grauwin, Seulement médecin, 1956. Jacques Aulong, médecin-commandant, De Sang de Boue et d'Or - Hôpital de Lanessan - Tonkin 1953-1954, . Geneviève de Galard, Une femme à Diên-Biên-Phu, Les Arènes, 2003. Jean-Pierre Pécau et Vladimir Davidenko, Le Chirurgien de Diên Biên Phu. Delxourt, 2022.
Hommages vignette|Plaque de rue de la rue Paul-Henri-Grauwin. Il existe une rue Paul-Henri-Grauwin dans le arrondissement de Paris.
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