La Bugatti Type 57 est un des modèles les plus emblématiques et mythiques de la marque de voitures de sport, de luxe et de prestige Bugatti, et de l'automobile de sport de luxe mondiale des années 1930.
Ultime création d'élite, de record de vitesse, de grand luxe, de prix, et d'excellence mécanique de Jean Bugatti (fils héritier d'Ettore Bugatti), elle est présentée au Salon de Paris 1933, commercialisée à en de nombreuses variantes de carrosserie individualisées entre et , et victorieuse en particulier des Rallye des Alpes françaises 1935, Grand Prix automobile de France 1936, 24 Heures du Mans 1937, et 24 Heures du Mans 1939.
En 2010, la première des trois Bugatti Type 57SC Atlantic 1936 (déclinée du concept-car Bugatti Aérolithe de 1935) est vendue à deux collectionneurs américains, pour la somme de 30 millions de dollars. Historique La Bugatti Type 57 est présentée au Salon de Paris d' sous la verrière du Grand Palais. Conçue par Jean Bugatti, qui a hérité de la direction de Bugatti, ainsi que du génie en mécanique et en design artistique de son père, elle remplace la Bugatti Type 49 dont elle reprend la cylindrée du huit cylindres et le châssis.
Motorisation Voiture de sport polyvalente d’élite, elle est motorisée par un moteur en ligne Bugatti à double arbre à cames en tête de environ (un sommet de performance de son temps). Le haut moteur est une variante éprouvée, notamment avec les moteurs de Bugatti Type 50 et Bugatti Type 51 conçu par Jean Bugatti après avoir vu les merveilles réalisées par un moteur américain Miller en comparaison avec le moteur de type 39 usine. Ce double ACT marque un renouveau pour la marque de Molsheim. En effet, les constructeurs proposant un tel raffinement technologique ne sont pas nombreux. Citons tout de même Salmson et Alfa Romeo. Avec de cylindrée pour une puissance de base de à ( à partir de 1935) pour de vitesse de pointe (une des voitures routières les plus rapides de son temps) en version à compresseur (C), en version sport (S), et en version SC pour plus de de vitesse de pointe, elle a bien peu de rivales, à l'exception des Lagonda V12, ou des Alfa Romeo 8C 2900.
Le carter moteur, avec l'embrayage et le carter de la boîte participent à la rigidité du châssis comme pour toute voiture de cette époque. En 1936, le carburateur Bugatti est remplacé par un carburateur double-corps . Le châssis est renforcé, le moteur est monté sur silentblocs en caoutchouc, avec amortisseurs De Ram en option. Le style du tableau de bord évolue au fil des millésimes, tout comme certaines pièces mécaniques comme le collecteur d'échappement à sortie vers l'arrière à partir de 1935, avec aussi l'apparition des amortisseurs télescopiques Allinquant, ou encore des freins à commande hydraulique à partir de 1938.
À la suite des demandes du « patron » Ettore Bugatti, les 57 conserveront un essieu avant rigide participant grandement à leur exceptionnelle tenue de route, malgré l'apparition d'un prototype à roues avant indépendantes surnommé Crème de Menthe (#57110), dont les deux parties sont reliées par un curieux manchon central.
Carrosseries Les Type 57 sont commercialisées progressivement avec le temps, avec une importante série de carrosseries Bugatti toutes réalisées artisanalement, baptisées par des noms de grands cols de montagne européens et hauts lieux de compétition automobile, dessinées et produites sous la direction de Jean Bugatti, ou par des carrossiers indépendants les plus prestigieux de l'époque dont Dubos Frères, Vanvooren, Jacques Saoutchik, Gangloff, Figoni & Falaschi, Letourneur & Marchand, Vanden Plas, Jean Henri-Labourdette, Hermann Graber, Corsica : Galibier berline (Col du Galibier) Ventoux coach quatre places deux portes (Mont Ventoux) Stelvio cabriolet 4 places (Col du Stelvio) Aravis cabriolet (Chaîne des Aravis) Aérolithe prototype dessiné et réalisé par Jean Bugatti Atlantic (4 ex) coupé deux places (Océan Atlantique, en anglais) Atalante coupé 2 places sur châssis normal puis très rapidement sur châssis S, raccourci et surbaissé (Atalante de la mythologie grecque) Tank version course (57 G Tank Bugatti)
Type 57 T (Tourisme)
Un Type 57 (châssis 57316) est fabriqué spécialement pour le colonel G.M. Giles, fondateur du British Bugatti Club. Destinée à participer au Tourist Trophy de Dundrod, elle a une puissance de 148 cv grâce à un taux de compression augmenté. Ce moteur est le 8 cylindres en ligne de 3 257 ccm et n'a pas de compresseur.
Carrossée par Bertelli de Feltham, sur un dessin d’Éric Gilles, le frère du propriétaire, elle restera la propriété du colonel jusqu'en 1939. Elle sera vendue aux enchères du Goodwood Festival of speed en 2004.
