La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, en abrégé MINUSTAH, est une mission de maintien de la paix de l’Organisation des Nations unies en Haïti en opération de 2004 au .. La composante militaire de la mission est dirigée par l’armée de terre brésilienne. Le commandant de la force est brésilien.

En , la force était composée d'un total de personnels en uniforme, qui comprenait soldats et policiers, appuyés par un personnel civil international, un personnel civil et des volontaires des Nations unies .

Le , la mission de la Minustah est terminée, la Minujusth (Mission des Nations Unies pour l'appui à la justice en Haïti) prend le relai sur le volet des actions de soutien de l’ONU aux forces de l’ordre et la justice haïtienneClôture de la MINUSTAH, minustah.unmissions.org, consulté le 05 septembre 2019.

Historique Conformément à son mandat, la MINUSTAH est requise de concentrer l'utilisation de ses ressources, y compris la police civile, sur le renforcement de la sécurité et la protection durant la période électorale et d'aider à la restauration et au maintien de l'État de droit, de la sécurité publique et l'ordre public en Haïti . La MINUSTAH est créée par la résolution 1542 du Conseil de sécurité des Nations unies du . Le déploiement de la MINUSTAH a démarré le .

La communauté haïtienne était confrontée à une réalité instable d’ordre public. Dans les rues des marchés centraux, des étudiants ont organisé des manifestations pour réclamer la destitution du président Jean Bertrand Aristide. Les manifestants ont réussi à prendre en otage un commissariat de police dans la ville de Gonaïve. Les protestations se poursuivaient, si bien que le secteur de la chambre des commerces et des industries se sont dits vivement préoccupés par la détérioration du climat de sécurité à Port-au-Prince, notamment la chambre des commerces et de l’industrie d’Haïti (CCIH) a lancé l’alerte à la communauté internationale quant aux climats d’insécurité politique et civil. D'après ce qu'ils disaient, les responsables de parti politique ou de regroupement revendiquaient ouvertement leur appartenance à un parti et commettaient des actes de terreur, de vandalisme et d'attaques répétées. Le , des partisans armés et illégaux de Jean-Bertrand Aristide ont assassiné cinquante personnes membres de la RAMSICOM dans le quartier de la Scierie, à Saint-Marc, ils sont connus sous le nom d’hommes de main qui terrorisaient la population. Le , des rebelles armés sous le commandement de l’ex-dictateur Raoul Cédras prennent le contrôle de la ville de Hinche au centre est du pays. Le , au cours d’une manifestation de l’opposition à Port-au-Prince, des journalistes ont été blessés en raison des violences perpétrées par les partisans du président Aristide. Le , le Cap-Haïtien tombe aux mains des rebelles.

En 2004, les Casques bleus de l'ONU prennent d'assaut Cité Soleil dans une tentative de s'emparer du contrôle de la région et de mettre fin à l'anarchie.

En 2004, des organisations indépendantes pour la protection des Droits de l'Homme accusent la MINUSTAH et la Police nationale d'Haïti (PNH) de collaborer à de nombreuses atrocités contre les civils .

En 2004 à Cité Soleil, l’anarchie régnait parmi les civils après le départ d’Aristide. Des brigands ont organisé des regroupements prétendant partisans du président Aristide, leurs actes de violence qu’ils ont commis étaient d’une ampleur démentielle, car des jeunes âgés de douze à vingt ans étaient lourdement armés. Les pays voisins et le Conseil de la sécurité nationale ont été marqués par cet épisode en Haïti, ils ont considéré l’envoi de l’armée MINUSTAH comme indispensable pour stabiliser les émeutes. Cependant, l’opération de MINUSTAH a suscité des controverses, car on le reproche d’action irrationnelle.Cette dernière était le résultait d’un manque d’effectifs et d’autre part, des victimes haïtiennes blessées lors d’interventions policières. En , le porte-parole de la force militaire, colonel El Ouafi Boulbars, a répondu aux accusations de violence irrationnelle envers des innocents. Dans un communiqué de presse en Haïti, il déclare que les criminels ont essayé tout leur possible pour s’opposer à l’opération militaire et certains ont été tués ou blessés. Cette opération faisait partie des efforts déployés de la MINUSTAH afin de mettre fin à la violence à la capitale, Port-au-Prince. Leur principale préoccupation fut de réaffirmer leur engagement à assurer la sécurité et la stabilité de Port-au-Prince.

