DourAlain Jouret, Dour, dans Histoire et patrimoine des communes de Belgique. La province du Hainaut, Bruxelles, 2009, . (en picard Doû) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, à l'extrémité Ouest du sillon Sambre-et-Meuse, ainsi qu’une localité où siège son administration.

Toponymie La forme Dour utilisée aujourd'hui est apparue en 1162.

Certains des hameaux sont cités dès les premiers siècles du Moyen Âge, tels Offingies (965) attesté sous les formes Offignies (cf. Offignies, Somme, Offiniacas 713), Offegnies, Offineoe (1018-1110) de Offiniacas, toponyme en -iacas, de -(i)acum à l'accusatif pluriel, caractéristique de l'extrême nord du domaine gallo-roman (Normandie orientale, Picardie et Wallonie), d'où le sens global de « propriété d’Olffus », nom de personne germanique ; Moranfayt « la hêtraie de Morand » (Morandifagetum 1240) ; les Trichères ou Trissières (1310) terrains communaux à trieux ; Plantis (1290) « endroit planté d’arbres »Alain Jouret-Mémoire en Images Dour (1326) gros hameau rural devenu Petit Dour ().

Géographie

Sections de la commune # Nom Superf.(km²).. Habitants(2025). Habitantspar km² Code INS 1 Dour 12,00 9.379 782 53020A 2 Blaugies 8,28 1.395 168 53020B 3 Wihéries 3,36 2.169 645 53020C 4 Élouges 9,98 3.616 362 53020D

Démographie

Démographie: Avant la fusion des communes

Source: DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,0199399,4199499,5199599,1199698,8199798,5199898,4199998,0200097,6200197,4200296,6200397,0200497,7200597,2200697,3200797,7200897,8200997,1201097,8201198,0201297,9201398,2201497,4201597,6201696,8201796,7201896,7201996,3202095,6202195,6202295,8202395,9202495,9202595,8202696,1

Histoire Occupation romaine aux Lors de fouilles datant de la fin du , on a retrouvé sous le terril Saint-Charles une ancienne villa romaine ainsi qu’un cimetière.. Des restes d’un aqueduc ont également été retrouvés. Il irriguait cette villa jusqu’au Mont Elouges. Des pièces d’Auguste, d'Antonin et de Faustine ont aussi été mises au jour.

Occupation mérovingienne et Haut Moyen Âge Ce sont cette fois les fouilles entreprises lors de la reconstruction de l’église en 1842 qui ont permis de découvrir un cimetière mérovingien datant du et peut-être d’un noyau d’habitation.

À partir du , sur base des premières traces écrites, on apprend que Dour forme avec Thulin et Hainin une grande propriété héréditaire : un alleu, un domaine appartenant à la famille des Mons. Ultérieurement, Dour fut divisé en deux seigneuries. La première sous l’autorité de l’Abbaye de Saint Ghislain et la seconde appartenant à des familles Laïques. Les limites d’alors entre ces deux seigneuries sont assez floues pour diverses raisons. La première étant que les écrits conservés à l’abbaye de Saint Ghislain ont été détruits lors du passage des Vikings entre 880 et 890. Il semble que les moines de Saint Ghislain, lors des recompositions des écrits disparus, aient été un peu “gourmands” et se soient appropriés des territoires qui ne leur appartenaient pas auparavant. À partir du , ce sont les comtes qui revendiquent une partie des territoires appartenant à l’abbaye car celle-ci possédait de très vastes domaines…

Guillaume de Dour On connaît peu de chose au sujet de la vie de Guillaume de Dour, c’est d’ailleurs sa mort qui aura le plus d’impact pour sa seigneurie. En tant que seigneur de Dour on apprend que Guillaume était au service d’Étienne de Blois, prétendant au trône d’Angleterre.

