Le est un des départements ministériels du Cabinet du Japon, officiellement traduit en anglais en Ministry of Foreign Affairs (MOFA), chargé de la définition, de la gestion et de la mise en œuvre de la diplomatie japonaise. Il siège au 2-2-1 Kasumigaseki dans l'arrondissement spécial de Chiyoda à Tokyo.

Histoire vignette|250px|La première ambassade japonaise en Europe (1862). Après la fin plus ou moins forcée en 1853 de la politique isolationniste du sakoku menée par le shogunat Tokugawa, celui-ci doit se doter de fonctionnaires chargés de négocier avec les diplomates étrangers et de mener les affaires étrangères du Japon. Le rōjū et chef de fait de l'administration du bakufu Hotta Masayoshi nomme un conseil de spécialistes en matière de commerce international, placé sous sa direction et chargé de le conseiller pour la procédure d'ouverture des ports et de négociation des traités avec les pays étrangers.

À partir d', des sont nommés, et dont le statut venait tout juste en dessous de celui de daimyo. Cinq au départ, leur nombre varie fortement durant la période du Bakumatsu (la fin du shogunat), avec un maximum atteint à 13. La première mission diplomatique à l'étranger, en l'occurrence en Europe, est envoyée en 1862. S'ils ont été supprimés comme l'ensemble du bakufu lors de la restauration Meiji en 1868, ils ont servi de base à la future administration diplomatique.

De janvier à , dans le gouvernement des Sanshoku, une est créée avec à sa tête tout d'abord un , puis des à partir du et enfin un à compter du . Cette administration devient, après la promulgation du Seitaisho (ou Code de gouvernement, dit aussi « Constitution de ») et le rétablissement du , le dirigé par un . Il est à son tour remplacé dès juin 1869 au sein du Grand Conseil d'État par l' menée par le et finalement le premier avec à sa tête un est créé en . Elle est ainsi l'une des plus anciennes administrations du gouvernement japonais. La carrière diplomatique, véritable prérogative de la kazoku (l'aristocratie née de l'ère Meiji) jusqu'à son abolition en 1947, reste encore aujourd'hui l'une des plus prestigieuses au Japon. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart des diplomates ont passé l'Examen au Haut service international après être passés par une faculté de droit et en tout premier lieu celle de la renommée université de Tokyo. Pratiquement tous les ambassadeurs depuis les années 1950 sont choisis parmi les vétérans du ministère. L'impératrice consort Masako est elle-même issue du monde diplomatique.

Le Gaimu Daijin a toujours été l'un des postes majeurs du Cabinet. Il est premier en ordre de précédence juste après le Premier ministre (plusieurs de ces derniers ont d'ailleurs cumulé cette fonction avec celle de ministre des affaires étrangères : Shigenobu Ōkuma, Giichi Tanaka, Shigeru Yoshida et Nobusuke Kishi, en plus de ceux l'ayant exercé par intérim) jusqu'en 1948, et le ministre Uchida Kōsai exerce à deux reprises l'intérim du Premier ministre (en novembre 1921 après l'assassinat de Takashi Hara, et d'août à septembre 1923, donc pendant le tremblement de terre de Kantō, après le décès de Katō Tomosaburō). Il est ensuite second, après le ministre de la Justice, de 1948 à la réforme du gouvernement de 2001, et depuis lors troisième à la suite de la création du grand ministère des Affaires intérieures et des Communications qui a pris la première place. Il conserve un poids considérable, et est généralement confié à une figure du parti majoritaire (les deux précédents ministres entre 2009 et 2011, Katsuya Okada puis Seiji Maehara, ont tous deux été présidents du Parti démocrate du Japon entre 2004 et 2006 et des artisans de l'arrivée de Naoto Kan au poste de Premier ministre). Depuis 1947, pas moins de 12 Premiers ministres sur 29 ont été également, dans leur carrière politique, ministre des Affaires étrangères, le dernier en date étant Tarō Asō, Gaimu Daijin de 2005 à 2007 et chef du gouvernement de 2008 à 2009.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le ministère n'a plus le monopole sur l'ensemble de la politique étrangère, avec la création de départements ayant également des champs de compétence dans ce domaine (le ministère des Finances pour les douanes, les négociations sur les prix et les fluctuations monétaires, la finance internationale et la nature des montants de l'aide pour le développement ; le ministère de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie pour les flux marchands, les importations et exportations ; le ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche pour les importations de produits alimentaires et agricoles et les droits de pêche ; le ministère de la Justice pour la politique de contrôle de l'immigration et le renseignement stratégique ; le ministère de la Défense pour le déploiement ou le retrait des Forces d'autodéfense). Son importance semble devoir toutefois se renforcer avec la succession depuis les années 1990 de Premiers ministres appelant à ce que le Japon joue un rôle à la hauteur de sa puissance économique sur la scène internationale, par une candidature à un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies, la participation à des missions humanitaires et de reconstruction en zone de conflit ou encore la construction d'une « Communauté d'Asie orientale » sur le modèle de l'Union européenne.

