Mont-de-Lans est une ancienne commune française située dans le département de l'Isère en région Auvergne-Rhône-Alpes. Depuis le , elle est l'une des deux communes déléguées, avec Vénosc, composant la commune nouvelle des Deux Alpes. Mont-de-Lans était jusque-là l'une des deux communes composant la station de sports d'hiver des Deux Alpes. Ses habitants sont appelés les Lantillons (Lantillones).

Géographie Localisation

La commune, traversée par le nord, est de ce fait située à égale distance du pôle Nord et de l'équateur terrestre (environ ).

Mont-de-Lans est l'une des vingt communes qui composent l'Oisans. Située entre la vallée de la Romanche et la vallée du Vénéon, elle s'étend sur 4166 hectares.

Outre le chef-lieu qui porte son nom, le territoire communal comprend plusieurs hameaux disséminés dont les plus importants sont Cuculet, Bons et l'Alpe de Mont-de-Lans formant avec l'Alpe de Venosc la station des Deux Alpes, autrefois un alpage où l'on faisait les foins au col de l'Alpe.

Aux portes du parc national des Écrins, la commune de Mont-de-Lans est l'une des deux communes qui composait la station de sports d'hiver des Deux Alpes. Familial ou d'affaires, le tourisme représentait l'activité économique majeure de la commune de Mont-de-Lans.

Voies de communication et transports L’accès à Mont-de-Lans s'effectue par la route départementale 1091 : à partir de Grenoble, en remontant la vallée de la Romanche en passant notamment par les communes de Vizille, Livet-et-Gavet, Le Bourg-d'Oisans ; ou depuis Briançon et le col du Lautaret, en passant par la commune de La Grave. Au niveau du barrage du Chambon, la route départementale 1091 propose un embranchement sur la route départementale 213 qui mène à Mont-de-Lans et aux Deux Alpes.

Il est aussi possible d’arriver à Bons (hameau de Mont-de-Lans) par la route départementale 220.

Communes limitrophes Vénosc Saint-Christophe-en-Oisans Le Freney-d'Oisans Mizoën La Grave

Histoire L'histoire de Mont-de-Lans remonte très loin dans le temps. La voie entre Grenoble et le col du Lautaret y passait pour éviter les gorges de la Romanche. Depuis 1860, ont été retrouvées de nombreuses tombes avec des corps inhumés dans des coffres de pierre parés de très nombreux bracelets de bronze et de fer de fabrication locale mais aussi importés de l'Est de la France, ainsi qu'une pendeloque venue d'Italie. Elles s'étendent de la fin du premier âge du Fer à l'époque gauloiseAimé Bocquet, L'Isère pré et protohistorique, Gallia-Préhistoire 1969, fasc. 2 pages 288-291. .

En dessous du hameau de Bons, on peut observer des traces de voie antique, et surtout la fameuse « Porte Romaine ». De nombreux savants et chercheurs, intrigués par cette curiosité, sont venus la voir et l'étudier sur place.

Dès 1073, la commune apparaît sur les documents anciens sous le nom de « Parocchia de Lento ». On peut suivre au fil du temps l'existence de cette bourgade, importante puisque située sur une des rares voies de communication avec l'Italie appelée « la petite route ». Cette petite route n'était en fait qu'un mauvais chemin muletier praticable aux petites charrettes seulement 3 ou 4 mois dans l'année.

En 1502, Louis XII, se rendant dans le duché de Milan, s'y arrêta avec une partie de sa suite. En 1509, ce fut Bayard à la tête de ses soldats. L'histoire de Mont-de-Lans est jalonnée de passages de troupes selon les différentes guerres avec l'Italie, et la population eut beaucoup à souffrir de ces visiteurs qui réquisitionnaient, pillaient, volaient, laissant la désolation derrière eux.

Les guerres de religion puis la Révolution française passèrent sur le village sans atrocité ni exécution barbare, comme il s'en commit hélas, dans les communes voisines.

