Ternay est une commune française, située dans le département du Rhône en région Auvergne-Rhône-Alpes. Elle fait partie des communes dites de l'Est lyonnais.

Géographie vignette|gauche|Vue en direction de Lyon.

Du point de vue géographique, le territoire situé en rive gauche du Rhône, étiré du nord au sud depuis Villeurbanne sur le rebord occidental abrupt du Pays du Velin, a reçu le nom de Balmes viennoises. Par rapport à cet ensemble Ternay est situé en position médiane. A 80 mètres environ au-dessus de l’axe fluvial qui les serre ici de très près, ce site perché est à l’abri du risque récurrent des inondations. Du point de vue historique, Ternay est situé à mi-distance de Lyon et de Vienne, les deux centres d’antique fondation dans le cadre de l’empire romain, en limite de leur zone d’influence respective. La dernière manifestation de cette rivalité est la modification du découpage départemental. Après les graves incidents de la raffinerie de Feyzin (1964), la commune a été détachée de l’arrondissement de Vienne et rattachée en 1967 au département du Rhône dont elle est devenue limitrophe par rapport au département de l’Isère.

L’autre caractéristique de la commune est sa proximité de la métropole lyonnaise. Dès lors que les rives du grand fleuve ont été maîtrisées, le couloir rhodanien est devenu un axe majeur de la circulation ferroviaire au milieu du et routière avec la construction de l’Autoroute du Soleil une centaine d’années plus tard. Par facile branchement sur cette dernière, les relations de la commune avec l’agglomération lyonnaise et donc les migrations quotidiennes de travail, ont été grandement facilitées. D’où le prodigieux essor démographique, la population ayant plus que quintuplé depuis la Libération.

Le , lors de la création de la métropole de Lyon, la commune n'est plus frontalière avec Millery par la création d'un corridor territorial reliant Grigny à la Métropole..

vignette|centre|En rouge le territoire de Millery qui a intégré Vernaison et la métropole, en bleu le territoire qui a rejoint Grigny.

Communes limitrophes Localisation

Géologie La commune repose sur le bassin houiller du Bas-Dauphiné (un lambeau synclinal du bassin houiller de la Loire), dont seul le secteur de Communay a été exploité...

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat du Bassin du Sud-Ouest, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne. et est dans la région climatique Nord-est du Massif Central, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 800 à , bien répartie dans l’année.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Genis-Laval à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , Ternay est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LyonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Lyon comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (56,6 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (49,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (33,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (22,9 %), forêts (16,7 %), zones agricoles hétérogènes (15 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (7,6 %), prairies (2,8 %), terres arables (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports vignette|alt=Tranchée de la voie ferrée à Ternay|Tranchée de la voie ferrée à Ternay.

La ligne de chemin de ferPLM reliant Paris à Marseille en passant par Lyon est construite en 1853-54 en passant par Ternay mais sans servitude par la compagnie ferroviaire, aucune desserte n’étant prévue. Les habitants doivent se rendre à la gare de Chasse-sur-Rhône. Pour mettre fin à leur protestation, une gare est construite et des arrêts programmés en 1900. Le bâtiment de la gare est détruit en 1997 et la halte est supprimée en 2007 par manque de trafic et transférée à Sérézin.

Au sud du village, le hameau de Flévieu abritait un bac à traille sur le Rhône ainsi qu'une petite communauté de mariniers qui vivaient du trafic fluvial.

Histoire Antiquité Dans l’Antiquité, le territoire de la commune est situé à l'écart des principales voies romaines de la vallée du Rhône : la plus ancienne, la voie d'Agrippa de Lyon à Arles, passe en rive droite, tandis que le compendium reliant Lyon à Vienne par la rive gauche passe plus à l'est.

Moyen-Age Même si l’on attribue la première implantation religieuse à des moines de Grigny au Haut Moyen-âge, le Rhône marquait la barrière au début du deuxième millénaire entre les puissances féodales du Forez et du Dauphiné.

