thumb|Statue issue de la frise du Parthénon, collection Elgin, British Museum, marbre pentélique. thumb|right|Chaire du dôme de Prato, Donatello et Michelozzo, 1428, cathédrale de Prato, Toscane, bronzes, mosaïques, marbre. 300px|thumb|right|Le péristyle du Grand Trianon de Versailles, avec colonnes, chapiteaux, pilastres et pavement en différentes variétés de marbre.
En géologie, le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire et constituée principalement de cristaux de calcite. En architecture, sculpture et marbrerie ce terme peut désigner n'importe quelle pierre (pierre marbrière) difficile à tailler et capable de prendre un beau poli, dont les plus courantes sont les « vrais » marbres (au sens géologique).
Les marbres de la géologie présentent une grande diversité de coloris, bien que la couleur de base de la calcite soit le blanc. On y trouve fréquemment des veines appelées marbrures. Les veines et les coloris sont généralement dus à des inclusions d'oxydes métalliques. Certains types de marbre portent des noms particuliers, par exemple le cipolin ou la griotte. Certains marbres, comme le vert antique, composés de calcaire et de serpentine, sont des ophicalces.
En marbrerie et en histoire de l'art, « marbre » désigne plus largement une pierre calcaire compacte (non poreuse et imperméable), ferme et solide, difficile à tailler (ne se taille pas avec une scie à dents), et surtout qui peut recevoir un beau poli. Dans ce cas il ne s'agit pas uniquement de roches métamorphiques, mais aussi de nombreuses roches calcaires sédimentaires non métamorphisées. D'autre part, une acception plus ancienne du mot inclut n'importe quelle pierre « lustrable », c'est-à-dire suffisamment compacte et dure pour que la surface puisse être polie et lustrée. Certaines roches polies qui ne sont pas définies géologiquement comme du marbre ni du calcaire, telles les granites et les porphyres, qui sont des roches magmatiques silicatées, ont été appelées également « marbre » et sont encore fréquemment appelées ainsi dans le langage courant. Les marbres au sens large sont l'objet d'une industrie florissante depuis la plus haute Antiquité.
Définition Le terme « marbre » serait d'abord une appellation traditionnelle dérivée du grec , qui signifie « pierre resplendissante », puis du latin marmorLe Petit Robert de la langue française 2006, s. v. marbre et Trésor de la langue française informatisé) et indiquait n'importe quelle pierre « lustrable », c'est-à-dire dont la surface pouvait être lustrée par polissage. Dans ce sens, l'appellation n'a pas de définition géologique précise et ne se réfère qu'à la capacité d'une roche à être polie et à refléter la lumière. Dans son acceptation artistique le marbre se définit comme une pierre dure qui reçoit un beau poli.
Pour les scientifiques, un marbre est une roche métamorphique dérivant d'un calcaire ou d'une dolomie sédimentaire ayant été transformée généralement par métamorphisme régional ou plus rarement par métamorphisme de contact. Dans ce processus de transformation de la roche originelle, les structures sédimentaires sont effacées et la roche carbonatée recristallise en un amas de cristaux de calcite ou de dolomite engrenés de dimensions millimétriques à centimétriques. Les intercalations argileuses, les minéraux détritiques ou les oxydes minéraux présents dans le carbonate originel donnent alors au marbre diverses colorations et veinages polychromes du plus grand effet esthétique.
Comme de nombreuses roches d'origine métamorphique comme les ardoises et fréquemment aussi les roches d'origine magmatique comme les granites, les marbres possèdent une schistosité - « feuille » ou « passe » des carriers - c’est-à-dire une direction préférentielle d'orientation des cristaux qui à l'Antiquité était utilisée pour découper les blocs selon un plan de moindre résistance de la roche.
Dans les études archéologiques et historico-artistiques sont comprises, parmi les marbres, d’autres roches qui n’en sont pas du point de vue géologique et chimique, telles que les granits et porphyres, les diorites, les basaltes (tous d'origine magmatique ou volcanique), les albâtres (d'origine sédimentaire chimique) ou les calcaires particulièrement durs mais n'ayant pas subi de processus de recristallisation, aussi dénommées pierres marbrières.