L'ONU, après avoir à maintes reprises nié d'avoir pris la vie de tous les civils, a plus tard annoncé que des civils aient pu avoir été tués, mais a fait valoir que ce n'était pas intentionnel, et que cela s'était produit comme une conséquence de leur répression à l'égard de ce qu'ils ont appelé des « gangs ». Ils ont également déclaré que les Nations unies et la MINUSTAH regrettait profondément toute perte de vie lors de l'opération .

Au début de l’année 2005, le lieutenant-général Augusto Heleno Ribeiro Pereira commandant des forces de la MINUSTAH a témoigné devant une commission du Congrès du Brésil, que « nous sommes sous une pression extrême de la communauté internationale à recourir à la violence », citant le Canada, la France, et les États-Unis. Plus tard dans l'année, il a démissionné, et le , il a été remplacé par le général Urano Teixeira da Matta Bacellar en tant que commandant des forces de la MINUSTAH. Le , Bacellar a été retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel . Son remplaçant par intérim était le général Eduardo Aldunate Hermann du Chili.

Le , il est annoncé que le général brésilien José Elito Carvalho de Siqueira serait le remplaçant permanent pour Bacellar à la tête de l'Organisation des Nations unies en Haïti .

Le , par la résolution 1658 du Conseil de sécurité, le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies a prorogé le mandat de la MINUSTAH jusqu'au .

vignette|droite|200px|Ruines de l'Hôtel Christopher siège de la MINUSTAH à Haïti en . La MINUSTAH est également un précédent pour la première mission de la région à être dirigée par les militaires brésiliens, et presque entièrement composé de forces d’Amérique latine, en particulier du Brésil, de l’Argentine, du Chili, de Bolivie, de l’Équateur et de l’Uruguay (environ 900 hommesContinúa la febril búsqueda de oficial del Ejército entre escombros de base de ONU, La República, 14 janvier 2010). Depuis le , la mission est dirigée par le Tunisien Hédi Annabi.

Lors du tremblement de terre d'Haïti de 2010, son quartier général situé à l'hôtel Christopher a été en partie détruit et plusieurs dizaines de membres de son personnel sont portés disparus dans cet hôtel ainsi que dans l'hôtel Montana.

Le tremblement de terre a été enregistré de magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter, près de 102 personnes de la MINUSTAH ont perdu la vie. L’état d’urgence a été proclamé à l’intérieur du pays, mais en dépit de cette situation tragique, la MINUSTAH a joué un rôle primordial dans la sécurisation des zones urbaines et des camps haïtiens en mouvement. Le rapport du représentant spécial du secrétaire général de la MINUSTAH, Edmond Mulet, fournit un rapport sur la situation géographique après le séisme. Selon son témoignage, une personne sur 10 aurait été tuée dans la capitale et qu’au cours des jours qui ont suivi, Haïti a vécu les moments les plus sombres de son histoire tumultueuse. Il a salué le rôle crucial de la mission des Nations unies, ils ont fait preuve d’assistance humanitaire sur des terrains à très haut risque de glissement de terrain. Après le séisme, la MINUSTAH a sévèrement été touchée sur le plan effectif. Par la résolution 1908 et 1927 du et du , le Conseil de sécurité des Nations unies augmente les effectifs de la MINUSTAH à la suite du tremblement de terre. Sur le plan humanitaire, le système de santé, les services d’approvisionnement ainsi que le gouvernement ont besoin d’être organisés. De ce fait, Elisabeth Byrs, porte-parole à Genève du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), a déclaré que cette tragédie était la plus grave que les Nations unies avaient connue jusqu’à présent. Selon ce que rapportent les secouristes internationaux, ils ont l’impression d’intervenir dans un climat d’émeute. Ainsi, l’organisation non gouvernemental (ONG), le Comité de secours internationaux (COSI), provenant de l’Ardèche, ont été la cible de tirs le , ils expriment leur gratitude envers les forces de sécurité de l’armée brésilienne qui leur avaient sauvé la vie et ont annoncé leur retrait opérationnel.

