Châlus est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne, en région Nouvelle-Aquitaine. Localisée au sud-ouest de Limoges et au nord-est de Périgueux, elle appartient au Limousin historique. Elle est connue pour être le lieu où le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion fut mortellement blessé en 1199.
Sa position dans les monts de Châlus, au carrefour naturel de routes anciennes, se traduit par les influences mêlées du Limousin, du Périgord et de la Charente limousine dans l'hydrographie, le climat, le relief ou encore les styles architecturaux. Ce caractère de frontière a orienté un développement fondé sur les échanges, avec des foires au Moyen Âge, et une histoire agitée par les sièges de ses châteaux.
Marquée par l'activité agricole et l'exploitation du châtaignier, son économie a vu l'industrie se développer avec le chemin de fer, jusqu'à la contraction de sa population dans le dernier quart du .
L'installation récente de populations rurbaines ou britanniques permet une stabilisation démographique autour de . Axé sur le tourisme et le développement durable, le renouveau de la commune et de ses environs, illustré par exemple par la création du parc naturel régional Périgord-Limousin, intègre les atouts traditionnels du territoire, tels que la forêt et le bois, mais aussi le développement de services médico-sociaux, éducatifs et sportifs.
Constituant un pôle de services intermédiaires dont la promotion est portée par des rendez-vous épisodiques tels que la félibrée ou, en 2009, le Tour du Limousin, Châlus doit sa renommée à l'aura de personnalités dont le souvenir y est attaché, de Richard Cœur de Lion à Pierre Desproges en passant par Georges-Emmanuel Clancier ou Lawrence d'Arabie.
Géographie Localisation vignette|redresse=1.0|alt=Sur la carte de la Haute-Vienne, position de la commune et de l'ex-canton de Châlus, à l'extrême sud-ouest du département|Situation de Châlus en Haute-Vienne et dans son ancien canton. Châlus est au centre du pays des Feuillardiers, région naturelle constituée d'un ensemble de collines boisées, bordée à l'est par le pays Arédien, au nord par la vallée de la Vienne, à l'ouest par la Charente limousine et au sud par le Périgord vert. Châlus est limitrophe de cinq autres communes.
Communes limitrophes
Topographie, géologie, relief et sismicité Située à au sud-ouest de Limoges et à au nord-est de Périgueux (29 et respectivement en distances orthodromiques)., Châlus est la ville principale des monts de Châlus., aire géographique d'une altitude maximale de qui constitue les premiers contreforts occidentaux du Massif central avec, plus au nord, les monts de Blond.
Le territoire communal est situé sur un sous-sol de roches métamorphiques, très dur, particulièrement résistant à l'érosion, correspondant au socle cristallin du Massif central, et constitué de gneiss, largement utilisé dans le bâti traditionnel. Il offre un relief assez doux, entre d'altitude, fait de vallonnements et de fortes collines boisées de taillis de châtaigniers, caractéristiques du paysage.
Toutefois, si au nord de la Tardoire, l'activité agricole et l'élevage dominent le bocage limousin traditionnel, ils sont, au sud, plus imbriqués avec la forêt, où la présence de monts offre des points de vue panoramiques, comme celui sur Châlus depuis Lageyrat.
La géologie châlusienne inclut des massifs de serpentinite, reliques du fond d'un océan disparu au cours de l'édification de la chaîne hercynienne au carbonifère (-350 à -290 millions d'années). Sur cette roche ultramafique et riche en métaux lourds se développe une végétation originale, comme sur la lande de la Martinie.. Les sols bruns acides sont, de manière générale, pauvres et peu fertiles.
La sismicité est faible, mais non nulle. Si aucun séisme de magnitude supérieure à 3La sismicité observée en 1994 relève deux séismes, certes assez éloignés et de faible intensité, le , jour de l'effondrement de la tour de Châlus Maulmont. n'est survenu depuis 1979, la commune se trouve dans l'aire macrosismique de neuf séismes recensés depuis 1925.. Pour deux d'entre eux, la commune est comprise dans l'aire pléisoséisteL'aire pléisoséiste d'un séisme est l'aire où le séisme fut le plus fortement ressenti. L'épicentre, qui n'est pas toujours déterminable ou déterminé, est nécessairement compris dans cette aire. C'est le cas pour le séisme du . d'une intensité épicentrale de III sur l'échelle MSK64 et pour celui du . qui fut d'une intensité épicentrale et ressentie dans la commune de V à VI (l'épicentre de ce dernier peut être localisé entre Châlus et Gorre, par 45° 41' de latitude nord et 0° 59' de longitude est.).
Climat Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique altéré », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole. En 2020, la commune ressort du même type de climat dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs..
Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.
Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000
Moyenne annuelle de température : Nombre de jours avec une température inférieure à : 3,1 j Nombre de jours avec une température supérieure à : 3,7 j Amplitude thermique annuelleL'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux. : Cumuls annuels de précipitation : Nombre de jours de précipitation en janvier : 13,6 j Nombre de jours de précipitation en juillet : 8,1 j
Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat. complétée par des études régionales. prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. La station météorologique de Météo-France installée sur la commune et mise en service en 1995 permet de connaître en continu l'évolution des indicateurs météorologiques.. Le tableau détaillé pour la période 1995-2020 est présenté ci-après.
