La fumière est le lieu de stockage du fumier.

Jadis présente dans toutes les exploitations agricoles, elle est réglementée au dans les pays industrialisés, en raison des nuisances qu'elle peut amener. Origine Le fumier est stocké depuis des siècles en vue de son utilisation comme engrais, et l'usage de la fosse est fort ancien : Cassius Dionysus cite au Magon le Carthaginois Joachim-Isidore Pierre, Fragments d'études sur l'ancienne agriculture romaine (extraits des auteurs latins), E. Poisson, Caen, 1864, 180 p. 17..

thumb|upright=1.4|Schéma de fosses à fumier.

Forme Elle peut être : de plain pied, simple aire pour le tas de fumier ou bordée d'un, deux ou trois murs ; pour des raisons pratiques, elle est parfois adossée à un bâtiment ou à un talus ; en fosse dont l'un des côtés, en pente, constitue une rampe d'accès pour le véhicule d'enlèvement ; dans ce cas, elle est aussi appelée fosse à fumierEn wallon : ansinî, que la fumière soit de plain-pied ou en fosse. Voir Albin Body, Vocabulaire des agriculteurs de l'Ardenne, du Condroz, de la Hesbaye et du Pays de Herve, H. Vaillant-Carmanne, Liège, 1883, 206 p., 14. ou encore fosse à purinP. Joigneaux, Préparation d'un engrais liquide, dans Gazette du village,5 janvier 1890, 223. Article en ligne ; dans le soubassement d'un immeuble (ce type de fumière se retrouve tant au nord de l'EuropeC. Vallaux, Le pays de Voss et du Hardanger Fjord, Annales de Géographie, Année 1911, Vol. 20, Numéro 114, 403. En ligne qu'au sudMartine Bacqué-Cochard, La petite exploitation rurale et les monographies leplaysiennes. L’exemple des paysans du Labourd, 2002 chapitre Une maison pyrénéenne : des terres et des hommes en ligne) ou d'un local (sous l'étable ou la porcherie).

Emplacement

La fumière se trouve traditionnellement plus ou moins proche des étables (plus proche, elle réduit le temps de nettoyage des locaux et le transport) et éloignée de l'habitation (pour échapper, autant que faire se peut, aux exhalaisons). L'emplacement est cependant variable selon les régions.

Dans la Drôme, la fumière occupe un coin de la courJean Sauvageon, Monographie de la commune de Claveyson. 1958, En ligne..

En Hesbaye, où les fermes sont construites sur un plan carré, la fumière occupe le centre de la cour intérieure ; elle est parfois légèrement décentrée du côté des étables ce qui facilite la manutention et limite les nuisances en matière d'hygièneMichel Anselme, Hesbaye liégeoise, Mardaga, Louvain-la-Neuve, 1986, 214 p., 176.. Cette pratique subsiste encore au début du .

Dès le début du pourtant, il était conseillé, pour distribuer salubrement les bâtiments d'une ferme, de ne pas stocker les fumiers dans la cour mais hors de l'enceinte des bâtiments<ref>Michel Fromage, Idée d'une distribution salubre des bâtiments d'une ferme, Meurant, Paris, 1801, 16 p. cité dans Louis Bouchard-Huzard, Bibliographie. Ouvrages publiés jusqu'à ce jour sur les constructions rurales et sur la disposition des jardins, éd., Bouchard-Huzard, Paris, 1870, 1048 p., 956.</ref>.

Construction La fosse à fumier n'était jadis qu'un simple trou creusé par le fermier à même la terre, et sa superficie et sa profondeur dépendaient de la quantité et du type de fumier à produireNouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique, t. VI, Detervilles, Paris, 1821, 582 p., 540. ; le trou était parfois surplombé de murs qui en augmentaient le volume. Cette manière de faire est toujours d'actualité dans les pays en voie de développement où les outils nécessaires au creusement (pioche et pelle) comme à la vidange (fourche) et au transport (charrette) ultérieurs du fumier, se trouvent parfois difficilement dans le commerceFiche conseil pour les paysans africains. En 2009, l'Agence des États-Unis pour le développement international doit encore citer la fosse à fumier comme annexe de l'étable idéale En ligne.