Type 57 C (Compresseur) Avec option compresseur mécanique, c'est une voiture de grand tourisme exceptionnelle, avec une puissance poussée à environ 160 ch, pour une vitesse de pointe de . Cependant, un Galibier dernière série avec caisse en aluminium et compresseur a tourné à Montlhéry à plus de à l'heure en 1938. La consommation avec compresseur oscille ente aux .
Type 57 S (Surbaissé) Châssis court et surbaissé (raccourci de ) pour un poids de . L’essieu AR passe à travers les longerons, avec un moteur de pour une vitesse de plus de . Produite à déclinés en par l'usine, sans compter les réalisations extérieures : Atlantic Coupé sur base Aérolithe et châssis Type 57S (). Atalante Coupé () Aravis Cabriolet ()
Type 57 SC (Surbaissé - Compresseur) La Type 57 SC est une 57 S à compresseur avec une puissance de environ. Seuls deux exemplaires de la Type 57 SC ont été construits d'origine (celle ex-Dovaz et #57453), mais la plupart des possesseurs de Type 57 S ont fait ensuite ajouter le compresseur.
Type 57 G Tank Modèle de course carrossé en « Tank (Bugatti) ». La première 57 G est basée sur un châssis de Bugatti Type 59 avec un moteur de Type 57 non compressé, victorieuse du Grand Prix automobile de France 1936. En 1937, elle évolue en 57 S45 avec un moteur compressé de Bugatti Type 50B victorieuse des 24 Heures du Mans 1937. Une troisième version de 1939, est motorisée avec un moteur de 57 C compressé, victorieuse des 24 Heures du Mans 1939. Le comportement est alors très bon, et la vitesse de pointe approche les .
Jean Bugatti se tue accidentellement au volant aux alentours de son usine Bugatti de Molsheim, au cours d'une séance d'essai et de mise au point d'une quatrième version à près de en . Son décès brutal et prématuré à l'âge de et la déclaration de la Seconde Guerre mondiale plus tard marquent la fin rapide de Bugatti.
Type 57 T Concept En 2018, Bugatti conçoit un concept-car prototype Bugatti Type 57 T Concept du designer Arthur Nustas, inspiré et en souvenir des Bugatti Type 57 Atlantique historiques de la marque, et des Bugatti Chiron de 2016 et Bugatti Divo de 2018.
Palmarès sportif partiel 1935 : Grand Critérium international de tourisme Paris-Nice 57 Torpedo (Tourer) pilotée par Gaston Descollas 1935 : Rallye des Alpes françaises pilotée par Gaston Descollas 1936 : Grand Prix de l'ACF, Grand Prix automobile de la Marne, et Circuit automobile du Comminges (57 G par Jean-Pierre Wimille) 1937 : Victoire absolue aux 24 Heures du Mans 1937 (57 G Tank Bugatti pilotée par Jean-Pierre Wimille et Robert Benoist) 1937 : Grand Prix de Pau, Grand Prix de Bône, et Grand Prix automobile de la Marne (57 G par Jean-Pierre Wimille) 1939 : Victoire absolue aux 24 Heures du Mans 1939 (57 C Tank Bugatti à compresseur par Jean-Pierre Wimille et Pierre Veyron) 1939 : Grand Prix du Centenaire Luxembourg (57 S45 de Jean-Pierre Wimille) 1936 : des 57 G remportent de nombreux records de vitesse en classe C, incluant le record de vitesse moyenne à l'heure s'établissant à et les 24 heures à .
Quelques records de vente de collection et concours d’élégance Une Bugatti 57SC Atlantic 1936 a été adjugée à la Collection Peter Mullin entre de dollars US en 2010, ce qui constitue le record de prix d'une voiture. Anciennement propriété du collectionneur Peter D Williamson, cette Type 57SC est l'un des existant dans le monde. Une Bugatti 57 S Atalante coupé de 1937 a été adjugée aux enchères le , durant la vente aux enchères organisée par Bonhams dans le cadre du salon Rétromobile de Paris, pour . Ce modèle, à restaurer, avait pour premier propriétaire Francis Curzon, pilote plus connu sous le nom de Earl Howe, et a été découvert en 2008 dans un garage privé de Newcastle, en Angleterre. Une Bugatti 57 C Stelvio cabriolet carrossée par Gangloff en 1939 a été adjugée aux enchères à Fontainebleau le pour (estimation entre ) Une Bugatti 57 C Atalante Gangloff de 1938, modèle à restaurer, a été adjugée aux enchères début , durant le traditionnel Greenwich Concours d'Elégance dans le Connecticut pour (estimation ). Enfin, la Bugatti 57 SC Atlantic de Jean Bugatti, châssis #57453, dite La Voiture Noire, disparue entre Molsheim et Bordeaux en 1938, atteindrait les 100 millions d'euros si elle réapparaissait sur le marché.
Répliques En 1996, le constructeur français De La Chapelle produit une réplique de Type 57S Atalante motorisée par un six cylindres en ligne BMW.
En 2023, sur commande spéciale, Xavier de la Chapelle produit une version de sa réplique de 57S Atalante motorisée par un V8 de Chevrolet Corvette au prix de .
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
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Liens externes
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Type 57 Catégorie:Automobile des années 1930 Catégorie:Voiture de rallye