Maigret tend un piège est un film policier franco-italien adapté du roman homonyme de Georges Simenon, réalisé par Jean Delannoy et sorti en 1958.
Synopsis Dans le quartier parisien du Marais, plusieurs jeunes femmes seules sont successivement assassinées la nuit et chaque fois, à coups de couteau. Aussitôt après son dernier crime, l'assassin exprime depuis une borne de police-secours un message à l'intention du commissaire Maigret. Cette provocation incite l'enquêteur à prendre en main cette affaire. Pour pousser à la faute ce psychopathe, il fait arrêter un faux coupable consentant nommé Mazet, en espérant inciter le meurtrier à se manifester, lors de la reconstitution du plus récent crime. Le piège fonctionne. Une auxiliaire de la police servant d'appât est agressée mais elle tient tête à son agresseur. Il parvient néanmoins à s'enfuir. Seul indice : au cours de l'empoignade, le tueur perd un bouton de sa veste. Au cours de la reconstitution, l'inspecteur Lagrume remarque une jeune femme parmi les badauds. Yvonne Maurin, dont l'attitude lui paraît suspecte l'encourage à la prend en filature. Elle va retrouver un amant dans un hôtel. Dès le lendemain matin, Maigret accompagné de Lagrume rendent visite à la jeune femme et font la connaissance de son mari, Marcel, un architecte-décorateur. Au terme de cette visite, Maigret demande sur un ton badin à Marcel Maurin s'il pourrait jeter un coup d'oeil à ses costumes. Ceux-ci sont tous intacts. Toutefois, Marcel Maurin a passé sa jeunesse place des Vosges, où son père a tenu une boucherie. Sa mère, désormais veuve, habite précisément le pâté de maisons où l'assassin s'est volatilisé lors de sa dernière tentative. Maigret rencontre cette femme et se rend compte que celle-ci vit dans l'admiration de son fils unique, dont elle conserve pieusement la moindre des créations depuis son enfance.
Plus tard, Yvonne Maurin vient voir Maigret chez lui pour lui expliquer que son écart de conduite est exceptionnel et dû à son exaspération, face aux nombreuses aventures de son mari. Maigret interroge l'amant d'Yvonne Maurin, un gigolo, lui apprenant qu'elle était vierge lors de leur première liaison. Maigret, désormais certain de tenir le coupable, fait convoquer Marcel Maurin au Quai des Orfèvres et commence à le cuisiner, d'abord en douceur puis, de manière de plus en plus pressante; d'autant plus que le bouton arraché lors de la dernière tentative de meurtre pourrait bien être celui d'un costume appartenant au père du suspect. Marcel Maurin, à bout nerveusement, donne l'impression d'être sur le point de craquer mais un nouveau crime est commis. Le commissaire comprend qu'on se joue de lui et convoque à nouveau Yvonne et la mère Maurin pour découvrir laquelle des deux vient de tuer pour disculper Marcel...
Fiche technique Titre original : Maigret tend un piège Réalisation : Jean Delannoy Scénario : Jean Delannoy, Michel Audiard et Rodolphe-Maurice Arlaud d'après le roman éponyme de Georges Simenon Dialogue : Michel Audiard Assistants à la réalisation : Alain Kaminker, Joseph Drimal Décors : René Renoux, assisté de Pierre Tybergheim et Simone Delaunay Maquillage : Marcel Bordenave Photographie : Louis Page Opérateur : Henri Tiquet Montage : Henri Taverna, assisté de Simon Bretoneiche Son : Jacques Carrère, assisté de Guy Villette Musique : Paul Misraki (Éditions Impéria) Direction musicale : Marc Lanjean Photographe de plateau : Marcel Dole Script-girl : Claude Vériat Régisseur extérieur : Roger Joint, René Thomas Régisseur général : Éric Geiger Affiche de Gilbert Allard Chef de production : Jean-Paul Guibert Directeur de production : Claude Hauser Sociétés de production : Intermondia Films (France), Jolly Films (Italie) Sociétés de distribution : Rank (distributeur d'origine France), Les Acacias (France), Tamasa Distribution (France), TF1 International (vente à l'étranger) Pays de production : France, Italie Format : noir et blanc — 35 mm — 1.37:1 — monophonique (Western Electric) Tirage : Laboratoire Éclair — Enregistrement par la société Optiphone Genre : film policier Durée : 119 minutes Date de sortie : France : Classifications et visa CNC : mention « tous publics », Art et Essai, visa d'exploitation délivré le Affiche : Gilbert Allard (France)
Distribution
Production On remarque de nombreuses différences entre le film et le roman. Le personnage de Marcel Maurin se nomme Moncin dans le livre. Plusieurs personnages portent d’autres noms, plusieurs adresses sont différentes. Dans l’œuvre de Simenon, Mazet n’est pas un petit voyou mais un ancien collègue de Maigret, et l’inspecteur Lagrume n’existe pas. Pas plus que Jo le Danseur, ni Mauricette, ni Barberot. La double vie d’Yvonne n’est pas mentionnée. D’autre part, dans le roman, l’assassin sévit dans les rues de Montmartre, alors que le film se déroule dans le Marais.