Comme dans de nombreux villages de montagne, les hommes émigraient pendant l'hiver, quand les travaux des champs étaient achevés, pour tenter de gagner leur vie en faisant du colportage. Les femmes restaient à la maison avec les vieillards et les enfants et s'occupaient du bétail. Les colporteurs avaient leurs tournées auxquelles ils étaient habitués : le nord, l'est et le centre de la France, à pied ou avec un mulet. Quelquefois beaucoup plus loin : l'Espagne, la Russie, l'Amérique et même la Chine. Si quelques-uns faisaient fortune, ce n'était pas le cas du plus grand nombre et certains revenaient ruinés ou même ne revenaient pas du tout, morts au loin de misère et de maladie.

Au début du , le Premier Empire commence la construction de la route actuelle reliant Grenoble à Briançon, suivant la vallée de la Romanche. Les travaux dureront 70 ans. Il fallut percer des tunnels pour franchir le fameux « verrou de Mont de Lans » : l'Infernet. Mais l'ouverture à la circulation de cette nouvelle route, en 1807, relégua Mont-de-Lans dans l'isolement. Pendant de longues années, la commune resta desservie uniquement par son vieux chemin muletier.

En 1885, Mont-de-Lans reçut un accès carrossable par des encorbellements hardis au-dessus de l’Infernet. C'est l'actuelle « route des Travers », une route de montagne étroite. La route actuelle permettant l'accès depuis le barrage du Chambon ne date que de 1938.

1938, date de la mise en eau du lac du Chambon, est une autre date importante pour la commune. Les travaux du barrage hydroélectrique, commencés en 1926, durèrent 12 ans. Trois hameaux furent noyés, et le paysage définitivement changé. Mont-de-Lans va s'éveiller à la vie moderne. Après la seconde guerre mondiale, et dans les années 1950, la station de sports d'hiver, qui ne s'appelle pas encore les Deux Alpes, prend son envol ; d'abord doucement puis de plus en plus vite. Dans les années 1970, c'est une véritable fièvre de construction et d'innovation : Mont-de-Lans et sa voisine Venosc ont donné naissance aux Deux Alpes, station aujourd'hui de renommée internationale, où l'on peut goûter les joies du ski, du VTT et de la montagne, aussi bien l'hiver que l'été.

Politique et administration

Démographie

Sports De nombreux sports de plein air se pratiquent sur le domaine de la commune, dont : bateau, avec la base nautique - plan d'eau du lac du Chambon alpinisme randonnée en montagne VTT, vélo de descente ski alpin, notamment aux Deux Alpes (station de sports d'hiver) randonnée avec raquettes à neige

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Porte romaine de Bons vignette|upright|Porte romaine de Bons vers 1900. Cliché H. Ferrand.

La porte romaine de Bons est située au-dessous du hameau de Bons, sur la commune de Mont-de-Lans, sur le chemin descendant vers le Chatelard et Le Bourg-d’Oisans. C’est un arc monumental taillé dans le rocher, les traces d’outils sont nettement visibles sur une des parois. Une demi-arche, d’une ouverture de et d’une flèche de domine l’ensemble. Au niveau du sol, sa largeur est de , une banquette à de hauteur la borde des deux côtés. Une corniche souligne élégamment la naissance de l’arc. Le sol est un rocher très lisse sur lequel se distinguent très nettement deux rainures profondes, de 6 à , et présentant un écartement variant de à . En plusieurs endroits du chemin, ces traces se retrouvent.

La présence de cet ouvrage travaillé en pleine nature, loin de toute habitation pose de nombreuses questions. Le sculpteurs qui l’ont creusée ont certainement voulu signifier quelque chose, l’hypothèse actuelle est qu’elle symbolise la moitié du parcours de Grenoble à Briançon, et qu’elle pouvait également servir de poste de péage.

Héricart de Thury signale deux portes sous Bons, au début du . La seconde, située en aval, se serait écroulée très tôt, mais lors de la visite de Florian Vallentin, en 1876 et 1877, il révèle qu’il a remarqué les vestiges de cette seconde porte, à en aval. Le cadastre de Mont-de-Lans semble avoir conservé ce souvenir, puisque le lieudit se nomme « les Portes » et non pas la porte.

Florian Vallentin note également à Mont-de-Lans, la présence d’un banc de rochers, taillé de main d’homme, « au pied du Calvaire » qui attesterait du passage de la voie romaine en ce lieu.

