Huit Femmes (ou ) est un film franco-italien réalisé par François Ozon, sorti en 2002.
Il s'agit de la seconde adaptation cinématographique de la pièce de théâtre du même nom de Robert Thomas.
Il n'y a que des actrices au générique, pas d'hommes. La distribution compte : Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Isabelle Huppert, etc. Diffusé à l'étranger, le film est un succès public et commercial.
Dans les années 1950, on se prépare à fêter Noël dans une grande demeure bourgeoise mais une découverte macabre bouleverse la fête… Le maître de maison est retrouvé mort, assassiné dans son lit. Autour de lui, huit femmes, chacune a un secret qui fait d'elle un potentiel coupable.
Synopsis Dans les années 1950, à la veille de Noël, c’est le matin et il neige abondamment. Gaby, l'épouse de Marcel, rentre à la maison avec Suzon, sa fille aînée, qui fait ses études à Londres et est revenue le matin même par le train pour passer les fêtes en famille. Elle retrouve les autres femmes de la maisonnée : Mamy, sa grand-mère en fauteuil à cause de ses jambes fatiguées ; , la gouvernante ; Louise, la nouvelle bonne à tout faire que sa mère a embauchée ; Augustine, la tante acariâtre et amère, reconnaissante envers son beau-frère Marcel pour l'hébergement mais profondément jalouse de sa sœur Gaby ; et Catherine, adolescente de rebelle et effrontée, qui entretient une relation taquine avec sa sœur Suzon et qui admire et respecte profondément son père.
Alors que Louise monte le petit déjeuner de Monsieur (Marcel), qui n’est toujours pas levé, elle découvre avec horreur qu’il est mort, un couteau planté dans le dos. Catherine se jette dans la chambre pour mieux en ressortir, bouleversée, avant que Suzon, Gaby et Augustine n'y montent, pour constater que Marcel est étendu inerte sur son lit.
Elles décident d'appeler la police, mais le fil du téléphone a été coupé, rendant toute communication avec l'extérieur impossible. Louise remarque que les chiens de garde n'ont pas aboyé de la nuit et de la matinée, ce qui indique que le meurtrier était déjà présent dans la maison. Les sept femmes se réunissent alors, avec Suzon qui s'improvise inspectrice. Gaby indique que les affaires de Marcel allaient mal, mais qu'il était un homme secret qui ne lui parlait pas beaucoup de ses problèmes. En tant qu'héritière directe de son mari, Gaby est soupçonnée.
On apprend par Augustine que le couple Marcel-Gaby battait de l'aile : ils faisaient chambre à part depuis un moment. apporte l'idée que le meurtrier pourrait très bien être une femme. À la suite d'une scène d'Augustine, les femmes présentes constatent alors avec étonnement que Mamy, qui tente de suivre Augustine pour la raisonner, a en fait toujours l'usage de ses jambes. Gaby apprend à ses filles que Mamy avait refusé de donner ses titres financiers (qu'elle garde jalousement sous son oreiller) à Marcel, malgré son hospitalité et le fait qu'il connaisse des difficultés ; et également que Marcel n'aimait pas ces deux femmes.
Gaby, Suzon et Catherine apprennent par Louise que Monsieur a demandé une tisane à minuit, qu'elle est allée lui porter, alors qu'il n'en boit jamais. Suzon et Catherine sont soupçonneuses, étant partie à ce moment-là (elle loge dans le pavillon de chasse). Louise leur apprend que Chanel joue aux cartes le soir, avec nulle autre que Pierrette, la sœur de Marcel, ancienne danseuse exotique. De son côté, Mamy confie à Suzon que son père avait refusé les titres qu'elle souhaitait lui donner, pour ensuite se les faire voler il y a deux jours.
