La dent humaine est un organe dur, couleur ivoire implantée sur le processus alvéolaire du maxillaire et sur la partie alvéolaire de la mandibule.
Il y a 32 dents permanentes qui composent la denture adulte qui remplacent les 20 dents déciduales qui composent la denture infantile.
Chaque dent est constituée d'une racine dentaire qui s'implante dans une alvéole de la mandibule ou du maxillaire, et d'une couronne visible extérieurement. Les deux parties sont séparées par le col de la dent.
La forme des différentes parties est variable en fonction des types de dents : incisive, canine, prémolaire ou molaire.
Les dents interviennent dans l'alimentation pour couper et broyer les aliments. Elles jouent également un rôle phonatoire.
Anatomie
vignette |300px |1-dent 2-émail dentaire 3-dentine 4-pulpe dentaire 5- 6- 7-cément 8-couronne 9-cuspide 10-sillon 11-collet 12-racines 13-furcation radiculaire 14-apex 15-foramen apical 16- 17-parodonte 18-gencive 19-gencive libre 20- 21-gencive attachée 22-ligament alvéolo-dentaire 23-os alvéolaire 24-vaisseaux et nerf… 25-…dentaires 26-…paradontaux 27-canal alvéolaire
Une dent est constituée d'une structure de dentine lui donnant sa forme globale et qui contient une cavité dentaire.
Au niveau de la couronne, la dentine est recouverte d'une couche d'émail dentaire. Au niveau de la racine, elle est recouverte d'une couche de cément.
La cavité dentaire s'ouvre vers l'extérieur au niveau du ou des apex des racines de la dent par les foramens apicaux qui se poursuivent par les canaux radiculaires le long de chaque racine. Les canaux radiculaires convergent dans la couronne pour former la cavité de la couronne dentaire. La cavité dentaire renferme la pulpe de la dent.
La racine est implantée dans l'os auquel elle est reliée par le ligament alvéolo-dentaire formant une syndesmose dento-alévéolaire (ou improprement gomphose).
Dentine La dentine constitue la masse principale de la dent. Ce tissu est minéralisé à 70 % par l'hydroxyapatite. Les 30 % restants (dont 12 % d'eau) constituent la trame organique, composée essentiellement de collagène. La dentine est perforée de micro-tubes ou tubulis dentinaires. Ceux-ci contiennent les prolongements des cellules dentaires, les odontoblastes.
Émail dentaire L'émail forme la couche externe de la couronne. Ce tissu est minéralisé à 97 % par l'hydroxyapatite. Les 3 % restants constituent la trame organique, composée essentiellement de collagène et d'eau. Tissu le plus dur du corps humain, il sert ainsi à l'identification en médecine médico-légale. L'émail est moins épais sur les dents temporaires que sur les dents permanentes.
Cément Le cément recouvre la surface externe des racines. Les fibres collagèniques et élastiques du ligament alvéolo-dentaire s'y enracinent.
Cavité dentaire La cavité dentaire est constituée des canaux radiculaires situés aux centre de chaque racine qui converge au centre de la couronne pour former la cavité de la couronne dentaire.
Elle contient la pulpe de la dent qui assure l'innervation et la vascularisation en provenance des racines dentaires. Les odontoblastes en tapissent la périphérie et envoient leurs prolongements dans les tubulis dentinaires. Elles synthétisent la dentine secondaire tout au long de la vie, de manière centripète, et à un rythme très lent. En réponse à une agression carieuse ou traumatique, elles peuvent sécréter à un rythme plus rapide de la dentine réactionnelle aussi appelée dentine tertiaire.
Ligament alvéolo-dentaire Le ligament alvéolo-dentaire ou desmodonte constitue avec l'os une véritable articulation et renferme des cellules de régénération osseuse, ligamentaire et cémentaire. Il est richement innervé par des récepteurs mécaniques, propriocepteurs, qui renseignent le système nerveux central sur la position exacte des dents et la pression exercée par les muscles masticateurs.vignette|770px|Radiographie panoramique permettant de voir l'ensemble de la denture (carie en distal de la dent ).
