Royal Sutton Coldfield (souvent appelé Sutton Coldfield) est une ville d'Angleterre, située dans le district métropolitain de Birmingham, dans les Midlands de l'Ouest. Elle comptait lors du recensement de 2001. Située à au nord-est du centre de Birmingham, elle fait partie de la conurbation des Midlands de l'Ouest.
Histoire
Toponymie L’étymologie du toponyme « Sutton » est apparemment « South Town » : D'après Histoire de Sutton Park.
Préhistoire Les premiers signes de présence humaine à Sutton Coldfield ont été découverts aux franges de la ville. Les recherches archéologiques préventives du chantier de la rocade de la M6 ont révélé la présence de foyers surélevés de l’Âge du bronze près de la ferme de Langley Mill, à Langley Brook. En outre, c'est sur cette commune qu'on a découvert les indices de l'un des deux seuls tumulus de l’Âge du bronze dans l'agglomération de Birmingham (l'autre se trouve à Kingstanding). Les fouilles ont aussi révélé la présence d'un habitat de huttes circulaires de l’Âge du fer entourées de fossés, daté entre 400 et 100 . Plus près du ruisseau de Langley (tributaire de la Tame), les fouilles ont mis au jour les vestiges d’une hutte circulaire isolée entourée d'un fossé, de la même période.
À Fox Hollies, près de la ferme de Langley Mill, les recherches archéologiques ont mis au jour des silex datant du Néolithique. Parmi les artefacts, on a reconnu des nuclei de silex et un grattoir retouché au couteau. La présence de ces nuclei suggère que le site était un atelier et qu'une colonie devait se trouver à proximité. En outre, on a dégagé là un foyer surélevé de l’Âge du bronze.
Dans son History of Birmingham, publiée en 1782, William Hutton décrit trois tumulus qui se dressaient alors le long de Chester Road à l'extrémité de Sutton Coldfield (aujourd'hui au-delà des frontières de la commune). Le site, au sud-ouest de Bourne Pool (que Hutton appelle, lui, Bowen Pool), s'appelle Loaches Banks et a été cartographié dès 1752 par le Wilks de Willenhall. Hutton avait interprété ces levées de terre comme les vestiges de mottes saxonnes mais de nouvelles recherches archéologiques menées par le Mike Hodder, aujourd'hui archéologue du Birmingham City Council, suggèrent plutôt un campement remontant à l'Âge du fer. Des siècles d'exploitation agricole ont pratiquement effacé toute trace de ces buttes depuis, et on ne voit plus leur emplacement que sur les photographies aériennes.
D’autres vestiges d’habitat pré-romain ont pu être préservés à Sutton Park. Ainsi un grand incendie survenu dans le parc en 1926 a révélé la présence de six autres buttes près de Streetly Lane, qui recouvraient des éclats de pierres et deux puits. L'âge de ces constructions reste indéterminé, mais les arguments en faveur d'une structure de l'âge du Bronze ont été repoussés. Ces buttes sont à présent recouvertes par la végétation. Plusieurs découvertes ont été faites autour du puits de Rowton's Well : des outils en silex, puis au , des charpentes équarries près du puits, dont la présence suggère l'existence d'une piste en rondins traversant la prairie, semblable à celles que l'on connaît dans la région. Une butte calcinée a été découverte à New Hall Valley.
La colonisation romaine vignette|Vestiges des circonvallations du camp romain de Metchley. C'est encore à Sutton Park que la présence des Romains dans la région est la plus visible : de la voie romaine d’Icknield Street, qui traverse le parc, ont été préservés. Cette chaussée, qui au niveau de la province reliait le Gloucestershire au Yorkshire du Sud, desservait localement le Fort de Metchley, Edgbaston et le village de Letocetum, aujourd'hui Wall (Staffordshire). Le meilleur point de vue sur cette voie est l’entrée du parc à Four Oaks : c'est de là que l'on voit le mieux cette chaussée en remblai large de . L’examen des couches de chaussée a montré qu'elle n'était faite que de gravier compacté, et n'a jamais été pavée. De part et d'autre de la voie, on trouve ici et là des fossés de drainage délimités par les arpenteurs romains, et encore au-delà les gravières d'où le matériau de la chaussée a été emprunté. Enfin on a découvert trois monnaies romaines le long de cette voie, entre Icknield Street et Sutton Park, et des fours de céramique en divers points de la ville.
