Guy Chambelland, né à Dijon le et mort à Cerisiers (Yonne) le , est un poète et éditeur français.

Il a fondé et dirigé les revues Le Pont de l'Épée (82 numéros de 1957 à 1981) et Le Pont sous l'Eau (8 numéros de 1987 à 1995). En 1969, il lance également Poésie 1 avec Jean Breton.

Découvreur de poètes contemporains: Yves Martin, Dominique Joubert, Marie-Françoise Prager, Jean Rousselot, Pierre Albert-Birot, Jean Breton, Jean-Claude Izzo, Roger Kowalski, Patrice Cauda, Denis Clavel, Pierre Chabert, Daniel Hachard, il a aussi réédité des œuvres introuvables ou oubliées de poètes : Jules Laforgue, Louise Labé, Jean Cocteau, Charles d’Orléans et Ernest d'Hervilly.

Il manifesta contre la torture pendant la guerre d’Algérie. Il publia, de 1971 à 1976, le journal Vallée de la Cèze pour dénoncer la spéculation immobilière dans la région de Goudargues, dans le Gard, où il vécut de 1963 à 1986.

Biographie Guy Chambelland naît dans une famille bourgeoise, et est l'aîné de 3 enfants. Ses études de Lettres le mènent à une carrière d’enseignant, successivement à Chaumont (Haute-Marne), Tarare, Saint-Maur-des-Fossés, Aire-sur-l'Adour, Bougie, et Belvès.

En 1955, en poste en Algérie, à Bougie, il est mobilisé. Son premier recueil de poésie La claire Campagne est publié en 1955 chez l’imprimeur Talantikit.

En , Chambelland quitte toute autre activité, en particulier l’enseignement, pour se consacrer à l’édition de poésie. C'est à Dijon, d'abord au 11 rue du Bourg, où la presse à pédale sur laquelle sont imprimés les numéros 1 à 19 de la revue Le Pont de l'Épée est installée dans le grenier, puis dans un hangar de banlieue, où il part tous les matins à bicyclette.

En 1963, il s'installe dans le hameau de La Bastide de Goudargues, dans le Gard. L'imprimerie suit à La Bastide, puis part à Bagnols-sur-Cèze au 9 rue Rivarol. Elle reviendra finalement à La Bastide, dans une nouvelle maison plus au bout du hameau, devenu dans les années 1970 un village de résidences secondaires.

À la fin des années 1960, Chambelland lance la revue Poésie I avec Michel Breton et Jean Breton. Ils animent ensemble la Librairie St Germain-des-Prés, au 184 du Boulevard du même nom, où se déroulent de nombreuses rencontres poétiques.

En 1975 et 1976, il organise au Festival d’Avignon les Rencontres poétiques d’Avignon, où les poètes du Pont de l’Épée sont lus par Emmanuelle Riva, Avron et Évrard, Michel Lonsdale, Daniel Gélin.

Parallèlement à ses activités d’éditeur, critique et animateur de poésie, il mène bataille contre la spéculation immobilière autour de Goudargues. Il fonde en 1971 le Comité de défense de la vallée de la Cèze, qui a son organe de presse Vallée de la Cèze (1971-1976, 15 numéros). Il se présente même aux élections municipales de Goudargues en 1974, mais est battu par le maire sortant.

Les années 1980 voient son retour en Bourgogne, en bordure de forêt d’Othe, dans une maison du Hameau du Fays, à Cerisiers. C’est l’époque de nouvelles librairies parisiennes, à la fois lieux de vente, galeries et lieux de rencontre, successivement au 35, rue Saint-Georges, au 23, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, au 77, boulevard Richard-Lenoir et enfin au 23, rue Racine. Le et dernier numéro du Pont de l’Épée paraît en 1983. Une nouvelle revue, le Pont sous l’eau, verra le jour en 1988, et aura 8 numéros jusqu’à 1995. De 1958 à 1995, outre la poésie des anciens et des modernes, les revues seront le véhicule de critiques et de polémiques, qui constituent un témoignage véhément de la vie poétique française de la deuxième moitié du vingtième siècle. La polémique sera encore au cœur de deux gazettes : l’Insolent et l’Anarque (1989-1992) .

Chambelland écrit son dernier recueil Barocco Metrico en 1994 dans la maison du Fays. Bien que le numéro 1 de la collection "Les Cahiers du Pont sous l'eau" lui soit réservé, le recueil ne sera publié qu’après la mort du poète, le .

Œuvre poétique La claire Campagne, Aux Nouveaux Horizons, Paris, 1954. Réédité chez Talantikit, Bougie, 1955 Visage, Belvès, 1957 Protée ou l’Ange du Visible, Au chien qui fume, Dijon, 1958 Pays, Armand Henneuse, Lyon, 1961 L’Œil du cyclone, José Millas-Martin, 1963. Réédité avec La Mort la Mer, Coll. Poésie-Club, 1966 Limonaire de la Belle Amour, illustration de Louttre, Éditions Saint Germain des Prés, 1967 La Mort la Mer, illustration de Marc Petit, Poésie-Club, 1966 Courtoisie de la Fatigue, Guy Chambelland, 1971 Noyau à nu, poèmes critiques, Éditions Saint Germain des Prés, Coll. Poésie pour Vivre / Le Pont de l’Épée, Paris, 1977 Requiem pour une femme bleue, sous le pseudonyme de Jean Sannes, gravure d’André Mathiau, Éditions du Pont de l’Épée, 1977 Les Dieux Les Mouches, illustraé par Lars Bo, Éditions Saint Germain des Prés, 1988 Ricercare, sous le pseudonyme d’Edmond Carle, Le Pont sous l’Eau, 1993 Barocco Metrico, illustration de Gustave Singier, Les Cahiers du Pont sous l’Eau, 1997 L’Ire de la rame, anthologie poétique, La Bartavelle, 1997

Voir aussi Bibliographie "Guy Chambelland, rien que poète" par Charlotte Galves Chambelland, Orphée, Bulletin du Club des Amis de la poésie, Nouméa, , . Revue Les Hommes sans épaules, /8 « Hommage à Guy Chambelland », premier trimestre 2000 Revue Les Hommes sans épaules, , "Guy Chambelland, poète de l'émotion", premier semestre 2006 Revue Les Hommes sans épaules, Biographie de Guy Chambelland par Christophe Dauphin "Guy Chambelland, du mythe au langage de l’ontologie", Alain Castets, Librairie Galerie Racine, 2000. "Ce que je sais de Guy Chambelland" par Claude Vercey

Liens externes

Site officiel de Guy Chambelland Guy Chambelland à L'IMEC Œuvres de Guy Chambelland dans le catalogue SUDOC (prêt/photocopie) Site des éditions LGR

Notes et références

Catégorie:Poète français du XXe siècle Catégorie:Éditeur français du XXe siècle Catégorie:Naissance à Dijon Catégorie:Naissance en décembre 1927 Catégorie:Décès dans le département de l'Yonne Catégorie:Décès en janvier 1996 Catégorie:Décès à 68 ans Catégorie:Personnalité liée à Tarare (Rhône)