vignette|La température corporelle est principalement ressentie au niveau de la tête.

La température corporelle humaine est maintenue constante, l’être humain étant un organisme homéotherme.

On considère généralement que la température basale usuelle du corps humain est de , cependant cette valeur dépend de l'endroit du corps où est faite la mesure, de l'instrument de mesureThermometre rectal, buccal, axillaire, frontal, auriculaire, etc.., de l'heure de la journée et du niveau d'activité de la personne. Une température corporelle normale se situe ainsi entre et .

Évolution récente de la température interne humaine Au milieu du , le médecin allemand Karl August Wunderlich réalise des travaux sur la fièvre qui contribuent à la mise au point de l’usage du thermomètre en médecine. En 1868, sur la base de relevés concernant et impliquant un million de mesures axillaires, Wunderlich établit dans son ouvrage Les variations thermiques dans les maladies, la température normale du corps humain entre 37 et (plage de pour une personne en bonne santé) Herbert Mehrtens, Normalität und Abweichung: Studien zur Theorie und Geschichte der Normalisierungsgesellschaft, Vandenhoeck und Ruprecht, 1999. Cette moyenne devient alors un lieu commun médical et populaire.

Dans les années 1980 des études distinguent avec plus de précision la prise de température orale, rectale, tympanique et axillaire, et relèvent une moyenne plus basse que . Elles montrent aussi que la température interne est plus élevée chez les jeunes et les femmes..

En 1994, selon le professeur Philip Mackowiak, la température axillaire normale est comprise entre et ..

En 2002, Sund-Levander concluent d'une revue de 27 études récentes que la température moyenne est au début du uniformément inférieure à l'estimation de Wunderlich..

En 2017, à partir de près de de température de plus de anglais (température orale), Obermeyer estiment la température moyenne à ..

Selon Myroslava Protsiv (2019), la température moyenne d'un Américain a également chuté de depuis l'époque de la Guerre civile Rodrigo Pérez Ortega (2020) Human body temperature has declined steadily over the past 160 years, Science News, 10 janvier 2020. et cette baisse de la température corporelle moyenne n'est pas due à un biais de mesure, mais à la population actuelle qui développe moins d'infections, notamment grâce à un accès plus généralisé à l'eau potable, aux vaccins et aux antibiotiques, et qui bénéficie de logements mieux chauffés. Ces conditions de vies réduiraient l'inflammation des tissus corporels et donc leur température..

Ce changement continu ( par décennie de naissance) d'un marqueur du taux métabolique a été observé au sein de trois grandes cohortes et . Il pourrait en partie expliquer l'évolution de la longévité depuis 157 ans (à l'époque des relevés de Wunderlich, l'espérance de vie n'était que de 38 ans et les infections chroniques non traitées (tuberculoseJF Murray DE Schraufnagel PC Hopewell (2015) Treatment of tuberculosis. A historical perspective|Annals of the American Thoracic Society 12:1749–1759. https://doi.org/10.1513/AnnalsATS.201509-632PS, syphilisM Tampa I Sarbu C Matei V Benea SR Georgescu (2014) Brief history of syphilis Journal of Medicine and Life 7:4–10., parodontitesD Richmond (2014)No teeth, no man: dentistry during the civil war 2018.…) touchaient une large partie de la population générale.

Facteur influant sur la température corporelle Les échanges de chaleur qui se produisent chez un individu entre son corps et l'environnement sont tous envisagés par les lois de la thermodynamique.

Le premier principe de la thermodynamique, celui de la conservation des masses et de l'énergie, dit que l'énergie chimique dans les aliments, si elle n'est pas dépensée dans des efforts physiques, ou en élévation de température lors de l'effort physique, sera transformée en graisse. Le second principe de la thermodynamique dit que la chaleur s'écoule toujours d'un milieu à haute température vers un milieu à basse température, ce qui se produit habituellement pour le corps au contact de son environnement.

Les échanges de chaleur se réalisent par évaporation, par conduction, par convection, par rayonnement. L'énergie restante est le travail. L'évaporation est sensible à l'humidité, les autres modes d'échange thermique ne le sont pasVéronique Billat. Physiologie et méthodologie de l'entraînement: De la théorie à la pratique. De Boeck Supérieur, 15 mai 2003 - 224 pages. lire en ligne.

Les pertes de chaleur du corps humain se répartissent comme suitRené Vittone. Bâtir: manuel de la construction. PPUR Presses polytechniques, 10 juin 2010. Consulter en ligne J. B. G Barbier. Traité élémentaire de matière médicale. établissement encyclographique, 1837. lire en ligne : rayonnement infrarouge, environ 54 % ; évapotranspiration, environ 29 % ; convection, environ 14 % ; conduction, environ 3 %.

Causes de refroidissement Par rayonnement Le corps se refroidit par rayonnement dans la mesure où il se trouve dans un environnement qui est plus froid que lui.

Par la transpiration cutanée La fonction principale de la transpiration animale chez les homéothermes est la régulation thermique par évaporation. La transpiration retire un certain nombre de calories de l'organisme (L'évaporation d'un litre de sueur absorbe .) La transpiration est accrue par l'élévation de température, par la sécheresse de l'air, par les mouvements de l'air, par l'échauffement de la peau, elle est diminuée par l'air froid, par la stagnation de l'air, par l'humidité de l'air et par le refroidissement de la peau.

Par la transpiration pulmonaire De la vapeur est exhalée par la respiration. De plus, les volumes d'air introduits dans les poumons par la respiration se trouvent ordinairement à une température plus basse que celle du corps, ce qui provoque un refroidissement de celui-ci (Voir convection).