Non loin du ruisseau de Langley et son site de l'Âge du fer, on a dégagé les vestiges d'un chalet en rondins et de cultures. Les céramiques trouvées à cet endroit ont été datées du et du , ce qui permet de l’identifier à une villa romaine.
La colonisation anglo-saxonne (600-1135) Pour protéger l’Empire romain des Grandes invasions du , les terrains de Sutton Coldfield, non-urbanisés, furent cédés Royaume anglo-saxon de Mercie. C'est sans doute au cours de cette période, lorsqu'on aménagea un relais de chasse sur la colline de Maney Hill pour les seigneurs de Mercie, que Sutton Coldfield devint un hameau. L'emprise de l'enclos de biches est encore visible dans Sutton Park, grâce au fossé et au banc de sable qui le délimitaient depuis l'ouest de Holly Hurst et Keepers Valley jusqu'à Lower Nuthurst et le sud de la mare de Blackroot Pool. Compte tenu du caractère marécageux de la vallée de Blackroot, l'enclos était certainement entouré d'une palissade. Côté est, on retrouve le fossé et le lit de sable jusqu'à Holly Knoll.
L'endroit prit le nom de Southun ou Sutton, le suffixe ton signifiant bourgade (au sud de Tamworth, alors capitale du royaume de Mercie). Middleton doit son nom au fait qu'elle se trouve entre ces deux hauts-lieux saxons. Coldfield s'explique soit parce que ce versant de la colline était exposé aux vents, soit parce que c'est là qu'étaient installés les fours de charbon de bois.
Le premier château, qui prit le nom de « Sutone », fut celui d’Edwin de Mercie sous le règne d’Édouard le Confesseur.À la mort d'Edwin en 1071, le manoir ainsi que le reste de la Mercie devint possession de la Couronne d'Angleterre et donc du nouveau monarque, Guillaume le Conquérant, et Sutton Chase devint ainsi Forêt royale.
Le manoir de Sutone est mentionné dans le Domesday Book (1086), qui lui attribue une superficie de , ce qui en fait le plus étendu de tous les villages en termes de terre arable.
Naissance de l'agglomération (vers 1135-1500)
Les maîtres du manoir Le domaine de Sutton demeura possession de la Couronne jusqu'à ce qu’en 1135, le roi Henri l’échange contre deux autres propriétés (celles de Hockham et de Langham dans le Rutland), avec Roger de Beaumont (2e comte de Warwick). Puis pendant trois siècles, Sutton resta fief des comtes de Warwick, mais avec de nombreuses interruptions. Sutton Forest n'étant plus un bien de la Couronne, elle redevint Sutton « Chase ».
Dans un acte de succession de 1242, au bénéfice d’Éla Longespee (Longue-Épée), la veuve de Thomas de Beaumont (6e comte de Warwick), cette terre est nommée « Sutton-in-Coldfield », et on trouve la même appellation dans l'acte de remariage de 1265 d’Éla avec Philip Basset. Le manoir de Sutton-in-Coldfield revint dans la famille des comtes de Warwick lorsqu’Éla l’échangea avec Guillaume de Beauchamp (9e comte de Warwick) contre le manoir de Spilsbury dans l’Oxfordshire. La première mention d'un manoir attaché à la terre de Sutton ne remonte qu'à 1315, à l'endroit dit Manor Hill, à l'ouest de l'église.
