L’abbaye Saint-Martin-des-Glandières à Longeville-lès-Saint-Avold est une ancienne abbaye bénédictine fondée au dépendant du diocèse de Metz.
Héraldique vignette|gauche|100px|Blason de l'abbaye Saint-Martin-des-Glandières. De gueules à trois glands mouvants d’argent. Ce sont les armes de l'abbaye Saint-Matin-des-Glandières, reprises par la commune de Longeville-lès-Saint-Avold. On retrouve ce blason dans les armoiries de la famille des Hennezel, maîtres verriers qui possédaient une verrerie sur les terres de l'abbaye de Longeville-lès-Saint-Avold dès 1626.
Origine du nom Le monastère est construit dans les forêts du pagus Glanderriensis (« pays de La Glandière ») entre les rivières Nied et Sarre. Dédié à saint Martin, il adopte le nom latin monasterium Sancti Martini Glanderiensis et apparaît sous la forme de S. Martini dans la charte de Louis le Germanique en l’an 875. Au , il est noté sous la forme de Glanderiensi monasterio dans un martyrologe annonçant la fête des fondateurs. Cité pour la première fois en français en 1274, son nom apparaît sous la forme de Saint Martin de la Glandière. En allemand, il est qualifié de Sankt Martin im Eichengrund. En 1314, ce nom se retrouve joint au nom de Longeville : Longavilla juxta Sanctum Martinum in Glandaria. Au , le cartulaire du monastère indique Saint Martin en Glandières. En 1684, l’historien Louis Bulteau écrit Saint Martin des Glandières. L’Armorial général d’Hozier de 1696 écrit Saint-Martin-de-Glandières. Au , la communauté de paroisses de Longeville adopte le nom de Saint-Martin-en-Glandières. La dénomination usuelle en est aussi Saint-Martin-des-Glandières.
Histoire vignette|Abbaye Saint-Martin-des-Glandières, fresques de la crypte de dom Saget de l’Abbaye Saint-Maurice-et-Saint-Maur de Clervaux. Le duc d’Aquitaine Arnoult Bodogisel, père d’Arnoul, évêque de Metz, fonde le monastère Saint-Martin-des-Glandières vers 587. S’étant séparé de sa femme Oda par consentement mutuel, il bâtit ce monastère et y passa le reste de ses jours dans la piétéLouis Bulteau (oblat), « monastère de Longeville » dans Abrégé de l’histoire de l’ordre de Saint-Benoît, t. I, ch. 24, p. 296, Jean Baptiste Coignard éditeur à Paris, 1684.. Le monastère prit le nom de Glandiera (Glandières) et fut consacré sous l’invocation de la sainte Vierge et de saint Martin aux ChênesHistoire de la Lorraine, t. VII, par dom Augustin Calmet, Antoine Leseure éditeur, Nancy, 1757 , pp. 115-116.. Les premiers moines présents dans l’abbaye furent saint Digne et saint Undo. Arnoult Bodogisel est considéré comme le troisième abbé du monastère. Vers 765, la liste des moines de l’abbaye de Saint-Martin, conservée à l’abbaye de Reichenaul'abbaye de Reichenau était liée à Longeville par un jumelage spirituel faisant suite au concile d’Attigny en 762 et a conservé cette liste nous donne cinquante-et-un moines. Le père abbé Rabigaudus en assure la direction. Louis le Débonnaire accorde un titre à l’abbaye en l’an 836. En 875, le roi Louis le Germanique fait restituer à l’abbaye des biens dont elle avait été spoliéeM. Viville, Dictionnaire du département de la Moselle, t. II, Antoine éditeur, Metz, 1817, p. 240.. Il s’agissait des propriétés de Grinstadt et de Martinsheim (dans le Palatinat) dont les moines avaient été spoliés par Charles-Martel. Un autre document de 836 délivré par Louis le Pieux et corroboré en 1421 par l’empereur Sigismond, rappelle aussi cet événementPère Christophe André, Saint-Martin-en-Glandière, imprimerie Léon Louis, Boulay, décembre 1991, p. 15. Odoacre, un prince local, offre en 991 aux moines de Longeville sa villa de Many et ses terres de Mainvillers. En l’an 1000, l’évêque de Metz Adalbéron II restitue à l’abbaye l’église de Hellimer.