Les marbres antiques proviennent de carrières d'origine gréco-romaines, contrairement aux marbres modernes. Une marbrerie désigne l'atelier où l'on fabrique les marbres. Le marbrier désigne l'ouvrier qui taille et monte les pièces de marbre sur la pierre, les raccorde et les pose. De nombreux abus de langages sont observés sur le mot marbre chez des producteurs de céramiques et de produits agglomérés à base de résine à des fins de marketing. Ces produits ne sont pas d'origine naturelle et sont le résultat de processus chimiques et thermiques dont la durabilité et l'innocuité n'est pas prouvée.
Histoire
vignette|gauche|Le groupe du Laocoon est l'un des chefs-d’œuvre de la sculpture hellénistique sur marbre. À la suite de sa redécouverte à Rome en 1506, il a eu une profonde influence sur l'art de la Renaissance. Longtemps, de l'Antiquité (Pline l'Ancien) au , il a été cru que le marbre était une matière vivante qui, même, recomblait les excavations des carrièresÉcrit de l'historien Pascal Julien, Marbres, de carrières en palais et interview à ce propos sur France-Culture, le 12 mars 2008, émission Métropolitain et toutes les roches destinées à la sculpture étaient appelées improprement marbres.
Depuis la plus haute Antiquité, l'utilisation du marbre est liée à l'art et à la volonté des hommes. C'est en effet une matière rare, lourde, fragile et précieuse que seuls des maîtres savent travailler. « Inventé » par la Grèce antique et d'abord sculpté en rigides idoles funéraires par la Civilisation des Cyclades, il est ensuite utilisé en blocs massifs pour de prestigieuses réalisations architecturales religieuses (statues de divinités, temples, tombeaux) ou politiques (stades).
Originairement en bois, recouverts d'argile cuite peinte de couleurs vives, destinée à protéger le bois, les temples grecs seront progressivement construits en marbre (dans les Cyclades) ou en calcaire gris coquillé (dans le Péloponnèse) accédant ainsi à une dimension monumentale. Dans cette nouvelle architecture, toute de pierre constituée, charpente comprise, les éléments fonctionnels tels métopes et triglyphes de la frise dorique qui étaient à l'origine des plaques de terre cuite qui protégeaient de l'humidité la charpente en bois, accèdent à une valeur purement décorative. Même chose les annelets des colonnes, qui à l'origine étaient les cerclages des colonnes en boisGwen-Haël Denigot. Le temple un édifice où le temps s'arrête. Extra Le vif l'express 4 au 10 novembre 2011..
Les Romains, qui partagent l'engouement pour ce matériau, en systématisent la recherche et développent les techniques d'extraction et de transformation. Le marbre fait alors partie des trésors que ramènent les généraux victorieux des provinces nouvellement conquises au même titre que les métaux précieux, les épices ou les esclaves. L'aura de prestige, d'exclusivité et de luxe ne quitte désormais plus cette matière qui s'illustre dans les réalisations architecturales et artistiques les plus marquantes de l'histoire humaine (l'Acropole d'Athènes, la ville de Rome, la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, les cathédrales de Pise, Sienne, Florence, le David de Michel Ange, le château de Versailles de Louis XIV, les temples jaïns et le Taj Mahal en Inde, l'arche de la Défense à Puteaux, le palais du Parlement à Bucarest, entre autres.) C'est l'une des trois roches officielles de l'État du Vermont, aux États-Unis, les autres étant le granite et l'ardoise.
Gisements
Dans l'Antiquité, les carrières du Pentélique, qui surplombe Athènes, de Paros, du Proconnèse dans la mer de Marmara ou d'Aliki à Thasos sont les plus importantes. Leurs productions sont même exportées dès cette époque et l'on retrouve des sarcophages ou des éléments de statuaire de ces marbres dans la plupart des anciennes colonies grecques du bassin méditerranéen.