L'objectif des collaborations entre les Nations unies et les autorités internationales La MINUSTAH a été l’une des premières missions onusiennes où la restauration de la démocratie justifiait une action militaire en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations unies. Avant l'adoption de la résolution no1542 du Conseil de sécurité en 2004, la MINUSTAH était le résultat stratégique du président Jean Bertrand Aristide et de son parti Fanmi Lavalas pour maintenir un pouvoir politique en place. Les États-Unis, le Canada et la France furent les principaux acteurs extérieurs d’Haïti. Ils ont offert au peuple haïtien du soutien en envoyant des soldats pour le maintien de la paix. Les Nations unies et l'Organisation des États américains (OEA) ont salué leur efforts après le premier coup d’État militaire contre Aristide qui a duré 3 ans depuis 1991. En 2004, le chaos en Haïti qui a conduit la fuite du président Aristide en exil indiqua à l’organisation internationale (ONU) qu’une intervention humanitaire était nécessaire. En réponse à la demande des autorités intérimaires et du président Aristide, l'ONU a mis en place une intervention de la Force multinationale intérimaire en Haïti (FMI). Puis, depuis 2004, ce sont l'Argentine, le Brésil et le Chili qui ont été chargés de maintenir la stabilité en Haïti. Le Brésil s'était engagé à coopérer en matière de sécurité internationale, étant donné sa stabilité économique et politique. Le Chili a exprimé son soutien à la MINUSTAH en offrant des soldats militaires aux opérations de paix lors de l’instabilité civile du dimanche . L’ONU a été intéressée par l’initiative du Chili d’intégrer une force multinationale avec la France, le Canada et les États-Unis. L’ONU a également exprimé son souhait de s’appuyer sur les puissances régionales, en partie à cause des missions militaires précédentes qui étaient d’une grande importance, étrangères à la réalité haïtienne, mais avaient échoué. Cependant, l’Argentine était la moins enthousiaste à prendre part à la mission. Dans une large mesure, l’hésitation traduisait l’opinion populaire qui rattachait les OMP (opérations de maintien de la paix) à l’administration Menem. Sous le gouvernement Menem, qui était impopulaire à l’époque, l’Argentine a participé à 22 OMP dans les années 1990. Néanmoins, après ces hésitations initiales, l’opinion a évolué au fur et à mesure que la coopération de l’Argentine avec les forces armées voisines et l’opinion sur la politique de défense passée a été modifié.

Rapports et résolutions de l’Organisation des Nations unies vignette|180px|droite|Un soldat brésilien de la MINUSTAH avec une jeune fille d'Haïti. Le , le Conseil de sécurité des Nations unies a été convoquée à la demande de CARICOM pour la première fois en quatre ans pour traiter de la détérioration de la situation en HaïtiRapport du Conseil de Sécurité du 26 février 2004. S-PV-4917. Consulté le 18 octobre 2007.

Le , le Conseil de sécurité a adopté une résolution prenant acte de la démission de Jean-Bertrand Aristide en tant que président d'Haïti et de la prestation de serment du président Boniface Alexandre, comme le président d'Haïti, conformément à la Constitution d'Haïti et a autorisé le déploiement immédiat d'une force multinationale intérimaireRésolution 1529 du Conseil de sécurité du 29 février 2004. S-RES-1529 (2004). Consulté le 18 octobre 2007.