Par la conduction ou par convection Les pertes de chaleur par conductivité thermique supposent que les corps qui touchent celui de l'humain se trouvent à une température plus basse que lui, et parmi ces corps c'est l'air atmosphérique qui le plus constamment est la cause de ce refroidissement, par convection (une forme de conduction). La perte de chaleur par conduction est extrêmement limitée chez les animaux ou chez les humains pour les raisons suivantes : les animaux dont la température est élevée sont revêtus d'enveloppes naturelles qui sont de très mauvais conducteurs de chaleur, la fourrure, les plumes ou les duvets, et l'humain, dont la peau est nue, se couvre d'enveloppes artificielles, les vêtements, qui jouissent des mêmes propriétés (Isolation vestimentaire) ; les parties de surface du corps qui sont en contact avec un corps froid se refroidissent rapidement, la circulation devient lente ou presque nulle et la transmission de chaleur s'arrête ou devient très lente. Par exemple la peau d'un corps plongé dans un bain froid devient rapidement pâle, et presque aussi froide que le bain lui-même. En cela, elle est presque réduite à la condition de membrane inerte, conduisant très mal la chaleur et servant d'enveloppe au reste du corps.

L'exposition à un vent froid, compliquée (si ce vent est sec) par une évaporation, peut produire un refroidissement important (refroidissement éolien). Certains explorateurs polaires ont remarqué que l'on supportait mieux une température de par vent calme que par un vent vif.

Causes de réchauffement L'organisme tend à réguler naturellement les déperditions thermiques (Voir plus loin, régulation).

Un environnement chaud contribue au réchauffement du corps : le corps reçoit de la chaleur par conduction ou par rayonnement pour peu que les surfaces et l'ambiance extérieure soient plus chaudes que la température corporelle.

Une infection virale (grippe), une activité physique ou bien un coup de chaleur augmente la température corporelle.

D'autre part l'humain s'est créé un environnement qui vise à limiter les déperditions (vêtements, parois isolées de son habitat), quand il ne va pas puiser dans les ressources du chauffage les calories qui lui permettent de créer un milieu qui va contribuer à la conservation de son équilibre thermique, soit en limitant les surfaces ou ambiances froides, soit en communiquant directement des calories (par rayonnement, conduction) à son organisme.

Le chauffage et la climatisation visent, au-delà des besoins physiologiques, à réaliser un confort thermique qui pour beaucoup est culturel (confort adaptatif).

Dans le contexte du réchauffement climatique, les nuits chaudes, parfois dites "nuits tropicales" vont devenir, y compris en zone tempérée, une source de réchauffement du corps rendant le sommeil plus difficile.

Régulation

L'hypothalamus, qui contient le centre thermorégulateur, reçoit des informations de tous les thermorécepteurs (cutanés et centraux) ; il analyse la température en permanence, et la compare à une valeur de consigne (environ ).

Lorsque la température du corps est supérieure à la valeur de consigne, l'hypothalamus provoque le phénomène de transpiration : l'évaporation de la sueur provoque un abaissement de la température de la peau. Dans le même temps, les artérioles cutanées se dilatent (augmentation du diamètre) afin de favoriser les échanges de chaleur avec l'extérieur.

Lorsque la température du corps est inférieure à la valeur de consigne, l'hypothalamus active plusieurs mécanismes de thermogenèse : réduction de la déperdition de chaleur à la surface du corps : vasoconstriction cutanée via le système nerveux sympathique (les catécholamines agissent sur les récepteurs adrénergiques alpha-1) pour diminuer les échanges thermiques entre la peau et le milieu ambiant. La chair de poule est également un mécanisme de thermogenèse, peu efficace chez l'humain en raison de sa faible pilosité ; augmentation de la production de chaleur : par l'activité musculaire : les frissons sont des successions de secousses cloniques de la musculature striée ne fournissant aucun travail mécanique, toute l'énergie étant libérée sous forme de chaleur, par le métabolisme : les catécholamines libérées par le système nerveux sympathique augmentent le métabolisme par lipolyse et glycogénolyse, ce qui induit la production de chaleur.

Variations Rythme nycthéméral La température corporelle varie naturellement de +1 ou selon le rythme nycthéméral. La température est au plus bas environ 3 heures avant le lever et au plus haut en fin d'après-midi vers .

Maladie Lorsque cette température est trop élevée, et que cette altération est produite par le corps lui-même — par exemple en réaction à une infection —, on parle de fièvre (qu'il convient de distinguer de l'hyperthermie résultant, elle, de l'accumulation de chaleur issue de l'environnement et/ou produite par un effort intense). Cette fièvre apparaît lors d’un dérèglement du système de régulation de la température par changement de la valeur de consigne. La fièvre peut se soigner en luttant contre sa cause (traitement de l’infection), en agissant sur la grandeur de consigne (aspirine, paracétamol, etc.) ou en refroidissant le corps de l’extérieur (bains frais, glace, etc.).

Lorsque la température centrale est trop basse, on parle d’hypothermie. Celle-ci peut être due à certains types d’infections ou à un refroidissement important ou prolongé.

Lorsque l’organisme n’arrive pas à compenser une variation de température imposée, il y a, selon le cas, coup de chaleur ou hypothermie, les deux pouvant être mortels à l’extrême.

Cycle menstruel Chez la femme en âge de procréer, la température matinale est un peu sous en début de cycle, et passe brutalement au-dessus au moment de l’ovulation (décalage thermique). Ce phénomène est utilisé dans la méthode des températures pour favoriser la grossesse ou à titre d'indicateur pour la contraception.

Adaptation au froid