Thefarie Velianas est le nom qui apparaît sur les Lamelles de Pyrgi, datées d'environ 500 av. J.-C., comme étant celui qui a dédié le temple à la déesse Astarté (Uni pour les Étrusques).
Histoire et interprétations
Selon l'interprétation faite par Sabatino Moscati du texte punique de la lamelle, Thefarie Velianas était le « roi » (MLK) de Caere (aujourd'hui Cerveteri) dont Pyrgi était le port :
Hormis le nom, peu de choses sont connues de ce personnage, le plus ancien haut magistrat étrusque dont nous possédons les preuves formelles de son existence. Les autres, le lucomone de Chiusi, Porsenna, le roi de Rome Tarquin et Mastarna, sont connus à travers des sources littéraires comme Ab Urbe condita libri de Tite Live.
Caere est alors une ville plutôt hostile à Carthage. Le fait que les lamelles d'or avec la dédicace de Velianas soit rédigées en deux langues, l'étrusque et le punique, tend à démontrer que Thefarie Velianas a été imposé aux Étrusques par les Phéniciens à l'intérieur des alliances anti-helléniques dans la mer Tyrrhénienne. Il est probable que Carthage ai tiré profit de la crise provoquée par l'expulsion des Tarquins de Rome aux environs de l'année 509 av J.-C., afin de réaffirmer son contrôle des côtes de la mer Tyrrhénienne. Les traités Rome-Carthage datent de la même époque.
Ludovico Magrini écrit :
Tandis que Moscati souligne :
Caere est la seule ville étrusque à maintenir un thesaurus près du temple de Delphes, en Grèce, ce qui est le signe d'une politique étrangère philo-hellénique. Thefarie Velianas rend pourtant hommage de façon visible à la déesse carthaginoise Astarté, ce qui peut être considéré comme imposé par les Carthaginois, ou simplement attribué à un revirement politique interne à la ville.
L'inscription sur la lamelle semble établir que sa production, ainsi que la dédicace du temple, ont été effectués durant la troisième année du « règne ». La traduction exacte des concepts institutionnels reste difficile. Le "MLK" du texte punique correspond (ma attenzione, le lamine non sono traduzioni l'una dell'altra) à l'étrusque zilath, plus proche du terme romain rex ou du grec autocrator.
Il est encore déduit du texte phénicien de la lamelle que Thefarie Velianas recherche une justification de son propre pouvoir par une sorte de droit divin. Le texte dans la proposition de Moscati, déclame que dans le temple :
Une autre traduction du même texte précise :
Cela signifie que Thefarie Velianas tente d'attribuer à la volonté de la déesse le pouvoir qu'il exerce sur sa ville.
Alors on peut se rappeler des prises de pouvoir en Étrurie par des chefs militaires, vrais seigneurs de guerre qui, comme les frères Vibenna, occupèrent les espaces politiques que l'ancienne aristocratie n'arrivait plus à maîtriser. Un autre exemple est l'élection, mal perçue par les autres villes étrusques, du roi de Véies Lars Tolumnius peu d'années avant la chute de Véies dont parle Tite Live dans Ab Urbe condita libri (V.19).
Articles connexes Étrusques Bataille de Véies (-396)
Bibliographie AA.VV, (Mauro Cristofani) Etruschi: una nuova immagine, Giunti, 2000. Luciano Magrini, in «Archeologia», n. 25, janvier-février 1965. Sabatino Moscati, Italia Punica, Rusconi, Milan, 1995.
Sources
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