Une charte de l’évêque de Metz de 1121 confirme l’appartenance du village de Bambiderstroff dans les biens de l’abbaye Saint-Martin-des-Glandières ainsi que le village d’Ucelsdorf (Ittersdorf en Sarre). Le village de Dourd’hal est également fondé par l’abbaye. En 1204, on consacre la première église abbatiale.
En 1215, l’abbé Vulperus ajoute un hôpital au bâtiment. En 1427, l’église abbatiale est reconstruite. L’abbaye ne fut pas touchée par la Réforme protestante mais les attaques et les pillages successifs par les troupes d’Albert de Brandebourg en , par les Suédois en 1635, les troupes de Turenne et enfin par les Luxembourgeois en 1672, ruinent le monument. En 1685, avec l’aide de Louis XIV, dom Hilaire de Bar restaure l’abbaye. En 1790, il n’y a plus que onze religieux dans l’abbaye.
En 1792, le bâtiment est vendu à Charles-Frédéric Durbach, administrateur départemental, pour la somme de 101 000 livres. La bibliothèque monastique est transférée à Metz, tandis que le nouveau propriétaire détruit en 1793 l’église abbatiale ainsi qu’une aile du bâtiment et construit une distillerie de pommes de terre, grâce à l’argent gagné après la vente des matériaux et biens de l’Église. En 1893, la famille Durbach lègue les bâtiments abbatiaux à Cécile Durbach, épouse du comte de Lamberty. Ils furent remis en vente l’année suivante et finalement rachetés en par Claude Stein, boulanger de Stiring pour la somme de 32 000 marks. En 1905, Claude Stein revend l'abbaye pour la somme de 80 000 marks à l’évêché de Metz qui le confie à l’ordre franciscain le . Le bâtiment sert alors de maison de repos pour le clergé. En 1928 la maison de noviciat franciscain est transférée de Metz à Longeville-lès-Saint-Avold. Le nouveau maître des novices est le père Bernardin Bender. En 1928, il y a dix novices : sept convers et trois clercs. Un incendie ravage le bâtiment en 1937, mais grâce à l’aide de la population, il est entièrement rénové en moins de deux ans.
En 1939, les moines sont évacués avec la population dans la Vienne. Les Allemands occupent l’abbaye et elle sert de centre de formation pour l’Arbeitsdienst (service du travail obligatoire). La chapelle est transformée en salle de loisir pour officiers. Le bâtiment principal et la chapelle furent touchés par des obus lors des combats de la Libération. Après la Libération et le retour des moines franciscains en 1945, ces derniers continuent la réhabilitation et reconstruisent une chapelle.
Le monument est finalement vendu à la caisse primaire d’assurance maladie de Thionville en 1954 et devient ainsi la maison de repos et de convalescence Notre-Dame-de-la-Paix agréée depuis 1986. Alfred Jacquat (†2020) en est directeur de 1954 à 1985.
En 1987, en présence des Pères abbés de Clairvaux et de Tholey, du Père Provincial des Franciscains, fut célébré le de l’abbaye Saint-Martin-des-Glandières. De nos jours, les bâtiments accueillent un Centre de soins de suite (CSS) L’Abbaye géré par l’Union pour la gestion des établissements des caisses d’assurance maladie (UGECAM). Depuis 2013, le directeur de la structure est Pierre Jacquemin.
En 2018 avait été signé un compromis de vente entre l’ Ugecam et un promoteur immobilier pour réhabiliter l'ensemble des bâtiments en maison médicale, en appartements et en salles de réunion. Et sur le terrain attenant, un futur lotissement. Mais, en 2019, le promoteur et ses sociétés, essuient des refus de permis d’aménager et de construire de la part de la municipalité.
En 2023 un nouveau propriétaire à pour projet de réhabiliter l'ensemble en appartements meublés de standing, salles communes et espace bien-être. Un projet estimé entre 10 à 12 millions d’euros qui sera finalement abandonné.