Gaby apprend aux autres que la voiture ne démarre pas : les fils du moteur ont été sectionnés. Pierrette, la sœur de Marcel, arrive à la maison à ce moment-là. Sous les yeux à la fois suspicieux et interdits des autres femmes, elle se présente et annonce qu'elle vient à la suite d'un mystérieux coup de téléphone qu'elle a reçu le matin de cette maison lui annonçant la mort de Marcel, ce qu’elles lui confirment malheureusement. Alors qu'elle tente d'entrer dans la chambre de Marcel, qui est fermée à clé, elle constate avec les autres que ce n'est pas la bonne clé et qu’elle a été échangée.
Pierrette fait la connaissance des femmes présentes, et notamment d'Augustine. Elle révèle alors à tous qu'Augustine et elle sont abonnées au même club de lecture, et qu'Augustine est une lectrice assidue de romans à l'eau de rose, ce que cette dernière dément. Dans un livre qu'elle a lu juste après elle, Pierrette a notamment découvert le brouillon d'une lettre qu'Augustine adressait à Marcel, dans laquelle on apprend qu'elle désirait Marcel et souhaitait devenir sa maîtresse ; ce qu’elle réfute violemment.
Suzon fait avouer à Chanel que Pierrette lui rend visite pour jouer aux cartes, corroborant le fait qu'elle est déjà venue dans la maison. Suzon tente de dresser le programme de chacune des femmes cette nuit-là. Toutes étaient dans leur chambre, mais elles se sont levées ou ont entendu d'autres personnes. Mamy, descendue au salon à une heure, affirme avoir entendu des éclats de voix dans la chambre de Marcel, sans les reconnaître. À minuit, en portant la tisane de Monsieur, Louise croise Augustine. confirme être partie vers minuit, juste après la commande du tilleul. Louise, que tout accuse car elle est théoriquement la dernière à avoir vu Monsieur vivant, avoue toute la vérité : à minuit, Pierrette, qui prétendait être avec une personne de sa connaissance sans rapport avec le drame en cours, était en réalité avec son frère dans sa chambre. Pierrette est sortie de la chambre quelques instants après, et a offert à Louise pour son silence sur cette visite, Louise ayant cru comprendre au moment de son arrivée que Pierrette menaçait son frère.
Catherine, à la suite de ce passage en revue, demande également des explications à Suzon sur son emploi du temps, après l’avoir vue entrer chez son père à quatre heures du matin, révélant ainsi à la surprise générale qu’elle était également à la maison la veille au soir, alors qu’elle n’était censée arriver par le train que le matin. Suzon souhaitait s'entretenir avec son père avant de revenir à la maison, ayant un secret à lui confier et conditionnant son retour à son approbation. Elle est ensuite retournée à la gare comme prévu pour faire croire à son arrivée le matin même. Devant sa mère, déconcertée par cette révélation, Suzon est effondrée et avoue son secret : elle est enceinte.
Plus tard, réunies dans le salon, les femmes se regroupent autour d’Augustine qui fait un malaise. Les cachets pour le cœur d’Augustine sont bizarrement introuvables, avant que Suzon ne remette la main dessus… sous le lit de Gaby. Celle-ci a une discussion avec Pierrette au sujet du testament de Marcel, qui peut faire tomber l’une ou l’autre : Gaby savait que Marcel allait léguer deux millions à sa sœur, faisant ainsi d'elle la principale suspecte si jamais le testament a été fait ; mais Pierrette argue que si le testament n’a pas encore été rédigé, Gaby, en tant qu’héritière, est la suspecte numéro un. Suzon, à la suite de son entretien nocturne avec son père, annonce que le testament n’est pas encore fait : Marcel prévoyait de se rendre chez le notaire le jour même pour tester en faveur de Suzon.
