La () est une espèce de rapaces diurnes de taille moyenne, appartenant à la famille des Accipitridae, très répandue dans le Paléarctique, où elle niche depuis les îles de l'océan Atlantique jusqu'au nord-ouest de la Chine et de la Mongolie, en passant par l'Europe et la Russie européenne. Sa zone d'hivernage inclut le Paléarctique occidental, l'Afrique de l'Est et australe, ainsi que le sous-continent indien.

Comme son nom l'indique, son plumage est très variable selon les individus, mais les plus classiques ont un plumage brun uni sur le dessus, barré sur le dessous, avec un croissant blanc caractéristique sur la poitrine. Son allure est compacte, avec une tête courte et robuste. Ses ailes sont larges et arrondies. Elle est facilement confondue avec d'autres rapaces de taille moyenne, comme la Bondrée apivore, la Buse pattue et la Buse féroce.

La Buse variable est un prédateur opportuniste. Elle se nourrit principalement de micromammifères, d'où son nom de « buse des souris » dans plusieurs pays européens, mais elle consomme également des insectes, des amphibiens et reptiles, de petits oiseaux, des vers de terre et ne dédaigne pas les cadavres. Elle chasse le plus souvent à l'affût, fixe sur un arbre ou un poteau, ou mobile en décrivant de larges cercles, portée par les courants ascendants thermiques, en poussant son cri caractéristique, ressemblant à un miaulement.

Elle affectionne les interfaces entre les bois, où elle niche et où elle se repose, et les espaces ouverts, où elle chasse. En revanche, elle évite les landes, les forêts de conifères et les bâtiments. La superficie de son domaine vital est de l'ordre de (). En période de reproduction, elle défend un territoire où elle implante son nid et qui lui sert également de terrain de chasse.

Elle forme un couple de long terme et ne prend un nouveau partenaire qu'à la mort du précédent. Avec lui, elle bâtit plusieurs larges nids dans un endroit élevé, généralement un arbre ou une falaise, pour éviter les prédateurs de nid. Ces nids présentent la particularité d'être décorés avec de la végétation fraîche, dont la fonction est inconnue, mais qui pourrait constituer un signal de l'occupation du territoire et de la vigueur des propriétaires.

Elle pond typiquement un à trois œufs, à partir de la fin de février quand elle est présente en Europe du Sud et en Europe centrale, et jusqu'à la fin de mai lorsqu'elle est présente en Europe du Nord. Les jeunes sont des nidicoles typiques et doivent être couverts par leur mère pendant deux semaines, pendant lesquelles leur poids augmente en flèche, au fur et à mesure que le père apporte des proies. Ils commencent à se percher sur les branches alentour six à huit semaines après l'éclosion.

Les reprises de bagues montrent qu'une Buse variable peut vivre plus de . Près de la moitié des oiseaux survivent trois ans. Les causes de mortalité sont notamment la prédation par d'autres rapaces, comme l'Autour des palombes, le Pygargue à queue blanche, le Hibou grand-duc et le Faucon pèlerin, la collision accidentelle (véhicules, pylônes électriques, éoliennes) et plus rarement les combats entre buses. Par temps exceptionnellement rigoureux, elle peut mourir de faim, même si sa capacité à absorber les nutriments et son régime alimentaire particulièrement adaptable la rendent beaucoup moins vulnérable à ce risque que d'autres rapaces.

Très commune dans son aire de répartition, la Buse variable a été persécutée à partir du à cause de ses déprédations sur les oiseaux de basse-cour, puis sur le gibier à plumes, au point de pratiquement disparaître dans certaines régions. Avec une population estimée à un million de couples en Europe, elle est aujourd'hui l'une des espèces de rapaces les plus abondantes au monde et ses effectifs croissent depuis les années 1980 dans la plupart des pays européens. Elle est donc considérée comme une espèce de préoccupation mineure par l'Union internationale pour la conservation de la nature.