Types de dent 200px|vignette|droite|Denture humaine définitive. Mandibule droite (vue supérieure).
Chez l'humain, les dents se répartissent de façon égale entre le maxillaire et la mandibule.
Deux dentitions se succèdent :
les 20 dents temporaires ou dents de lait ou dents lactéales : qui commencent à pousser vers 6 mois et commencent à tomber vers 6 ans. les 32 dents permanentes qui prennent la place ou complètent les dents temporaires.
Les dents temporaires sont constituées des 8 incisives de lait, des 4 canines de lait et des 8 molaires de lait.
Les dents permanentes sont constituées de 8 incisives, de 4 canines, de 8 prémolaires et de 12 molaires dont l'inconstante dent de sagesse.
Dents antérieures
Incisives Les incisives, au nombre de 8 : 4 incisives centrales et 4 incisives latérales. Elles ne possèdent qu'une racine et leur couronne est aplatie d'avant en arrière.
Canines Les canines sont au nombre de 4 et ont une unique et longue racine. Elle forme une couronne conique.
Elles sont considérées comme les piliers de l'occlusion et sont souvent les dernières dents qui subsistent au .
Dents postérieures
Prémolaires Les prémolaires sont 8, elles ont une ou deux racines. Elles poussent en remplacement des 2 molaires temporaires.
Molaires Les molaires, de 4 à 6, poussent en complément des dents temporaires Ce sont les dents de la mastication, elles ont plusieurs racines, normalement 2 ou 3.
Numérotation vignette|droite|Numérotation dentaire selon la FDI Pour simplifier la communication, la Fédération dentaire internationale attribue à chaque dent un numéro : pour le chiffre des unités : on numérote les dents en partant du centre vers le fond, 1 l'incisive centrale, 2 l'incisive latérale, 3 la canine, 4 la première prémolaire (la première molaire pour la dentition primaire), 5 la deuxième prémolaire (la deuxième molaire pour la dentition primaire), 6 la première molaire, 7 la deuxième molaire, 8 la dent de sagesse ou troisième molaire, le chiffre des dizaines est déterminé par la partie d'un quadrant imaginaire, correspondant à une hémi-arcade dentaire, dans lequel se trouve la dent. En regardant la personne en face, 1 est en haut à gauche (à la droite de la personne), 2 en haut à droite (à la gauche de la personne), 3 en bas à droite (à la gauche de la personne), 4 en bas à gauche (à la droite de la personne) ;
pour les dents temporaires (dents de lait), le chiffre des dizaines est de 5 à 8 selon le même quadrant, dans le sens des aiguilles d'une montre.
Exemples : 23 est la canine supérieure gauche ; 74 est la première molaire temporaire mandibulaire gauche.
+ Notation à deux chiffres de la FDI, pour une personne dont on regarderait la mâchoire de face. Les indications «gauche» et «droite» du tableau, en revanche, s'entendent du point de vue du patient. Dents définitives en haut à droite en haut à gauche1817161514131211212223242526272848474645444342413132333435363738 en bas à droite en bas à gauche Dents de lait en haut à droite en haut à gauche 55545352516162636465 85848382817172737475 en bas à droite en bas à gauche
Odontogénèse L'odontogénèse rassemble les phénomènes aboutissant à la formation des follicules dentaires et des dents. Dès l'âge fœtal (2ème mois), il y aura un épaississement au niveau du revêtement épithélial du stomadeum ou bouche primitive, le bourgeon ainsi formé va pénétrer le mésenchyme sous-jacent formant un mur, ou mur plongeant, ou lame primitive. Ce mur va émettre un sillon le sillon gingivo-labial qui sépare lèvres et gencive. Cette ébauche représentant la gencive va émettre un prolongement médial la lame dentaire qui sera à l'origine de l'épithélium dentaire qui va prendre la forme de cupule puis de cloche présentant deux couches cellulaires, une médiale ou adamantin médial et l'autre latérale ou adamantin latéral. Sous cette cupule de cellules épithéliales le mésenchyme se condense et forme la pulpe et à terme l'émail grâce à la prolifération des adamantoblastes et le bourgeon mésenchymateux donnera la dentine par prolifération des odontoblastes. Il y aura donc mise en place des mécanismes d'éruption dentaire avec disposition des trois parties de la dent, couronne, collet, racine.