Suzon apprend par sa mère, à la suite des insinuations de Pierrette, que son père n'était pas Marcel, mais qu'il s'agit d'un homme dont elle était follement amoureuse et qui est mort avant sa naissance. De retour au salon, Mamy interroge Chanel sur la présence étrange de son manteau dans l’entrée à une heure du matin, au moment de sa descente au salon. avoue en effet être revenue après minuit, à la recherche de Pierrette : elle en est amoureuse, et était jalouse de sa relation avec Marcel. , repoussée physiquement par Pierrette et désavouée par Gaby, rebutée par cette révélation, se retire dans la cuisine. Pierrette décide de continuer les révélations au salon en annonçant à toutes que Louise et Marcel se connaissaient en réalité depuis cinq ans, et entretenaient une liaison. Confrontée par Gaby, la tendancieuse Louise lui avoue sans réserve leurs ébats et lui retourne la pareille. Augustine, revenue parmi elles, recrée une scène qui monte en tension entre elle, sa sœur et sa mère.
fait irruption dans la pièce, annonçant avoir reconstitué l’histoire et résolu l’énigme autour du crime : elle doit juste vérifier quelque chose en jetant un œil dehors, et sort. Les autres femmes, qui la pensent alors coupable, se cachent. Lorsqu'elle rentre dans la maison, le salon est vide, et on tente à ce moment de lui tirer dessus : elle s’effondre. Elle est indemne mais se retrouve alitée et muette, en état de choc.
Augustine, lassée de toute cette histoire, souhaite partir et rejoint sa mère qui est en train de boire à la cuisine. Mamy apprend alors à Augustine que les accusations qu'avait lancées Gaby sont avérées : elle a bien empoisonné son mari. C’était un colonel, un gentleman riche et bon, mais qu’elle n’aimait absolument pas. Augustine, qui ne s’est jamais remise de la mort de son père, devient hystérique à la suite de cette révélation et se jette sur sa mère en tentant de l’étrangler. Gaby intervient et assomme sa mère, dont les nerfs ont également lâché, puis l'enferme dans un placard. À la suite d'une dispute et après avoir giflé Catherine, Suzon lui annonce qu’elle n’est pas sa sœur, et prétend que l’enfant qu’elle porte est de Marcel. De son côté, Gaby retrouve dans une pièce Louise, qui prend beaucoup de libertés et fait preuve d’irrespect envers sa maîtresse, avec laquelle elle a un comportement ambigu et licencieux.
Lorsque Augustine revient, elle s’est métamorphosée : maquillée, les cheveux détachés et bien coiffés, vêtue d’une élégante robe fourreau, elle a troqué son apparence rigide pour une tenue de femme séduisante. Il semblerait que Pierrette soit partie, mais son sac est encore là. Suzon y trouve un pistolet caché, ce qui achève de persuader Gaby qu’elle est la coupable. Interrogée à ce sujet par Gaby lorsqu'elle redescend de la salle de bain, Pierrette nie avoir connaissance de cette arme et clame son innocence. Suzon propose de sortir de la maison à tout prix, et sort accompagnée d’Augustine, Louise et Catherine afin de trouver un moyen de sortir de l’enceinte du domaine.
Pierrette et Gaby s'affrontent. Pierrette annonce à Gaby qu’elle est au courant pour sa liaison avec un autre homme. Bisexuelle et aux mœurs volages, elle flirte avec Gaby pendant qu’elles discutent. Pierrette avoue avoir menacé Marcel, après que celui-ci lui a fermé sa porte. Gaby avoue à son tour qu’elle avait quitté Marcel et qu’elle devrait être loin actuellement, avec son amant. Marcel avait en réalité bien donné de l’argent à sa sœur, pour dans une enveloppe bleue, mais celle-ci l’a donné à un homme qu’elle aime, qui devait partir en voyage. Gaby réalise alors qu’elle a reçu le jour même une enveloppe bleue de de la part de son amant, Jacques Farnoux, l’associé de son mari. Prenant conscience qu’elles partagent le même amant, les deux femmes se battent et tombent à terre, avant que ce rapprochement ne se termine plus délicatement, sur un baiser qu’elles échangent. Le groupe de Suzon, revenu à ce moment-là, leur apprend qu’il est impossible de sortir : il a trop neigé, et le portail est coincé. Catherine va chercher Mamy, toujours dans le placard, au moment où Madame Chanel revient parmi elle inopinément : elle annonce tout savoir et somme Catherine de dire la vérité. Les huit femmes sont réunies au salon.