À l'époque romaine les fameuses carrières de marbre de Carrare, en Toscane commencent à être exploitées. C'est également à cette époque que débute l'extraction dans les gisements de l'Alentejo du centre du Portugal.
Bien que découverts à la même période en Belgique, plus précisément en WallonieASBL « Pierres et Marbres de Wallonie », les fameux marbres noir belge et rouge royal ne connaîtront leurs heures de gloire que plus tardivement avec Golzinne ou Dinant.
En France, on extrait le marbre surtout dans les Pyrénées, le Minervois et la Provence ; le nord de la France Le Marbre du Nord de la France et du Boulonnais compte quelques gisementsMarbre de France, exploités soit en pierres, soit en granulats.
On en extrait aussi en Italie et en France dans les Alpes : carrières de marbre vert, (ou serpentines), en particulier dans la Vallée d'Aoste (carrières de Verrayes) et dans la vallée de l'Ubaye (ancienne carrière de Maurin), ou dans la carrière de marbre rose de Guillestre dans les Hautes-Alpes.
Fin , à Paris, le marbre désigne une pierre calcaire ou carbonate de chaux à cassure grenue, extrêmement dure et solide, difficile à tailler, et qui reçoit le poli. Les plus beaux marbres viennent de l'Italie ; ceux le plus en usage sont Le Sainte-AnneAnciennement exploité à Gougnies, Belgique. Consulter en ligne, dont il y a plusieurs nuances, tous d'un fond noir avec des taches et veines blanches, venant du département des Ardennes ; le feluil, qui est d'un fond noir sale et de petits points blanc-gris, qui se tire près Mons ; le Franchimont dit royal, qui a le fond d'un rouge pâle avec des taches gris-blanc et bleutées et des veines blanches, qui se tire du département des Ardennes ; le cerfontaine, qui est à peu près semblable au précèdent et qui vient du même département ; le malplaquet, qui est d'un fond bleu ardoise, pâle, couvert de larges taches d'un blanc sale et d'un rouge pâle, qui se tire du même département ; le retz, dont le fond est de couleur bistre clair et sablé, ou avec des cailloux et des veines plus foncées mêlées de blanc, qui se tire près d'Ambleteuse ; la griotte d'Italie, qui est d'un fond rouge cerise, avec des taches plus foncées et d'autres plus claires, et quelques veines blanches et déliées, qui se tire de Caunes près de Carcassonne ; le blanc veiné, qui se tire de Carrare ; le bleu turquin et le bleu panaché, qui est d'un fond bleu ardoise avec des veines blanches et transparentes, venant des mêmes lieux de ceux qui le précèdent ; le portor, dont le fond est d'un beau noir avec des veines d'un ton jaune très-délié, venant des mêmes carrières ; le jaune de Sienne, qui est d'un fond jaune vif avec des taches plus foncées et des veines noires transparentes, venant de Carrare ; le vert de mer, qui est d'un fond vert très foncé, avec des veines blanches et transparentes, et le vert d'Égypte, semblable au précédent, excepté qu'il a de plus des taches d'un rouge foncé et transparent : l'un et l'autre se tirent aussi dans les environs de Carrare. Les autres espèces de marbres qui ont été plus en usage qu'ils ne le sont, et dont on a cessé en partie ou en totalité l'exploitation, sont : le Namur, le Dinant, le brabançon, le Saint-Remi, le Tance, le senzielle, le traîneau, le merlemont, le haie, le gochené, le hou, la griotte de Flandre, la brèche grise, le marbre de Caen, le Laval, le lumaquelle, le Bourbonnais, le Languedoc, le Californie, le cervelas, le campan Isabelle, vert et rouge ; la brèche d'Alep, le Sainte-Baume, le serancolin, la verrette, le vert-vert, la brèche universelle, la brocatelle, le tarentaise, le vert de Turin, le jaune de Vérone, la brèche violette, la brèche africaine, le vert de Vérone, de Gênes ; le jaspe de Sicile, le jaspe du four ; l'albâtre fleuri11.