Liste historique des ministres japonais des Affaires étrangères

vignette|200px|Kaoru Inoue, premier ministre japonais des Affaires étrangères à proprement parler. Les dates en gras indiquent les périodes pendant lesquelles le titulaire du ministère est aussi le Premier ministre :

Missions Les attributions et missions actuelles du ministère des Affaires étrangères sont définies par la « loi d'établissement du ministère des Affaires étrangères ». Selon elle, « sa mission est de permettre le renforcement des bénéfices du Japon et des citoyens japonais, tout en contribuant au maintien d'une société internationale paisible et sûre, et, à travers des mesures actives et efficaces, à la fois de réaliser un bon environnement international et de garder et de développer des relations extérieures harmonieuses » (Article 3) Texte de la loi d'établissement du ministère des Affaires sur le site du gouvernement japonais.

Concrètement, cela implique : la planification, la définition, l'élaboration et la mise en place de la politique extérieure du Japon, ainsi que l'information et le conseil au Premier ministre, au Cabinet, à la Diète et au public japonais de l'état de celle-ci et de la situation internationale, l'organisation des négociations tant bilatérales que multilatérales avec les pays avec lesquels le pays entretient des relations diplomatiques dans tous les domaines de coopérations dans lesquels ces pays sont liés, et dans les organismes internationaux dont le Japon est membre, la négociation et la conclusion des traités puis leur mise en application une fois ratifiés, la protection des citoyens japonais à l'étranger et du respect de leurs droits civils et juridiques, la délivrance de passeports et la gestion des mesures d'obtention de visas pour les citoyens japonais partant à l'étranger, plus généralement la planification et la gestion des affaires d'émigration, la gestion du corps diplomatique, et donc du recrutement, de la carrière et de l'avancement, et la coordination des représentations diplomatiques japonaises à l'étranger, et des relations avec les missions étrangères présentes sur le sol japonais.

Administration interne Ministre, vice-ministre et secrétaire parlementaire

Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Yoshimasa Hayashi PLD Représentant Yamaguchi ()

Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Shunichi Suzuki PLD Kishida Représentant Iwate () Masaji Matsuyama PLD Kishida Conseiller Préfecture de Fukuoka

Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Toshiko Abe PLD Tanigaki Représentante Okayama () Minoru Kiuchi PLD - Représentant Shizuoka () Kenta Wakabayashi PLD Machimura Conseiller Préfecture de Nagano

Vice-ministre administratif

Le est au Japon le haut fonctionnaire placé au sommet hiérarchique de l'administration d'un ministère, juste après le ministre, les premiers vice-ministres et les secrétaires parlementaires qui sont eux des hommes politiques membres du gouvernement. Depuis la réforme de 1998, appliquée en 2001, il n'y en a plus qu'un par ministère. Le vice-ministre administratif assiste le ministre dans des domaines tels que maintenir l'ordre dans les affaires administratives du ministère ou superviser le travail des divisions, bureaux, institutions affiliées et bureaux locaux. Jusqu'en 2009, une de chaque ministère se réunissait deux fois par semaine (le lundi et le jeudi), un jour avant un conseil des ministres, pour coordonner les dossiers à l'ordre du jour de ce dernier The National Administrative Organization, site du Premier ministre et du Cabinet du Japon. Cette réunion, critiquée tout particulièrement par le PDJ et de manière générale par les membres de l'opposition au PLD comme l'un des principaux symboles de la trop forte place laissée aux hauts-fonctionnaires dans la direction de l'État au détriment des hommes politiques, a été supprimée dès l'arrivée au pouvoir des démocrates en septembre 2009 A. G. MULGAN, « Decapitating the bureaucracy in Japan », East Asia Forum, 10/12/2009. L'actuel vice-ministre administratif des Affaires étrangères est, depuis le , Ken'ichirō Sasae (avant sa nomination à ce poste, il était directeur délégué, ou secrétaire général, des Affaires étrangères, chargé des affaires politiques).

Services administratifs : s'occupe de la coordination et de l'organisation administrative générale du ministère, ainsi que des fonctions de secrétariat du ministre comme son nom l'indique : : planification de la politique étrangère tant sur le plan théorique que concrètement sur le moyen ou long terme, tout en coordonnant les politiques définies par les autres bureaux, et en mettant l'accent spécialement sur la sécurité nationale, les affaires concernant l'ONU et la gestion des crises diplomatiques. : mise en œuvre, planification et définition des politiques concernant la région Asie-Pacifique, incluant les relations avec les pays et la protection des ressortissants japonais présents dans l'un de ces pays. . . . . : chargé de la protection et de la promotion des intérêts japonais concernant le commerce extérieur et la navigation, la coopération avec les organismes économiques internationaux, la gestion des affaires concernant les traités de commerce ou de navigation et autres accords économiques ainsi que le sondage de la situation économiques internationales par la compilation de données et statistiques. Il opère généralement en concertation avec les services du ministère des Finances. : organise la définition et l'application de la politique d'Aide pour le développement et de coopération économique avec les États étrangers et les organismes internationaux, la promotion et la protection des intérêts des investissements japonais à l'étranger, s'occupe des questions en relation à la sécurité humaine, à la politique internationale en matière d'environnement et de changement climatique, à l'aide humanitaire et aux ONG et à l'aménagement de la loi pour le déploiement d'équipes de secours japonaises en cas de catastrophes, ainsi que des politiques au sein de l'ONU et autres agences spécialisées en matière d'affaires économiques et sociales, et supervise l'Agence de coopération internationale du Japon. : s'occupe de la conclusion des traités ou autres accords internationaux et des affaires de droit international. thumb|right|250px|Carte des représentations diplomatiques du Japon.