Hydrographie vignette|alt=Le lavoir de Buas, à Châlus, traversé par la Tardoire naissante|La Tardoire au lavoir de Buas.vignette|alt=L'étang de Séchaud, à Châlus|L'étang de Séchaud.vignette|redresse|alt=Un puits à la ville haute de Châlus.JPG|Puits à la Ville haute. Le territoire de Châlus est à cheval sur les bassins hydrographiques de la Loire, de la Charente et de la Dordogne. Les fortes précipitations liées à un climat océanique humide et à un sol cristallin imperméable ont induit un réseau hydrographique dense qui modèle fortement le paysage. Les cours d'eau, souvent bordés de ripisylves, maintiennent des corridors écologiques qui serpentent dans des vallons humides et présentent un fort intérêt paysager. L'omniprésence de l'eau sur la commune, riche en sources, serves, puits, lavoirs et fontaines à dévotion, est renforcée par la présence d'un grand nombre d'étangs. Les eaux souterraines, concernées par le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du bassin Adour-Garonne, sont, comme l'ensemble des eaux souterraines de la communauté de communes, de bonne qualité physico-chimique, bien que faiblement minéralisées et acides..
Le cours d'eau principal, la Tardoire, est une rivière classée en seconde catégorie piscicole sur son cours supérieur. Elle appartient au bassin de la Charente, dont elle forme l'extrémité la plus orientale. La vallée de la Tardoire. constitue, comme la lande de la Martinie., une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), avec la présence notamment de la loutre, du râle d'eau, du cincle plongeur ou du busard Saint-Martin. Elle prend sa source sur la commune de Pageas, à la sortie d'un étang sous le hameau du Mazaubert., puis s'encaisse pour franchir l'ancien moulin entre les châteaux de Châlus Chabrol et de Châlus Maulmont. En aval, la Tardoire perd peu à peu son eau pour alimenter le système de gouffres et de résurgences du karst de La Rochefoucauld, puis ressort, associée à d'autres eaux souterraines dont celles du Bandiat, aux sources de la Touvre. En cas de crue, la Tardoire peut conserver assez d'eau pour constituer un affluent de la Bonnieure. La commune est parsemée de ruisseaux naturels, tels le ruisseau du Lac, qui prend sa source à proximité du lieu-dit « Chareilles » et rejoint la Dronne via les étangs de Maison Neuve (commune de Dournazac) ou le ruisseau des Maisons, qui constitue un site majeur du patrimoine naturel, notamment en raison des populations d'écrevisses à pattes blanches d'intérêt européen qu'il abrite. De multiples rigoles artificielles, de très faible importance, créées pour drainer les vallées humides et amender la terre, participent également au système hydraulique du territoire.
Le territoire communal compte 60 étangs ; la superficie du plus petit correspond à et celle du plus étendu est supérieure à . Certains d'entre eux alimentaient autrefois des moulins. Les plus récents, qui sont aussi les plus nombreux, sont directement liés au développement d'une société de loisirs. Ils sont, le plus souvent, construits par obstruction d'une petite vallée, ce qui a réduit la surface des zones humides et modifié l'aspect du paysage en le remodelant de façon importante, avec une influence possible sur le climat.
La richesse hydrographique du territoire s'accompagne de nombreux petits ouvrages bâtis : ponts, moulins, lavoirs, abreuvoirs, fontaines, puits. La Tardoire est franchie par une dizaine de ponts, dont le plus important est un petit viaduc à trois arches, dit les trois ponts.
Voies de communication et transports
Châlus est accessible de Limoges () et de Périgueux () par la , de Nontron (), par la puis la , et enfin la en Haute-Vienne, de Saint-Yrieix () par la , de Rochechouart () également par la . En 2004, le trafic moyen journalier recensait au sud de Châlus et au nord ; en avril 2007, les débouchant sur Châlus connaissaient un trafic relativement important avec environ par jour.. Trois lignes de la RDTHV relient la ville à Limoges : la desservant Isle, Aixe-sur-Vienne, Flavignac, Châlus, Dournazac et La Chapelle-Montbrandeix, ainsi que la , desservant Isle, Aixe-sur-Vienne, Séreilhac, Pageas et Châlus son terminus, et enfin la ligne 60 avec un arrêt au pont. La , fonctionne en période scolaire avec un arrêt place Salvador-Allende.
Les trains Intercités desservent Limoges par la gare des Bénédictins. Ils sont accessibles en TER Limousin par la gare de Bussière-Galant, distante de Châlus de , avec cinq allers-retours en semaine, sur la ligne Limoges - Périgueux, ou par celle de Nexon, à , avec douze allers-retours en semaine. L'aéroport international le plus proche est l'aéroport de Limoges-Bellegarde à . En avion de tourisme, la liaison peut s'effectuer à partir de l'aérodrome Maryse-Bastié de Saint-Junien, distant de également.
Urbanisme Typologie Au , Châlus est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..