Casting Jean Gabin, septième acteur à incarner Maigret à l'écran, endosse pour la première fois le rôle du célèbre commissaire. Il tourne ensuite deux autres Maigret : Maigret et l'Affaire Saint-Fiacre de nouveau réalisé par Jean Delannoy (1959), puis Maigret voit rouge réalisé cette fois-ci par Gilles Grangier (1963).
Tournage Période de prises de vue : 22 juillet au 28 septembre 1957 Intérieurs : studios Éclair d'Épinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) Extérieurs à Paris : 36, quai des Orfèvres ( arr.)Isabelle Blondel, Olivier Delacroix, Alice Develex, Nicolas d'Estienne d'Orves, Bertrand Guyard, Colette Monsat, Marie-Noëlle Tranchant et Florence Virerron, « Si le Paname d'Audiard m'était conté », Le Figaroscope, semaine du 10 au 16 mai 2017, pages 8-10. ; Quartier du Marais ( arr.) ; Quai Louis-Blériot ( arr.).
Chanson Ça ne sert à rien, paroles d'André Hornez et musique de Paul Misraki, interprétée par Paule Desjardins (droits d'origine Polydor transférés aux éditions Larghetto BV)Ça ne sert à rien dans le répertoire de la Sacem..
Box-office Lors de sa sortie nationale en 1958, Maigret tend un piège totalise sur l'ensemble du territoire, dont à ParisToutes les données chiffrées/Le Box-office 1958, CNC.. En , le film enregistre comprenant les reprises en salles depuis sa sortie initiale.
1958 est l'année des records pour Jean Gabin puisque seulement quelques semaines après (en mars) sort la version des Misérables dans laquelle il tient le rôle de Jean Valjean, film en deux époques de Jean-Paul Le Chanois, le plus grand succès français de l'année avec entréesCinq films dans lesquels il joue (et dont les périodes de tournage se sont chevauchées) sortent cette année-là, et non des moindres puisqu'en septembre sort En cas de malheur (avec Brigitte Bardot) et, en novembre, Les Grandes Familles..
Distinctions Récompense Prix Edgar-Allan-Poe 1959 : Edgar du meilleur film étranger
Nominations BAFTA 1960 : Jean Delannoy nommé pour le prix du meilleur film toutes catégories Jean Gabin nommé pour le prix du meilleur acteur Jean Desailly nommé pour le prix du meilleur acteur
Autour du film Le roman de Simenon se déroulait à Montmartre, le film, lui, se passe dans le quartier du Marais. En effet, par la fenêtre de son appartement qu'ouvre Maigret (à ), on voit la colonne de Juillet et Le Génie de la Liberté (ce qui n'est pas conforme aux romans, dans lesquels il habite bien plus haut sur le boulevard Richard-Lenoir, à l'intersection avec l'avenue de la République). Ce quartier du Marais était alors très dégradé, bien loin du quartier chic qu'il est devenu dans les années 1990.
La mère de Marcel Maurin a gardé une grue que son fils a fabriquée étant enfant, cette grue semble être faite par la marque britannique Meccano, mais avec trois rangées de trous décalés au lieu d’une pour Meccano (ou de trois non décalés pour le rare Meccano X), elle est faite par Trix, un concurrent allemand de Meccano moins connuphp88 image du film , la mère de Marcel Maurin et haut de la grue avec les 3 rangées de trous décalés caractéristiques de Trix.. Maigret évoque néanmoins une grue Meccano (à ) :
Lucienne Bogaert est abonnée aux rôles de mère abusive et inquiétante : elle joue peu ou prou le même dans Voici le temps des assassins ou Les Dames du bois de Boulogne.
Éditions vidéo Maigret tend un piège sort en digibook DVD/Blu-ray chez Coin de Mire Cinéma le .
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Jean Chalmont (sous la direction de Jean Tulard), Guide des Films F/O (tome 2), Éditions Robert Laffont/Collection Bouquins, Paris, 2005, page 1974 . Adam Garbicz et Jacek Linowski, Cinema the Magic Vehicle : A Guide to its Achievement. Journey Two: The Cinema in the Fifties, Éditions The Scarecrow Press, Metuchen (USA), 1979, page 385. Pierre Tchernia, 80 succès du cinéma policier français, Casterman, Paris, 1989, page 55. Jean-Luc Douin et Daniel Couty, Histoire(s) de films français, Bordas, Paris, 2005, pages 271-277 . Christian Janssens, La Fascination Simenon, Éditions du Cerf-Corlet/Collection Septième Art , Paris . , scénario et histoire de la production.
Liens externes
Ciné-Révélation , 1958, Tout Maigret : Liste des adaptations au cinéma et à la télévision
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