La rigueur dont firent preuve les fondateurs de l’abbaye de Cluny en 910 dans la réforme des institutions monastiques suscita un puissant mouvement de générosité qui se traduisit par de nombreuses donations. Dans la région de Vienne, la première date de 923 du temps de l’abbé Bernon (910-926). Leur nombre ne cessa de croître sous ses successeurs Odon 926-942) et Mayeul (954-994). Ces donations étaient le fait de grands personnages comme Englebert, vicomte de Vienne, mais aussi de particuliers. Les raisons invoquées sont toujours les mêmes et on peut donner comme exemple, en 969, le cas de cet Aimulfus, de son épouse et de son fils motivés par « le salut de leurs âmes, en vue d’obtenir que Dieu les préserve de l’enfer et pour obtenir leur sépulture à Sancta Maria de Ternaico ». Les communes concernées par ces donations sont toutes situées au nord de Vienne à l’exception des Côtes d’Arey à 10 km au sud de cette ville où la chapelle Saint-Mamers en conserve le témoignage. Bientôt apparut la nécessité de fonder un prieuré chargé du contrôle de ce secteur. On a avancé la date de 966. Le prieur avait droit de patronage avec désignation du desservant de la paroisse. Il en était le grand décimateur ne laissant au curé que la portion congrue.

alt=fontaine Saint Mayol|vignette|redresse|La fontaine Saint Mayol.

Parmi les abbés, Ternay a conservé tout particulièrement le souvenir de Mayeul. Parti pour Rome pour y rencontrer le pape, il marqua un arrêt à Ternay et y accomplit deux miracles : en indiquant aux moines le lieu d’où jaillirait une source et en y guérissant un aveugle. Mayeul devait être canonisé peu après sa mort en 994 et le culte de ce saint devait être entretenu pendant de longs siècles. On venait à Ternay en pèlerinage pour le vénérer et parfois dans l’espoir d’une guérison, l’eau de la source étant réputée miraculeuse. On le choisissait pour prénommer les nouveau-nés. Il est toujours le patron de la paroisse et l’on célèbre sa fête chaque , jour de sa mort. On visite la fontaine abritée derrière une grille métallique.

Le prieuré de Ternay n’a jamais abrité que quelques moines. Dès la fin du Moyen Âge le désintérêt de Cluny pour ce site est évident. C’est alors que la famille lyonnaise La Porte va en prendre, en quelque sorte, le relais. Sous le règne de François . Aymon et Hugues de La Porte comptent parmi les plus actifs imprimeurs de Lyon. Ils financeront d’ailleurs le célèbre Sébastien Gryphe et créeront la première compagnie des libraires de la ville dont ils ont exercé huit fois le rôle de consuls ! Leur réussite sociale devait se concrétiser par la possession d’une résidence dans la proche campagne. Cette maison des champs, selon l’expression à la mode à cette époque, fut implantée en contrebas du prieuré, au couchant, avec vue dominante sur le Rhône. On ignore à quelle date les prieurs leur ont cédé leurs droits de seigneurie. Ils ont été les concepteurs et premiers propriétaires des bâtiments du château.

vignette|redresse|Armoiries du Bourg.

Le nom de La porte devait se perpétuer à travers les générations. Antoine, fils de Hugues, avait épousé en 1572 Hélène de Cousin qui, devenue veuve avait à son tour épousé en 1591 Claude de Buffevant, seigneurs de Flévieu. Leur fille Anne contracta un mariage avec Louis du Bourg. Ce dernier a transformé et agrandi le château qui a pris l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui. Ce sont les armoiries des du Bourg qui figurent sur la porte principale avec celles des Buffevant. Les rapports avec la population du village ont fluctué au fil des générations. Au , Anne de Buffevant, qualifiée de grande Dame de Ternay, a laissé un excellent souvenir grâce « à sa générosité et son bon cœur pour les humbles et les filles démunies ». Les du Bourg devaient rester les propriétaires jusqu’à la Révolution.