Il se rend en Angleterre afin de combattre avec celui-ci mais "sentant sa mort prochaine " décida de léguer, par don oral, une partie importante du domaine de Dour à l'abbaye de Saint-Ghislain. L’abbaye agrandit ainsi son domaine, notamment avec le bois de Saint-Ghislain que nous connaissons aujourd’huiJespers Jean Jacques, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, ed. Racines, Bruxelles, 2005, .. Guillaume restreint la seigneurie laïque de ses descendants mais surtout en officialise les limites, c’est la fin des querelles de voisinage entre laïcs et ecclésiastiques.

À l’époque, l’authenticité et la véracité du document ne semble pas avoir été mise en cause. Pourtant, issu d’une demande orale, ce serait l'archevêque de Canterbury qui a informé par lettre l'évêque de Cambrai du legs. Ce dernier transcrivit lui-même la donation et la fit parvenir à l’abbaye. On comprend pourquoi Guillaume de Dour fut appelé "le bienvenu" pour l'évêque de Cambrai et les moines de l’Abbaye de Saint-Ghislain.

Du à la Révolution française Durant toute cette période, le territoire dourois est partagé entre deux seigneuries. La plus importante, celle de l’abbaye de Saint Ghislain et la plus modeste, celle de seigneurs laïcs. Plus tard, une troisième autorité viendra s’ajouter dans la vie du village, il s’agit de la communauté des villageois.

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La plus petite seigneurie de Dour a appartenu à diverses familles durant son histoire. Nous avons déjà évoqué la famille de Dour ; au gré des mariages et des successions, le village est passé aux familles de Dour-Walincourt, de Trazegnies. Au , la famille Pottier achète la seigneurie. Dour a ensuite été transmise par mariage dans la famille des Leprince. (Alexandre Leprince, écuyer, fils de Guillaume-Charles, écuyer, bénéficie le de lettres de chevalerie données à Madrid. La famille a rendu de grands services au roi d'Espagne. Adrien du Chastel, chevalier, seigneur de Courchelettes, a déclaré Josse-Alexandre, son successeur principal en ses biens à charge de porter son nom et ses armesAmédée le Boucq de Ternas, Recueil de la noblesse des Pays-Bas, de Flandre et d'Artois, Douai, 1884, p. 329, lire en ligne.). Nouveau rachat en 1726, c’est la famille Poisson qui devient propriétaire du domaine. En 1789, à la veille de la Révolution Française, Pierre Ignace de Royer rachète Dour, il en sera le dernier “seigneur” et son fils, Jean Jacques, le premier maire de Dour sous le régime napoléonien

Au début du , en parallèle aux autorités ecclésiastiques et laïques, une communauté s'organise et obtient une certaine autonomie économique et politique. Les représentants de cette communauté délibèrent devant l'église ou sous le clocher. L’historien dourois Alain Jouret indique que : au moins à partir de 1403, les gens de loi disposent pour se rassembler d’un local voisin de l’église, la Halle. Au , les mayeurs et échevins n’hésitent pas, en cas de divergence d’intérêts, à s’opposer juridiquement aux seigneurs […] ».

Dour et le protestantisme Depuis le , Dour compte un certain nombre de familles protestantes. Ces familles adressèrent au gouvernement, en 1788, une demande ayant pour objet de pouvoir ériger un temple.

Dès la fin du , la communauté protestante s'organise au Plucquoy, berceau du protestantisme de la région. Elle sera victime de nombreuses persécutions jusqu'en 1783 lorsque Joseph II accorde la liberté religieuse. Le temple protestant fut inauguré en 1827.

En 1920, à la suite d'une campagne d'évangélisation sous tente avec entre autres l'évangéliste G. Hunter (missionnaire écossais), est fondée l'Eglise Protestante Évangélique de Dour.

Dour de 1789 à l’indépendance de la Belgique Les derniers seigneurs laïcs, issus de la famille de Royer joueront encore un rôle prépondérant durant cette période. La famille De Royer est originaire de Neuville-sous-Huy, ayant des liens avec le seigneur d’Offignies, ils s'installèrent dans le Hainaut vers 1566. La famille prend alors le nom de " Royer de Dour".