vignette|Au , sous l'impulsion de Ralph Braceridge, Sutton Coldfield devint un camp d'entraînement d'archers. Au cours du , Sutton Coldfield subit le contrecoup des revers de fortune de ses maîtres, les comtes de Warwick. Ainsi en 1397, Thomas de Beauchamp (12e comte de Warwick) vit ses terres confisquées par le roi Richard II pour sa participation à la conjuration des Lords Appellant. Sutton fut attribuée à Thomas Holland, comte de Kent. À la déposition du roi Richard II en 1399, Thomas de Beauchamp recouvra ses possessions mais mourut à son tour l'année suivante. En 1446, Henry de Beauchamp mourut laissant comme seule héritière du comté sa fille Anne (1444-1449) âgée de seulement deux ans. Le roi Henri VI se porta son tuteur et devait engranger les profits de cette terre jusqu'à la majorité de la comtesse. Mais Anne mourut en 1449, si bien que le titre de comtesse et les biens de la famille allèrent à sa tante Anne de Beauchamp, en dépit des contestations élevées par trois de ses demi-sœurs. Dans son Itinerary, John Leland indique que Richard Neville (16e comte de Warwick) et sa femme Anne de Beauchamp, auraient fait édifier un nouveau manoir en charpente, moyennant une permission accordée à Edward Mountfort par le roi Henri VI en 1460, ce qui suggère que le domaine était alors occupé par la famille Mountfort.
Malgré cela, Richard Neville retrouva son rang et ses biens, mais il mourut en 1471. En principe, sa femme Anne de Beauchamp aurait dû hériter du domaine mais il les légua par testament à ses filles et à leurs maris. Toutefois, l'aînée, Isabelle, contesta le testament et obtint tout l'héritage de sa sœur Anne. Isabelle mourut en 1476, léguant le manoir à son mari, Georges Plantagenêt. Or, dès 1478, ce dernier fut arrêté pour haute trahison et exécuté, et le domaine alla à son unique fils survivant, Édouard, alors encore en bas âge. La couronne prit les terres en gestion puis en 1486 les restitua à Anne de Beauchamp. Elle ne garda que Sutton et le roi lui restitua alors les autres domaines de son mari en 1489. Elle mourut en 1492, et tous ses biens furent récupérés par la couronne, qui reconstitua le domaine en 1528.
Une place stratégique thumb|Guy de Beauchamp (ici représenté sur un sceau de la Lettre des Barons de 1301) obtint une charte du roi. vignette|Le manoir de Peddimore Hall Le manoir de Sutton n'était pas la seule maison noble de Sutton : on sait que le manoir de Langley appartenait à la famille des Bereford de Wishaw dès le milieu du . Le manoir de New Hall, qui était peut-être à l'origine un relais de chasse, serait de la même époque : il est cité en 1327 lors d'un acte de vente entre William de Sutton et Robert de Sutton. C'est en 1281 qu'on mentionne la première fois Peddimore Hall, dans un acte de vente passé entre Hugues de Vienne et Thomas de Arden. On suppose que la famille Arden le tenait d'un des comtes de Warwick.
On ignore au juste à quel moment le village de Sutton commença à se développer mais en 1300, Guy de Beauchamp obtint une charte du roi Édouard lui donnant droit de marché tous les mardis et un droit de foire annuel au village, la veille de la Trinité. Pourtant Sutton ne fut jamais un bourg comme pouvait l'être Birmingham, et il semble que le marché n'était plus fréquenté lorsque Thomas de Beauchamp (11e comte de Warwick) le renouvela, accordant le droit de foire non seulement la veille de la Sainte-Trinité mais aussi de la Saint-Martin.
Au cours des et s, les cérémonies du culte se tenaient à la chapelle Saint Blaise. À la fin des années 1200, la paroisse construisit sa propre église, et son premier prêtre fut ordonné en 1305. Rebaptisée Église de la Sainte-Trinité, les seuls vestiges de l'édifice original sont les arcs-boutants trifoliés sous le vitrail Est, typiques de l'architecture du milieu du .