Noms et étymologie Le nom binominal de la Buse variable, Buteo buteo est un tautonyme : son épithète spécifique est identique au nom de genre. Le terme buteo vient directement du latin et signifie « buse, busard » ou « butor ».. Il viendrait d'une base b-t d'origine onomatopéique, en lien avec son cri perçant..

Le nom vernaculaire « buse » est une dérivation régressive de l'ancien français buison ou buson. Dans son aire de répartition, les termes « buse commune », « buse vulgaire », voire « buse » tout court désignent la Buse variable.. L'épithète « variable » renvoie à la forte variabilité de son plumage. Buffon note : Les autres termes vernaculaires utilisés pour la désigner en français sont notamment « cossard(e) », qui ne semble pas avoir de lien avec le sens familier du mot, mais pourrait renvoyer à son cri, peut-être en rapport avec le mot « causer »..

Au sens figuré, le mot « buse » désigne une personne stupide, ignorante et bornée ; on parle même de triple buse. Cet usage péjoratif tiendrait à ce que cet oiseau se dresse mal pour la chasse au vol ou encore au fait qu'il garde la tête fixe quand il guette sa proie. Buffon écrit que .

Le nom de la Buse variable dans d'autres langues européennes fait souvent allusion à son régime alimentaire : elle est la « buse des souris » ou le « souricier » en allemand (), bulgare (), danois (Musvåge), espagnol (), finnois (), hongrois (), islandais (), norvégien (), polonais () et serbe (), et le « souricier des montagnes » en slovaque (). En suédois, elle est celle qui mange des serpents (), tandis qu'en italien (), elle se nourrit de poules et est commune. D'autres langues insistent sur son caractère commun, comme l'anglais (), le catalan () et le roumain (). En néerlandais, elle est simplement une buse () ; en tchèque, c'est une buse des forêts (). En portugais, il s'agit d'un aigle à ailes arrondies (). Plus récemment, l'ONG et le ont opté pour le nom ou « Buse d'Eurasie », en référence à son aire de répartition.

Il est à noter que l'anglais vient de l'ancien français buisart, c'est-à-dire « buse » avec le suffixe péjoratif -art/ard, renvoyant là encore à son incapacité à chasser.. Dans les années 1830, le nom a été repris dans le Nouveau Monde pour désigner de nouvelles espèces jugées semblables, mais sans lien avec le genre Buteo, comme l'Urubu à tête rouge, souvent appelé . Inversement, le mot français busard est un faux-ami renvoyant au genre Circus.

Description Dimensions La Buse variable a une taille d'environ de long pour une envergure de . Son poids est de pour la femelle et de pour le mâle.

Apparence La Buse variable est un rapace aux formes plutôt massives, doté d'ailes larges, avec une queue courte et large. Son plumage est très variable, d'où son nom.. La plupart des individus ont le haut de la poitrine sombre et très strié, un croissant pâle sur la poitrine, ainsi que des flancs et une culotte sombres. Ce croissant est à peine visible chez les individus les plus sombres, tandis que les individus les plus pâles ont tendance à conserver des marques sombres sur le cou et sur les côtés de la poitrine.

On distingue classiquement trois formes : claire, intermédiaire et sombre.. Une étude fondée sur un examen photographique montre néanmoins que la variation de coloration est progressive et propose sept types différents : très sombre, sombre, intermédiaire sombre, intermédiaire, intermédiaire pâle, pâle et très pâle.. Des oiseaux intégralement blancs (leucisme) ont été signalés en Europe.

Classes d'âge On distingue trois classes de plumage.

