Le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) est l'unique corps de sapeurs-pompiers professionnels de l'agglomération de Montréal. En 2023, il dispose de 66 casernes et un point de service sur l'île Sainte-Hélène, est le deuxième plus grand service des incendies au Canada et le en Amérique du Nord. En plus de lutter contre les incendies, il offre également le service de premier répondant. Le numéro d'appel d'urgence pour contacter le SIM est le 911.

En 2023, le SIM compte , dont environ 2 395 pompiers. Il a fêté en 2013 son .

En 1734 a été créé le premier département de pompiers volontaires. À la fin du ont été formés des « Fire Clubs » avec le soutien financier des commerçants. Ils ont été remplacés en 1829 par la « Société du feu ». En 1841, le premier chef de feu permanent a été choisi par le Conseil de ville afin de mieux coordonner la Société. En 1863, la structure de base du service des incendies de la Ville de Montréal est mise en place. Les véhicules à moteur remplacent les chevaux à partir de 1911. En 2002, 27 municipalités fusionnent avec Montréal et les 22 services d'incendie de banlieue sont intégrées au service des incendies de Montréal qui adopte son nom actuel. Lorsqu'en 2006, certaines municipalités de banlieue ont été en partie reconstituées, les services communs à toutes les municipalités, dont le service de sécurité incendie, ont été placés sous l'autorité de l'agglomération de Montréal, créée à ce moment.

Histoire En Nouvelle-France (1642-1759) vignette|upright|gauche|Seau pour le feu, en cuir Les risques d'incendie étaient présents dès la fondation de Ville-Marie en 1642La division historique reprend ici celle du livre de Jean-François Courtemanche, Le feu sacré, 2005. Les constructions en bois étaient la proie des flammes aux grandes chaleurs de l'été ou aux froids extrêmes de l'hiver quand une étincelle bondissait hors du foyer. De plus, certains Iroquois, considérant les Français comme des ennemis, mettaient, par surprise, le feu à leurs maisons.

À partir de 1678, les habitants étaient tenus, au son du tocsin, d'accourir à un point de ralliement, la première église Notre-Dame, où une armoire contenait des seaux, des gaffes, des pelles et des sacs de sable. Ils se rendaient ensuite au lieu de l'incendie et formaient une longue chaîne humaine où se relayaient seaux vides et seaux pleins d'eau tirée d'un puitsJacques Archambault est le premier à creuser des puits à Ville-Marie., du fleuve ou de la rivière Saint-Martin qui coulait au nord. Pour arrêter la progression de l'incendie, les charpentiers démolissaient les maisons à l'aide de haches et de gaffesJean-François Courtemanche, Le feu sacré, 2005, p. 20.

Un incendie majeur a lieu le vers 19 heures, alors que la petite ville de Montréal ne compte que . L'incendie aurait pris naissance dans le grenier de madame de Francheville, rue Saint-Paul. Poussé par un fort vent, le feu se propage rapidement aux bâtiments avoisinants, incendiant en trois heures, 46 maisons de la rue Saint-Paul, l'Hôtel-Dieu qui venait d'être reconstruit, et jette à la rue plusieurs centaines de personnes.

Dans la ville anglaise (1760-1862) vignette|upright=0.5|Tenue dans les années 1820 Sous le régime anglais, des marchands anglais se regroupent, sous forme d'associations appelées « Fire Clubs » afin de s’entraider en cas d’incendies. Ceux-ci s’offrent une aide mutuelle réservée uniquement aux membres du groupe. Au début du , en plus des efforts déployés par les citoyens en général, des volontaires deviennent responsables du fonctionnement des pompes. Ils sont, en quelque sorte, les premiers pompiers montréalaisJean-François Courtemanche, Le feu sacré, 2005, p.37. En 1829, à la suite des rivalités entre quelques associations de pompiers volontaires, une loi provinciale mène à la création d’une première compagnie officielle de volontaires formée pour lutter contre les incendies : la « Société du feu »ville.montreal.qc.ca.