Origine et évolution des dents
vignette|Dents permanentes de la moitié droite de l'arcade dentaire inférieure, vue de dessus Les dents sont apparues chez l'ancêtre des Gnathostomes il y a environ 450 millions d'années. Elles sont issues de structures dermo-épidermiques (les odontodes) qui étaient disposés régulièrement sur l'ensemble de la surface du corps des Ostracodermes. Ces structures auraient migré à l'intérieur de la bouche chez les Gnathostomes.
Ces structures ont ensuite évolué de diverses manières selon les lignées, souvent en relation avec le régime alimentaire. Les dents des Mammifères se sont ainsi spécialisées selon l'axe antéro-postérieur, avec l'apparition d'incisives, de canines, de prémolaires et de molaires. La forme des dents (jugales notamment, c'est-à-dire molaires et prémolaires), montre aussi une grande spécialisation chez les Mammifères, avec l'évolution d'une occlusion des dents supérieures et inférieures, c'est-à-dire une complémentarité de forme entre les dents supérieures et inférieures permettant une augmentation de la surface et de l'efficacité du broyage lors de la mastication.
L'évolution dentaire des Vertébrés montre aussi des phases de « régression ». Chez les Mammifères, on observe une diminution du nombre de génération dentaire: la polyphyodontie (nombreux remplacements des dents), caractère ancestral que l'on retrouve par exemple chez les Gnathostomes comme le requin, est remplacé par une diphyodontie (un seul remplacement dentaire, donc seulement deux générations de dents (dents de lait et dents adultes)), voire par une monophyodontie (pas de remplacement dentaire) chez certains groupes. Le nombre de dents (notamment jugales) tend aussi à diminuer chez les Mammifères, surtout chez les Monotrèmes qui n'ont plus d'incisives ni canines, et moins de molaires et prémolaires. La régression dentaire est même totale chez les Oiseaux, qui n'ont plus de dents du tout (anodontie, au profit d'un gésier), mais chez lesquels on peut encore observer au cours du développement des bourgeons de dent qui avortent par la suite par apoptose.
La formule dentaire de l'Homme est celle de tous les singes catarrhiniens (), séparés des Platyrrhiniens ( pour la plupart, une prémolaire de plus à chaque demi-mâchoire) depuis au moins d'années. Les variations de taille des molaires humaines et de nos plus proches parents homininés a beaucoup influencé les visions de l'évolution humaine, qui semble se poursuivre ou accélérer avec une diminution globale de taille, disproportionnée pour la troisième molaire notée depuis plus d'un siècleDahlberg, A. A. (1945) The changing dentition of man. J. Am. Dent. Assoc. 32, 676–690 . Cette évolution récente est généralement attribuée à une pression de sélection réduite en raison d'un accès amélioré aux soins dentaires, à une généralisation de la cuisson, et à de profonds changements de régime alimentaireBrace, C. L. (1967), Environment, tooth form, and size in the Pleistocene. J. Dent. Res. 46, 809–816 Bermúdez de Castro, J. M. & Nicolas, M. E. (1995)Posterior dental size reduction in hominids: the Atapuerca evidence. Am. J. Phys. Anthropol. 96, 335–356 . Une règle mathématique simple semble caractériser la tendance (gradient morphogénétique) observée chez les hominidés en termes de taille des dentsAlistair R. Evans & al. (2016) A simple rule governs the evolution and development of hominin tooth size ; Nature 530, 477–480 (25 février 2016) doi:10.1038/nature16972, publié en ligne le 24 février 2016 (résumé).
Rôles Les dents ont plusieurs rôles importants :