La porte romaine de Bons est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du , http://www.rhone-alpes.territorial.gouv.fr.

L’église

L’église de Mont-de-Lans qui domine le village, a été construite en plusieurs épisodes. On retrouve son origine dans l’appellation « ecclesia de lento » en 1028. Sa partie ancienne présente des décorations en tuf.

Le clocher actuel, de style roman a été construit en 1627 par les gens du pays. Mais une cloche avait été fabriquée en . En 1772, le curé, Laurent Barruel entreprend de faire agrandir les bâtiments, contre l’avis d’une partie de la population, dont le consul Pellorce. Cependant, avec l’aide bénévole d’autres membres de la communauté, il parvient à ses fins. Dans les années 1930, deux chapelles ont été démolies car leur vétusté devenait dangereuse. Au même moment, pour protéger la pierre extérieure des intempéries, le conseil municipal vote des travaux de réparation et décide d’enduire les murs d’un crépi gris. En 2007 et 2008, des travaux de réfection ont été entrepris pour enlever le crépi fait en 1931. Aujourd’hui, même si elle n’est plus utilisée pour des messes dominicales régulières, elle reste le centre du village et le bâtiment qui réunit les habitants pour des concerts.

Le clocher

Présentait sur sa face sud un cadran solaire, dont la devise était : Tempus orandi et memorandi novissima nostra (le moment de prier et de penser à nos derniers instants). Il abrite à l’heure actuelle : trois cloches. De taille et de poids différents, leur acte de naissance est inscrit sur leurs flancs. La plus ancienne, qui est aussi la plus petite, fut fondue et installée durant le sacerdoce de le curé Laurent Barruel, le prêtre à l’origine de l’agrandissement de l’église.

1 : Diamètre : , poids : Je m’appelle Marie Amélie Thérèse, je suis don de Julien Marie Fleur. Mon parrain : Daniel Clémence Ramel de New York, allié Pierre Amélie Villard. Mon petit parrain : Oddoux Pierre de Bons, fils Oddoux Albert, petit-fils Albert Rousset. Ma Marraine, Marie Sidonie Amélie Étienne Pierre Veyrat, née Et. Pellorce ex maire de Mont de Lans. Ma petite Marraine, Mle Adélaïde Pellorce. G Aymard le curé. Pierre Veyrat Maire du Mont de Lans, . Monet et C. fondeurs à Lyon Laudate Dominum.

2 : Diamètre , poids , Faite par don de Michel Martin, Sainte Marie Majeur Priez pour nous. Mon parrain Grégoire Anselme Perrin entrepreneur de la nouvelle ..(route) Ma marraine dame Euphrosine Bertrand, née Gondrand Jacques Roux Maire A Bouvier recteur An Aoust 1810

3 : Diamètre , poids Sieur Jean Veyrat parrain Dle Madeleine Vieux Marraine Messire Laurent Barruel curé Sr Étienne Pellorce consul 1766 « Sainte Marie Priez pour nous »

Les fonts baptismaux datent de la fin du , (1880).

Les bénitiers

L’ancien est une grosse pierre brute, creusée, incrustée dans le mur près de l’ancienne porte d’entrée. donnant sur le cimetière. Le « nouveau » date de 1838. C’est une vasque de pierre évidée, gravée « Chalvin » une partie est ébréchée, à la suite d'une chute durant des travaux récents. Cette vasque est supportée par un trépied, et ceinturée de métal peint en noir dans laquelle est gravé en creux : Pierre Bellet 1838.

Le maître-autel

Il est peint en trompe-l'œil imitant le marbre et présente une élévation imposante évoquant la silhouette d’un personnage aux bras grands ouverts, en signe d’accueil. De chaque côté, deux autels latéraux supportant des statues dorées. Celui de droite, est dédié à la Vierge, celui de gauche, à saint Joseph et Jésus. L’enfant, la main droite levée en un signe de bénédiction, tient un lys blanc sur son bras gauche. Sur les murs latéraux de la nef, sont accrochés des tableaux représentant les 13 stations du chemin de croix. Ils ont été exécutés par des élèves peintres, habitant Mont-de-Lans pour la majorité, sous la direction de leur maître, Madame « Marion ».

Patrimoine culturel

Musée Chasal-Lento