Juvénile vignette|Plumage juvénile.|alt=Photographie en couleurs d'un rapace vu de trois quarts, posé au sol, l'aile droite grande ouverte, au plumage tacheté de blanc et de brun. Les couvertures alaires et les scapulaires affichent classiquement un liseré pâle qui forme un motif régulier, écailleux, sur le dessus. La queue est finement barrée, sans la bande subterminale noire de l'adulte. La tête, le cou et le dessus sont le plus souvent striés, parfois tachetés, et les couvertures sous-alaires sont striées, au lieu de barrées comme chez les adultes. De loin, le dessus est caractéristique : chez le juvénile, les couvertures sus-alaires sont plus claires que les grandes couvertures et les secondaires, tandis que chez l'adulte, les parties supérieures sont assez uniformément sombres. Le plumage juvénile est conservé jusqu'à l'automne de la deuxième année. Son iris est jaune pâle..

Subadulte Ce plumage est acquis à l'automne de la deuxième année, après la fin de la première mue. Il ressemble largement au plumage adulte, mais l'oiseau conserve des primaires externes juvéniles, qui apparaissent donc usées et sont plus courtes que le reste de l'aile. L'iris est brun et contraste avec la pupille noire, alors que l'œil est sombre chez l'adulte. Le plumage subadulte est conservé jusqu'à l'été de la troisième année.

Adulte vignette|Tête adulte, avec iris uniformément brun sombre. Ce plumage est acquis à l'automne de la troisième année. Dans l'ensemble, il est plus sombre et plus uniforme que chez le juvénile. De dessous, le bord de fuite de l'aile est sombre et bien marqué et la queue arbore une large bande subterminale noire. L'adulte a l'iris uniformément brun sombre, sans possibilité de distinguer la pupille.

La Buse variable possède par ailleurs les attributs typiques des rapaces, comme la cire à la base du bec, usuellement du même jaune que les tarses et les serres, mais qui peut parfois être d'un jaune délavé et bleuté. Les yeux, positionnés frontalement, possèdent un iris brun sombre chez l'adulte. Pour un rapace, la Buse variable possède des serres assez petites comparées à sa taille.

Contrairement à la plupart des autres rapaces, la Buse variable ne présente pas de dimorphisme sexuel très prononcé, ni pour la taille, ni pour le plumage. Les mâles tendent à avoir la tête proportionnellement plus grosse, les ailes plus étroites et la queue plus courte que les femelles, mais il est pratiquement impossible de déterminer le sexe sur le terrain.

Mue vignette|Buse variable en vol, observant le sol à la recherche d'une proie ; Rhénanie-Palatinat, Allemagne.|alt=Photographie d'une buse, en vol plané, les ailes déployées. Elle est vue par en dessous.

Comme chez tous les petits rapaces de type busards ou éperviers, sédentaires ou migrateurs à courte distance, le schéma de mue de la Buse variable est assez simple comparé à celui des grands rapaces de type grands aigles, pygargues et vautours..

La mue des rémiges (plumes de l'aile) commence par la primaire la plus interne (P1) et se termine par la plus externe (P10). Quand elle a atteint les primaires P4 à P6, celle des rémiges secondaires et des rectrices (plumes de la queue) commence. La queue d'une Buse variable comporte six paires de rectrices ; leur mue commence habituellement par l'une des plumes centrales, tandis que les rectrices externes sont presque toujours renouvelées en même temps. La mue des régimes secondaires se produit à partir de trois foyers : elle commence par la chute de la secondaire la plus externe (S1), puis à partir de la secondaire médiane S5 et de la secondaire S11. La mue à partir de S1 et de S5 progresse en direction du corps de l'oiseau, alors que celle à partir de S11 va vers l'extérieur. Les deux vagues de mue amorcées en S5 et S11 convergent au niveau de S8, au moment où celle initiée en S1 atteint S5. Les dernières secondaires à être renouvelées sont donc les plumes médianes S5 et S8.

Risques de confusion Du fait de la variabilité de son plumage, la Buse variable est facile à confondre avec tout autre rapace de taille moyenne, sombre, avec de larges ailes, en particulier avec d'autres buses du genre Buteo, comme la Buse féroce (Buteo rufinus), dont certains individus sont quasiment identiques avec la sous-espèce Buteo buteo vulpinus (Buse des steppes).