Il est mis aux enchères du 25 au . Sa mise à prix est de 270 000 €
Chronologie de l'abbaye vignette|Abbaye Saint-Martin-des-Glandières vignette|Abbaye Saint-Martin-des-Glandières en 1700, vue générale (dessin de Keller). vignette|Abbaye Saint-Martin-des-Glandières, liste des abbés réguliers. Les origines Vers 587, fondation de l’abbaye. Saint Digne, abbé. Saint Oudon (Undon), abbé. Arnoul (Arnold) Bodogisel, considéré comme troisième abbé et fondateur de l’abbaye. ... Vers 765, abbé Rabigaudus (Rabigardus). ... Liste des abbés réguliers Cette liste est affichée dans la crypte de l’abbaye : 991, Thiémar. 1066, Hémon. 1121, Richizo. 1142, Albon. 1163, Folmarus. 1210, Vautier. 1252, Pontius. 1262, Jean . 1271,Godefroy. 1296, Vautier de Mengue. 1324, Nicolas de Guerten. 1347, Nicolas de Pincy. 1352, Isembert de Mengues. 1376, Renaut de Belfort. 1399, Jean II 1414, Conrad de Castel. 1420, Mathias. 1422, Pierre de la Mothe. 1457, Albrecht. 1479, Philippe de Dalheim. 1518, Jean Gaspard. 1539, Nicolas Prévôt. 1546, Sébastien Tarvenu. 1559, Jean de Sebrich. 1554, Nicolas Pierrat. 1572, Jean Claudot. 1582, Claude Eliphi. 1606, François Thierry. Les moines acceptent la réforme bénédictine le . Le monastère s’agrège à la congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe de l’abbaye Saint-Vanne de Verdun. 1651, Étienne de Henning. 1655, dom Dieudonné Clément. 1666, dom Joachim Vivin. 1667, dom Anselme de Vautrembois. 1684, dom Hilarion de Bar. 1710, dom Claude de Bar. 1718, dom Pierre de Bassimon. 1740, dom Henri Fauque. 1752, abbé commendataire duc de Boufflers. 1791, fermeture de l’abbaye et 1793, destruction de l’église.
Période franciscaine 1905, venue de moines franciscains. 1906, père Materne Réderstorff 1913-1919, père Bernardin Bender 1950, départ des moines. 1965, père Théophile aumônier de la maison de repos 1972, père Christophe André, aumônier de l’abbaye.
Description de l’abbaye Tour nord La tour nord de l’abbaye faisait partie de l’enceinte défensive du site et est l’une des parties les plus anciennes de Saint-Martin-des-Glandières.
Entrées Le grand porche principal construit en 1725 sous l’impulsion de dom Pierre de Vassimont (1718-1740) a été démoli accidentellement il y a quelques années. Il a été partiellement restauré sans son arcature d’origine. À ses côtés subsiste la porterie. Le grand porche intact d’une entrée latérale, bâti en pierre de taille, est conservé. Face à l’abbaye subsiste le portail de l’ancien jardin. Le porche donnant autrefois sur l’ossuaire de l’église abbatiale subsiste également aux côtés de la grande galerie de l’ancien cloître, à côté du parc.
Bâtiment abbatial principal Le bâtiment abbatial se compose d’un long corps de quatre étages (une partie basse, un rez-de-chaussée et deux étages). La partie basse héberge les cuisines et les communs. Au rez-de-chaussée, sont conservés la grande galerie de l’ancien cloître, le grand salon, autrefois salle capitulaire, et d’autres salles de réunion. Une inscription, gravée sur l’un des piliers du cloître, nous donne la date de la première reconstruction : le . Cette reconstruction fut l’œuvre de l’abbé Pierre de la Mothe, abbé de 1422 à 1450. La seconde phase de reconstruction date des . L’œuvre de reconstruction et de restauration, menée par dom Hilarion de Bar, à compter de 1684, complétée par les ajouts de dom Pierre de Vassimont, abbé de 1718 à 1740, confère à l’édifice son aspect actuel.
Chapelle