Aubenton est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.
Géographie Aubenton doit son nom à sa localisation à la confluence proche (sur la commune de Hannappes à l'est) de l'Aube et du Thon, également orthographié « Ton ». On trouve aussi l'appellation « Aubenton-en-Thiérache » pour faire référence à cette région formant les contreforts du Massif ardennais et englobant une partie des départements de l'Aisne, du Nord, des Ardennes, et des provinces belges de Hainaut et de Namur.
Communes limitrophes
Aubenton est limitrophe de sept communes : Brunehamel, Iviers, Beaumé, Leuze, Any-Martin-Rieux, Logny-lès-Aubenton et Mont-Saint-Jean.
vignette|centré|250px| Entrée de la commune.
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Ton, le Goujon, le Fond Saint Hubert, le cours d'eau 01 de la commune de Beaumé, le cours d'eau 01 de la commune de Logny-les-Aubenton, le cours d'eau 05 de la commune de Brunehamel, le cours d'eau 05 de la commune de Logny-les-Aubenton, le ruisseau de Beaume, le ruisseau de l'étang Polliart, le ruisseau du Bois Carbonnet et le Ton.
Le Ton, d'une longueur de , prend sa source dans la commune d'Auvillers-les-Forges et se jette dans l'Oise (rive gauche) à Étréaupont, après avoir traversé .
Le Goujon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Ton à Martigny, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'AubentonLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Fontaine-lès-Vervins à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Aubenton est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Hirson, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (68,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (68,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (42,2 %), forêts (28,2 %), terres arables (24 %), zones urbanisées (2,9 %), zones agricoles hétérogènes (2,7 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le bourg est cité pour la première fois en l'an 1169 sous le nom d'Albenton dans un cartulaire de l'abbaye de Saint-Michel. Le nom évoluera encore de nombreuses fois en fonction des différents transcripteurs : Feodum de Aubentonio, Aubentonnum, Beata-Maria-de-Aubentonnio, Notre-Dame-d'Aubenton et enfin la dénomination actuelle Aubenton au sur la carte de Cassini..
Le bourg est traversé du sud-est au nord-ouest par la rivière Ton.
Histoire Une histoire marquée par les guerres De l'époque romaine, le relief d'Aubenton conserve quelques vestiges d'une première enceinte fortifiée (bâtie à partir de l'an 21) et couvrant environ. Comme toute la Thiérache, dont les églises fortifiées témoignent du passé difficile, la ville connaît une succession d'heures noires, à toutes les époques, et notamment pendant la guerre de Cent Ans, puis pendant les guerres de Religion et toutes les batailles du Nord (Condé, Turenne) de la guerre de Trente Ans, et enfin pendant les deux conflits du .
Vers 1234, Nicolas V de Rumigny prend possession des terres d'Aubenton, de Logny et de Buirefontaine, cédées par son cousin Hugues de Châtillon et sur lesquelles sa mère, Mathilde d'Avesnes, avait des droits.
C'est le que la ville obtient l'indépendance par une charte communale octroyée par Nicolas V, seigneur de Rumigny, charte qui prévoit en particulier l'instauration d'un "mayeur" (maire) et de "jurés" pour administrer la ville, ainsi que des échevins pour rendre la justiceSelon Maximilien Melleville, dans son Dictionnaire historique du département de l'Aisne, 1875 (pages 31 et suivantes de l'édition papier, vues 54 et suivantes de l'édition numérisée par Google).
Guerre de Cent Ans left|thumb|Philippa de Hainaut, reine d'Angleterre. Dans la première moitié du siècle, Aubenton est une prospère cité drapière dont les marchands fréquentent la foire du Lendit près de Paris.. Un des nombreux épisodes de la guerre de Cent Ans, raconté par le chroniqueur Jean de Froissart, s'intitule : « Comment la ville d'Aubenton fut prise et conquise par force et toute pillée… ». Froissart habite Chimay (Belgique actuelle, à d'Aubenton). Cette ville, comme tout le Hainaut sont du côté de la couronne anglaise : elle appartient au comte Jean de Hainaut, beau-frère du roi Édouard III d'Angleterre qui est marié à Philippa de Hainaut. En représailles de faits antérieurs, Chimay est pillée par les gens du roi de France en 1340 ou 1338 selon les chroniqueurs, qui se replient sur Aubenton avec armes et butin, ce qui provoque une terrible réaction des comtes de HainautDans ce qui suit, l'orthographe des textes anciens est partiellement modernisée pour faciliter la lecture.:
left|vignette|Gravure anglaise d'après les enluminures de Jean Froissart. The Earl of Hainault Takes and destroys Aubenton. thumb|droite| La Tour de Chimay du . Pendant que Jean et Guillaume II de Hainaut se recueillent devant le monastère, la ville est mise à sac : avec des chiffres sans doute exagérés, on rapporte la mort de 500 combattants et ... sans compter les femmes et les enfants. Les « rue du sang » ou « rue du sac » en garderont la mémoire. Plus loin, Froissart indique qu'il y aura terrible vengeance :
left|vignette|Vignette représentant l'attaque des barrières de la ville d'Aubenton par le comte de Hainaut. Issu du Dictionnaire raisonné de l'architecture française du , par Eugène Viollet-Le-Duc, 1856. Un chroniqueur contemporain anonyme, bourgeois de Valenciennes, raconte :
« [Ils] chevauchèrent parmi la Terrasse [la Thiérache !] tant qu'ils vinrent à Aubenton une bonne ville où on fait bonne draperie, en laquelle ville y avait grand planté de gens d'armes de par le roy de France pour la ville garder, et y était le sire de Vervins. Et quant le conte de Haynault et ses gens furent venus devant la ville et qu'ils eurent avisé et regardé auxquelles il ferait meilleur à assaillir, il fit crier alarme et assaillir vivement. Et lui-même son propre corps alla à l'assaut. (…) Et là eut grand assaut et merveilleuse bataille. Là furent maints hommes navrés, blessés et tués, et avait dedans la ville grand noise et grand crierie de femmes et d'enfants. (…) En la fin fut la ville prise par force et toute pillée (…) et puis boutèrent le feu par toute la ville, et moult y eut grand gain, car la ville était moult riche. »
Si la ville était effectivement riche d'industrie drapière avant ce pillage, elle ne possédait nullement d'aussi beaux monuments que représentés sur ces gravures et sur l'enluminure originale de Froissart (à la bibliothèque nationale) qu'elles reproduisent. De fortes palissades de bois tenaient lieu de remparts. De véritables fortifications, en brique cette fois, sont de nouveau érigées à partir de 1348. Il en subsiste deux tours, la tour de Chimay et la tour Daniel.
Le Hainaut est mis à feu et à sang mais Philippe VI ne peut exploiter son succès car Édouard remporte une victoire décisive et décime la noblesse française lors de la bataille de Crécy en 1346, un peu avant de mettre le siège et s'emparer de Calais.
Fin du Moyen Âge La guerre de Cent Ans et la Peste noire réduisent considérablement la population et l'enceinte doit être réaménagée, réduite à 1/6 de sa dimension antérieure. Cependant, en 1413, Aubenton compte encore parmi les bonnes villes du diocèse de Laon, derrière Guise, Vervins et Ribemont. Pendant des siècles, Aubenton vit sous la menace des guerres. Un réseau de souterrains et caves de grandes dimensions permet de stocker le vin mais assure aussi un abri à la population : ils serviront encore pendant la Seconde Guerre mondiale.Description des souterrains dans l'Inventaire du patrimoine culturel de Picardie..