Comme le fumier (dont la fermentation nécessite l'arrosage soit par l'homme soit par les eaux de pluie) produit un « jus », le fond des fosses, lorsqu'il a été ensuite bétonné, a été pourvu d'un avaloir permettant la récupération des eaux de percolation dans une autre fosse étancheSchéma d'une fosse à fumier.

La législation contemporaine, dans les pays industrialisés, impose des normes non seulement pour la fabrication des fosses, réalisées par des professionnels, mais aussi pour leur emplacement, et prend en compte la proximité de l'habitation, des voisins, des puits, des cours d'eau, des routes, des zones de loisirs, etcFiche technique pour construction en Ontario.

Elle prend également en compte la dangerosité pour les ouvriers agricoles qui ne travaillent plus en plein air mais dans une atmosphère confinéeDirective du ministère du Travail de l'Ontario.

Odeurs, dangers, symbolisme

Le fumier en décomposition dégage principalement quatre gaz ; deux sont inodores mais potentiellement dangereux : le méthane inflammable et explosif et le dioxyde de carbone potentiellement asphyxiant. Les deux autres sont particulièrement odorants : l'hydrogène sulfuré à l'odeur d'œuf pourri et l'ammoniaque aux émanations fortes, piquantes et irritantes. À concentration élevée, ces gaz menacent la santé ou la vie des êtres humains ou des animaux. Les fumières traditionnelles, à ciel ouvert laissant les gaz s'échapper dans l'atmosphère, limitent ces dangers mais ont participé olfactivement, et de façon non ambigüeCet article respecte les recommandations orthographiques de la réforme de 1990., à l'image positivePlusieurs écrivains du , comme Guy de Maupassant qui décrit dans Histoire d'une fille de ferme et encore dans Une vie, ont célébré les charmes ou les avantages du fumier. ou dépréciative que les citadins se sont faite des fermes et de la campagne dans Gérard Florkin, Vieille coquette, Dricot, Liège, 1991, 288 p. , 45.. Leurs odeurs constituent encore une source de nuisance et de plaintesFiche technique sur la lutte contre les odeurs. La taille de la fumière a cependant longtemps indiqué symboliquement et pratiquement la richesse du paysan car plus elle était grande, plus le fermier possédait de bétail et donc de richesse, voire de pouvoirChristine Barras, La Sagesse des Romands. Proverbes de Suisse romande, Cabédita, 2008, 427 p., , 21..

Réaffectation Dans les fermes où l'activité agricole s'est arrêtée ou dans celles qui ont déplacé les étables pour des raisons économiques ou de confort, l'ancienne fumière est généralement reconvertie en pelouse ou jardin d'agrément.

Dans l'art thumb|left|Coq surveillant ses poules du haut d'une fumière, par Wenceslas Hollar (). La fumière est souvent associée au coq, lançant son cocorico matinal du haut du tas de fumier, ou y trônant en surveillant attentivement son sérail. Ésope, puis Phèdre et Jean de La Fontaine le placent sur la fumière pour découvrir une pierre précieuse somme toute sans importance ; Dans le Roman de Renart, le tas de fumier est le premier refuge de Chantecler le coq pour échapper à Renart ; Hans Christian Andersen, dans ses Contes merveilleux, oppose le coq sur la fumière et celui de la girouette ; Nicolaï Leskov écrit Nicolas Leskov, Vers nulle part, L'âge d'homme, coll. Classiques slaves, 1998, 633 p. , 181.. Émile Zola en donne aussi une belle description dans La Terre'' :

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Liens externes Règlementation française

Notes et références Notes

Références

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