Le Service de la prévention des incendies de la Ville de Montréal est créé en 1841 sous le nom du Département du feu, en vertu du règlement 31 adopté le par le conseil de la Ville de Montréal. Joseph Russell Bronsdon, le chef permanent de la Brigade des incendies de Montréal, est le premier salarié du service des incendiesJean-François Courtemanche, Pompiers à Montréal, 2005, p.39. En 1848, lors d'une restructuration, le département du feu passe sous le contrôle et la direction du Comité du feu. Le département est composé de 284 pompiers volontaires. Du lot, seul l'ingénieur en chef est engagé à plein tempsIbid, p.56.

Le soir du , l'édifice du marché Sainte-Anne qui loge le Parlement du Canada-Uni est incendié par des émeutiers alors que les députés sont en session.

L'année 1852 marque l’un des épisodes les plus dévastateurs d’incendies de l’histoire de Montréal. Plusieurs incendies majeurs ont lieu au cours de l'année et qui ravagent au passage la maison de Paul de Chomedey, le premier séminaire des jésuites, le diocèse de Montréal, le palais épiscopal, la distillerie de la famille Molson et plus de 810 autres maisons. Près de perdent leur foyer soit le cinquième de la population de Montréal alors. Près de 25 pâtés de maisons furent anéantisJean-François Courtemanche, Le feu sacré, 2005, p.60.

L'époque héroïque (1863-1911)

En 1863, la structure de base du service des incendies de la Ville de Montréal est mise en place alors qu'un service centralisé et permanent est organisé autour d'une équipe de salariés dont le travail officiel est la lutte contre les incendies. Alexander Bertram en est le premier chef. Cette même année, on inaugure la caserne centrale qui se trouve au coin des rues Cheneville et Craig et on introduit le système des alarmes. En ce qui conserve la vision du service, il s'agit là d'une modification majeure. Avant 1863, les casernes avaient une fonction strictement utilitaire. Mais lors de la construction de la caserne no 1, on recourt à des architectes. Ce précédent devient une tradition qui donnera aux casernes une architecture pittoresqueLouiselle Courcy-Legros, La maison des pompes. Les casernes de pompier de Montréal - Tradition et innovation, 1985, p.14.

Les années 1870 marquent une nouvelle phase de croissance où la pompe à vapeur fait son apparitionLouiselle Courcy-Legros, La maison des pompes. Les casernes de pompier de Montréal - Tradition et innovation, 1985, p.10. Mais ces changements positifs amenés par les développements technologiques n'empêchent pas la pire tragédie en termes de pertes humaines de l'histoire de Montréal. En 1890, l’incendie de l’Asile Saint-Jean-de-Dieu coûte la vie à plus de 100 patientsJean-François Courtemanche, Le feu sacré, 2005, p.112-113.

Les temps modernes (1911-1959)

En 1911, on introduit la voiture motorisée dans le service. Le maire Médéric Martin est contre l'idéeLa Presse, 22 janvier 1917. Le chef Joseph Tremblay doit donc prouver dès le lendemain toute la puissance et la supériorité des fourgons automobiles, en pleine tempête de neigeLa Presse, 23 janvier 1917. Cependant, il faut attendre le pour voir le remplacement définitif des chevaux au service par des «fourgons-automobiles»La Presse, 31 janvier 1936. On prévoit de faire des économies d'au moins par année«Disparition des chevaux de pompier à Montréal», Le Petit Journal, 7 juillet 1935.

En 1933, on inaugure l'actuel quartier général du 4040, avenue du Parc qui s'appelle alors la « centrale d'alarmes »On trouve aussi « central d'alarmes » - wpfgmontreal2017.com. Sa construction a coûté . Ce n'est qu'en 1937 que la centrale d'alarmes et le quartier général des incendies occupent tous deux le 4040, avenue du ParcJean-Claude Marsan et al., Le quartier général des incendies à Montréal: Étude patrimoniale, 2006.

