Les Quatre Vœux incommensurables ou immenses ( ; japonais : shi gu seigan), appelés aussi « vœux du bodhisattva », sont les vœux que les bouddhistes pratiquant la voie du bodhisattva dans bouddhisme mahāyāna doivent prendre, étudier et réitérer au cours de leur progression vers l'objectif ultime, c'est-à-dire l'Éveil complet et parfait.
Origine Selon Jan Nattier, ; ils ont donc probablement évolué à partir de passages antérieurs décrivant l'activité du Bouddha, que l'on trouve dans le Digha Nikaya et le Majjhima Nikaya ainsi que dans la traduction de ces ensembles dans les Agamas chinoisJan Nattier, A Few Good Men: The Bodhisattva Path According to the Inquiry of Ugra (Ugraparipṛcchā): a Study and Translation, Honolulu, University of Hawaii Press, 2003 p. 147-151 .
Le prototype de ces Quatre Vœux est issu , dans le canon indien : Premièrement, que ceux qui ne sont pas libérés soient libérés ;
deuxièmement, que ceux qui n'ont pas compris comprennent ;
troisièmement, que ceux qui ne sont pas paisibles soient paisibles ;
quatrièmement, que ceux qui n'arrivent pas au nirvāṇa parviennent au nirvāṇa. Mais les Quatre Vœux incommensurables ont pris dans le mahayana une dimension plus large avec l'évolution de la notion de bodhisattva. Les quatre formules les plus proches de celles d'aujourd'hui dans le Mahāśamatha-vipaśyanā () de Zhiyi (智顗), de l’école Tiantai.
Les vœux tels qu'ils sont récités aujourd'hui suivent (à l'exception de deux mots dont l'ordre est inversé) la formulation en chinois qu'en donne Huineng, sixième patriarche de l'École du Chan, au chapitre 21 du Sūtra de l'Estrade.
Formulation Les Quatre Vœux incommensurables s'expriment ainsi :
Je fais le vœu de délivrer tous les êtres bien qu'ils soient innombrables ( ; japonais : ) ; Je fais le vœu de vaincre toutes les illusions bien qu'elles soient en nombre incalculable ( ; japonais : ) ; Je fais le vœu d'étudier tous les enseignements (méthodes) bien qu'ils soient illimités ( ; japonais : ) ; Je fais le vœu de parvenir à l'état du Bouddha bien qu'il soit incomparable ( ; japonais : ).
Ils sont prononcés par tous les bouddhistes : moines, moniales, novices masculins et féminins, upāsakas (laïcs hommes et femmes).
Le premier vœu concerne le but de la pratique du bouddhisme, qui est de mettre en œuvre la grande compassion afin de servir les autres, l'abnégation étant une caractéristique du mahāyāna ; le deuxième et le troisième vœux montrent les tâches concrètes que doivent réaliser les pratiquants par leurs efforts personnels et quotidiens ; le quatrième vœu est l'objectif final qui guide en permanence les pratiquants, et les encouragent à suivre malgré tout la marche vers l’éveil, aussi longue et difficile soit-elle.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Jukai
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