Jean François de Royer (1718-1795) est un avocat à la Cour du Hainaut, maire et greffier de police. Il eut un fils qui se nomma Pierre Ignace Joseph Royer. Celui-ci a aussi été avocat de la Cour Souveraine du Hainaut. Comme nous l’avons signalé auparavant, il devint seigneur de Dour par achat à la veille de la Révolution française en 1789.

À la suite de la bataille de Jemappes (), l'assemblée générale du peuple souverain du Hainaut décida de mettre fin au régime seigneurial. Pierre de Royer perds alors tous ses droits et revenus liés à sa seigneurie. Il meurt en 1795, c'est son fils Jean Jacques de Royer (devenu baron en ) qui lui succède et conserve les biens immobiliers dont le château de Dour. En 1812, il devient maire de Dour et durant la période hollandaise bourgmestre.

En mai 1814, le canton de Dour est cédé au département français du Nord. Après le , il revient sous la souveraineté de Guillaume d'Orange Nassau jusqu'en 1830Alain Jouret, La vie d’une localité entre Borinage et Haut Pays au début du : Dour, de la fin de l’empire français au lendemain de la révolution de 1830, dans Annales du Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région, V, 1989, p. 33-577..

Exploitation charbonnière

Initialement à vocation agricole au Moyen ÂgeAlain Jouret, Le Haut-Pays de Dour, dans Saint-Ghislain, Borinage, Haut-Pays. Un passé recomposé. Actes du colloque organisé le 24 octobre 2009 au Foyer culturel de Saint-Ghislain par le Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région à l’occasion de son 50e anniversaire, Saint-Ghislain, 2013, (Publication extraordinaire du Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région, n° 13). Voyez l’index qui facilite l’utilisation du travail., de nombreuses industries voient le jour : charbonnagesAlain Jouret, La Société Anonyme des Charbonnages Unis de l’Ouest de Mons, dans Concessions et sociétés dans le bassin du Couchant de Mons de la fin du à 1976. Introduction à l’histoire des sociétés houillères, Mons, 2016, . Alain Jouret, La vie d’une localité entre Borinage et Haut Pays au début du : Dour, de la fin de l’empire français au lendemain de la révolution de 1830, dans Annales du Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région, V, 1989, ., corderie, câblerie, carrièresAlain Jouret, L’industrie de la pierre à Roisin, à Wihéries et dans la région, de l’antiquité au (chaux, pierre de taille, marbre et pavés). Extraction, transformation, débouchés, investissements et problèmes sociaux, dans Annales du Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région, XI, 2008, ., fonderie, minoterie, tannerie, brasserie et distillerie, sans oublier les moulinsAlain Jouret, Un aspect oublié de nos paysages. Les moulins du « Grand Dour » du , Dour, 1987, 65 p.. Les mineurs paient un lourd tribut lors des catastrophes minières notamment en 1761, 1777, 1793, 1852, 1865, 1875, 1888 et 1891.

En 1935, Dour constituait l'un des centres miniers les plus importants. Quand le dernier charbonnage (Sainte-Catherine) ferme définitivement ses portes en 1961, Dour a perdu 2300 emplois dans l'industrie charbonnière..

Le Belvédère vignette|Le Belvédère.

Pour les Dourois, le site dit « du Belvédère » est un lieu plein de souvenirs heureux et festifs. Plusieurs générations s'y sont amusées, promenées, restaurées, y ont assisté à de grandes manifestations artistiques et sportives (natation, tennis, balle pelote). Ce site d'environ 2 ha se situe dans un « triangle » avec comme côté la rue de France et le chemin des Croix. Au sommet du triangle, un petit terril et à la base, les vestiges de la « brasserie Cavenaile »Chronique Douroise en Rouge et Noir, le Belvédère de sa naissance à son abandon et à sa renaissance, , Claude Duray, mai 2010.