Le SIM inaugure un Bureau de Prévention des incendies en 1912 sous la supervision de Jean Naud. En 1918, l'Union des pompiers de Montréal est créée en raison de la situation économique difficile des pompiers et de conditions de travail précaires. Une grève de 33 heures mène à la réduction des heures de travail de 141 à 84 heures semaine.

Le Québec est scandalisé par la mort de 78 enfants des suites de l'incendie du Laurier Palace, le . Plusieurs commissions d'enquêtes se concluent sur une inculpation criminelle des propriétaires du théâtre Laurier Palace.

En 1946, le département des incendies innove en se dotant d'un système de radiotéléphone à triple direction qui permet d'obtenir sur les lieux des rapports sur les développements au cours d'incendies gravesLa Presse, 7 novembre 1946. Le directeur Raymond Paré souhaite également améliorer la formation et institue un programme d'instructions qui permet de rehausser le niveau général de compétence. Dans ce qu'on appelle le système Paré, la réussite d'examen permet les promotionsJean-François Courtemanche, Le feu sacré, 2005, p.186.

Les temps changent (1960-2012) La Révolution tranquille a aussi son impact sur le SIM. La sécurité publique ne doit plus mettre en danger la sécurité des pompiers. En 1974, une grève illégale d’une fin de semaine donne lieu à un violent bras de fer entre l'Association des pompiers de Montréal et l’administration du maire Jean Drapeau. Connue sous le nom de « week-end rouge », cette grève est le théâtre d’intenses négociations alors que pas moins de 18 incendies, dont 14 d’origine criminelle, commanderont une résolution rapide du conflitIbid, p.222-227. Lors de cette grêve, dans le quartier Centre-Sud, un quadrilatère entier est anéanti par le feu entre les rues Wolfe, Amherst, Sherbrooke et Ontario.

En 1979, le service retire définitivement du paysage urbain les boîtes rouges qui permettent de donner l'alerte au niveau de la rue. D'une part, parce que les demandes de secours sont maintenant transmises dans une large proportion par téléphone et d'autre part, parce que le nombre de fausses alertes est préoccupantAlain Duhamel, «La boîte rouge disparaît», Le Devoir, 29 juin 1979.

En 1986, un incendie spectaculaire ravage la tour à bureaux de la Place Alexis-Nihon. Les pertes seront évaluées à 100 millions de dollars sans pour autant faire aucune victime. Le service sera blâmé par la Cour d'appel du Québec pour certaines défaillances lors de l'opération André Noël, «Incendie de 1986 à la place Alexis-Nihon : La Ville a été négligente», La Presse, 5 septembre, 2002, page A3.

Pendant la crise du verglas de 1998, le service assume un rôle majeur de coordonnateur.

En 2002, après la fusion des services d’incendie de l’île de Montréal, le nouveau service porte le nom de « Service de sécurité incendie de Montréal ».

En 2006, après un référendum, certaines municipalités de banlieue ont été en partie reconstituées. Pour les services généraux, tel le service de sécurité incendie, est créée une instance politique commune appelée « agglomération de Montréal ».

En 2010, le SIM, avec son Schéma de couverture de risque fait de la prévention l'une de ses pierres angulaires en ciblant les îlots à risque. Conséquemment, plusieurs actions sont prises, notamment la fermeture, la construction et la rénovation de casernes, ainsi que le déplacement de ressources pour maximiser l'efficacité au feu Site officiel du Service de sécurité incendie de Montréal, consulté le 8 décembre 2011 .

Une nouvelle ère (2013 à aujourd'hui)

Le service fête son de fondation en 2013 et souligne l’évènement en mettant en lumière certains moments marquants de son histoire, notamment l'Incendie de l'hôtel de ville de Montréal, l'Incendie du Laurier Palace, l'Incendie du Blue Bird Site officiel de la Ville de Montréal, consulté le 25 janvier 2013 Site officiel du Service de sécurité incendie de Montréal, consulté le 25 janvier 2013 .